vendredi 6 août 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 14
— Tu es sûr que c’est ton exorcisme qui a rendu ton ami amnésique ?
L’adolescent hocha la tête, une expression de culpabilité inscrite sur le visage.
— Ce n’est absolument pas logique. Le sortilège que tu as utilisé n’a aucun effet sur les personnes, hormis celle de les délivrer des maléfices.
— Tu peux quand même l’annuler ?
— Non. Je ne suis même pas capable de lancer ce sort, alors l’annuler…
Une vive déception se joignit à la culpabilité de Corentin. Afin de le rassurer, sa tante changea de sujet :
— Je ne suis pas très surprise que tu sois mis à la magie. Tu as toujours eu un don pour ce genre de choses et je pensais que, tôt ou tard, tu l’exploiterais.
— Mais pas en faisant du mal autour de moi.
— À mon avis, tu n’as pas causé de tort à Fabrice.
Cette phrase le poussa à relever la tête, le regard soudain allumé d’une lueur d’intérêt. Le sourire d’Évelyne derrière le bord de sa tasse reflétait sa confiance.
— Bois ton thé avant qu’il ne refroidisse. Je t’expliquerai ma théorie ensuite.
L’adolescent vida sa tasse en clin d’œil, puis fixa sa tante avec impatience.
— Alors ?
— Je pense que ton ami était victime d’un sortilège et que ton exorcisme l’en a libéré.
— Comment ça ?
— Je l’ignore, mais peut-être que quelqu’un dans son entourage lui a lancé un mauvais sort. En disparaissant, il a probablement effacé les souvenirs qui s’y rattachaient.
Avant que Corentin n’ait le temps de peser ces paroles, la sonnerie du téléphone retentit à l’étage. Il se précipita dans le couloir, puis gravit l’escalier à toute allure.
Quand il eut passé la porte, Évelyne finit sa boisson en murmurant :
— Mon cher petit, dans quel pétrin es-tu allé te fourrer ? Si je te disais la vérité, tu ne serais sans doute pas prêt à l’entendre.
mercredi 4 août 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 13
Satisfait de sa trouvaille, il décolla les morceaux de pâte collés à ses livres et récupéra ceux qui trainaient encore au fond de son sac. Il les nettoya, puis reconstitua de nouvelles étoiles qu’il fixa au plafond au-dessus de son lit.
Pour finir, il transforma le dernier bout de pâte en un croissant de lune qu’il accrocha avec les étoiles fluorescentes. Il était encore debout sur son lit quand la porte d’entrée claqua.
— Ma cliente est partie, hurla sa tante en bas de l’escalier.
Corentin ne se le fit pas dire deux fois. Il sauta de son lit, puis rejoignit Évelyne au rez-de-chaussée. Il n’avait toujours pas trouvé de quelle manière aborder le sujet de l’exorcisme, mais il n’avait plus l’intention de reculer.
Le gargouillement de l’eau en train de bouillir salua son entrée dans la cuisine. Le nez dans les placards, sa tante demanda :
— Tu voudras du thé ?
Contrairement à son habitude, l’adolescent accepta. Il prit deux tasses qui séchaient au bord de l’évier et les posa sur la table.
— Alors ta journée ? demanda-t-elle en versant le liquide bouillant dans une théière d’où dépassait l’étiquette de papier coloré de l’infusette.
— Ça allait.
Il se tut et rassembla son courage pour continuer :
— J’ai une question à te poser.
lundi 2 août 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 12
La promesse qu’il s’était faite de questionner sa tante à propos des effets indésirables de son exorcisme lui revint en mémoire. La perspective de devoir justifier cet acte qu’il considérait désormais comme exceptionnellement stupide suffit à doucher son enthousiasme.
Il résolut néanmoins d’aborder le sujet dès son retour. S’il attendait davantage, il passerait la soirée à ruminer dans son coin pour, finalement, regretter son silence lorsqu’il recroiserait Fabrice au lycée.
Corentin mit à profit les dernières minutes du trajet pour remettre ses souvenirs en ordre. Bien que cela ne fasse qu’une semaine qu’il avait arrosé Fabrice d’un seau d’eau bénite, de nombreux événements s’étaient déroulés entre-temps.
D’abord, il avait revu Gwenaëlle telle qu’il l’a connaissait les années précédentes : énergique, volontaire et dotée d’un redoutable sens de la répartie. Ensuite, il avait découvert les runes sur le panier de basket, puis leur disparition. Il devait aussi prendre en compte les conséquences de l’exorcisme qu’il avait imposé à Fabrice, à savoir son amnésie concernant sa relation avec Gwen.
L’enchaînement de phénomènes étranges suscitait chez lui un maelstrom de sentiments contradictoires. Le décor familier de la rue de Courteline le sortit de son introspection. Il joua des coudes dans la foule pour s’approcher des portes et descendit le premier.
Le trajet pour regagner le domicile de sa tante ne lui prit guère plus de cinq minutes. Lorsqu’il arriva devant le portail grinçant, les rideaux tirés du salon l’informèrent qu’Évelyne était encore en consultation.
Il se fit donc le plus discret possible afin de ne pas perturber la séance et monta immédiatement dans sa chambre.
vendredi 30 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 11
L’animation dura jusqu’à la fin du cours, mais le sujet fut repris par les élèves entre eux pendant le trajet vers les cours de français. Un garçon, dont le prénom échappait à l’adolescent, lui demanda son avis sur les jeux du cirque.
Surpris qu’un de ses camarades s’intéresse à lui, il eut du mal à trouver ses mots :
— C’était quelque chose de vraiment terrible pour les gens. Je veux dire, ils sont morts d’une façon vraiment horrible.
— Oui, comme Saint-Félix. Pendu à l’envers, torturé plusieurs jours et, pour finir, décapité.
— D’un autre côté, je pense que les persécutions les ont aidés à se rendre populaires.
Cette remarque déclencha l’incompréhension du garçon. Celui-ci sembla néanmoins le trouver sympathique, car il s’assit à côté de lui au cours suivant et, quand leur professeur de français fit l’appel, il découvrit qu’il se prénommait Aurélien.
La compagnie de ce nouveau voisin réduisit l’impression que le temps s’étirait à l’infini durant les cours de Marie-Louise Guimbert. Aurélien avait la capacité de trouver des détails amusants dans les textes qu’ils étudiaient, ou dans l’intitulé des exercices.
Cette journée au lycée se termina sur une note bien plus optimiste que la veille, même si le mystère entourant les runes du panier de basket s’était grandement épaissi. Pressé de regagner le domicile de sa tante et de consulter ses messages électroniques, Corentin déclina la proposition d’attendre le bus d’Aurélien en sa compagnie.
mercredi 28 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 10
Avant de se lever, il avisa la longueur de la queue qui s’étendait derrière les rails métalliques du self. Il était inutile d’espérer obtenir un supplément de nourriture comme c’était le cas à la fin du service.
Résigné à ce que son estomac gronde dès trois heures de l’après-midi, il emporta son plateau vers le service. En chemin, il manqua d’être percuté par un groupe d’élèves de terminale. Par réflexe, il allait s’excuser lorsqu’il vit que Fabrice faisait partie de la bande.
— Tu as deux minutes ? lui demanda-t-il.
— Seulement si c’est important, dit-il en jetant un regard en coin à ses copains.
— C’est sur les runes.
Un sourire sans joie apparut sur les lèvres de Fabrice, puis il se retourna vers le groupe.
— Je vous rejoins dans deux minutes. Alors, ne restez pas plantés là comme des idiots.
La bande s’éloigna à la recherche d’une table assez grande pour les accueillir. Corentin en profita pour appuyer son plateau contre le mur et tenter d’accéder à son sac. Son compagnon saisit le plateau qui menaçait de tomber et demanda à voix basse :
— Qu’est-ce que tu as à me dire sur les runes ?
— Tout est là-dedans, répondit-il en lui donnant le mot rédigé en cours de mathématique.
Il récupéra ensuite son plateau pour l’apporter au nettoyage tandis que Fabrice rejoignait son groupe de copains.
lundi 26 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 9
Le temps que Corentin termine ses explications, son professeur de mathématique avait repris sa place. Le cours proprement dit débuta et, bien qu’il ait consacré plus d’une heure la veille aux équations, il ne réussit pas à s’accrocher. Dès les premières lignes, son esprit dériva et fut absorbé par des réflexions sur les événements des jours précédents.
Au fur et à mesure que sa sensibilité pour la magie augmentait, il réalisait l’étendue de son ignorance. En dépit de la soirée passée sur Internet, il n’avait pas l’impression de connaître quoi que ce soit aux croyances wiccantes.
S’il désirait vraiment aider Gwenaëlle, il devrait se mettre à étudier avec sérieux les différentes formes de magie qui avaient pu retenir l’intérêt de son ami. Face à ses inquiétudes pour la jeune fille, les préoccupations scolaires de ses parents ne pesaient pas grand-chose.
Lorsque le cours toucha à sa fin, l’adolescent regarda avec dépit la page où il avait noté quelques bribes de la leçon. Il manquait la moitié des explications de monsieur Joly, ce qui l’obligerait à réviser à partir de son livre.
En triant les feuilles volantes, il eut la surprise de retomber sur les édifices cristallins qu’il avait dessinés la veille. L’espace d’un instant, il crut distinguer l’esquisse d’une silhouette perdue entre les bases des tours. Cette image s’évanouit aussitôt, remplacée par une impression d’inachevée.
Corentin effleura l’endroit où aurait dû se trouver le prisonnier de ce décor de cristal. La fine poudre de graphite s’accrocha à ses doigts, puis il remit le dessin dans son cahier et rangea le tout dans son sac à dos.
vendredi 23 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 8
— Tu savais que c’était des runes ?
Cette question le surprit, puis il réalisa que Fabrice ignorait tout du forum sur lequel il avait passé sa soirée. Ses pensées passèrent du jardin de Ceridwen, à ses exercices de mathématiques, puis finir sur les cours qui allaient reprendre très bientôt. Il s’exclama :
— Il faut que j’aille en maths !
Sans prendre le temps de répondre à son ami, il tourna les talons et repartit en direction du lycée. Inquiet à l’idée d’être signalé comme absent, il courut encore plus vite qu’à l’aller. Ses efforts furent couronnés de succès, il réussit à atteindre le portail juste avant que les surveillants ne le referment, puis il monta les escaliers quatre à quatre jusqu’à sa salle de cours.
Son retard lui valut une remontrance du professeur, ainsi qu’une obligation de corriger l’exercice au tableau. Les réponses qu’il avait griffonnées dans son cahier durant le cours d’espagnol l’aidèrent à démarrer, mais il fut perdu dès la quatrième question. Monsieur Joly fit taire les commentaires désobligeants de ses camarades et, constatant qu’il ne parvenait pas à avancer, il envoya l’un des élèves moqueurs le remplacer.
Une fois retourné à sa place, Corentin sentit la chaleur quitter peu à peu son visage. Il avait les joues et les oreilles en feu, autant à cause de sa course pour regagner le lycée que de sa timidité. Soudain, il réalisa que, non seulement, il avait abandonné Fabrice sur le terrain de basket, mais qu’en plus, il n’avait même pas répondu à sa question sur les runes.
mercredi 21 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 7
— Tu as compris quelque chose ?
— Que dalle ! J’ai juste compris que c’était un truc magique, comme la disparition de mes souvenirs.
Bien qu’il soit involontaire, le rappel de cet épisode plongea Corentin dans sa culpabilité. Afin de dissimuler son trouble, il dirigea vers le poteau où il avait décrypté les runes. Son compagnon sur les talons, il s’accroupit sur le goudron à la recherche des symboles.
Il observa avec attention chacun des gribouillages inscrits dans la peinture bleue, mais ne vit de runes nulle part.
— J’ai pas rêvé, marmonna-t-il. Ils étaient bien là hier.
Derrière lui, Fabrice avait préféré allumer une cigarette plutôt que de l’aider. Néanmoins, son comportement finit par l’intriguer, car il lui demanda :
— Tu n’arrives plus à les retrouver ?
— Non. Je me rappelle vaguement des endroits où elles étaient, mais il n’y a plus rien.
Afin de prouver son affirmation, il désigna une zone où la peinture avait été grattée jusqu’au métal.
— Ici, il y avait une espèce de lettre qui ressemblait à un B.
— Maintenant, il n’y a plus rien. On dirait que ça a été effacé récemment.
— Tu crois ?
Fabrice opina.
— Je vois mal qui se serait amusé à gratter uniquement les runes, à part la personne qui les a dessinées.
Cette hypothèse mit les deux garçons mal à l’aise. En effet, cela pouvait signifier qu’ils avaient fait l’objet d’une surveillance quand ils avaient joué sur ce terrain la veille. Leur disparition rendait ses runes d’autant plus intrigantes, bien qu’ils ignorent si elles avaient un lien quelconque avec le sujet qui les préoccupait tous les deux : Gwenaëlle.
lundi 19 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 6
Il passa le reste du cours, le regard dans le vague, à fixer la silhouette qui s’agitait devant lui et dont le pull beige, porté sur une chemise orange, tranchait sur le fond vert sombre du tableau. La sonnerie qui retentit dans le couloir l’arracha à cette torpeur. Il remballa ses affaires en vitesse, puis quitta la salle pour se rendre sur le terrain de sport.
Au niveau du portail, il fut englouti par la marée des lycéens venus fumer leur cigarette à l’extérieur. Il en ressortit quelques instants plus tard, au bord de l’asphyxie et les yeux larmoyants. Dès qu’il eut dépassé l’établissement, il courut afin de ne pas perdre de temps en chemin.
Lorsqu’il arriva devant les terrains, il constata avec satisfaction qu’ils étaient vides. Soudain, il entendit une voix dans son dos.
— Qu’est-ce que fais là ? lui demanda Fabrice.
Les deux adolescents, essoufflés d’avoir couru, se retrouvèrent sur les bandes de couleurs superposées qui correspondaient aux délimitations des terrains de handball et de basket. Corentin étant arrivé le premier, il n’éprouva aucune difficulté à expliquer sa présence. Seules ses joues rougies trahissaient son activité physique.
— J’ai découvert que les symboles gravés sur le poteau sont des runes celtiques, expliqua-t-il.
Son compagnon haussa un sourcil dubitatif, puis demanda :
— Est-ce que ça explique tes aptitudes à mettre des ballons dans le panier ?
— Oui ! En recopiant les runes, je me suis approprié l’enchantement. Normalement, seul le créateur peut l’utiliser.
vendredi 16 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 5
Corentin regarda sa montre. Un détour par le terrain de sport afin d’aller jeter un œil aux runes le mettrait irrémédiablement en retard. Il dut donc décaler son examen attentif du panier de basket et prit la direction des salles de classe.
Après une vérification machinale du tableau des absences, il fouilla dans son sac à la recherche de son emploi du temps. Il parcourut le tableau coloré, hésita sur le fait d’être dans une semaine paire ou impaire et, finalement, se rendit au cours d’histoire dispensé par madame Floumeule.
Il arriva dans la salle avec quelques minutes d’avance et en profita pour s’installer contre un mur dans la rangée de tables située au milieu de la salle. D’expérience, il savait que les professeurs n’accordaient qu’une très faible attention aux élèves qui se trouvaient à cet endroit. À condition de ne pas chahuter, il bénéficiait là d’une invisibilité presque parfaite.
Le cours débuta et se termina à l’heure dite, sans que l’adolescent se soit fait remarquer. Il s’était contenté de garder les yeux ouverts en direction du tableau, de recopier ce que madame Floumeule y écrivait et de se taire.
mercredi 14 juillet 2010
Piratation intempestive par une chauve souris ninja...
La Critique Géniale du Docteur Jean-Charles.
Je me présente, Jean-Charles, chauve-souris à tendances psychotropes, Maitre du monde ès armée de cookies ninjas et pseudo critique littéraire à mi temps. Et apprenti pirate de blog.
J'ai été "engagé" par Magali pour parler un peu de ce que je lis... Je bouquine un peu, et j'ai une nouvelle carte d'abonnement à la médiathèque en face chez moi, je vais donc me faire un plaisir de vous en faire profiter.
Par quoi commencer? Un classique? Ou une petite perle? Ou encore, un sombre roman découvert à l'ombre d'une étagère branlante?
Pour être totalement objectif, je laisserait le choix au hasard, qui se manifeste souvent par le premier bouquin qui fait la connaissance de mon pied. Aujourd'hui, ce sera donc la Trilogie Axis, de Sara Douglass.
Tout d'abord, c'est un roman de trilogie, qui comporte trois petits pavés d'environ 700 pages chacun. Ça peut rebuter, je l'admets, mais la lecture est d'une facilité déconcertante. (Je ne vous dirais pas en combien de jours je les ai lu, je ne suis pas un bon référentiel).
On débute le récit avec Axis, jeune neveu du roi à l'avenir prometteur qui rencontre une jolie jeune fille lors d'une réception en l'honneur de son oncle. Bon, c'est sur, le début est basique, voire chiant, surtout que le héros est beau, et la fille, aussi (surprise!). Tout aurait pu aller très bien si le vilain cousin d'Axis n'avait pas voulu se méler de la partie.
Bon, jusque là, je dois avouer m'être emmerdé, maaaais, un bon lecteur ne doit pas s'arrêter aux premières impressions, j'ai donc continué. Et là, surprise, ce roman « pour passer le temps » acheter dans la grande surface la plus proche se révèle être un roman « agréable et ayant quelques rebondissements sympas ».
On découvre un monde de fantasy assez bien ficelé, avec trois races principales, les humains, les Icarii et les Achars, plus les méchants Skraelings. S'en suit un passe passe entre amour, guerre et politique, où les méchants ne sont pas si méchants que ça, et les gentils, et bien, gentils, mais pas tout à fait. Des personnages attachants (je pense surtout à Faraday, qui souffre comme une héroïne de tragédie grecque) et détestables (là, je pense à Axis, qui est un homme après tout, et qui, comme tout les hommes, préfère penser avec autre chose que ses neurones) sont au menu. Et c'est un petit régal!
Bien que n'étant pas transcendant, la trilogie Axis est un roman agréable pour bronzer sur la plage ou étayer de longues soirées d'hiver. A ne pas mettre dans toutes les mains non plus, certains passages sont assez crus et ne conviendraient pas à de jeunes personnes.
Sur ce, je rends le limo-blog à Magali, et retourne explorer ma nouvelle médiathèque.
(Nous reviendrons, sachez le.)
lundi 12 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 4
Le vent vif repoussait les nuages vers l’est et apportait le froid ainsi qu’un ciel dégagé. Corentin remonta la fermeture éclair de sa veste et regretta de ne pas avoir mis de vêtements plus chauds en s’habillant.
Soudain, la silhouette familière d’un bus apparut de l’autre côté de la rue. Corentin n’arrivait pas à distinguer son numéro, mais il préféra se mettre à courir afin d’arriver devant l’arrêt avant lui.
Après ce sprint d’une cinquantaine de mètres, Corentin n’eut pas le temps de reprendre son souffle. Le véhicule s’immobilisa à côté de lui et il se faufila avec soulagement parmi les autres usagers pour atteindre le fond du véhicule.
Le trajet qui l’amena au lycée ne durait qu’une dizaine de minutes, ce qui n’était pas suffisant pour qu’il tente de continuer les devoirs de mathématiques qu’il avait négligés la veille. Il replongea donc dans le souvenir des informations sur les runes qu’il avait découvertes sur le forum.
Il regretta de ne pas être allé voir si son dernier message avait obtenu une réponse, mais il tenait d’abord à observer une nouvelle fois les symboles gravés sur le panier de basket. Il espérait y trouver des indices sur la personne qui les avait dessinées là.
En effet, WiccaMama prétendait que, pour être efficace, l’enchantement devait contenir la signature de son auteur. Or, aucune des runes qu’il avait recopiées ne s’apparentait à une quelconque signature. Elle devait lui avoir échappé parmi les innombrables gribouillages qui zébraient la peinture bleue des poteaux.
vendredi 9 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 3
— Je pense qu’il a faim, dit Corentin lorsqu’il reposa son bol vide sur la table.
Les miaulements appuyèrent ce commentaire. Sa maîtresse ignora néanmoins sa détresse et jeta trois cuillerées de café en poudre dans le filtre de son antique cafetière.
— Il est encore trop tôt pour que je lui donne de la boîte, expliqua-t-elle. Ce chat n’est qu’un ventre sur pattes.
L’adolescent se retint d’ajouter que les crocs du félin lui servaient tout autant à manger qu’à mordre. Cependant, il avait encore la bouche pleine de pain et il n’avait pas le temps de bavarder avec sa tante.
Cette dernière ne se formalisa pas de son silence, elle-même n’étant pas une créature très sociable au saut du lit. Le café améliorait les choses, mais elle demeurait somnolente jusqu’à neuf ou dix heures et ne prenait aucun rendez-vous avant cet horaire.
Corentin quitta la cuisine après avoir débarrassé la table de ses affaires. Le nez dans sa tasse de café sa tante marmonna des paroles qu’il interpréta comme étant un souhait de bonne journée.
Le reflet qu’il croisa dans le miroir de l’entrée, juste avant de sortir, le poussa à perdre quelques secondes afin d’aplatir ses mèches de cheveux désordonnées. À peine disciplinés par la douche, ses épis châtains continuaient de pointer à la verticale. Peu satisfait du résultat obtenu, l’adolescent soupira, puis chaussa une paire de tennis blanches dépourvues de marque. Il enfila ensuite sa veste, ramassa son sac de cours et sortit de la maison.
mercredi 7 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 2
Avant de descendre, il avait pioché des vêtements au hasard dans son armoire. L’absence totale de fantaisie vestimentaire lui offrait l’avantage de le dispenser de choisir sa tenue. Ce matin, il enfila un T-shirt de sport gris légèrement trop court par-dessus un pantalon bleu marine. Le pull de la veille, abandonné en boule sur sa chaise, compléta son habillement.
Il remonta ensuite dans sa chambre afin de récupérer son sac à dos qu’il déposa dans l’entrée en redescendant. Un regard à sa montre l’informa que, bien qu’il ait expédié ses préparatifs matinaux, il restait en retard d’une dizaine de minutes. Il accéléra encore la cadence pour préparer son petit déjeuner.
Il mit à profit le délai imposé par la minuterie du four à microondes pour découper des tranches de pain, puis il récupéra son bol de lait chaud et y ajouta le chocolat en poudre. Il termina par l’étalage de la confiture de prunes trop liquide fabriquée par sa mère sur ses tartines. Le pain de veille avait ramolli à cause de l’humidité et la confiture acheva de le détremper, laissant des marques poisseuses sur la toile cirée.
Un bruit de pas à l’étage lui apprit que sa tante venait de se lever à son tour. Elle fit son entrée dans la cuisine un peu plus tard, vêtue d’une tunique indienne et d’un sarouel en guise de pyjama et les cheveux hirsutes. Après avoir marmonné un bonjour à son neveu, elle ouvrit la porte du réfrigérateur afin d’y prendre sa boîte de café.
lundi 5 juillet 2010
Chapitre 6 de Limonade - Episode 1
L’adolescent se redressa, mais il fut incapable de bouger ses jambes. Il tendit la main vers le bouton situé sur le dessus du réveil afin de l’arrêter. Malheureusement, ses doigts étaient gauches et engourdis par le sommeil. Il alluma la radio par erreur et, en essayant de l’éteindre, il poussa le volume au maximum.
Toujours incapable de se lever, il tritura les boutons dans tous les sens jusqu’à ce qu’enfin le silence revienne dans la pièce. Un rai de lumière terne filtrait à travers le velux et tombait sur lit, à quelques centimètres de la forme sombre qui immobilisait Corentin.
Il remua les pieds afin de déloger Lucifer, couché en rond sur ses tibias. Lassé de cette agitation, l’animal ouvrit ses yeux d’un vert presque phosphorescent dans la faible lueur matinale.
— Allez, Lucifer descend de là !
Le chat traita cette injonction par le mépris et, telle une menace, étira ses pattes et les griffes qui les terminaient. Hélas pour lui, l’adolescent était déjà en retard et il ne prit aucune précaution pour s’extraire du lit.
En dépit des griffes enfoncées dans la housse, Lucifer ne put conserver son équilibre. Le félin fut secoué et se retrouva relégué dans un recoin du lit, un pan de couette replié sur lui. Il gronda, puis, trouvant cette cachette tiède à son goût, il s’y blottit pour poursuivre sa sieste matinale.
vendredi 2 juillet 2010
Éveil n°2 : Au fil de l'eau

Pour ce second numéro du fanzine Éveil, le thème choisi a été "Au fil de l'eau". Sept nouvelles ainsi que des illustrations couleur ou noir et blanc mettent en avant l'eau sous toutes ses formes.
Au sommaire de ce numéro, j'ai eu le plaisir de reconnaître quelques plumes familières (Léa Silva, Vanessa Terral, Marie-Anne Cleden, Stéphane Pihen et Hans Delrue) qui sont déjà apparues dans les précédentes publications de Transition.
Pour les nouvelles thématiques, Magali Couzigou commence avec "Cela ne me regarde pas". Cette nouvelle raconte la vengance contrariée d'une fée envers un individu des plus malfaisants. En dire davantage ne ferait que gacher l'intrigue que j'ai trouvée originale et bien construite.
Vient ensuite "Sourcicette", un autre très bon texte relatif aux fées écrit cette fois par Léa Silva. Ici, il n'est pas question de vengeance, mais plutôt d'un dette à payer à une lavandière évanescente. Bien qu'agréable, ce texte n'est pas exempt d'incohérences et j'aurais aimé que la question de la grand-mère ne soit pas évacuée aussi brutalement.
Tout d'abord, le titre de "Bridge over Troubled Water", la nouvelle de Rémi Billoir, m'a intrigué. En effet, je ne suis pas une adepte des titres en anglais (sauf si le texte entier est en anglais) et après la lecture, je ne comprends toujours pas la raison qui a motivé ce choix. Par contre, le lecture en elle-même a été un véritable régal. Dès les premières lignes, j'ai été saisie par les aventures de Damien, un adolescent capable de voir les morts qui suivent les cours d'eaux.
Le poème "Edwine Au-fil-de-l'eau" est la contribution de Vanessa Terral à ce numéro (en plus du travail éditorial). J'ai vraiment aimé le ton mélancolique de ses vers et la référence aux selkies-loutres.
Avec"Un fauve poids plume", Marie-Anne Cleden fait, une fois de plus, preuve de son talent pour raconter de belles histoires. Cette fois-ci, il s'agit des aventures d'une paruline jaune, un oiseau des montagnes rocheuses, qui a décidé de choisir un animal totem afin d'échapper à sa condition de volatile. Bourrée d'humour et de poésie, cette nouvelle est un très bon moment de lecture.
Le très réussit "Il Benedante" de Stéphane Pihen nous ramène à un univers mêlant réalisme et féérie. Le paysage écrasé de chaleur convient à la perfection avec la température actuelle où on recherche en vain un peu de fraîcheur. C'est d'ailleurs le besoin d'eau fraîche qui pousse Mario à se mettre en quête d'une source pour sauver sa grand-mère.
La partie thématique se termine avec "In Memoriam", une nouvelle d'Alice Louyot. Si le thème choisi n'est pas aussi original que les autres, ce texte est empreint d'une tristesse lancinante qui suit le cours paresseux d'une rivière. Le lien complexe qui unit l'héroïne à la rivière de son enfance donne toute sa force à ce récit.
La nouvelle "Une femme de lettres" est la dernière de ce numéro est c'est aussi la seule qui soit athématique. Elle a été écrite par Hans Delrue, un auteur dont j'avais beaucoup apprécié le style dans l'Éveil n°1. Il reprend dans celle-ci le thème de la vieillesse avec son regard à la fois doux et amer. L'incompréhension entre un père âgé, qui ne vit plus qu'à travers son amour pour une femme inisible, et son fils, que cette démence sénile déespère, est le point central et fort bien exploité de ce texte.
Mon avis général sur ce numéro d'Éveil est que la qualité des nouvelles qu'il contient s'est améliorée. Sur les sept textes, il m'a été difficile de trouver ceux qui m'ont le plus séduite, car leurs auteurs ont tous réussi à me faire voyager.
mercredi 30 juin 2010
Les mensonges de Locke Lamora

Les mensonges de Locke Lamora est le premier tome de la série de Scott Lynch intitulée : Les Salauds Gentilshommes. Doté d'une belle illustration, mais d'une quatrième de couverture qui laisse croire à un Robin des Bois sauce fantasy, ce livre m'a attirée par les bonnes critiques dont il bénéficie.
Malgré l'investissement (grand format oblige), je n'ai pas été déçue. La cité-état de Camorr où se déroule l'intrigue est un enchantement, que ce soit dans les édifices magiques de la noblesse ou dans les taudis des malandrins. Les chapitres consacrés aux entourloupes de Locke sont prétexte à visiter cette ville sous ses différentes facettes et l'auteur parvient à restituer la beauté des lieux à travers ses descriptions.
Si la lecture est des plus agréables, ce livre n'est pas dépourvu de faiblesses. J'ai trouvé que l'intrigue est longue à se mettre en place, mais que son dénouement est trop brusque. Cette impression est, à mon avis, due aux interludes qui s'insinuent entre les chapitres. Leur objectif évident est d'offrir au lecteur des explications sur les événements passés et, fort heureusement, ils sont intéressants. Cependant, les incessants aller-retours deviennent agaçant dès la moitié du roman.
A propos de l'histoire, il est assez difficile d'en donner un aperçu, car il faut être patient pour en découvrir les rouages. Je vais quand même m'y essayer alors je demande un brin d'indulgence :
"Depuis son enfance, Locke Lamora est un filou de la pire espèce. Retors et convaincu de sa grande intelligence, il met ses compétences aux services de sa bande : Les Salauds Gentilshommes. Afin de préserver leur indépendance vis-à-vis du roi de la pègre, ainsi que leurs vies, ils sont contraints d'agir dans le plus grand secret. Le jour où le mystérieux roi en gris commence à semer la pagaille dans les bas-fonds, l'équilibre des forces se redessine et pas forcement dans les intérêts de Locke."
C'est une lecture que je conseille vivement aux amateurs de fantasy d'intelligente, mais attendez quand même la sortie en format poche.
lundi 28 juin 2010
Révélations !
L'idée (assez fumeuse) d'écrire Limonade provient d'une longue conversation estivale et de l'envie de mener un projet commun. Nous nous sommes donc mises toutes les deux au scénario, mais c'est la loutre qui a écopé de la partie rédaction. Bien entendu, Evilie conserve le droit de taper sur la loutre en cas de délire rédactionnel. En contrepartie, la loutre peut couiner pour avoir de l'aide lorsqu'elle tombe en panne d'inspiration.
Comme vous pouvez le constater, cette association fonctionne depuis plus de six mois. Nous sommes contentes du travail accompli, mais nous prévoyons déjà la prochaine étape dans notre plan de contamination.
Ces révélations ne devraient rien changer en terme de mises à jour ou de contenu. En effet, Magali reste notre vitrine, même si, en coulisse, il nous arrive d'intervertir les rôles.
Sur ce, la loutre retourne bosser le chapitre 6 de Limonade...
vendredi 25 juin 2010
Les aventures de Robert
Vous pouvez le trouver sur le blog de Syven, son auteur : les aventures de Robert.
Sinon, il existe aussi un autre article des plus intéressant et qui commence à être très connu : Comment ne pas écrire des histoires, publié par la revue Solaris. La plume brillante d'Yves Meynard rend cette lecture savoureuse.
mercredi 23 juin 2010
Ma pile à lire de juin

J'avais abordé le sujet lundi matin, mais il me semble que c'est une bonne idée d'y revenir. Comme l'indique le titre, je vais détailler le contenu de ma pile à lire actuelle.
En cours :
- Les mensonges de Locke Lamora (Les Salauds Gentilshommes - tome 1)
- Servant of the Underworld
- le second numéro d'Éveil
En tas au pied de mon lit :

- Les sombres romantiques
- Les dents de l'amour
- Archnae
- Sorcières et sortilèges
- Les démons de Paris
Je ne manquerais pas de vous tenir au courant de mes lectures via les critiques de livres que je compte écrire sur certains d'entre eux.