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vendredi 11 novembre 2011

Les 8es rencontres de l'imaginaire de Sèvres

Cette année, j'ai l'occasion de donner un coup de main à l'association Transition sur leur stand des huitièmes rencontres de l'imaginaire qui se dérouleront à Sèvres (près de Paris) le samedi 10 décembre. Je serais donc présente sur le salon pour tenir compagnie aux membres de l'association et vendre des fanzines.

Personnellement, je compte bien en profiter pour me procurer les derniers numéros d’Éveil et de Pénombre. Vous pourrez donc vous attendre à un compte-rendu de mon premier salon de littérature côté exposant, en attendant de faire des dédicaces pour Limonade, et aux critiques des fanzines durant le mois de décembre.

Si vous voulez-vous faire une idée de Transition et de ses publications, leur site a été amélioré récemment (Transition, l'autre réalité) et le forum d'Actu SF donne des informations utiles (les rencontres de l'imaginaire 2011).

lundi 9 mai 2011

Morte saison

Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, mais au niveau des publications de fanzines c'est la morte saison. J'ai tout juste le second numéro des Soupirs de Ligeia à chroniquer, mais je vais avoir un peu de mal à remettre la main dessus.

Histoire de patienter un peu, je vais donc me remettre à chroniquer quelques livres en attendant que le numéro 20 d'Éclats de rêves pointe le bout de son nez. Il devrait aussi y avoir un prochain numéro d'Éveil à paraître dans les prochains mois et peut-être un Black Mamba.

vendredi 8 avril 2011

Pénombre n°4 : Cages, barreaux et barbelés

Cela fait déjà un mois que j’ai récupéré mon exemplaire du quatrième opus de Pénombre sur le stand de l’association Transition au festival Zone Franche de Bagneux. Cette fois, le thème retenu est « Cages, barreaux et barbelés ».

La première partie, celle consacrée au thème précité, donne le ton. Dans « La Cave aux mille orbes » d’Alazaïs Clénié, il est question d’une fillette qui s’amuse dans la cave paternelle. Au lieu d’un indescriptible bazar, elle y trouve des sphères lumineuse fort étranges. L’atmosphère sombre et enfantine rend très bien dans cette nouvelle, mais la fin est un peu abrupte.

Ensuite, on découvre un autre type de prison inventé par Kira Nagio. L’intrigue de « Viviane » se base sur le lien intense qu’entretiennent deux enfants, et le monde de contes inventé par le garçon pour sa petite sœur aveugle. La narration éclatée, bien que parfois difficile à suivre, permet de comprendre tous les rouages de l’histoire. Les références à la mythologie arturienne ajoutent un relief supplémentaire à ce texte déjà très riche.

Un sonnet d’Anne-So Deligny intitulé « Fugace » vient couper en deux la partie thématique. Rien à redire sur cette poésie qui colle parfaitement avec l’ambiance du fanzine et qui s’offre même une pirouette finale des plus réussies.

Changement d’univers avec « Le Geôlier des plantes » de Julie Conseil. Le héros n’est plus un enfant, mais un cantonnier appelé à devenir le gardien des plantes de la région. Hélas son apprentissage ne se fera pas sans heurts et péripéties cocasses. J’ai trouvé que l’idée centrale, déjà d’une originalité remarquable, a été traitée avec brio.

En conclusion de cette partie, Blanche Saint-Roch nous livre une nouvelle sombre qui rend à merveille l’atmosphère des catacombes parisiennes. « Les Âmes geôlières des catacombes » suit les pas d’une guide capable de voir les fantômes et qui ne peut s’empêcher de répondre à l’appel d’une créatures prisonnière. Bien que la fin soit prévisible, ce texte reste une lecture très agréable.

Le fanzine se poursuit avec la partie athématique composée de deux nouvelles et d’un article.

Le premier texte est une nouvelle d’Anne Goulard, « Les Cadavres se mettent au vert », qui assure le quota vampirique de ce numéro. Un adolescent, contraint de passer ses vacances à la campagne, fait la connaissance d’une jeune femme qui traîne dans son sillage des aventures nocturnes.

La seconde nouvelle, « De lune et de rêve », se déroule aussi la nuit. Sous la plume de Marthe Machorowski, un homme des îles se souvient de son passé, de ses espoirs déçus et de la magie de ses ancêtres. Une promenade onirique qui s’achève de façon très étrange, sans que cela nuise à l’harmonie du texte.

Afin de compléter cette partie, Tsaag Valren nous narre un récit traditionnel à propos des légendaires cavales du diable. Cet ajout s’intègre parfaitement à la ligne éditoriale de Pénombre et je serais contente de revoir cet auteur dans les pages du fanzine.

Les illustrateurs sont aussi des habitués, je pense notamment à Maïté Nicolas et Miss Gizmo dont j’aime toujours autant le travail. Le travail de mise en page effectué sur la couverture la rend originale et attractive, ce qui n’est pas un luxe pour attirer le chaland.

En effet, la sortie de ce numéro a nécessité une souscription car les ventes sont trop étalées dans le temps et provoquent des trous dans le trésorerie de l’association Transition. Heureusement, le troisième prix décerné par le festival de Bagneux à la nouvelle « Un fauve poids-plume » parue dans les pages d’Éveil (chronique) ainsi que la cinquième place obtenue par « Passage éphémère » parue cette fois dans Pénombre (chronique) ont apporté une visibilité bienvenue.

Pour finir, je dirais que ce numéro est le meilleur de la série. Aucune nouvelle ne m’a semblé en décalage et la qualité des illustrations s’est vraiment améliorée. Je croise les doigts pour que le suivant consacré aux « Horloges et engrenages » sera du même niveau.

vendredi 17 décembre 2010

Eclat de rêves n°19

Pour ce numéro 19, l’équipe d’Eclats de rêves a rassemblé les nouvelles retenues après deux appels à texte. Il s’agit donc d’un opus particulièrement bien garni avec une première partie consacrée à la vapeur et une seconde aux chaussures.

A toute vapeur !

Cette partie débute avec une nouvelle de Timothée Rey qui est dans la droite ligne de ses autres textes, difficile au premier abord, mais enchanteur. Dans « C'est vrai, quoi, chacun son tour », il y a un univers original à mi-chemin en la SF et la fantasy, des machines à vapeur bien entendu, un prince impatient de livrer bataille et un vocabulaire aussi riche qu’étonnant. Tous les éléments s’imbriquent pour mener le lecteur jusqu’à une bataille épique dont la chute esquive le tragique avec humour.

L’ambiance touchante de « Ma toute vapeur », la courte nouvelle d'E-Traym, aborde la vapeur sous un autre angle, celui d’un narrateur fasciné par les particules d’eau en suspension. Le talent de l’auteur permet de se glisser dans les réflexions d’un héros dont on ignore s’il est fou ou visionnaire.

Cette même ambiguïté se retrouve dans « Le voyageur pendulaire » de Dominique Molès. Sauf qu’ici, le narrateur n’est pas fou, en tâchant de fuir son propre reflet, il s’enferme dans une gare qu’il est impossible de quitter. Décrire un tel environnement, à fois logique et décalé, est un pari difficile que l’auteur a su relever avec brio.

Pour clore cette partie, Patrick Duclos nous offre en voyage de pure fantasy dans un mode de glace et de neige. « Un sort funeste » nous donne peu à peu les clés de son narrateur dans un monde hostile et glacial. Bien qu’intéressant, j’ai trouvé que le lien avec le thème du numéro était trop ténu. Ce texte souffre de la proximité avec d’autres que j’ai trouvé de meilleure qualité.

Chaussure, etc.

Changement de thème avec la nouvelle fantastique de Jacqueline Dumas qui narre la vie d’un collectionneur de chaussure. Le titre, « Etrange gestation », donne un aperçu de l’événement qui va perturber son existence. Une fois de plus, l’un des auteurs de ce numéro nous offre un voyage sur le fil qui sépare folie de normalité.

Retour à la fantasy avec « Des brodequins pour la paix » où l’absence de magie est remplacée par la force des coutumes. Dans ce texte, Olivier Boile raconte en trois volet la transition entre une paix fragile entre deux tribus, scellée par un combat rituel dont l’enjeu est un paire de chaussures, et une guerre sans pitié. La force de cette histoire est son côté détaché, mais, bien que dénuée de jugement envers ses personnages, elle réussi à rendre leur destin poignant.

Pas une once de magie non plus dans « L'inspiration » de Sébastien Soubré-Lanabère, mais une audacieuse mise en abîme. En effet, le héros de la nouvelle est un apprenti auteur qui décide de participer à l’appel à texte sur les chaussures. Informaticien blasé, ce dernier essaye de s’échapper de son quotidien morne grâce à l’écriture tout en luttant contre une manque d’inspiration. Le réalisme de cette nouvelle est le bienvenu pour clore ce numéro.

Les trop rares illustrations ne parviennent pas à rendre la diversité des textes. Cependant, la couverture réussi à faire la jonction entre les deux thèmes (un train à vapeur rempli de chaussures), sans pour autant les assembler artificiellement (des chaussures à vapeur).

vendredi 10 décembre 2010

Black Mamba n°19

La nouvelle de Richard Mesplède « Quinte Flush » commence comme un western classique qui deviendrait de plus en plus exagéré et illogique au fil des pages. Pourtant, chaque détail en apparence loufoque trouve sa place dans la conclusion, confirmant l’importance accordée à Black Mamba pour la chute. Bon à savoir, ce texte figure aussi au sommaire de l’anthologie « Mystère et mauvais genre » des éditions Sombres Rets.

Le changement d’atmosphère est radical avec les « Futures stars » de Serena Gentilhomme. Dans un décor impersonnel qui tranche avec le saloon crasseux du précédent récit, deux personnages évaporés parlent, s’embrassent et dévoilent leurs secrets. Le décalage entre les attitudes des héros et le fait-divers tragique dans lequel ils sont impliqués apporte une touche d’humour bienvenue.

Je dois admettre que j’ai toujours un brin d’inquiétude avant d’attaquer un texte de Timothée Rey. Dès les premières lignes de « Zap ! », l’influence de son style bourré de néologisme rend l’immersion difficile. Il faut du temps pour s’adapter à la narration et à la technologie employée. Cependant, l’histoire qu’il raconte, une variation SF sur le thème du crime parfait, mérite que l’on s’y accroche.

Pour finir, la nouvelle de Bénédicte Taffin donne une dimension plus intimiste à cet opus avec sa nouvelle « Relation Mère-Fille ». Le mélange entre les technologies SF et les souffrances humaines se fait avec naturel ; chaque élément s’appuie sur l’autre pour amener le récit jusqu’à sa conclusion. Je m’attendais à chute aux allures de révélations, toute en demi-teinte et en émotion contenue, et je n’ai pas été déçue. Je regrette cependant que tant de détails soient restées dans l’ombre à cause du format court inhérent à la nouvelle.

Les dossiers et interviews qui complètent cette revue m’ont davantage intéressée que d’habitude. Par contre, les trois bande-dessinées m’ont moins séduites malgré leur excellente qualité. J’ai trouvé que les illustrations des nouvelles ont été particulièrement réussies dans ce numéro. Les dessinateurs sont parvenus à coller à l’ambiance de tous les textes et, comme je les ai tous aimés, j’ai trouvé tous les dessins vraiment chouettes.

En conclusion, je dirais que ce numéro est celui que j’ai le plus apprécié depuis mon abonnement. Alors que généralement, au moins l’un des textes me laisse de marbre, cela n’a pas été le cas dans celui-ci.

vendredi 5 novembre 2010

Pénombre n°3 : La foule

Comme je m'y étais engagée, je consacre une fois de plus l'un de mes billets d'entre chapitre au fanzine Pénombre. Pour ce troisième numéro, le thème choisi a été "La foule".

A première vue, cette thématique ne colle pas vraiment avec l'esprit féerie urbaine du fanzine. Parmi les cinq textes qui composent la partie "grouillante de monde", les auteurs semblent avoir éprouvé des difficultés à choisir entre la foule et la magie.

Si la très courte nouvelle d'Anthony Boulanger fait preuve d'une incroyable densité, "Suis-je ?" m'aurait semblée plus appropriée dans un recueil de littérature noire.

A l'opposé, Anne Goulard a brossé le voyage d'une lycéenne dans le monde étrange du "Passage éphémère". La magie et la féérie s'entremêlent sous les yeux d'une adolescente d'abord perdue, puis exploratrice. Il y a un peu de conte de fées et une pointe de Doctor Who dans cet univers. L'illustration de Maïté Nicolas qui l'accompagne ajoute encore à l'atmosphère de cette nouvelle.

Le "Transperrance" de Thomas Spok m'a laissée dubitative. De la foule, un monde très ordinaire et un sentiment d'étrangeté, mais le mélange n'a pas pris. Là aussi, le texte m'a paru plus polar que fantastique.

En dépit d'une narration complexe, j'ai vraiment apprécié la nouvelle de Michaël Moslonka. Jacquemards, le héros, est doté d'un charisme incontestable. La suite de chapitres de "Péché capital" manque peut-être de cohérence par moments, heureusement que la chute met tout cela en ordre.

La partie athématique se compose de deux nouvelles. Elle commence par "En scène et en coulisse", un texte de Rémi Billoir qui est désormais un familier des publications de Transition. Une touche de fantastique, légère et exploitée avec talent, donne à cette fable politique un relief inattendu. Un gros coup de cœur pour le duo Paul-Chirine dont la relation cynique est délectable.

"Indicible !", la contribution de Jacques Fuentealba, apporte une dernière touche de noirceur à ce numéro de Pénombre. Il faut néanmoins reconnaître que cette noirceur suinte de sang et de terreur, comme une nouvelle de Lovecraft. La narration à la première personne accentue encore cette ressemblance.

Les textes qui composent ce fanzine sont plus sombres et moins portés sur la féerie que dans les deux précédents opus. La forte présence de certaines nouvelles accentue ce déséquilibre, mais l'ensemble reste agréable. Je déplore cependant que le thème de la foule n'ait pas été abordé d'un point de vue fantastique.

Hormis la très belle quatrième de couverture, l'illustration noir et blanc de Maïté Nicolas et le carnaval en couleur de Ladyyvi, le niveau des graphisme reste constant.

vendredi 1 octobre 2010

Pénombre n°3 : La foule

Gasp, déjà vendredi !

J’avais prévu de parler du nouvel opus de Pénombre que j’attends avec impatience. Hélas, je ne suis pas arrivée à me le procurer à temps. Pas de critique donc, mais juste une annonce pour dire qu’il est sortit le mois dernier.

Le thème de ce numéro est : La foule. Six nouvelles remplissent ses pages, dont quatre se rattachent au thème défini.

Nous retrouverons donc Anthony Boulanger pour "Suis-je ?" et Anne Goulard pour "Passage éphémère" dans la partie thématique. Les deux autres textes sont "Transperrance" de Thomas Spock et "Péché capital" de Michaël Moslonka.

Dans la partie libre, Rémi Billoir nous racontera ce qui se passe "En scène et en coulisse" et Jacques Fuentealba tentera de décrire ce qui est "Incidible !".

J’espère arriver à mettre la main sur ce fanzine prometteur afin de le chroniquer après le prochain chapitre de Limonade.

mercredi 29 septembre 2010

Black Mamba n°18

Le mois dernier, je n'ai pas eu la surprise de trouver le numéro 18 de la revue Black Mamba. En effet, j'attendais cet opus avec impatience après avoir vu la très belle couverture sur le site des éditions Céléphaïs.

Après survolé l'édito, puis les dossiers consacrés à la micronouvelle et au retour des livres dont vous êtes le héros, je me suis plongée dans la première nouvelle de ce numéro. Il s'agit "Le signal", un mélange de polar traditionnel et de fantastique sur fond de construction de l'Empire State Building. Le héros, mystérieux et baraqué à souhait, se laisse entraîner sa trop belle ex-copine, blonde et mariée à un milliardaire. Dès les premiers paragraphes, j'ai adoré le style impeccable et les références américaines d'une exceptionnelle justesse de Paul S. Klemp. Après investigation, j'ai découvert que ce résultat aussi parfait était l'œuvre de Vincent Corlaix à la traduction et de Jacques Fuentealba à la corrections.

Ensuite venait "La lune mord la queue du chat..." qui, comme son titre ne l'indique pas, est une nouvelle mêlant conquête spatiale façon steam-punk et guerre d'ordre religieux. Il y un chat, il y a des templiers, il y a des aérostats et plein de mots autour pour rendre l'ensemble cohérent. C'est la première fois que je lis un texte de Denis Labbé, mais j'ai adoré ce texte en dépit de son titre discutable.

Dans les premières lignes de "Jusqu'à la dernière goutte de fuel", j'ai pensé à une aventure post-apocalyptique explosive et puis... Et puis, Mark Aiken écrit effectivement une aventure bourrée d'explosions et d'adrénaline avec un style âpre, mais il ne s'est pas limité à cela. Son héros va bien au-delà, ce qui rend cette nouvelle... Allez, je ne vais pas finir ma phrase pour ne pas gâcher la chute, elle le mérite.

Pour finir sur une note acide, "L'employé du mois" est parfait dans son genre. Le peinture réalisée par Patrick Eris de cette multinationale à mi-chemin entre le cauchemar et la caricature est un régal. La vision abominablement cynique du narrateur est très classique, mais une chute intelligente vient relever l'ensemble.

Quelques mots sur les illustrations même si je ne me suis pas attardée dessus. Les dessinateurs ont tous su s'accorder avec les ambiances des nouvelles : du polar sombre aux accents noirs et blanc (avec des très belles touches de vert fluo), des machines astucieusement cadrées et un rendu très artistique du plus bel effet.

Dans l'ensemble, j'ai été enchantée par ce numéro de Black Mamba et les perles qu'il refermait. Il me reste à présent les dossiers à lire et le premier numéro de Héros, lui aussi édité par Céléphaïs.

lundi 20 septembre 2010

Éclats de rêves n°18

Comme je le disais en fin de semaine, j’ai découvert récemment le fanzine Éclats de rêves. A l’occasion de je ne sais quelle manifestation des littératures de l’imaginaire, j’avais fait l’acquisition du numéro 18. Le principe de publication ce fanzine est d’alterner numéros thématiques et athématiques. Celui que j’ai lu fait partie de la seconde catégorie ; il contenait donc des textes très variés et d’une excellente qualité.

La première nouvelle est pour le moins classique puisque le Carrefour de la Dame blanche reprend la légende urbaine du même nom. Là où Florent Liau a fait fort, c’est que la mise en place de son intrigue est digne des meilleurs textes d’épouvante. Son écriture réaliste au style oral permet une identification facile au narrateur, ce qui renforce encore l’effet horrifique de la nouvelle. Celle-ci s’achève sur une chute intrigante qui conclut l’ensemble à la perfection.

Après une nouvelle fantastique, Oliver Gechter nous emmène dans un univers de Space-Opéra sur les traces d’un joueur de cornemuse électrique dont les talents musicaux doivent éviter une guerre intersidérale. Le "la" naturel commence fort, très fort dans l’absurde. Pourtant, après un concert désopilant où l’on partage le désarroi du musicien, la conclusion permet de tout expliquer avec une logique absolue. Cette nouvelle est une surprise agréable.

Retour à un texte fantastique contemporain avec Les saules de Frédéric Durand. Cette nouvelle, urbaine et réaliste, met en scène des personnages attachants et traite avec originalité de magie africaine. Le point de vue choisi ne permet hélas pas d’expliquer les tenants et les aboutissants de l’intrigue, ce qui m’a laissé, à la fin du texte, l’impression d’être passée à côté de quelque chose.

Vient ensuite un texte très court : Vertige. J’ai bien faillit me perdre entre les aller-retour temporels, mais la plume onirique de Livia Galeazzi m’a néanmoins accrochée. J’ai juste regretté que la nouvelle soit aussi courte, car les personnages vibraient d’une émotion très juste.

Un autre de mes coups de cœur de ce fanzine est Le monde au bord du rêve écrit par Nicholas Eustache. Cette nouvelle commence comme un conte par la mort d’un roi-créateur et se poursuit par la quête de ses sujets afin de retrouver sa dernière invention, cachée quelque part dans le royaume. Une chute poétique vient conclure cette peinture d’un monde étrange, à la fois humain et mécanique.

Pour conclure, la nouvelle Corps et biens nous ramène dans le fantastique. Nicolas Liau nous relate les premiers jours de veuvage de Léopoldine et les troublantes disparitions dont sa demeure est victime. Il m’est difficile d’en dire davantage sans révéler des pans importants de cette intrigue qui se déroule avec une simplicité élégante. Une conclusion bien amenée vient clore ce texte sur une note optimiste.

Je pense que cette critique reflète tout le bien que je pense de cette publication. Le choix des textes est irréprochable, leur agencement intelligent et une maquette claire, agrémentées d’illustrations de qualité, met l’ensemble en valeur. Même en cherchant bien, je ne trouve rien de négatif à dire sur ce fanzine. C’est d’ailleurs pour cette raison que je m’y suis abonnée.

vendredi 17 septembre 2010

Les petits éditeurs sont bien rentrés

Le samedi 11 septembre, dans le parc des Buttes Chaumont, a eu lieu la troisième édition de la rentrée des petits éditeurs. Je m’y étais rendue l’an dernier et ma visite m’avait laissé un souvenir suffisamment bon pour que je surmonte ma flemme du week-end. L’espace d’une après-midi, j’ai discuté avec des passionnés des littératures de l’imaginaire dans un décor des plus agréables et avec un magnifique soleil.

J’ai aussi profité de la présence de nombreux éditeurs de fanzines pour faire le plein de lecture. Tout d’abord, je suis passée sur le stand de éditions Céléphaïs qui, en plus de Black Mamba, proposaient leur nouvelle revue : Héros. Le concept est original, une revue dédiée aux livres jeux de rôles avec des aventures courtes sur le modèle des « livres dont vous êtes le héros ». J’ai promis une critique de ce numéro, donc je reviendrais dessus lors de ma prochaine pause inter-chapitre.

Juste à côté, il y a l’association Catharsis qui édite le fanzine Borderline. Depuis le temps que j’entends parler de cette publication, j’ai pris un exemplaire du numéro X pour m’en faire une idée. Je suis aussi passée voir Sand et Barsimé, respectivement éditrice et mascotte d’Eclat de rêve. Une critique du dernier numéro est en préparation pour la semaine prochaine, je détaillerait plus tard tout le bien que je pense de ce fanzine.

Malheureusement, pas de Pénombre n°3 lors de cette manifestation, mais le stand de l’association Transition était présent et toujours aussi soigné. Il faudra donc attendre la semaine prochaine avant d’avoir une critique de ce troisième opus dont le thème sera : la foule.

A présent, place à une semaine de critiques de fanzines et autres bavardages limonadesques. La publication du chapitre 8 de Limonade reprendra à partir du 4 octobre.

vendredi 2 juillet 2010

Éveil n°2 : Au fil de l'eau


Pour ce second numéro du fanzine Éveil, le thème choisi a été "Au fil de l'eau". Sept nouvelles ainsi que des illustrations couleur ou noir et blanc mettent en avant l'eau sous toutes ses formes.

Au sommaire de ce numéro, j'ai eu le plaisir de reconnaître quelques plumes familières (Léa Silva, Vanessa Terral, Marie-Anne Cleden, Stéphane Pihen et Hans Delrue) qui sont déjà apparues dans les précédentes publications de Transition.

Pour les nouvelles thématiques, Magali Couzigou commence avec "Cela ne me regarde pas". Cette nouvelle raconte la vengance contrariée d'une fée envers un individu des plus malfaisants. En dire davantage ne ferait que gacher l'intrigue que j'ai trouvée originale et bien construite.

Vient ensuite "Sourcicette", un autre très bon texte relatif aux fées écrit cette fois par Léa Silva. Ici, il n'est pas question de vengeance, mais plutôt d'un dette à payer à une lavandière évanescente. Bien qu'agréable, ce texte n'est pas exempt d'incohérences et j'aurais aimé que la question de la grand-mère ne soit pas évacuée aussi brutalement.

Tout d'abord, le titre de "Bridge over Troubled Water", la nouvelle de Rémi Billoir, m'a intrigué. En effet, je ne suis pas une adepte des titres en anglais (sauf si le texte entier est en anglais) et après la lecture, je ne comprends toujours pas la raison qui a motivé ce choix. Par contre, le lecture en elle-même a été un véritable régal. Dès les premières lignes, j'ai été saisie par les aventures de Damien, un adolescent capable de voir les morts qui suivent les cours d'eaux.

Le poème "Edwine Au-fil-de-l'eau" est la contribution de Vanessa Terral à ce numéro (en plus du travail éditorial). J'ai vraiment aimé le ton mélancolique de ses vers et la référence aux selkies-loutres.

Avec"Un fauve poids plume", Marie-Anne Cleden fait, une fois de plus, preuve de son talent pour raconter de belles histoires. Cette fois-ci, il s'agit des aventures d'une paruline jaune, un oiseau des montagnes rocheuses, qui a décidé de choisir un animal totem afin d'échapper à sa condition de volatile. Bourrée d'humour et de poésie, cette nouvelle est un très bon moment de lecture.

Le très réussit "Il Benedante" de Stéphane Pihen nous ramène à un univers mêlant réalisme et féérie. Le paysage écrasé de chaleur convient à la perfection avec la température actuelle où on recherche en vain un peu de fraîcheur. C'est d'ailleurs le besoin d'eau fraîche qui pousse Mario à se mettre en quête d'une source pour sauver sa grand-mère.

La partie thématique se termine avec "In Memoriam", une nouvelle d'Alice Louyot. Si le thème choisi n'est pas aussi original que les autres, ce texte est empreint d'une tristesse lancinante qui suit le cours paresseux d'une rivière. Le lien complexe qui unit l'héroïne à la rivière de son enfance donne toute sa force à ce récit.

La nouvelle "Une femme de lettres" est la dernière de ce numéro est c'est aussi la seule qui soit athématique. Elle a été écrite par Hans Delrue, un auteur dont j'avais beaucoup apprécié le style dans l'Éveil n°1. Il reprend dans celle-ci le thème de la vieillesse avec son regard à la fois doux et amer. L'incompréhension entre un père âgé, qui ne vit plus qu'à travers son amour pour une femme inisible, et son fils, que cette démence sénile déespère, est le point central et fort bien exploité de ce texte.

Mon avis général sur ce numéro d'Éveil est que la qualité des nouvelles qu'il contient s'est améliorée. Sur les sept textes, il m'a été difficile de trouver ceux qui m'ont le plus séduite, car leurs auteurs ont tous réussi à me faire voyager.

vendredi 21 mai 2010

Pénombre n°2 : Gouttières, toits et greniers


Je ne préfère même pas compter le nombres de jours (semaines ou mois) que le numéro 2 de Pénombre a passé dans ma pile à lire. Pourtant, son thème est des plus alléchant : "Gouttières, toits et greniers (et autre fays d'en haut)".

J'ai néanmoins fini par le lire en quelques jours avant de mettre la main sur le numéro 2 d'Éveil dont le thème sera "Au fil de l'eau".

Revenons à nos toits, puisque c'est là le thème retenu pour le fanzine dédié aux "Créatures de la nuit" et à la "Féérie urbaine" comme le proclame à la très belle couverture de Cécile Guillot.

Cet opus débute avec la nouvelle d’Élisabeth Swanston intitulée "Sur les toits de Paris". Comme son titre le laisse présager, cette histoire se déroule parmi les cheminées de la Ville lumière, mais côté sombre. Épaulée par un ami improbable, une jeune femme se construit sa propre existence dans une alternance de jours et de nuits sans repères. Bien que déroutante, dans les premiers paragraphes, cette histoire se révèle captivante et très agréable à lire.

Déjà publié dans le précédent numéro, Frédéric Vasseur revient avec "Le protecteur". La touche de SF féline en début du texte est des plus classiques, peut-être même un peu trop classique. Elle s’efface cependant au profit d’événements dans la plus pure lignée du fantastique. Plus que la narration ou le héros à quatre pattes, c’est la structure du récit que j’ai trouvé séduisante et originale.

Dans "L’ange de l’arche", Anne Goulard se penche sur les transformations subies par une créature tenant à la fois de l’ange et de la gargouille. À travers le regard de cet ange, elle donne au lecteur un aperçu du quartier d’affaire de la Défense et de son passé.

La nouvelle suivante est l’œuvre de Marie-Anne Cléden, il s’agit de "Sur une pente glissante". Pour connaître l’auteure, je m’attendais à un texte doux, teinté de mélancolie et d’optimisme. L’évocation de la relation entre Mary et de Riv, un ondin qui s’installe sur son toit les jours de pluie, correspond à mes attentes. Néanmoins, l’écriture précise de Marie-Anne rend ses personnages accrocheurs et terriblement réels.

Si jusqu’à présent les auteurs se sont passionnés par ce qui se déroulait sur les toits, Stéphane Pihen se glisse dessous pour nous entraîner dans un grenier. Avec "Petites dents effilées", il faut se préparer à frémir devant les minuscules créatures qui peuplent les sombres recoins remplis de poussière. Personnellement, cette nouvelle m’a rappelé un passage de Malpertuis (histoire d’une maison fantastique) et, vu que c’est un de mes livres préférés, j’ai adoré.

Pour conclure la partie thématique, Maxime Bernard nous parle de chat, mais pas uniquement, dans "Samarobrivam Tectum". Sous prétexte de faire découvrir le monde des toits et des gouttières à un héros cloitré dans son appartement, l’auteur nous promène dans un Amiens fantastique et ténébreux à souhait. Les personnages sympathiques et le décor réaliste réussissent presque à faire oublier le style maladroit.

Cette fois-ci, la partie athématique est un peu chétive puisqu’elle ne comporte qu’un article et une nouvelle. Je vais rapidement passer sur le premier, une critique de l’Encyclopédie amoureuse des vampires, car il ne présente guère d’intérêt à mes yeux. La seconde, quant à elle, a été écrite par Vanessa Terral et porte un titre prometteur : "Orage dans le métro". Dès les premières lignes, j’ai été scotchée par la justesse des descriptions et le charisme de l’héroïne : Hélianthe Palisède. L’ambiance est prenante, le style à la fois riche et limpide et les péripéties ne manquent pas.

La qualité des illustrations est moins homogène dans ce numéro que dans le précédent. Cette impression est probablement due à l’omniprésence de Nemo dont le trait demeure très amateur. À côté de ça, des textes comme "L’ange de l’arche" ou "Sur une pente glissante" se retrouvent avec de très belles réalisations, respectivement de Maïté Nicolas et de ABeardyMan.

mercredi 12 mai 2010

Black Mamba n°17

J'avais découvert cette revue à l'occasion d'un salon où leurs chouettes couvertures avaient attirées mon regard. Après avoir acheté (et pleinement apprécié) le numéro 11, j'ai fini par prendre un abonnement.

Le mois dernier, c'est le numéro 17 qui est arrivé dans ma boîte aux lettres (avec en cadeau le tome 1 du manga Doubt). Pour la couverture, je vous laisse juger par vous même, mais personnellement, je l'ai adorée.

Par contre, j'ai eu un peu plus de mal avec le sommaire qui a très vite viré dans le gore que ce soit pour les nouvelles ou les bandes-dessinées.

Par chance, j'ai commencé par la nouvelle de Karim Berrouka, "Ad fixam aeternam" et je me suis régalée. D'un autre côté, une nouvelle qui commence par "Chaque fois que j'écoute un disque de death metal, Belzébuth apparaît [...]", c'est du bonheur assuré. En dire plus me semble superflu, d'autant plus que l'atmosphère étrange qui imprègne cette nouvelle se met en place petit à petit.

Ensuite, je suis passée à "La divine comédie" de Jan Thirion et mon ressenti a été très différent. Cette nouvelle n'est pas faite pour laisser le lecteur indifférent que ce soit par son style embrouillé et onirique ou dans les scènes décrites. Là non plus, je n'en dirais pas plus, mais cette fois c'est parce que j'essaye d'oublier avoir lu cette nouvelle, décidément trop choquante à mon goût.

Les deux autres nouvelles "Mardi Grave" et "Papy Martin" ont en commun de parler de la vieillesse, un sujet assez inhabituel en SFFF (pour ce que j'ai pu en lire, je n'ai pas une connaissance exhaustive de ce courant). Néanmoins, j'ai préféré le seconde, en grande partie pour la tendresse des zombis de Laurent Million. Celle de Claude Ecken est plus dure, ce qui s'accorde avec le point de vue choisi et le ton tranchant de la nouvelle.

Pas de gros coup de cœur pour des illustrations en particulier, j'ai apprécié celle de "Ad fixam aeternam" (réalisées par TIIB), mais aussi celle qu'à faites Anaïs Depommier pour "La divine comédie".

Niveau BD, la qualité des dessins et des scenarii ainsi que diversité des styles m'ont plus que satisfaite. Cela dit, l'une des histoires courtes avait un air de déjà vu et je suis incapable de me souvenir où je l'ai lue.

Mon avis général sur la revue reste néanmoins positif. En effet, je n'ai pas accroché sur la thématique macabre de ce numéro, mais cela n'ôte pas la très grande qualité du travail des auteurs et de l'équipe éditoriale. Tous les textes et les bandes-dessinées apportent un éclairage différent sur des thèmes semblables.

vendredi 26 février 2010

Pénombre n°1 : Passages cloutés

Le mois dernier, j'avais chroniqué le premier numéro du fanzine Éveil. Je m'attaque à présent à Pénombre, son sombre jumeau, avec enthousiasme.

A la lecture du sommaire, je constate qu'il est déjà plus fourni qu'Éveil. Ce ne sont pas moins de 9 textes qui y figurent. Les illustrations sont plus rares, mais d'une qualité nettement supérieure.

La partie consacrée aux passages cloutés commence avec "Un sourire éclatant". Elle relate l'observation très attentive d'un étrange passage clouté parisien par Anthony Boulanger. Cette lecture courte et efficace est parfaite pour se plonger dans les méandres des bandes blanches.

Vient ensuite le texte de Frédéric Vasseur, "Initiation" qui raconte la rencontre surnaturelle qu'inattendue faite par un enfant s'apprêtant à pénétrer dans une maison abandonnée. Seul bémol à cette histoire plaisante, la fin que j'ai trouvé décalée par rapport au reste.

Dans la "Voie du changement", David Baquaise nous emmène à Tokyo, sur les pas d'un cadre au bord de la déprime. Si la situation de départ peut faire penser à un cliché, l'écriture réaliste de l'auteur lui apporte une dimension à la fois vivante et angoissante. Si le reste du fanzine n'avait pas révélé une (presque) surprise, ce texte aurait eu ma préférence.

Changement de décor complet puisque Vanessa Terral nous dévoille les secrets emprisonnés sous trois lignes de peinture blanche dans son poème "Amout-sous-Nîmes".

Le retour à un fantastique sombre et enfantin se fait avec "L'ensorceleuse des ruelles" d'Ella Witzler. Cette nouvelles est l'illustration parfaite de ce à quoi je m'attendais en ouvrant le fanzine, une fable urbaine douce-amère. Le titre laisse soupçonner un point de basculement tragique, mais la conclusion reste surprenante.

La partie consacrée aux passages cloutés se conclut par "Un grain de sable dans la mécanique", la presque surprise dont je parlais plus haut. J'ai commencé ce texte avec un double a-priori positif, le titre à rallonge et l'auteur, David Osmay, dont j'ai déjà entendu parler. Je n'ai pas été déçue, l'idée à la base de la nouvelle est absurde et tellement bien trouvée. Les personnages collent au sujet tout en apportant un twist amusant et morbide. Un régal, vraiment...

Pour la partie athématique, c'est Yohan Vasse qui nous livre la vision d'une demoiselle vampire en plein dans un Central Park nocturne dans "Echo(s)". C'est du classique qui se laisse lire avec une pointe d'hallucination macabre pas déplaisante vu le thème choisi.

Les "Notes croisées" de Naya Bié racontent les deux visions d'une rencontre vouée à changer la face du monde. Un peu déroutante sur les premiers paragraphes, cette nouvelle se révèle en fin de compte envoutante.

Le titre de la nouvelle de Sophie Percevault, "Loup-garou, magicien et araignée" ne fait pas mystère de son contenu. Cette histoire, quoique agréable, ne me laissera pas un souvenir impérissable.

J'avais envie de parler des illustrations qui accompagnent les nouvelles et plus particulièrement de celles de Samuel Desche. Non seulement elles s'accordent au texte, mais les touches de couleur qu'elles apportent sont les bienvenues.

A part les (rares) coquilles pour lesquelles Vanessa s'est déjà moult fois excusée, la mise en page est toujours aussi nickel.

Le thème du numéro 2 est : "Toits et greniers". A l'heure actuelle, il attend sagement dans ma pile à lire que je prenne le temps de le commenter.

vendredi 22 janvier 2010

Éveil n°1 : Lucioles

Il y a quelques temps déjà, j'avais parlé des fanzines édités par Transition (ici). Comme je me suis procuré le premier numéro d'Éveil, je tenais à vous faire partager ma lecture.

Le thème de ce numéro est "Lucioles", il est développé à travers 3 nouvelles. Viennent ensuite 2 nouvelles dites libres et quelques illustrations (couleurs et noir&blanc).

C'est un joli conte intitulé "La luciole de la Génébrière" qui ouvre la partie"Lucioles". Lionel Gaïna dépeint avec poésie,et une pointe d'originalité le récit d'une aventure féérique, incluant bien évidemment une luciole-fée. J'ai trouvé que c'était une lecture agréable, idéale pour entrer dans l'univers d'Éveil.

Le second texte, écrit par Hans Delrue, est sans doute ma préférée. Très justement nommée, "Les importunes" raconte sans complaisante les tourments d'un homme âgé que des lucioles viennent importuner. L'incursion de la féérie est intéressante, bien implantée dans l'histoire et prétexte à la réflexion.

La nouvelle "Le feu de l'être" de Madeleine Dufranne vient clore la partie thématique. Je dois reconnaître que mon avis sur ce texte est partagé. Au départ, je l'ai trouvé trop classique. Le héros mal-aimé, persécuté même, affublé de lunettes et d'un surnom ridicule ne me fait pas vibrer. Pourtant, je me suis accroché, en dépit d'une narration que j'ai trouvé maladroite, et je ne l'ai pas regretté. A partir du moment où l'histoire s'accélère, tout devient beaucoup plus fluide. L'idée sur laquelle l'auteure a basé sa nouvelle est originale et m'a vraiment plu.

Pour la partie libre, c'est Léa Silva qui commence avec "Père et fils", une jolie nouvelle qui donne la parole à ses deux protagonistes. Cette astuce permet d'apporter une dose supplémentaire d'émotion et de mettre en lumière les faiblesses des personnages. Cependant, elle m'a laissé sur ma faim quant à leur devenir.

Le fanzine s'achève sur la nouvelle la plus atypique de ce numéro, "Un dimanche à moitié" de Cécile Goguely. A l'inverse de "Le feu de l'être", la narration est accrocheuse, mais au fil des pages, le texte devient de plus en plus bizarre. Je suppose que la fin, complètement loufoque, doit séduire les adeptes de la mise en abîme et de l'absurde, ce qui n'est pas mon cas.

D'un point de vue technique, le fanzine est une réussite. Une maquette superbe, pas l'ombre d'une coquille et une impression soignée. Je déplore juste le côté "amateur" de certaines illustrations, mais ça reste compréhensible, Éveil n'est pas un fanzine consacré au dessin.

Bien qu'initialement, la ligne directrice d'Éveil ne m'attire pas autant que celle de Pénombre, j'ai été conquise par mon achat. La barre va être placée très haut pour le second numéro, dont le thème sera "Au fil de l'eau".

En attendant, j'ai l'intention de me procurer le premier numéro de Pénombre qui est sorti le mois dernier. Par contre, la critique attendra la fin du deuxième chapitre de Limonade.

mercredi 2 décembre 2009

Éveil & Pénombre

Il y a un sujet dont j'ai envie de parler depuis plusieurs semaines déjà, il s'agit du fanzine Éveil et de son jumeau maléfique, Pénombre.

La magnifique couverture que vous voyez là est celle du premier numéro d'Éveil dont le thème est Lucioles.

La ligne directrice ce fanzine est la suivante : "Éveil tourne autour d’un instant lumineux, d’un point de bascule. On y respire la liberté de la chute, la fraîcheur de l’avenir empli de promesses et de possibilités."

Personnellement, je serais plus attirée par Pénombre, mais c'est une question de goût. Je vous en reparlerais lorsque le premier numéro sera sorti, ce qui devrait être une question de jours maintenant.


Pour avoir davantage d'infos sur ces fanzines c'est sur le blog du projet Transition que ça se passe.

Bonne lecture et bon courage au passionnés du projet Transition !