Et voilà, un chapitre supplémentaire que j'espère dense en péripéties et rebondissements. C'est la seule manière que j'ai trouvé afin d'éviter au rythme du roman de ralentir aux alentours de sa moitié.
Pour ceux qui arriveraient en cours de route, le début du chapitre 13 se trouve là.
Quant à la suite, elle devrait vous réserver quelques scènes du même ordre. Cependant, les choses vont se calmer pour nos héros durant les vacances de la Toussaint.
J'avoue qu'il va être difficile d'instaurer une ambiance feuilles mortes, pluies et champignons vu que nous sommes en plein cœur du printemps, mais je compte bien relever le défi.
Bonne lecture pour les 11 prochains chapitres !
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mercredi 4 mai 2011
lundi 2 mai 2011
Chapitre 13 de Limonade - Episode 10
Il s’agissait de Charline qui marchait d’un pas vif. Lorsqu’elle se trouva à proximité, ils aperçurent l’immense sourire qui se dessinait sur ses lèvres maquillées. Avant qu’ils ne l’interpellent, elle sauta au cou de Corentin. Trop gêné pour savoir comment réagir, celui-ci se laissa embrasser sur la joue.
– Qu’est-ce qui t’arrive ?
Le ton sec de Fabrice mit fin aux effusions de la jeune fille. Elle cessa d’étreindre sa victime qui arborait une marque prune par-dessus la rougeur de ses pommettes, mais elle paraissait toujours aussi euphorique. Son affection débordante se déversa ensuite sur l’autre adolescent.
– L’exorcisme a fonctionné ! expliqua-t-elle avec allégresse.
– À quoi tu l’as vu ?
Elle se tourna vers le plus jeune du groupe, puis haussa les épaules.
– Je n’ai plus cette impression étrange, comme si j’étais constamment surveillée. Les cauchemars aussi ont disparu.
– C’est lui qu’il faut remercier, pas moi, protesta Fabrice en essuyant les traces de maquillage sur sa joue.
– Je ne voulais pas que tu sois jaloux.
– Ne t’embête pas pour ça.
– Ta copine te garde à l’œil ?
Il secoua la tête avec une moue chagrinée. La pause étant déjà bien entamée, son ami demanda :
– Tu as pu relire ton cahier ?
– J’ai fait mieux, je te les ai apportés.
La jeune fille lui confia un cahier à la couverture brillante orné d’autocollants en forme de tête de mort.
– Ça ne parle pas que de magie, mais je n’avais pas le temps de recopier juste les passages qui t’intéressent.
– OK. Combien de temps je peux le garder ?
Elle hésita, puis finit pas répondre avec résignation :
– Toutes les vacances, si tu veux.
Il la remercia, porté par une confiance envers l’avenir qu’il n’avait pas éprouvée depuis des mois. Quand la sonnerie signala de façon assourdissante la fin de la récréation, Charline fit demi-tour. Les deux garçons s’apprêtaient à l’imiter, mais Fabrice retint son compagnon par la manche.
– Tu as toutes tes chances avec la sorcière.
– Mes chances de quoi ?
– Sortir avec elle.
– N’importe quoi. Elle t’a embrassé aussi, je te rappelle.
Cet échange suscita un court instant de malaise qui se dissipa aussitôt qu’ils eurent regagné les bâtiments du lycée.
– Qu’est-ce qui t’arrive ?
Le ton sec de Fabrice mit fin aux effusions de la jeune fille. Elle cessa d’étreindre sa victime qui arborait une marque prune par-dessus la rougeur de ses pommettes, mais elle paraissait toujours aussi euphorique. Son affection débordante se déversa ensuite sur l’autre adolescent.
– L’exorcisme a fonctionné ! expliqua-t-elle avec allégresse.
– À quoi tu l’as vu ?
Elle se tourna vers le plus jeune du groupe, puis haussa les épaules.
– Je n’ai plus cette impression étrange, comme si j’étais constamment surveillée. Les cauchemars aussi ont disparu.
– C’est lui qu’il faut remercier, pas moi, protesta Fabrice en essuyant les traces de maquillage sur sa joue.
– Je ne voulais pas que tu sois jaloux.
– Ne t’embête pas pour ça.
– Ta copine te garde à l’œil ?
Il secoua la tête avec une moue chagrinée. La pause étant déjà bien entamée, son ami demanda :
– Tu as pu relire ton cahier ?
– J’ai fait mieux, je te les ai apportés.
La jeune fille lui confia un cahier à la couverture brillante orné d’autocollants en forme de tête de mort.
– Ça ne parle pas que de magie, mais je n’avais pas le temps de recopier juste les passages qui t’intéressent.
– OK. Combien de temps je peux le garder ?
Elle hésita, puis finit pas répondre avec résignation :
– Toutes les vacances, si tu veux.
Il la remercia, porté par une confiance envers l’avenir qu’il n’avait pas éprouvée depuis des mois. Quand la sonnerie signala de façon assourdissante la fin de la récréation, Charline fit demi-tour. Les deux garçons s’apprêtaient à l’imiter, mais Fabrice retint son compagnon par la manche.
– Tu as toutes tes chances avec la sorcière.
– Mes chances de quoi ?
– Sortir avec elle.
– N’importe quoi. Elle t’a embrassé aussi, je te rappelle.
Cet échange suscita un court instant de malaise qui se dissipa aussitôt qu’ils eurent regagné les bâtiments du lycée.
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vendredi 29 avril 2011
Chapitre 13 de Limonade - Episode 9
Le lendemain matin, Corentin faillit arriver en retard au lycée. Il s’engouffra entre les portes, juste avant que le surveillant ne les referme. Les joues écarlates, il s’adossa à une colonne carrelée pour reprendre son souffle.
– Salut Cory !
Il releva les yeux et reconnut Fabrice qui souriait largement bien qu’il soit davantage en retard que lui.
– Salut, dit-il d’une voix faible. Il faut que je file en cours.
Sur ces mots, il détala tandis que son ami prenait la direction du CDI d’un pas tranquille.
Deux heures plus tard, ils se retrouvèrent au même endroit. La gêne éprouvée par Fabrice la veille en parlant de sa rupture avec Gwenaëlle s’était évaporée.
– Je lui avais fait passer un message par Anne-So, une copine du collège. On s’est retrouvé tous les deux vers quatre heures dans un café. Je lui ai dit que c’était vraiment galère pour la voir et que je commençais à me demander pourquoi nous sortions ensemble.
– Elle a répondu quoi ?
– Rien, elle avait l’air très surprise. Elle n’arrêtait pas de tortiller une mèche autour de ses doigts en buvant son chocolat.
– Elle fait souvent ça quand elle réfléchit, expliqua Corentin.
– J’ai continué à jouer mon numéro de petit ami inquiet, mais elle avait l’air ailleurs. Alors, j’ai fini par lui dire que je préférais qu’on arrête de sortir ensemble.
Son ami cessa de raconter cet épisode lorsqu’ils arrivèrent au pied de leur escalier préféré. En dépit du froid humide qui s’était abattu sur la cour, une douzaine de lycéens marchaient autour des arbres décharnés.
Corentin souffla sur ses mains pour les réchauffer.
– Gwen t’a semblé triste ?
– Non, pas vraiment. Pourquoi ?
– Hier, je suis allé voir sa demi-sœur et son beau-père à l’hôpital. Ils sont tombés malades et les médecins ne savent pas ce qu’ils ont.
Cette information figea le visage de l’adolescent dans un masque stupéfait. Une ombre de remords traversa ses yeux. Corentin poursuivit :
– Je pense que leur maladie a un lien avec la magie noire.
Il n’eut pas le temps d’approfondir son raisonnement, car une fille en parka violette se dirigeait vers eux.
– Salut Cory !
Il releva les yeux et reconnut Fabrice qui souriait largement bien qu’il soit davantage en retard que lui.
– Salut, dit-il d’une voix faible. Il faut que je file en cours.
Sur ces mots, il détala tandis que son ami prenait la direction du CDI d’un pas tranquille.
Deux heures plus tard, ils se retrouvèrent au même endroit. La gêne éprouvée par Fabrice la veille en parlant de sa rupture avec Gwenaëlle s’était évaporée.
– Je lui avais fait passer un message par Anne-So, une copine du collège. On s’est retrouvé tous les deux vers quatre heures dans un café. Je lui ai dit que c’était vraiment galère pour la voir et que je commençais à me demander pourquoi nous sortions ensemble.
– Elle a répondu quoi ?
– Rien, elle avait l’air très surprise. Elle n’arrêtait pas de tortiller une mèche autour de ses doigts en buvant son chocolat.
– Elle fait souvent ça quand elle réfléchit, expliqua Corentin.
– J’ai continué à jouer mon numéro de petit ami inquiet, mais elle avait l’air ailleurs. Alors, j’ai fini par lui dire que je préférais qu’on arrête de sortir ensemble.
Son ami cessa de raconter cet épisode lorsqu’ils arrivèrent au pied de leur escalier préféré. En dépit du froid humide qui s’était abattu sur la cour, une douzaine de lycéens marchaient autour des arbres décharnés.
Corentin souffla sur ses mains pour les réchauffer.
– Gwen t’a semblé triste ?
– Non, pas vraiment. Pourquoi ?
– Hier, je suis allé voir sa demi-sœur et son beau-père à l’hôpital. Ils sont tombés malades et les médecins ne savent pas ce qu’ils ont.
Cette information figea le visage de l’adolescent dans un masque stupéfait. Une ombre de remords traversa ses yeux. Corentin poursuivit :
– Je pense que leur maladie a un lien avec la magie noire.
Il n’eut pas le temps d’approfondir son raisonnement, car une fille en parka violette se dirigeait vers eux.
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mercredi 27 avril 2011
Chapitre 13 de Limonade - Epsiode 8
Évelyne revint dans le bureau peu après. Comme le chat ne la suivait pas, son neveu supposa qu’elle venait de le nourrir. Avant qu’il n’ait le temps de quitter le fauteuil, elle lui demanda :
– Fabrice va bien ?
– Oui.
Ce disant, Corentin essaya de se persuader que son ami prenait sa rupture avec sérénité. Après tout, c’était sa décision et il était assez grand pour savoir ce qu’il faisait. Pourtant, il avait l’intuition que les choses étaient plus compliquées, notamment à cause de l’implication de cette Anne-Sophie.
Une remarque de sa tante le sortit de ses réflexions.
– Ça ne le dérange pas que tu l’aies exorcisé ?
– En fait non. Il a l’air de trouver ça normal, voire marrant.
– Gwenaëlle a de la chance d’avoir un petit ami comme lui. Elle va avoir besoin de soutien avec ce qui est arrivé à sa famille.
Afin de faire taire la culpabilité née de son omission volontaire, il s’enquit :
– Tu penses que la maladie de George et Sandra a un rapport avec de la magie ?
– Peut-être. J’ai essayé de faire quelques exercices de divinations, mais ça n’a rien donné. S’il y a un magicien derrière tout ça, il doit être très fort et très dangereux.
La voix d’Évelyne avait pris des intonations tristes, presque inquiètes, en évoquant cette hypothèse. Elle secoua la tête, puis s’intéressa à un tout autre sujet :
– Je n’ai pas eu le temps de faire les courses, donc, pour le dîner, ça sera juste des pâtes.
L’adolescent hocha la tête, puis regarda sa tante redescendre afin de préparer le repas. Dès qu’il eut la certitude qu’elle était trop occupée pour faire attention à lui, il récupéra le grimoire sous son lit et le remit à sa place sur l’étagère.
La fatigue consécutive aux chocs de la journée rattrapa Corentin après le dîner, alors qu’il s’apprêtait à faire ses devoirs. Ses yeux se fermaient tous seuls devant ses cours. Il abandonna ses cahiers sans regret et s’endormit.
– Fabrice va bien ?
– Oui.
Ce disant, Corentin essaya de se persuader que son ami prenait sa rupture avec sérénité. Après tout, c’était sa décision et il était assez grand pour savoir ce qu’il faisait. Pourtant, il avait l’intuition que les choses étaient plus compliquées, notamment à cause de l’implication de cette Anne-Sophie.
Une remarque de sa tante le sortit de ses réflexions.
– Ça ne le dérange pas que tu l’aies exorcisé ?
– En fait non. Il a l’air de trouver ça normal, voire marrant.
– Gwenaëlle a de la chance d’avoir un petit ami comme lui. Elle va avoir besoin de soutien avec ce qui est arrivé à sa famille.
Afin de faire taire la culpabilité née de son omission volontaire, il s’enquit :
– Tu penses que la maladie de George et Sandra a un rapport avec de la magie ?
– Peut-être. J’ai essayé de faire quelques exercices de divinations, mais ça n’a rien donné. S’il y a un magicien derrière tout ça, il doit être très fort et très dangereux.
La voix d’Évelyne avait pris des intonations tristes, presque inquiètes, en évoquant cette hypothèse. Elle secoua la tête, puis s’intéressa à un tout autre sujet :
– Je n’ai pas eu le temps de faire les courses, donc, pour le dîner, ça sera juste des pâtes.
L’adolescent hocha la tête, puis regarda sa tante redescendre afin de préparer le repas. Dès qu’il eut la certitude qu’elle était trop occupée pour faire attention à lui, il récupéra le grimoire sous son lit et le remit à sa place sur l’étagère.
La fatigue consécutive aux chocs de la journée rattrapa Corentin après le dîner, alors qu’il s’apprêtait à faire ses devoirs. Ses yeux se fermaient tous seuls devant ses cours. Il abandonna ses cahiers sans regret et s’endormit.
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lundi 25 avril 2011
Chapitre 13 de Limonade - Episode 7
Au bout d’une demi-heure, il avait compilé dans le cahier de brouillon tout ce qui lui semblait relatif au surnaturel. Sur les cinq pages, les manifestations de ses propres capacités magiques en occupaient presque deux. Cette constatation ne l’enchantait pas le moins du monde.
La sonnerie du téléphone interrompit ses réflexions. Il leva les yeux des lignes mauves du papier de mauvaise qualité, puis y replongea quand il entendit que sa tante avait décroché.
La minute suivante, elle l’appela du couloir :
– Corentin ! Fabrice veut te parler.
Surpris, l’adolescent dévala l’escalier pour récupérer le combiné.
– Allô, Fabrice ?
– Oui.
– Tu as un truc à me demander ?
Un silence embarrassé précéda la réponse de son ami.
– J’ai quitté Gwenaëlle, annonça celui-ci.
Corentin savait qu’il aurait dû éprouver de la tristesse en apprenant cette rupture. Cependant, il ne pouvait s’empêcher de ressentir une forme de soulagement coupable. Pour donner le change, il déclara :
– C’est dommage.
– Non, notre relation était un mensonge, un sortilège.
Avant de poursuivre la conversation, l’adolescent s’assura que sa tante ait quitté le bureau. Bien qu’elle soit au courant de la majeure partie de l’affaire, il ne tenait pas à en faire étalage devant elle.
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
– J’avais rendez-vous avec Anne-So, l’une des filles du club de magie. On a pas mal discuté de Gwenaëlle, de mon amnésie et notre histoire.
– Tu lui as parlé de moi ?
– Tu plaisantes ! Je ne fais pas confiance à cette sorcière. Je n’allais pas prendre le risque de lui dire que tu as des pouvoirs d’exorciste.
Cette interruption agaça Fabrice qui reprit sur un ton plus agressif :
– Elle a vraiment insisté sur le fait que Gwenaëlle n’avait pas l’air de tenir à moi. Elle n’a pas fait la moindre allusion à un envoutement, mais elle m’a semblé soupçonner Gwen.
– Gwen n’a rien à voir avec tout ça !
– Arrête de te faire des idées ! À part elle, personne n’avait le moindre intérêt à me jeter un sort.
Ce fut au tour de Corentin de rester silencieux. Son honnêteté et l’affection pour son interlocuteur l’obligeaient à reconnaître le bienfondé de ses paroles. Pour éviter de s’empêtrer dans un échange houleux, il proposa :
– On devrait en parler demain.
Fabrice acquiesça avec un soulagement qui transparaissait à travers le combiné du téléphone. D’une voix radoucie, il changea de sujet :
– Comment ça s’est passé avec Charline ?
– Pas trop mal, on va en discuter à la pause de dix heures.
N’ayant plus de raison de bavarder avant de lendemain, les deux garçons raccrochèrent. Encore troublé par la brutale séparation, Corentin se laissa tomber dans le fauteuil. L’un des coussins émit un piaulement aigu, puis secoua sa fourrure noire. Les yeux entrouverts, Lucifer le foudroya du regard avant de filer en direction de la cuisine.
La sonnerie du téléphone interrompit ses réflexions. Il leva les yeux des lignes mauves du papier de mauvaise qualité, puis y replongea quand il entendit que sa tante avait décroché.
La minute suivante, elle l’appela du couloir :
– Corentin ! Fabrice veut te parler.
Surpris, l’adolescent dévala l’escalier pour récupérer le combiné.
– Allô, Fabrice ?
– Oui.
– Tu as un truc à me demander ?
Un silence embarrassé précéda la réponse de son ami.
– J’ai quitté Gwenaëlle, annonça celui-ci.
Corentin savait qu’il aurait dû éprouver de la tristesse en apprenant cette rupture. Cependant, il ne pouvait s’empêcher de ressentir une forme de soulagement coupable. Pour donner le change, il déclara :
– C’est dommage.
– Non, notre relation était un mensonge, un sortilège.
Avant de poursuivre la conversation, l’adolescent s’assura que sa tante ait quitté le bureau. Bien qu’elle soit au courant de la majeure partie de l’affaire, il ne tenait pas à en faire étalage devant elle.
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
– J’avais rendez-vous avec Anne-So, l’une des filles du club de magie. On a pas mal discuté de Gwenaëlle, de mon amnésie et notre histoire.
– Tu lui as parlé de moi ?
– Tu plaisantes ! Je ne fais pas confiance à cette sorcière. Je n’allais pas prendre le risque de lui dire que tu as des pouvoirs d’exorciste.
Cette interruption agaça Fabrice qui reprit sur un ton plus agressif :
– Elle a vraiment insisté sur le fait que Gwenaëlle n’avait pas l’air de tenir à moi. Elle n’a pas fait la moindre allusion à un envoutement, mais elle m’a semblé soupçonner Gwen.
– Gwen n’a rien à voir avec tout ça !
– Arrête de te faire des idées ! À part elle, personne n’avait le moindre intérêt à me jeter un sort.
Ce fut au tour de Corentin de rester silencieux. Son honnêteté et l’affection pour son interlocuteur l’obligeaient à reconnaître le bienfondé de ses paroles. Pour éviter de s’empêtrer dans un échange houleux, il proposa :
– On devrait en parler demain.
Fabrice acquiesça avec un soulagement qui transparaissait à travers le combiné du téléphone. D’une voix radoucie, il changea de sujet :
– Comment ça s’est passé avec Charline ?
– Pas trop mal, on va en discuter à la pause de dix heures.
N’ayant plus de raison de bavarder avant de lendemain, les deux garçons raccrochèrent. Encore troublé par la brutale séparation, Corentin se laissa tomber dans le fauteuil. L’un des coussins émit un piaulement aigu, puis secoua sa fourrure noire. Les yeux entrouverts, Lucifer le foudroya du regard avant de filer en direction de la cuisine.
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vendredi 22 avril 2011
Chapitre 13 de Limonade - Episode 6
En arrivant chez sa tante, Corentin se fit le plus discret possible. Il monta les escaliers en silence jusqu’au bureau afin d’y remettre le grimoire. Hélas, le rai de lumière qui filtrait sous le battant signalait qu’Évelyne était en train de lire. Il espéra qu’elle n’avait pas tenté de consulter l’ouvrage qui se trouvait toujours dans son sac à dos, puis il gravit les marches abruptes menant à sa chambre.
Contraint d’attendre un moment plus propice, il retira les marques-pages colorées. Avant de glisser le livre sous son lit, il s’assura qu’il n’avait oublié aucun morceau de papier entre les pages jaunies. Il se laissa ensuite tomber sur sa couette, évidemment couverte de poils noirs.
Les cahiers posés sur son bureau attendaient qu’il daigne s’occuper d’eux, mais il n’en avait aucune envie. Les événements de l’après-midi l’avaient suffisamment secoué pour lui ôter toute volonté d’étudier. Pourtant, il se leva pour aller s’installer sur sa chaise, face à la pile de cours. Il les repoussa d’un geste, puis sortit de son tiroir un simple cahier de brouillon à la couverte indigo.
Bien qu’il trouve un peu ridicule l’idée de tenir un journal de magie, le conseil de Charline ne lui semblait pas dénué d’intérêt. Sur la troisième page, il fit une liste de tous les phénomènes mystérieux survenus depuis la rentrée.
L’exorcisme de Fabrice et son amnésie, les runes gravées sur le poteau de basket, les différents dessins qu’il avait réalisés et les conclusions que son ami en avait tirées ; toutes ces entorses à la réalité telle qu’il la percevait jusqu’à présent. Dans ce fatras d’action et de coïncidences, l’influence du cours de magie de Gwenaëlle était flagrante.
L’approche du dénouement tant espéré rendait l’adolescent nerveux, presque fébrile. Il s’efforça de calmer son esprit, déjà enfiévré par son combat contre les vers d’ombres.
Pour l’instant, il n’avait encore rien de tangible, les révélations de Charline viendraient demain. Il regretta de ne pas avoir réclamé toutes les réponses lorsqu’ils étaient ensemble, puis il se raisonna et se remit à écrire.
Contraint d’attendre un moment plus propice, il retira les marques-pages colorées. Avant de glisser le livre sous son lit, il s’assura qu’il n’avait oublié aucun morceau de papier entre les pages jaunies. Il se laissa ensuite tomber sur sa couette, évidemment couverte de poils noirs.
Les cahiers posés sur son bureau attendaient qu’il daigne s’occuper d’eux, mais il n’en avait aucune envie. Les événements de l’après-midi l’avaient suffisamment secoué pour lui ôter toute volonté d’étudier. Pourtant, il se leva pour aller s’installer sur sa chaise, face à la pile de cours. Il les repoussa d’un geste, puis sortit de son tiroir un simple cahier de brouillon à la couverte indigo.
Bien qu’il trouve un peu ridicule l’idée de tenir un journal de magie, le conseil de Charline ne lui semblait pas dénué d’intérêt. Sur la troisième page, il fit une liste de tous les phénomènes mystérieux survenus depuis la rentrée.
L’exorcisme de Fabrice et son amnésie, les runes gravées sur le poteau de basket, les différents dessins qu’il avait réalisés et les conclusions que son ami en avait tirées ; toutes ces entorses à la réalité telle qu’il la percevait jusqu’à présent. Dans ce fatras d’action et de coïncidences, l’influence du cours de magie de Gwenaëlle était flagrante.
L’approche du dénouement tant espéré rendait l’adolescent nerveux, presque fébrile. Il s’efforça de calmer son esprit, déjà enfiévré par son combat contre les vers d’ombres.
Pour l’instant, il n’avait encore rien de tangible, les révélations de Charline viendraient demain. Il regretta de ne pas avoir réclamé toutes les réponses lorsqu’ils étaient ensemble, puis il se raisonna et se remit à écrire.
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chapitre 13,
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mercredi 20 avril 2011
Chapitre 13 de Limonade - Episode 5
Corentin n’avait pas la moindre envie de s’attarder. Tout ce qu’il désirait, c’était de regagner le pavillon de sa tante et sa chambre sous les toits. Pourtant, il patienta dans le couloir que la sorcière finisse de se sécher.
Lorsqu’elle ouvrit la porte, vêtue d’un chemisier piqueté de fleurs mauves qui jurait avec son style habituel, il réprima un sourire ; habillée ainsi, elle paraissait avoir une douzaine d’années.
– Tu penses que l’exorcisme a fonctionné ? demanda-t-il en reprenant son sérieux.
– Je ne sais pas. Avec toutes ses choses bizarres, je suis un peu chamboulée…
Il baissa la voix pour chuchoter :
– Les vers n’en faisaient pas partie ?
– Oui et non. Kaenel me les avait montrés pour me faire peur si j’essayai de retirer la malédiction qu’il a lancée sur moi.
– Qu’est-ce que tu peux me dire sur lui ?
Charline prit une grande inspiration puis déclara :
– C’est un professeur d’histoire au lycée Notre-Dame. Lors de son arrivée dans l’établissement, il a commencé à organiser un cours d’histoire spécial.
– Un cours de magie ?
– Pas au début. On a commencé par apprendre les runes ou la mythologie. Beaucoup de filles sont parties, il était très exigeant.
– Pourquoi ?
– Il voulait faire de nous des magiciennes.
Bien qu’elle n’ait encore fait aucune révélation, l’adolescent buvait ses paroles. Après une courte pause, elle proposa :
– Je pourrais te donner plus de détails, mais il faudrait que je relise mon cahier.
– Ton cahier ?
– Je tenais un cahier où je racontais toutes mes expériences magiques. Ça m’a aidée à comprendre ce que je vivais, à me dire que je n’étais pas en train de devenir folle.
Corentin hésita à la prier de poursuivre. Cependant, il s’estimait trop fatigué pour comprendre toute la portée des déclarations tant espérées.
– On peut en discuter demain au lycée. Tu n’auras qu’à nous retrouver à l’escalier pour la pause de dix heures.
– D’accord.
Ils traversèrent le salon, sans que le jeune frère de Charline ne fasse attention à eux, fasciné par son jeu vidéo.
Devant la porte, la jeune fille sortit de sa poche le bracelet qu’il avait abandonné dans la baignoire.
– Tu avais oublié ça.
Il la remercia et remit le grigri à son poignet. Juste avant qu’il ne parte, elle lui conseilla :
– Tu devrais commencer un cahier. À mon avis, tu vas encore être confronté à des choses étranges…
– J’aimerai mieux éviter, répondit-il sans grande conviction.
Il lui souhaita une bonne soirée, puis la porte de l’entrée se referma derrière lui. Il prit ensuite le chemin de la rue de Courteline.
Lorsqu’elle ouvrit la porte, vêtue d’un chemisier piqueté de fleurs mauves qui jurait avec son style habituel, il réprima un sourire ; habillée ainsi, elle paraissait avoir une douzaine d’années.
– Tu penses que l’exorcisme a fonctionné ? demanda-t-il en reprenant son sérieux.
– Je ne sais pas. Avec toutes ses choses bizarres, je suis un peu chamboulée…
Il baissa la voix pour chuchoter :
– Les vers n’en faisaient pas partie ?
– Oui et non. Kaenel me les avait montrés pour me faire peur si j’essayai de retirer la malédiction qu’il a lancée sur moi.
– Qu’est-ce que tu peux me dire sur lui ?
Charline prit une grande inspiration puis déclara :
– C’est un professeur d’histoire au lycée Notre-Dame. Lors de son arrivée dans l’établissement, il a commencé à organiser un cours d’histoire spécial.
– Un cours de magie ?
– Pas au début. On a commencé par apprendre les runes ou la mythologie. Beaucoup de filles sont parties, il était très exigeant.
– Pourquoi ?
– Il voulait faire de nous des magiciennes.
Bien qu’elle n’ait encore fait aucune révélation, l’adolescent buvait ses paroles. Après une courte pause, elle proposa :
– Je pourrais te donner plus de détails, mais il faudrait que je relise mon cahier.
– Ton cahier ?
– Je tenais un cahier où je racontais toutes mes expériences magiques. Ça m’a aidée à comprendre ce que je vivais, à me dire que je n’étais pas en train de devenir folle.
Corentin hésita à la prier de poursuivre. Cependant, il s’estimait trop fatigué pour comprendre toute la portée des déclarations tant espérées.
– On peut en discuter demain au lycée. Tu n’auras qu’à nous retrouver à l’escalier pour la pause de dix heures.
– D’accord.
Ils traversèrent le salon, sans que le jeune frère de Charline ne fasse attention à eux, fasciné par son jeu vidéo.
Devant la porte, la jeune fille sortit de sa poche le bracelet qu’il avait abandonné dans la baignoire.
– Tu avais oublié ça.
Il la remercia et remit le grigri à son poignet. Juste avant qu’il ne parte, elle lui conseilla :
– Tu devrais commencer un cahier. À mon avis, tu vas encore être confronté à des choses étranges…
– J’aimerai mieux éviter, répondit-il sans grande conviction.
Il lui souhaita une bonne soirée, puis la porte de l’entrée se referma derrière lui. Il prit ensuite le chemin de la rue de Courteline.
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lundi 18 avril 2011
Chapitre 13 de Limonade - Episode 4
Une violente gifle le ramena à la réalité. Sa joue le cuisait et des pointes de douleurs lui transperçaient la main. Cinq petits arcs rouges marquaient sa peau aux endroits où Charline avait enfoncé ses ongles.
– Tu vas mieux ?
La question mobilisa toute la concentration de Corentin. Petit à petit, son désir de chasser les vers d’ombre reflua, remplacé par une profonde lassitude. Il força ses mâchoires contractées à articuler :
– Oui. Et toi ?
Elle hocha la tête.
– Les choses ont toutes explosé, les unes après les autres.
L’adolescent balaya la salle de bain du regard, mais il ne vit aucun résidu de ces créatures. Hormis son grimoire abandonné sur la machine à laver et le seau vide qui gisait sur le tapis, rien ne trahissait le combat qu’il avait mené.
Devinant sans effort ses pensées, la sorcière déclara :
– Tout a disparu. Les monstres, les lignes de baves et les morceaux…
– C’était une illusion ?
– Non, des créatures magiques. C’est un des sortilèges de Kaenel. Il peut donner une forme aux ombres et les contrôler.
Bien que cette affirmation ne lui apporte aucune certitude qu’un pareil incident ne se reproduirait pas, Corentin éprouva un vif soulagement. S’il était parvenu à mettre en déroute une armée de vers magiques, il pourrait arracher Gwenaëlle des griffes de son professeur.
– Ça va ?
La question de Charline l’arracha à ses réflexions. Il acquiesça, puis reporta toute son attention sur elle. À cause de l’eau bénite, son mascara avait dégouliné, dessinant des larmes noires sur ses joues. Des gouttes tombaient de ses mèches qui, dépourvues de gel, paraissaient lisses comme une étoffe.
Mal à l’aise d’être ainsi dévisagée, elle recula et serra ses bras autour de son torse. Son T-shirt gris adhérait à son corps trop mince et lui conférait une allure de chat mouillé. Comprenant sa gêne, le garçon quitta l’abri de la baignoire pour aller lui chercher une serviette.
Ensuite, il récupéra le livre de magie et le remit dans son sac à dos. Celui-ci pesait de tout son poids sur ses épaules crispées. Il quitta la pièce en silence, afin que la jeune fille puisse se changer.
– Tu vas mieux ?
La question mobilisa toute la concentration de Corentin. Petit à petit, son désir de chasser les vers d’ombre reflua, remplacé par une profonde lassitude. Il força ses mâchoires contractées à articuler :
– Oui. Et toi ?
Elle hocha la tête.
– Les choses ont toutes explosé, les unes après les autres.
L’adolescent balaya la salle de bain du regard, mais il ne vit aucun résidu de ces créatures. Hormis son grimoire abandonné sur la machine à laver et le seau vide qui gisait sur le tapis, rien ne trahissait le combat qu’il avait mené.
Devinant sans effort ses pensées, la sorcière déclara :
– Tout a disparu. Les monstres, les lignes de baves et les morceaux…
– C’était une illusion ?
– Non, des créatures magiques. C’est un des sortilèges de Kaenel. Il peut donner une forme aux ombres et les contrôler.
Bien que cette affirmation ne lui apporte aucune certitude qu’un pareil incident ne se reproduirait pas, Corentin éprouva un vif soulagement. S’il était parvenu à mettre en déroute une armée de vers magiques, il pourrait arracher Gwenaëlle des griffes de son professeur.
– Ça va ?
La question de Charline l’arracha à ses réflexions. Il acquiesça, puis reporta toute son attention sur elle. À cause de l’eau bénite, son mascara avait dégouliné, dessinant des larmes noires sur ses joues. Des gouttes tombaient de ses mèches qui, dépourvues de gel, paraissaient lisses comme une étoffe.
Mal à l’aise d’être ainsi dévisagée, elle recula et serra ses bras autour de son torse. Son T-shirt gris adhérait à son corps trop mince et lui conférait une allure de chat mouillé. Comprenant sa gêne, le garçon quitta l’abri de la baignoire pour aller lui chercher une serviette.
Ensuite, il récupéra le livre de magie et le remit dans son sac à dos. Celui-ci pesait de tout son poids sur ses épaules crispées. Il quitta la pièce en silence, afin que la jeune fille puisse se changer.
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chapitre 13,
limonade
vendredi 15 avril 2011
Chapitre 13 de Limonade - Episode 3
Son regard embrassait toute la salle de bain et les monstres qui la peuplaient. Elle murmura à voix basse :
– Voilà le cauchemar qu’il m’avait promis.
Corentin supposa qu’elle faisait référence au professeur Kaenel. L’espace d’un instant, il la soupçonna d’être complice de ce mage maléfique. Cependant, le désespoir qu’il lisait sur ses traits effaça ses doutes.
– Ces… choses vont nous dévorer ! glapit-elle.
Sur ces mots, elle se laissa glisser à genoux. Des larmes amères perlèrent le long de ses cils tandis que les vers se tortillaient pour franchir le rebord. Refusant de s’avouer vaincu, l’apprenti exorciste s’accroupit à côté d’elle et lui prit la main.
Sous l’effet de la peur, elle manqua de lui écraser les doigts. Pour en alléger la pression, il remua le poignet. Il éprouva brusquement une brûlure ; la piécette de son bracelet venait d’entrer en contact avec sa peau. De sa main libre, il arracha le grigri qui tinta contre le fond de la baignoire.
La malveillance émanant des horribles asticots le percuta de plein fouet. Pendant une poignée de secondes, il eut l’impression de suffoquer. Il se reprit et, sans le support d’une quelconque formule ou d’un glyphe runique, il concentra sa volonté afin de les repousser.
Le premier vers qui s’aventura sur l’émail blanc reçut de plein fouet l’énergie émise par l’adolescent. Il commença par l’absorber, se gonflant davantage chaque seconde, puis explosa tel un pétard de fête. Ses semblables qui s’approchèrent subirent le même sort. Le bruit des détonations ainsi que les débris projetés sur les murs emplirent la pièce.
Enhardi par cette première victoire, Corentin étendit sa volonté jusqu’aux tréfonds des canalisations afin d’éradiquer la vermine magique.
Il perdit peu à peu conscience de son environnement. Le carrelage bleu maculé d’éclaboussures noires et brillantes se brouilla devant ses yeux. Son cœur qui jusque-là battait à tout rompre se calma, de même que sa respiration, tandis que les sensations provenant de son corps décroissaient.
– Voilà le cauchemar qu’il m’avait promis.
Corentin supposa qu’elle faisait référence au professeur Kaenel. L’espace d’un instant, il la soupçonna d’être complice de ce mage maléfique. Cependant, le désespoir qu’il lisait sur ses traits effaça ses doutes.
– Ces… choses vont nous dévorer ! glapit-elle.
Sur ces mots, elle se laissa glisser à genoux. Des larmes amères perlèrent le long de ses cils tandis que les vers se tortillaient pour franchir le rebord. Refusant de s’avouer vaincu, l’apprenti exorciste s’accroupit à côté d’elle et lui prit la main.
Sous l’effet de la peur, elle manqua de lui écraser les doigts. Pour en alléger la pression, il remua le poignet. Il éprouva brusquement une brûlure ; la piécette de son bracelet venait d’entrer en contact avec sa peau. De sa main libre, il arracha le grigri qui tinta contre le fond de la baignoire.
La malveillance émanant des horribles asticots le percuta de plein fouet. Pendant une poignée de secondes, il eut l’impression de suffoquer. Il se reprit et, sans le support d’une quelconque formule ou d’un glyphe runique, il concentra sa volonté afin de les repousser.
Le premier vers qui s’aventura sur l’émail blanc reçut de plein fouet l’énergie émise par l’adolescent. Il commença par l’absorber, se gonflant davantage chaque seconde, puis explosa tel un pétard de fête. Ses semblables qui s’approchèrent subirent le même sort. Le bruit des détonations ainsi que les débris projetés sur les murs emplirent la pièce.
Enhardi par cette première victoire, Corentin étendit sa volonté jusqu’aux tréfonds des canalisations afin d’éradiquer la vermine magique.
Il perdit peu à peu conscience de son environnement. Le carrelage bleu maculé d’éclaboussures noires et brillantes se brouilla devant ses yeux. Son cœur qui jusque-là battait à tout rompre se calma, de même que sa respiration, tandis que les sensations provenant de son corps décroissaient.
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mercredi 13 avril 2011
Chapitre 13 de Limonade - Episode 2
Ses propres paroles raffermirent la volonté du garçon. Du revers de la main, il lissa le papier où était inscrit le sortilège afin de s’en imprégner une dernière fois. Il s’empara ensuite du seau, puis fit signe à Charline d’entrer dans la baignoire.
Lorsque le liquide froid l’atteignit en pleine face, elle ferma les yeux avec un gémissement. Sans prendre le temps de s’excuser, Corentin lâcha l’anse de plastique pour se ruer sur son grimoire. Il lut les symboles du sort tout en surveillant la sorcière du coin de l’œil.
À mesure qu’il égrainait les syllabes en essayant de leur insuffler de la magie, il remarqua que les ombres de la pièce gagnaient en substance. D’abord normales, celles-ci prirent peu à peu assez d’épaisseur pour se détacher des recoins où elles étaient tapies.
Des espèces de vers noirs et boursouflés surgirent de derrière la machine à laver ou du rideau de douche. Les paupières toujours closes, Charline ne les voyait pas ramper sur le carrelage bleu pâle en direction de la baignoire. Ils abandonnaient derrière eux des traînées sombres qui brillaient sous les lampes comme de la bave d’escargot.
Son compagnon, pétrifié par cette manifestation inattendue, abandonna son sortilège. Il tourna la tête de tous côtés afin de découvrir la source de cette invasion qu’il devinait malfaisante. Soudain, la bonde du lavabo se mit à vomir un flot d’insectes répugnants qui se répandaient sur le sol avec un bruit humide.
L’adolescent réprima un cri, puis il se précipita vers la sorcière aux habits détrempés. Les vers tendirent des tentacules gluants sur son passage. À chacun de leurs contacts, il se sentit dépossédé d’une infime partie de son énergie vitale. Il bondit par-dessus le rebord de la baignoire pour les éviter et percuta Charline.
Étrangement calme, celle-ci sembla se réveiller d’un mauvais rêve. Son sourire inquiet se changea à une grimace affolée dès qu’elle aperçut les vers noirâtres qui recouvraient le carrelage. Les yeux exorbités, elle retint elle aussi un hurlement de terreur.
Lorsque le liquide froid l’atteignit en pleine face, elle ferma les yeux avec un gémissement. Sans prendre le temps de s’excuser, Corentin lâcha l’anse de plastique pour se ruer sur son grimoire. Il lut les symboles du sort tout en surveillant la sorcière du coin de l’œil.
À mesure qu’il égrainait les syllabes en essayant de leur insuffler de la magie, il remarqua que les ombres de la pièce gagnaient en substance. D’abord normales, celles-ci prirent peu à peu assez d’épaisseur pour se détacher des recoins où elles étaient tapies.
Des espèces de vers noirs et boursouflés surgirent de derrière la machine à laver ou du rideau de douche. Les paupières toujours closes, Charline ne les voyait pas ramper sur le carrelage bleu pâle en direction de la baignoire. Ils abandonnaient derrière eux des traînées sombres qui brillaient sous les lampes comme de la bave d’escargot.
Son compagnon, pétrifié par cette manifestation inattendue, abandonna son sortilège. Il tourna la tête de tous côtés afin de découvrir la source de cette invasion qu’il devinait malfaisante. Soudain, la bonde du lavabo se mit à vomir un flot d’insectes répugnants qui se répandaient sur le sol avec un bruit humide.
L’adolescent réprima un cri, puis il se précipita vers la sorcière aux habits détrempés. Les vers tendirent des tentacules gluants sur son passage. À chacun de leurs contacts, il se sentit dépossédé d’une infime partie de son énergie vitale. Il bondit par-dessus le rebord de la baignoire pour les éviter et percuta Charline.
Étrangement calme, celle-ci sembla se réveiller d’un mauvais rêve. Son sourire inquiet se changea à une grimace affolée dès qu’elle aperçut les vers noirâtres qui recouvraient le carrelage. Les yeux exorbités, elle retint elle aussi un hurlement de terreur.
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lundi 11 avril 2011
Chapitre 13 de Limonade - Episode 1
Lorsque la porte de l’appartement de la famille Kim s’ouvrit, Corentin hésita à y entrer.
– Tu comptes rester planté là ? demanda Charline sur le seuil.
Il secoua la tête comme pour chasser ses doutes, puis franchit la porte.
Un parfum d’encens flottait dans le salon et des bruits électroniques provenaient de la télévision. Son regard s’attarda sur les créatures de pixel multicolores. Un enfant aux cheveux aussi noirs et lisses que ceux de la jeune fille pressait avec frénésie les boutons de la manette.
– C’est mon frère, ne fais pas attention à lui.
– D’accord.
– Il ne va pas nous déranger, il joue à Castelvania.
Le ton entendu sur lequel elle prononça ces mots laissait penser qu’elle avait l’habitude de cette situation. L’apprenti exorciste la suivit jusque dans la salle de bain. Sous le poids de l’épais grimoire rangé dans son sac à dos, les bretelles lui écrasaient les épaules.
Il le posa sur le couvercle de la machine à laver, tandis que Charline verrouillait la porte derrière eux. Elle sortit un seau de jardinage rempli à ras bord d’une eau limpide.
– Tu penses que ça suffira ? s’inquiéta-t-elle.
– Oui. Pour Fabrice, j’avais utilisé à peu près cette quantité.
– Super. Alors, on peut commencer ?
Corentin temporisa en ouvrant le livre à la page signalée d’un marque-page rose. Il relut deux fois d’affilée la formule qu’il avait employée sur son ami, puis s’accorda un moment de réflexion. Bien que l’effet final ait été de délivrer Fabrice de l’emprise d’un enchantement, le but initial de ce sort était de le priver de ses pouvoirs magiques. De telles préconisations n’étaient peut-être pas indiquées dans le cas de Charline qui était une authentique sorcière wiccante.
Il feuilla son grimoire à la recherche d’une formule plus appropriée, mais, dans son dos, l’adolescente s’impatientait :
– Tu en as pour longtemps ?
– Je cherche un autre sort. Celui qui a fonctionné sur Fabrice risque d’annuler tous tes pouvoirs.
Après quelques secondes de silence, elle répondit :
– Ça m’est égal…
Corentin n’osa pas lever les yeux de son livre de peur de surprendre les larmes qu’il devinait dans la voix de son interlocutrice. Il retourna à la première page, puis déclara :
– On y va.
– Tu comptes rester planté là ? demanda Charline sur le seuil.
Il secoua la tête comme pour chasser ses doutes, puis franchit la porte.
Un parfum d’encens flottait dans le salon et des bruits électroniques provenaient de la télévision. Son regard s’attarda sur les créatures de pixel multicolores. Un enfant aux cheveux aussi noirs et lisses que ceux de la jeune fille pressait avec frénésie les boutons de la manette.
– C’est mon frère, ne fais pas attention à lui.
– D’accord.
– Il ne va pas nous déranger, il joue à Castelvania.
Le ton entendu sur lequel elle prononça ces mots laissait penser qu’elle avait l’habitude de cette situation. L’apprenti exorciste la suivit jusque dans la salle de bain. Sous le poids de l’épais grimoire rangé dans son sac à dos, les bretelles lui écrasaient les épaules.
Il le posa sur le couvercle de la machine à laver, tandis que Charline verrouillait la porte derrière eux. Elle sortit un seau de jardinage rempli à ras bord d’une eau limpide.
– Tu penses que ça suffira ? s’inquiéta-t-elle.
– Oui. Pour Fabrice, j’avais utilisé à peu près cette quantité.
– Super. Alors, on peut commencer ?
Corentin temporisa en ouvrant le livre à la page signalée d’un marque-page rose. Il relut deux fois d’affilée la formule qu’il avait employée sur son ami, puis s’accorda un moment de réflexion. Bien que l’effet final ait été de délivrer Fabrice de l’emprise d’un enchantement, le but initial de ce sort était de le priver de ses pouvoirs magiques. De telles préconisations n’étaient peut-être pas indiquées dans le cas de Charline qui était une authentique sorcière wiccante.
Il feuilla son grimoire à la recherche d’une formule plus appropriée, mais, dans son dos, l’adolescente s’impatientait :
– Tu en as pour longtemps ?
– Je cherche un autre sort. Celui qui a fonctionné sur Fabrice risque d’annuler tous tes pouvoirs.
Après quelques secondes de silence, elle répondit :
– Ça m’est égal…
Corentin n’osa pas lever les yeux de son livre de peur de surprendre les larmes qu’il devinait dans la voix de son interlocutrice. Il retourna à la première page, puis déclara :
– On y va.
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