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mercredi 9 novembre 2011

Le protectorat de l’ombrelle : Sans forme


Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas attendu des mois et des mois avant de lire ma dernière acquisition en date : Sans forme, le second tome du protectorat de l’ombrelle. Il s’agit donc du deuxième volet des aventures d’Alexia, qui entretemps a pris le nom de son époux, rédigé par Gail Carriger.

Pas de réels changements depuis le premier tome de la série, l’intrigue est très linéaire et souffre d’une atmosphère bardée de clichés. Les interactions entre les personnages apportent un rythme certain et les rebondissements s’enchaînent à grande vitesse. J’ai néanmoins applaudi l’apparition d’une ombrelle toute neuve, bardée de gadget digne de James Bond (et pour le coup, un brin exagérée) et certains personnages très sympathiques, parmi lesquels une inventrice française et une momie. A mon grand regret, le côté Egypte Ancienne n’a pas été exploité en profondeur et le voyage en dirigeable m’a semblé bien longuet.

C’est d’ailleurs un reproche récurent concernant la plupart des aspects de ce roman : l’auteur se contente de survoler son univers et ses personnages qui, à de rares exceptions, manquent de relief. Pourtant, à travers les éléments qui apparaissent au détour d’un dialogue ou d’une description, l’auteur laisse à penser qu’elle a créé un univers original. Dommage, qu’elle ait une tendance marquée à la rétention d’information.

Je déplore aussi la non-résolution de certains détails qui ne se justifie que par la nécessité d’attiser l’envie des lecteurs d’acheter de tome suivant. Je dois reconnaître que cette technique marche plutôt bien, mais je trouve cela assez déloyal en fin de compte. A mon avis, Le protectorat de l’ombrelle a bien assez de potentiel pour accrocher un public autrement qu’avec des ficelles aussi grossières, et pas toujours très cohérentes.

Je vous laisse juger d’après la quatrième de couverture écrite sur le même ton que le précédent opus :
« Miss Alexia Tarabotti est devenue Lady Alexia Woolsey.
Un jour qu’elle se réveille de sa sieste, s’attendant à trouver son époux gentiment endormi à ses côtés comme tout loup-garou qui se respecte, elle le découvre hurlant à s’en faire exploser les poumons. Puis il disparaît sans explication… laissant Alexia seule, aux prises avec un régiment de soldats non-humains, une pléthore de fantômes exorcisés, et une reine Victoria qui n’est point amusée du tout.
Mais Alexia est toujours armée de sa fidèle ombrelle et des dernières tendances de la mode, sans oublier un arsenal de civilités cinglantes. Et même quand ses investigations pour retrouver son incontrôlable mari la conduisent en Écosse, le repère des gilets les plus laids du monde, elle est prête ! »

Pour finir, je n’irais pas jusqu’à affirmer que ce roman m’a déçue. Cependant, il n’en reste pas moins que, une fois l’effet de surprise passé, l’auteur ne parvient pas donner une profondeur suffisante à cette série. J’attends cependant de mettre la main sur le troisième tome pour être fixée.

lundi 7 novembre 2011

Sometimes, I'm a dragon too...


Voilà, après près d'un an de silence, je parasite une nouvelle fois le limo-blog! Pas de film, mais un livre, again! (Si vous vous demandez si j'ai un problème avec Batman, ma réponse est: "Pas du tout.")

Et donc en cette heure avancée de la nuit , je vais parler d'une petite perle que j'ai lu il y a quelques mois de celà.


Dragon déchu, de Peter Hamilton . Hummm! De la SF spatiale comme on les aime , avec tout pleins de vaisseaux, de nanotech, de nouvelles colonies et de space invaders (qui ne sont pas ceux que l'on croit) dedans! So yummy!

Bon, avant de donner mon avis, un petit résumé, histoire de vous mettre à l'aise.

"Au XXIVe siècle , à l’aide de la technologie des trous de vers , l’humanité a colonisé plusieurs dizaines de systèmes planétaires, dans un rayon d'une centaine d'années - lumière autour de la Terre. Les voyages intersidéraux coûtant très chers, ceux-ci sont devenus le monopole de grandes compagnies. Mais ces compagnies ne retrouvant pas de bénéfice dans la colonisation , le commerce interstellaire étant pénalisé par les coûts prohibitifs des voyages, la colonisation est arrêtée dès 2285.
En cette fin du XXIVe siècle, les compagnies, comme la compagnie Sino-Australienne Z-B, Zantiu-Braun, procèdent à des opérations de « retour sur investissement », consistant en des expéditions militaires de pillage plus ou moins légal sur les planètes colonisées.
Sur la planète Amethi, Lawrence Newton , adolescent et fils d’un des principaux personnages de la planète, ne rêve que de devenir capitaine de vaisseau spatial . Après une trahison qui le hantera toute sa vie , il s’enfuit de son monde natal à la poursuite de son rêve.
Vingt ans plus tard, il est devenu sergent de Zantiu- Braun, ayant échoué à devenir pilote de vaisseau.
Devenu cynique au fil des ans, Lawrence décide de profiter de ce qui est sa seconde mission sur la planète Thallspring pour réaliser son propre retour sur investissement , en exploitant une richesse ignorée de la société.
Cependant, la campagne sur Thallspring se passe beaucoup moins bien que prévu pour Zantiu-Braun, et Lawrence se retrouve impliqué dans un conflit entre deux groupes antagonistes."


Cela vous a-t-il intrigué? Et bien moi, oui. Certes, le titre n'y est pas pour rien ( comment ça, moi? une fixette sur les dragons? tssss!), et le fait qu'on puisse mettre un dragon dans de la SF m'a vraiment titillé la curiosité.

J'ai... tout de suite accroché , ou presque . C'est quand même un petit pavé de près de 950 pages. Le personnage principal est un sergent désabusé, avec un vieux rêve qui, on l'apprend au fur et à mesure des chapitres, n'en est plus vraiment un. Je ne tiens pas à spoiler, donc je ne dirais rien à part:
Lisez le!

Vraiment, c'est bien écrit, avec une ou deux longueurs que l'on pardonnera très facilement au vue des scènes d'actions très bien décrites. Les personnages sont complets, aussi détestables, cyniques, arrogants ou paumés soient- ils. La trame est merveilleusement bien faite, tous les fils se mettent en place pour un final qui m'a fait répéter pendant une dizaine de minutes "Très bien, vraiment très bien!" et c'est vraiment très rare . Mon dernier coup de coeur de cette envergure fut pour les salauds gentilshommes et ce cher Locke Lamora (si Loutre n'en a pas déjà parlé, je blablaterais deux mots dessus un jour!).

Enfin bref, un grand hourra pour Hamilton, et ses autres livres vont bientôt rejoindre ma bibliothèque personnelle.

Jean Charles, pseudo-drake bibliophage, will be back!.

lundi 5 septembre 2011

Le protectorat de l’ombrelle : Sans âme


Ce roman de Gail Carriger me faisait déjà de l’œil bien avant sa traduction française. Il faut dire les éléments mis en avant par l’éditeur sont alléchants : des vampires, des loups-garous et une ombrelle. Tout cela ressemble à de la bit-lit traditionnelle, mais assaisonnée à la mode victorienne. J’avais cependant un peu peur de tomber sur une resucée insipide des autres succès du genre avec pour seules originalités une crinoline et un parapluie.

Heureusement, « Sans âme » tire son épingle du jeu (si cela n’avait pas été le cas, je n’en aurais pas parlé ici). Certes, la qualité littéraire n’est pas toujours au rendez-vous, les rebondissements sont prévisibles et certaines incohérences ont visiblement échappé aux correcteurs. Il n’en reste pas moins que ce roman est un moment de lecture agréable à mi-chemin entre les aventures de Mercy Thompson et les œuvres de Jane Austen.

Pour supporter un tel mélange, l’auteur a réussi à créer une héroïne atypique pour son siècle. Alexia Tarabotti est une vieille fille de vingt-six ans bien décidée à renoncer aux joies du mariage tant qu’elle dispose d’une bibliothèque bien garnie. Elle est cependant affligée d’une curieuse affection héritée de son défunt père : elle n’a pas d’âme.

Le côté métaphysique d’une telle absence est assez peu abordé au cours du roman. Cependant, ses effets sur les créatures surnaturelles sont régulièrement exploités dans le déroulement de l’intrigue. D’un simple contact, Alexia est capable de priver un vampire ou un loup-garou de ses attributs surnaturels, ce qui peu se révéler fort pratique lors de la pleine lune ou lorsqu’un vampire tente de la mordre.

C’est d’ailleurs sur cette dernière situation que s’ouvre le roman. Néanmoins, il ne faudrait pas croire que la suite sera du même ordre concernant l’action. Il devient très vite évident que l’aspect romance est prépondérant dans ce premier tome sans que cela nuise cependant au déroulement de l’intrigue.

Comme le résumé de l’éditeur est plutôt bien fait, et surtout qu’il rend justice à l’humour déployé par l’auteur pour échapper au style compassé auquel le lecteur pourrait s’attendre, je ne vais pas m’embêter à en faire moi-même.
« Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ? »

Mon avis sur ce premier tome du Protectorat de l’ombrelle tient en peu de mots : une chouette lecture distrayante et accrocheuse, à condition de mettre son exigence littéraire de côté.

vendredi 2 septembre 2011

La confrérie de l'horloge


J’ai eu un coup de cœur pour l’illustration de la couverture de ce roman pour adolescents. Une vue de Londres en pleine nuit, avec du brouillard et un personnage drapé d’un cape noire en train d’escalader une façade. De plus, le texte présent au dos promettait une aventure fantastique aux relents de vapeur et de charbon dans une ambiance victorienne.

Histoire de commencer cette critique de façon positive, le roman tient ses promesses. Il y a des tas de mécaniques steam-punk tout au long du livre et l’aspect victorien des décors est très bien rendu à travers de petites touches réalistes.

Le seul défaut que j’ai trouvé à ce roman, qui reste néanmoins excusable car il s’agit d’un ouvrage jeunesse, est la relative linéarité de l’intrigue. Par contre, j’ai été agréablement surprise de la complexité des personnages. Même pour ceux qui n’ont qu’un rôle secondaire dans le livre, leurs motivations sont vraisemblables et les descriptions percutantes. Le corolaire, c’est qu’on a envie d’en apprendre davantage sur la manière dont ils ont été impliqués dans toute cette histoire.

Je déplore quand même une pointe de manichéisme, encore que l’homme pour lequel agissent les deux héros n’a pas toujours les mains propres. Cependant, ce roman a le mérite d’être à la fois intelligent et divertissant.

L’alternance des points de vue entre Modo, l’adolescent difforme élevé parmi les livres pour devenir l’espion parfait par la grâce d’un étrange pouvoir (unique touche fantastique du roman), et Octavia, la jeune voleuse des rues devenue une espionne de charme malgré ses seize ans, rend la lecture variée. De plus, l’auteur a pris soin d’intégrer par moment quelques chapitres où il met en scène les membre de la confrérie de l’horloge et leurs victimes dont une sorte de savant fou.

En résumé, ce livre est parfait pour les personnes qui ont aimé le film « La ligue des gentlemen extraordinaire », car on y retrouve une ambiance similaire. C’est hélas la seule référence qui me vienne à l’esprit, à part les polars victoriens de Lee Jackson (qui sont malheureusement plus soignés au niveau du contexte historique que de l’intrigue) et la série « A comme association » pour le duo de héros.

« Pour Modo, recueilli bébé et éduqué selon les instructions d’un certain monsieur Socrate, la vie pourrait être facile s’il n’était affublé un corps et un visage difforme. Par chance, il dispose de l’étonnante capacité de le modifier pendant un bref moment grâce à la force de son esprit. Jusqu’à son adolescence, il est resté coupé du monde. Cependant, les agissements de la mystérieuse Confrérie de l’Horloge menacent la couronne d’Angleterre et vont obliger M. Socrate à soumettre son agent à l’épreuve du feu. »

Je ne sais pas si cette critique vous a donné envie de lire « La confrérie de l’horloge », mais je sais que je risque de me laisser tenter par la suite, « La cité bleue d'Icaria ».

mercredi 29 juin 2011

Entrechats


Ce roman était un peu dans le même cas que celui de ma précédente chronique, L’ange blond. Je me l’étais acheté avec mes commandes de Noël et depuis il attendait son heure sur mon étagère. Entre temps, j’avais quand même rencontré Cécile Duquenne pour une séance de discussion-dédicace autour d’un thé. A ce propos, je recommande la lecture du blog dédié au roman, car son parcours éditorial est loin d’être banal (ici).

En tant que lectrice de ce blog, je n’ai pas abordé cet ouvrage en novice. Au départ, cela m’a un peu inquiétée, en partie parce que je savais que si je voulais en écrire une critique, j’avais intérêt à l’aimer. A ce propos, je tiens à préciser que je ne parle ici que des livres que j’ai aimés. En effet, je ne vois pas l’intérêt de consacrer du temps supplémentaire à un livre qui ne m’a pas plu. J’assume donc des chroniques extrêmement partiales, mais c’est le reflet de mon envie de partager mes bonnes découvertes, et non de fournir une étude objective des rayons SFFF de nos librairies préférées.

Pour planter rapidement le décor d’Entrechats, je vais faire appel à votre imagination. L’auteur s’est basée sur une Égypte dérivée des traditions antiques, mais dans un contexte de guerre civile entre ceux qui veulent moderniser le pays et ceux qui veulent en conserver la magie. Ce dernier mot est un point central du roman : la magie. C’est principalement le rapport à cet élément ancré dans l’univers mis en scène qui détermine les factions et les objectifs des personnages.

Les différents points de vue dont use l’auteur au cours du roman permettent de rendre tout un panel d’attitudes et de comportements. Pourtant, il n’est pas question de juger les personnages, car ils ont tous leurs raisons d’agir comme ils le font, quels que soient leurs actes. J’ai trouvé que le tour de force de ce roman réside justement dans cette multiplicité de voix ; cette particularité est d’autant plus appréciable qu’il se range dans la catégorie « Young Adult ».

Cependant, en dépit des multiples rebondissements et aventures, l’histoire reste très linéaire et les personnages sont, dans leur grande majorité, des êtres sympathiques et modérément complexes. Là encore, on retombe sur cette fameuse étiquette « Young Adult ».

En conclusion, je dirais que ce roman est une lecture agréable, sans pour autant être renversante ou révolutionner la littérature de fantasy. Je pense néanmoins que ce n’était pas l’objectif de l’auteur et j’attends avec impatience de la lire sur des textes plus ambitieux.

J’arrive maintenant à la partie complexe de ma critique, la fameuse quatrième de couverture improvisée :

« Lorsque le cadavre d’un roi Sphinx est découvert dans le désert et confié à la police de Shinab, c’est tout le Xxx qui entre en ébullition. En effet, personne auparavant n’avait eu la chance d’étudier la dépouille de cet hybride intimement liée à la magie. Tous attendent quelque chose de cette mort, Khephren, le jeune chercheur prêt à lui consacrer sa vie, Meskhenet, le policier en charge de l’enquête qui espère se réconcilier avec un ami perdu et Lloonas, le fils d’un baron de la pègre qui convoite le cœur de diamant de la créature. Autour d’eux, une foule de personnages tentent d’apaiser la tempête ou, au contraire, de l’attiser pour servir leurs propres dessins dans un pays déchiré entre modernité et tradition. »

lundi 27 juin 2011

L’ange blond


Certains livres qui peuvent passer des mois sur ma pile à lire, même si j’ai très envie de m’y attaquer. Ça a été le cas de L’ange blond, un roman steam-punk que j’avais acheté l’an dernier à l’occasion du salon des Futuriales. Pour la petite histoire, c’est le roman qui a remporté le prix et l’auteur me l’avait dédicacé, j’avais donc une quasi-obligation de le lire.

Il m’a quand même fallu une année entière pour m’y attaquer et, franchement, je ne le regrette pas le moins du monde. L’univers inventé par l’auteur est original, car il n’a pas hésité à mixer les codes du roman d’espionnage, des multinationales dangereuses et des nanotechonologies organiques dans une urchronie napélonnienne se déroulant après l’an 2000. Dit comme ça, ça parait ardu à comprendre, mais l’auteur a suffisamment recouru aux extraits encyclopédiques pour ses débuts de chapitres et aux clichés pour ses personnages que le lecteur se retrouve très vite en terrain connu.

Sans le faire exprès, j’ai cité le point d’achoppement de ce roman : les clichés. Bien qu’ils se révèlent utiles pour éviter de trop secouer le lecteur, j’ai trouvé que l’auteur avait forcé la dose. Les personnages manquent de nuances, que ce soit l’héroïne, Aurore Lefèvre, ou les personnages secondaires. Au final, ça donne un côté très cinématographique au livre, mais je regrette que le soin apporté à l’univers ne se retrouve pas dans les personnages.

Dans la même veine, il y a les cohérences entre l’Histoire européenne réelle et celle du roman. Le point de divergence entre les deux se situe en 1808, lorsque Napoléon utilise une arme secrète afin de débarquer en Angleterre et de conquérir le pays. Du coup, l’Empire est resté en place, évitant les deux guerres mondiales, et une descendante de Napoléon est sur le trône. Hélas, dans la tête de l’auteur, il existe des « points fixes dans l’Histoire » qu’il aurait pourtant été si drôle de mettre en pièce.

On va faire un petit test pour illustrer mon propos, si je vous dis Otto Hitler, petit-fils d’Adolf, vous pensez méchant ou gentil ? Eh oui, quelle surprise, c’est le méchant-looser du roman.

En dépit de ses points que je viens de citer, ce roman est vraiment agréable à lire. L’auteur sait broder autour d’une trame et des personnages classiques pour proposer un roman original. La chute est même particulièrement bien trouvée et, de source sûre, une suite est en préparation à partir de cette révélation.

De mémoire, parce que le roman a disparu dans ma pile-à-ranger, je vais vous livrer une quatrième de couverture inédite.

« Depuis qu’elle a quitté la légion impériale après le massacre de son unité au cours d’une bataille spatiale, Aurore Lefèvre taquine la mort en réalisant des performances de sports extrêmes. C’est d’ailleurs suite à un atterrissage difficile que la police secrète retrouve sa trace. Ils lui proposent alors un marché, mettre ses talents de musicienne et d’espionne à leur service, ou accepter de se soumettre à la vengeance de sa famille adoptive. La seconde option étant un synonyme de mort violente, dans le meilleur des cas, elle choisit de reprendre du service pour l’Empire. Sa première mission est d’intégrer l’équipe montée par Otto Hitler, l’organisateur des festivités commémorant la conquête de l’Angleterre et auxquelles l’impératrice tiendra une place d’honneur. »

vendredi 20 mai 2011

A comme association (4)

Comme dans le premier diptyque de la série, les intrigues concernant Ombe et Japser sont liées par des points de contacts. Dans "Le subtil parfum du souffre", nous savions par avance que notre héroïne affronterait du troll familier et qu'il serait question de loup-garou.

Le début de l'histoire tient ses promesses ; le rythme est haletant et, même si Ombe est devenue plus réfléchie depuis le tome 2, elle préfère cogner que bavasser. J'ai beaucoup aimé que l'histoire de "Le subtil parfum du souffre" fasse suite à une autre ouvrage de la série. Cela renforce la cohérence de l'univers.

Je ne vais pas m'étendre sur le début du roman, car je trouve que la quatrième de couverture en dévoile déjà trop. Pour en donner quand même quelques éléments, Ombe est chargée par l'association d'enquêter sur un entrepôt où des loups-garous gardent la drogue produite par un vampire. Une intrigue au parfum de polar qui se veut à la fois sombre et... sensuelle.

Mon principal regret dans cette aventure trépidante est que certains mystères qui trainent depuis le premier tome ne fassent que se renforcer au lieu d'aller vers un éclaircissement bienvenue. Pour le coup, ça a un peu gâché mon plaisir de lecture.

mercredi 18 mai 2011

A comme association (3)


Après mon enthousiasmante lecture des romans croisés d'Erik L'Homme et Pierre Bottero, j'ai sauté sur les derniers opus parus. Cette fois, je vais donc commencer dans l'ordre avec le personnage de Jasper.

Nous retrouvons Jasper, jeune magicien de talent, adepte des jeux de mots foireux et raide dingue de sa camarade Ombe, alors qu'il a été mis en vacances forcées par l'association. Sauf que, bien évidemment, les vacances de Noël ne vont pas du tout être aussi normale qu'il l'espérait.

Tout commence par un concert annoncé dans le tome 1, puis un coup de fil passé à Ombe à propos d'étranges personnes qui semblent la rechercher. Comme la jeune fille semble dans une mauvaise posture, Jasper enterre en moins de deux sa mise à pieds pour voler à son secours.

Cette mission de sauvetage, loin de lui donner l'occasion de briller aux yeux de la belle, va lui permettre de faire une rencontre inoubliable avec Erglub, le troll du tome 2 (vous suivez toujours ?).

De même que pour les précédents opus de la série, la maîtrise de l'auteur fait plaisir à lire. L'humour qui suinte de chaque réplique entre Jasper et le troll est un régal. J'ai tout autant apprécié l'évolution des personnages et la découverte du monde des trolls.

Bref, "L'étoffe fragile du monde" ne fait que confirmer tout le bien que je pensais des livres précédents de la série.

lundi 16 mai 2011

Dracula (le seul, l'unique)

Après de longues heures de lecture pas toujours passionnantes, je suis enfin venue à bout d’un monument de la littérature fantastique : Dracula, de Bram Stocker. Ce n’est pas la première fois que je m’intéresse à la littérature vampirique, et ce n’est sûrement pas la dernière non plus. Il était cependant essentiel de revenir à la source.

Je vais passer très vite sur l’histoire car le roman est excessivement connue et qu’il en existe de brillantes adaptations. En ce qui concerne les films sur Dracula, je recommande vivement celui de 1931, réalisé par Tod Browing. Juste pour vous donner envie, le rôle titre est tenu par Bela Lugosi (l’acteur qui a voulu être enterré avec sa cape de vampire) et les effets spéciaux sont tellement datés qu’ils en deviennent poétiques.

« Le clerc de notaire Jonathan Harker est invité par le compte Dracula afin de l’aider à préparer son installation à Londres. Jonathan réalise très vite l’étrangeté de son hôte et, avant d’avoir pu avertir sa fiancée Mina, il est emprisonné au château tandis que le comte se rend en Angleterre. Par malchance, le comte touche terre dans la ville où Mina et Lucy passent leurs vacances. La charmante Lucy devient, sous hypnose, la proie du vampire. Alors que Mina part retrouver Jonathan, Lucy succombe aux morsures de Dracula, en dépit des efforts du professeur Van Helsing et de ses trois prétendants.

Les quatre hommes sont donc obligés de se rendre dans la tombe de Lucy afin de lui enfoncer un pieu dans le cœur. Ils se mettent ensuite en quête du vampire qui l'a transformée et qui se cache à Londres. Leur enquête progresse d’un grand pas le jour où ils rencontrent Jonathan et Mina Harker ; ils parviennent à acculer Dracula qui se venge en asservissant Mina. Afin de sauver la vie et l’âme de Mina, les cinq hommes se lancent à la poursuite du vampire qui a quitté l’Angleterre pour regagner les Carpates. Ils arrivent le retrouver pendant son voyage et le tuent. »

Voilà pour l’intrigue. Si vous avez déjà l’impression de la connaître, c’est normal. J’aime autant vous dire que tout effet de surprise étant éventé à ce niveau, tout le roman repose sur le reste, le style et les personnages.

D’après mon résumé, il parait assez évident que les personnages manquent de complexité alors qu’en fait pas du tout. Certes, c’est un roman qui date de l’époque victorienne, ce qui implique une morale rigide et une faible liberté pour l’auteur. Les gentils doivent être gentils, pieux et dignes dans leur affliction, et le vampire est l'incarnation du mal. Pourtant, les héros passent par toute une palette d'émotions, parfois chevaleresques et parfois emplis de fureur.

Le style mérite tout autant de commentaires, car le format choisi est atypique : une suite de comptes-rendus, de courriers et de journaux personnels. Ce genre, assez proche du roman épistolaire, laisse la part belle aux émotions et à la subjectivité, heureusement contrebalancée par la multiplicité des sources. Par contre, il rend la lecture longue et fastidieuse. Difficile de replonger dans le texte si on a eu le malheur de le poser plusieurs jours d'affilée. Le mieux reste de tout lire d'un bloc, de se laisser emporter par une quête pleine de rebondissements (hélas éventés).

L'une des forces de l'auteur est aussi d'avoir réussi à donner une voix propre à chacun des personnages. Jonathan Harker, prisonnier du château de Dracula, ne s'exprimera pas de la même façon que le docteur Seward qui étudie le cas de Renfield, ni que sa fiancée languissante, Mina Murray.

Je suis sincèrement convaincue que ce roman est une œuvre majeure du courant fantastique, mais, en tant que telle, la lecture n'en ai pas des plus agréables. Ma suggestion serait donc un compromis entre livre et film ; lire "L'invité de Dracula" qui est une nouvelle écrite par Bram Stoker et qui a été retirée du roman avant sa publication, et regarder une bonne adaptation.

vendredi 8 avril 2011

Pénombre n°4 : Cages, barreaux et barbelés

Cela fait déjà un mois que j’ai récupéré mon exemplaire du quatrième opus de Pénombre sur le stand de l’association Transition au festival Zone Franche de Bagneux. Cette fois, le thème retenu est « Cages, barreaux et barbelés ».

La première partie, celle consacrée au thème précité, donne le ton. Dans « La Cave aux mille orbes » d’Alazaïs Clénié, il est question d’une fillette qui s’amuse dans la cave paternelle. Au lieu d’un indescriptible bazar, elle y trouve des sphères lumineuse fort étranges. L’atmosphère sombre et enfantine rend très bien dans cette nouvelle, mais la fin est un peu abrupte.

Ensuite, on découvre un autre type de prison inventé par Kira Nagio. L’intrigue de « Viviane » se base sur le lien intense qu’entretiennent deux enfants, et le monde de contes inventé par le garçon pour sa petite sœur aveugle. La narration éclatée, bien que parfois difficile à suivre, permet de comprendre tous les rouages de l’histoire. Les références à la mythologie arturienne ajoutent un relief supplémentaire à ce texte déjà très riche.

Un sonnet d’Anne-So Deligny intitulé « Fugace » vient couper en deux la partie thématique. Rien à redire sur cette poésie qui colle parfaitement avec l’ambiance du fanzine et qui s’offre même une pirouette finale des plus réussies.

Changement d’univers avec « Le Geôlier des plantes » de Julie Conseil. Le héros n’est plus un enfant, mais un cantonnier appelé à devenir le gardien des plantes de la région. Hélas son apprentissage ne se fera pas sans heurts et péripéties cocasses. J’ai trouvé que l’idée centrale, déjà d’une originalité remarquable, a été traitée avec brio.

En conclusion de cette partie, Blanche Saint-Roch nous livre une nouvelle sombre qui rend à merveille l’atmosphère des catacombes parisiennes. « Les Âmes geôlières des catacombes » suit les pas d’une guide capable de voir les fantômes et qui ne peut s’empêcher de répondre à l’appel d’une créatures prisonnière. Bien que la fin soit prévisible, ce texte reste une lecture très agréable.

Le fanzine se poursuit avec la partie athématique composée de deux nouvelles et d’un article.

Le premier texte est une nouvelle d’Anne Goulard, « Les Cadavres se mettent au vert », qui assure le quota vampirique de ce numéro. Un adolescent, contraint de passer ses vacances à la campagne, fait la connaissance d’une jeune femme qui traîne dans son sillage des aventures nocturnes.

La seconde nouvelle, « De lune et de rêve », se déroule aussi la nuit. Sous la plume de Marthe Machorowski, un homme des îles se souvient de son passé, de ses espoirs déçus et de la magie de ses ancêtres. Une promenade onirique qui s’achève de façon très étrange, sans que cela nuise à l’harmonie du texte.

Afin de compléter cette partie, Tsaag Valren nous narre un récit traditionnel à propos des légendaires cavales du diable. Cet ajout s’intègre parfaitement à la ligne éditoriale de Pénombre et je serais contente de revoir cet auteur dans les pages du fanzine.

Les illustrateurs sont aussi des habitués, je pense notamment à Maïté Nicolas et Miss Gizmo dont j’aime toujours autant le travail. Le travail de mise en page effectué sur la couverture la rend originale et attractive, ce qui n’est pas un luxe pour attirer le chaland.

En effet, la sortie de ce numéro a nécessité une souscription car les ventes sont trop étalées dans le temps et provoquent des trous dans le trésorerie de l’association Transition. Heureusement, le troisième prix décerné par le festival de Bagneux à la nouvelle « Un fauve poids-plume » parue dans les pages d’Éveil (chronique) ainsi que la cinquième place obtenue par « Passage éphémère » parue cette fois dans Pénombre (chronique) ont apporté une visibilité bienvenue.

Pour finir, je dirais que ce numéro est le meilleur de la série. Aucune nouvelle ne m’a semblé en décalage et la qualité des illustrations s’est vraiment améliorée. Je croise les doigts pour que le suivant consacré aux « Horloges et engrenages » sera du même niveau.

mercredi 6 avril 2011

A comme association (2)

Suite au billet de lundi, je vais maintenant parler du premier volume de la série « A comme association » qui s’intitule « La pâle lumière des ténèbres ». Pour commencer, j’ai été assez intriguée par le titre, ce qui est plutôt bon signe (ou pas).

Dans cet opus, on découvre Jasper en tant que narrateur et personnage principal. Ses apparitions dans « Les limites obscures de la magie » m’avaient un peu préparée, mais il est important de ce rappeler qu’il a été présenté à travers le regard d’Ombe. En effet, ces deux personnages sont extrêmement différents, et cette différence va bien au-delà du clivage guerrière-magicien.

J’ai particulièrement apprécié le parallèle réalisé entre deux scènes qui sont racontés dans les deux livres avec deux points de vue différents. Il y aussi une certain homogénéité dans les touches humoristiques puisque les clins d’œil sont présents et que les clichés sont exploités avec la même habileté.

Certes, le narrateur est un peu moins charismatique, et beaucoup plus proche de l’ado moyen. Cependant, cela n’enlève rien au rythme vif de cette aventure. J’ai néanmoins déploré que ce roman ne fasse qu’effleurer une intrigue bien plus complexe. L’auteur nous montre les prémisses d’une aventure des plus palpitante, mais il n’amène pas son narrateur plus en amont. J’espère au moins que les tomes suivants combleront cette lacune.

En conclusion, je ne pouvais pas échapper au mauvais jeu de mots qui se trouve sur la quatrième de couverture :
"Jasper vit à Paris, va au lycée et joue de la cornemuse dans un groupe de rock médiéval. Bon,mais depuis peu, il fréquente aussi le 13, rue du Horla, l’adresse ultra secrète de L’Association. L’organisation a repéré chez lui certaines aptitudes pour la magie et lui a proposé de devenir agent stagiaire. Et les stages de L’Association ne se passent pas vraiment autour de la photocopieuse ! Armé d’une bombe lacrymogène au jus d’ail, Jasper est envoyé chez les vampires pour enquêter sur un trafic de drogue. Attention au retour du jet d’ail !"

lundi 4 avril 2011

A comme association (1)

Attention, cette fois je me penche sur une série de littérature jeunesse. Jusqu’à ces derniers mois, je n’aurais jamais pensé aller trainer dans le rayon jeunesse d’une librairie. Et puis, j’ai entendu parler en très bien de Pierre Bottero, un auteur connu grâce à ses séries de fantasy pour adolescents. Du coup, quand j’ai vu qu’il avait participé à une série d’urban-fantasy avec des créatures fantastique et de la magie, j’ai sauté sur l’occasion, et je suis repartie avec les deux premiers tomes.

Première surprise, les deux livres en question, « La pâle lumière des ténèbres » et « Les limites obscures de la magie », ont été écrit par deux auteurs différents, Pierre Bottero et Eric L’Homme. Histoire d’être fidèle à mon envie de départ, j’ai commencé par me plonger dans « Les limites obscures de la magie » qui est pourtant le second volume.

La découverte d’Ombe, la narratrice incassable et stagiaire au sein de l’Association, est un vrai régal. Etant donné que je suis très vigilante quant à l’emploi des clichés, j’ai trouvé qu’elle avait un parcours assez classique mais une voix propre. On sent que l’auteur connaît son personnage à la perfection, ce qui lui confère un charisme évident.

A la force de l’héroïne s’ajoute un enchaînement de péripéties qui semble taillé pour accrocher n’importe quel lecteur, aussi hyperactif soit-il. Il se passe des tas de choses dans ces 192 pages, sans pour autant verser dans la surenchère. En dépit de la magie qui imprègne cet univers urbain, la cohérence est soignée.

Seul bémol, une trop grande linéarité qui s’explique facilement par la faible épaisseur du livre. Je pense que ce choix rend effectivement ce court roman plus intéressant pour les adolescents, mais ce serait omettre de parler des références multiples au petit monde de la SFFF francophone. Par exemple, le lycée qui porte le nom de Pierre Bordage devrait faire tiquer n’importe quel amateur de littératures de l’imaginaire.

De plus, j’ai trouvé que le ton d’Ombe n’avait à envier aux héroïnes bien trempés que l’on croise aux détours des romans de Bit-Lit traditionnelle. Pour moi, la narratrice est le point fort de ce livre et elle mérite à elle seule que l’on lise l’histoire de bout en bout. J’ajouterai aussi que les clins d’œil sous forme de noms, de clichés détournés et, nouvelle surprise, les furtives apparitions de Jasper, le héros du premier volume, apportent une touche amusante.

Pour finir, je vous livre la quatrième de couverture disponible sur le site créé par l’éditeur :
« Elle s’appelle Ombe, est lycéenne à Paris et adore la moto. Elle a aussi l’incroyable pouvoird’être incassable ou presque. C’est pourquoi L’Association l’a recrutée comme agent stagiaire. Une stagiaire de choc, qui fait des débuts remarqués en explosant une bande de gobelins devant tous ses camarades de classe. Le problème ? La discrétion est une obligation absolue au sein de L’Association, comme le lui rappelle Walter, son directeur. Et à force de foncer tête baissée, Ombe l’incassable risque fort de comprendre ce que « ou presque » veut dire. »

vendredi 25 mars 2011

Mystères et Mauvais Genres (suite)

Dans la chronique détaillée de l’anthologie que j’ai postée, je m’étais promis de rédiger un commentaire général. En effet, j’ai eu l’occasion de lire ce genre d’avis dans les autres critiques de ce même livre et je suis curieuse de voir comment je m’en sortirais.

Tout d’abord, je tiens à préciser que ma critique sera davantage un avis de lecture plutôt qu’un décorticage en règle de « Mystères et mauvais genres ». Déjà, parce que comme je préfère lire des fanzines, je ne suis pas très familières avec le travail des anthologistes (sur ce projet, ce rôle a été assurée par Elie Draco). Et ensuite, parce que je m’attache davantage à la qualité de chacune des nouvelles plutôt qu’à la vue d’ensemble.

Pour commencer, la réalisation graphique de la couverture ne m’a emballée plus que ça. Certes elle est jolie et l’idée de proposer un vote pour départager trois illustrations était une très bonne idée, mais je ne trouve pas que la qualité du dessin donne très envie de l’acheter. En plus, la finesse du matériau utilisé pour ladite couverture la rend très fragile et supportant mal les transports en sac.

Par contre, je reconnais qu’un vrai soin a été apporté à l’intérieur. Le papier est de bonne qualité, les coquilles rarissimes et l’emploi de puce en forme de loupe au lieu des traditionnelles étoiles collait bien avec le thème de l’anthologie.

L’idée de diviser l’ouvrage en trois parties ne m’a pas semblé être très pertinente. En effet, je n’aime pas savoir par avance dans quel univers je vais être plongée. Peu m’importent la science-fiction, la fantasy ou le fantastique, tant que l’auteur pose un décor dans lequel je me retrouve.

Du coup, la première partie, que son titre « Quand l’inconnu s’invite dans le quotidien… » étiquette comme un mini-recueil de fantastique, ne m’a pas procurée la surprise d’un texte que l’on pense réaliste et qui bascule vers les mondes imaginaires.

Pour « En quête de vérité… », on comprend tout de suite qu’il va s’agir d’histoires plus typées « polar ». Cependant, le mélange de textes des genres différents m’a enfin apporté le plaisir de la découverte que j’attendais. A chaque nouvelle histoire, j’ai essayé de deviner dans quel univers se positionnait l’auteur et je me suis souvent laissée bluffée.

Quant à la troisième partie, son titre, « Ces témoignages qui font l’histoire… », pourrait laisser croire à des nouvelles historiques. Pourtant, elle se compose pour moitié de textes fantastiques qui auraient eu leur place dans la première partie de l’anthologie. J’ai beau chercher, je ne comprends toujours pas quelle est la logique sous-jacentes à ce mélange textes fantastique et réalistes.

Il n’en reste pas moins que cette anthologie a été un agréable moment de lecture. Il suffit de lire mes commentaires détaillés sur chacune de nouvelles pour s’en convaincre. Je n’aurais jamais passé autant de temps à les rédiger si je n’avais pas aimé ce livre.

Bien entendu, cela reste de la toute petite édition associative. Néanmoins, « Mystères et mauvais genres » est quand même disponible sur le site de la Fnac, avec une belle étiquette de « Coup de cœur Vendeur » et quelques avis de lecture.

lundi 21 mars 2011

Mystères et Mauvais Genres

Dire que j’ai beaucoup parlé de l’anthologie « Mystères et Mauvais Genres », mais je ne l’avais toujours pas critiquée. Eh bien, c’est chose faite et je vous invite à commencer par sa première partie intitulée : « Quand l’inconnu s’invite dans le quotidien… ».

L’anthologie s’ouvre sur « Latombe, victime professionnelle » que l’on doit à Guillaume Suzanne. Cette nouvelle est plaisante dans son déroulement, les relations entre les personnages ne manquent pas de piquant et l’idée qu’elle supporte est des plus originales. Cependant, la manière de rattacher ce texte au fantastique dans les dernières lignes ne m’a pas convaincue, car elle a un côté trop « deus ex machina ». Il s’agit néanmoins d’une lecture agréable.

La tonalité plus sombre du texte suivant, « Le Marchand de Secrets » m’a séduite. Le parti-pris d’entremêler deux trames temporelles pour aboutir à une double révélation, l’une donnant les clés pour comprendre l’autres est astucieux. J’ai aimé la construction méthodique mise en place par P.R. Tohril dans sa nouvelle, un magnifique exemple de texte à chute à la fois mélancolique et intriguant.

« La mélodie du malheur » est sans le moindre doute le texte qui m’a le plus dérangée dans cette anthologie. Dans cet univers suintant d’une macabre étrangeté, Michaël Moslonka introduit une enfant aussi innocente qu’intelligente au milieu d’une galerie de personnages prisonniers d’un village campagnard au bord de la folie collective. Sur le moment, j’ai pensé à un épisode de Torchwood particulièrement angoissant, mais la nouvelle est encore pire. Ne connaissant pas l’Enfer de Dante, je pense être passée à côté de la plus part des références, ce qui n’empêche pas l’histoire d’être écrite avec un réel talent.

Le nom de Gabriel Féraud ne m’est pas inconnu, mais c’est, à ma connaissance, la première fois que je lis un de ses textes. Pour « Les larmes du Poète », le lecteur est plongé dans l’antre mystérieux d’une sorte de détective privé pour le moins surnaturel. Je serais bien en peine de qualifier davantage le narrateur, car celui est très peu décrit et les mystères qui l’entourent ne se dissipent pas à la fin de l’histoire. C’est selon moi le point faible de cette nouvelle. Le client du détective et la manière dont il résout l’enquête sont quant à elles largement à la hauteur. Une mention spéciale pour l’ambiance et les références sur lesquelles s’appuient le texte, et que j’ai trouvées brillantes.

Cette première partie s’achève sur l’un des textes les plus courts de l’anthologie. En dépit de sa faible profondeur, « La flaque à côté de l’arrêt d’autobus » recèle bien des secrets. Avec une économie de moyens, mais un luxe de détails impressionnant, Christophe Nicolas nous raconte l’intrusion du fantastique dans l’existence d’un personnage ordinaire. Pas une fausse note dans cette petite aventure aux frontières de la logique.

La partie suivante délaisse en partie le fantastique pour explorer des thèmes plus variés. Le titre donné par l’anthologiste est évocateur, dans les textes regroupés sous l’étiquette « En quête de vérité… », il sera question d’enquêtes.

Le changement d’ambiance est radical avec « Le corail d’Altawyris ». Le mélange entre polar sombre et science-fiction lumineuse prend dès les premières scènes écrites par Bruno Grange. Pour ne rien gâter, le côté futuriste de la nouvelle est bien plus qu’un superbe décor. En effet, les personnages et l’intrigue étant extrêmement traditionnels, il revient à la force d’évocation de l’auteur de nous surprendre. Je dois reconnaître qu’il y est très bien parvenu, ce qui rend ce texte très agréable à lire.

On passe ensuite au polar classique dans la nouvelle de Sébastien Ruche, « En l’honneur d’Emily ». Ce récit de vengeance, perpétrée par un homme dont la mémoire effacée lui souffle de venger la mort d’une certaine Emily. L’histoire commence de façon simple, mais heureusement une chute astucieuse, inattendue et fantastique vient relever l’ensemble. A mon avis, ce revirement arrive trop tard pour compenser la linéarité du texte.

Encore un nom familier dans cette anthologie, celui de Lucie Chenu pour « La brigade des Enquêtranges ». C’est encore de la science-fiction, même si l’histoire se déroule sur notre bonne vieille terre, avec de bons vieux policiers qui disposent habituellement de la capacité à voyager dans le temps pour résoudre les crimes. Autant dire que l’univers est sympathique et que le récit est construit avec une précision clinique. Pourtant, je suis restée sur ma faim en raison du manque de développement de l’intrigue.

Comme le laisse supposer le titre « Vade retro Satanas ! », il est question d’exorcisme dans cette nouvelle. Celle-ci relate la traque menée par un duo d’exorcistes afin de chasser le démon qui hante une maison bourgeoise. Bien que ce soient les deux héros, une jeune exorciste et un étrange chien doué de parole, qui retiennent l’attention, l’ambiance dix-neuvième et les personnages secondaires apportent une ambiance tantôt sombre et tantôt ironique. Le souci du détail qui transparait dans les situations et la manière de les décrire rend l’ensemble extrêmement accrocheur. Un vrai coup de cœur pour la plume d’Aurélie Wellenstein !

J’aimais déjà beaucoup « L’inspecteur Bernère contre la mort » avant sa parution en anthologie. En effet, cette nouvelle avait fait un tour sur le forum de Cocyclics et j’avais effectué quelques commentaires. Je suis heureuse de voir qu’ils ont été utiles à David Osmay. Encore une fois, il est question d’une enquête traditionnelle dont le héros est Werbar Bernère, un inspecteur convaincu de la supériorité de son intellect qui doit retrouver le meurtrier d’un zombi dévot sous peine de prendre sa place. L’intrigue parait assez absurde, et même drôle, mais le texte est en plus complètement barré et bourré d’humour.

Pas évident de commenter une nouvelle que l’on connait par cœur. Pourtant, je me suis replongée avec plaisir dans la ville de « Pandémonium City » décrite par Anne Goulard. Afin de résoudre le meurtre d’un ami, le héro dispose d’une capacité bien utile, celle de faire parler les morts. Hélas, il doit composer avec les méthodes traditionnelles de la police, peu versée dans les arts occultes, et les mensonges des vivants. Entre l’ambiance victorienne et la présence des fées, ce texte tire son épingle du jeu grâce à son univers original. Quant au charisme du héro, il aide à rendre crédible la légèreté de l’intrigue.

Pour clore cette anthologie, on retombe dans une partie alternant fantastique et réalisme. J’ai hélas trouvé que « Ces témoignages qui font l’histoire… » manquait un peu de cohérence et c’est celle que j’ai le moins apprécié, en dépit de quelques bons textes.

A première vue, le récit de « L’âme damnée de Yeun » que nous livre Arnaud Cabanne est une sordide histoire à cheval sur la psychiatrie et la légende de l’Ankou. Pourtant, la manière dont l’auteur parvient à entraîner le lecteur dans son histoire la rend très prenante. Son allure de conte d’horreur et la chute la rendent intéressante à défaut d’être vraiment originale.

Je ne me suis pas attardée sur « Quinte Flush », la nouvelle de Richard Mesplède car elle a déjà fait l’objet d’une critique détaillé lorsque j’ai commenté le numéro 19 de Black Mamba.

La mauvaise surprise de cette anthologie a été « Samba Luna ». Non pas que j’aie quelque chose contre le style d’Ombeline Duprat, plutôt chargé et évocateur, mais je ne suis pas attirée par la littérature érotique, et même rebutée par la littérature pornographique. L’intrigue trop légère n’est pas parvenue à m’embarquer et ne m’a semblé qu’un prétexte pour décrire les ébats des protagonistes. J’ai conscience que mon avis est extrêmement tranché, mais il reflète ma propre sensibilité et je comprends que certains puissent y trouver leur compte.

Pour conclure cet ouvrage, la nouvelle de la fin revient à Cyril Carau. Sa nouvelle, « Un homme fort », mélange les narrateurs et les époques pour narrer la vie d’un truand d’honneur américain et ses faits de gloire lors de la libération de l’Italie, puis de Marseille. Au-delà de l’aspect historique, l’émotion qui se dessine entre les lignes rend cette histoire douce-amère particulièrement poignante.

Comme ce commentaire est déjà très long, je donnerais mon avis général sur l'anthologie dans mon prochain billet.

See you soon...

lundi 7 février 2011

Rue Farfadet

Cette nouveauté des éditions Mnémos faisait partie de mes cadeaux de Noël et, pour une fois, il n’a pas eu le temps de rejoindre ma pile à lire. Après la décevante lecture du roman de space-fantasy « Les yeux d’Opale », j’avais besoin de quelque chose de plus original.

Dès les premières lignes, j’ai été emballée par la féerie urbaine qui imprègne « Rue Farfadet ». La ville qui a servi de modèle est identifiable sans le moindre doute possible et il est amusant de chercher de quels lieux sont inspirés les noms des rues et des quartiers où se déplace le héros. En parlant du héros, celui a pour seul originalité d’être un non-humain : un elfe banni de sa forêt pour un crime dont le lecteur ignore tout (et qui ne sera pas révélé).

Si l’intrigue policière et la manière dont se déroule le récit sont des directement inspirées roman noir. Pourtant, l’ambiance XIXe est suffisamment bien rendue pour ne pas se laisser éclipser et apporter une touche d’originalité au roman. Les elfes et autres créatures qui peuplent cette cité sont variées et sympathique. Cela ne m’a pas surpris de trouver un mot de remerciement à Pierre Dubois pour la qualité de ses ouvrages sur le Petit Peuple.

Pour une fois, je n’ai rien à redire à la quatrième de couverture mise à disposition par l’éditeur. Je vous la livre donc telle quelle :
« Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Chapeau melon vissé sur le crâne, clope au bec, en compagnie de son fidèle ami Pixel, il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères à photographier, des maris jaloux, des femmes trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux que tout ceci. Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars, les cafés et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames...
Jusqu’au jour où, lors d’une banale enquête de routine, il se trouve mêlé à une machination dépassant l’entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l’affaire par l’un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ? »

En conclusion, je dirais que ce livre est une vraie réussite pour peu que l’on aime les romans policiers classiques. Tellement classique selon moi que l’un des rebondissements majeurs est tombé à plat.

vendredi 17 décembre 2010

Eclat de rêves n°19

Pour ce numéro 19, l’équipe d’Eclats de rêves a rassemblé les nouvelles retenues après deux appels à texte. Il s’agit donc d’un opus particulièrement bien garni avec une première partie consacrée à la vapeur et une seconde aux chaussures.

A toute vapeur !

Cette partie débute avec une nouvelle de Timothée Rey qui est dans la droite ligne de ses autres textes, difficile au premier abord, mais enchanteur. Dans « C'est vrai, quoi, chacun son tour », il y a un univers original à mi-chemin en la SF et la fantasy, des machines à vapeur bien entendu, un prince impatient de livrer bataille et un vocabulaire aussi riche qu’étonnant. Tous les éléments s’imbriquent pour mener le lecteur jusqu’à une bataille épique dont la chute esquive le tragique avec humour.

L’ambiance touchante de « Ma toute vapeur », la courte nouvelle d'E-Traym, aborde la vapeur sous un autre angle, celui d’un narrateur fasciné par les particules d’eau en suspension. Le talent de l’auteur permet de se glisser dans les réflexions d’un héros dont on ignore s’il est fou ou visionnaire.

Cette même ambiguïté se retrouve dans « Le voyageur pendulaire » de Dominique Molès. Sauf qu’ici, le narrateur n’est pas fou, en tâchant de fuir son propre reflet, il s’enferme dans une gare qu’il est impossible de quitter. Décrire un tel environnement, à fois logique et décalé, est un pari difficile que l’auteur a su relever avec brio.

Pour clore cette partie, Patrick Duclos nous offre en voyage de pure fantasy dans un mode de glace et de neige. « Un sort funeste » nous donne peu à peu les clés de son narrateur dans un monde hostile et glacial. Bien qu’intéressant, j’ai trouvé que le lien avec le thème du numéro était trop ténu. Ce texte souffre de la proximité avec d’autres que j’ai trouvé de meilleure qualité.

Chaussure, etc.

Changement de thème avec la nouvelle fantastique de Jacqueline Dumas qui narre la vie d’un collectionneur de chaussure. Le titre, « Etrange gestation », donne un aperçu de l’événement qui va perturber son existence. Une fois de plus, l’un des auteurs de ce numéro nous offre un voyage sur le fil qui sépare folie de normalité.

Retour à la fantasy avec « Des brodequins pour la paix » où l’absence de magie est remplacée par la force des coutumes. Dans ce texte, Olivier Boile raconte en trois volet la transition entre une paix fragile entre deux tribus, scellée par un combat rituel dont l’enjeu est un paire de chaussures, et une guerre sans pitié. La force de cette histoire est son côté détaché, mais, bien que dénuée de jugement envers ses personnages, elle réussi à rendre leur destin poignant.

Pas une once de magie non plus dans « L'inspiration » de Sébastien Soubré-Lanabère, mais une audacieuse mise en abîme. En effet, le héros de la nouvelle est un apprenti auteur qui décide de participer à l’appel à texte sur les chaussures. Informaticien blasé, ce dernier essaye de s’échapper de son quotidien morne grâce à l’écriture tout en luttant contre une manque d’inspiration. Le réalisme de cette nouvelle est le bienvenu pour clore ce numéro.

Les trop rares illustrations ne parviennent pas à rendre la diversité des textes. Cependant, la couverture réussi à faire la jonction entre les deux thèmes (un train à vapeur rempli de chaussures), sans pour autant les assembler artificiellement (des chaussures à vapeur).