vendredi 17 septembre 2010

Les petits éditeurs sont bien rentrés

Le samedi 11 septembre, dans le parc des Buttes Chaumont, a eu lieu la troisième édition de la rentrée des petits éditeurs. Je m’y étais rendue l’an dernier et ma visite m’avait laissé un souvenir suffisamment bon pour que je surmonte ma flemme du week-end. L’espace d’une après-midi, j’ai discuté avec des passionnés des littératures de l’imaginaire dans un décor des plus agréables et avec un magnifique soleil.

J’ai aussi profité de la présence de nombreux éditeurs de fanzines pour faire le plein de lecture. Tout d’abord, je suis passée sur le stand de éditions Céléphaïs qui, en plus de Black Mamba, proposaient leur nouvelle revue : Héros. Le concept est original, une revue dédiée aux livres jeux de rôles avec des aventures courtes sur le modèle des « livres dont vous êtes le héros ». J’ai promis une critique de ce numéro, donc je reviendrais dessus lors de ma prochaine pause inter-chapitre.

Juste à côté, il y a l’association Catharsis qui édite le fanzine Borderline. Depuis le temps que j’entends parler de cette publication, j’ai pris un exemplaire du numéro X pour m’en faire une idée. Je suis aussi passée voir Sand et Barsimé, respectivement éditrice et mascotte d’Eclat de rêve. Une critique du dernier numéro est en préparation pour la semaine prochaine, je détaillerait plus tard tout le bien que je pense de ce fanzine.

Malheureusement, pas de Pénombre n°3 lors de cette manifestation, mais le stand de l’association Transition était présent et toujours aussi soigné. Il faudra donc attendre la semaine prochaine avant d’avoir une critique de ce troisième opus dont le thème sera : la foule.

A présent, place à une semaine de critiques de fanzines et autres bavardages limonadesques. La publication du chapitre 8 de Limonade reprendra à partir du 4 octobre.

mercredi 15 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - The end

Comme je l'avais annoncé dans certains commentaires, ce chapitre 7 se termine sur un retournement de situation que j'espère intriguant. Certains éléments ont été mis en place depuis le début alors que d'autre ouvrent de nouvelles perspectives pour la suite du roman.

Pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle, ils peuvent s'attaquer à la lecture du premier épisode ici.

Le chapitre 8 est déjà tout frétillant dans les billets programmés de ce blog. Je vais cependant pour faire profiter de mes dernières lectures en matières de fanzine avant de repartir pour un nouveau chapitre.

Souhaitez-moi bonne chance pour le neuvième chapitre !

lundi 13 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 12

Évelyne se baissa afin de ramasser le bracelet qui était tombé à terre. Le métal dont le bijou était constitué continua à se tordre jusqu’à ce qu’il ressemble à un vulgaire morceau de ferraille.
– Il y a forcément un trucage ! s’exclama Fabrice. C’est impossible qu’il se soit cassé comme ça, je n’y ai pas touché.
– Non, cet objet était le dépositaire d’une ancienne malédiction. Il a été détruit par l’exorcisme, ou du moins par ses effets permanents.
– C’est n’importe quoi toute cette histoire !

Cette fois, c’était Corentin qui avait parlé. Toujours agrippé à la table, il continua :
– Gwenaëlle n’aurait jamais jeté de charme d’amour sur Fabrice ! Et, je ne suis pas capable de lancer un sort d’exorcisme. C’est impossible !

Des larmes perlèrent dans ses yeux, puis ses doigts se désolidarisèrent de la table. Il traversa le salon en coup de vent, sans un regard pour son ami. Ce dernier voulut le rejoindre, mais Évelyne l’en empêcha :
– Il vaut mieux qu’il reste seul un moment.
– Pourtant, c’est moi qui suis victime d’un sortilège.

Elle soupira, tout en conservant un air amusé :
– Oui, mais ça sera probablement la seule expérience surnaturelle de toute ta vie. Par contre, Corentin va devoir s’habituer à ce genre de phénomènes pour le reste de son existence.
– Dur.

Fabrice aurait aimé trouver des mots plus justes que ce commentaire laconique. À côté de ce que son ami allait vivre, ses inquiétudes des jours précédents étaient dérisoires. Le pire à ses yeux était de ne pas être capable de l’aider, même si la seule chose qu’il pouvait faire était de rester près de lui.
– Je vais rentrer chez moi. Merci pour le machin de purification, même si c’était vachement bizarre.
– De rien. Tu es toujours le bienvenu ici.

Lorsque la porte se referma derrière lui, il expira profondément. Rien ne s’était déroulé comme prévu durant cet après-midi. Bien qu’Évelyne lui ait assuré qu’il ne serait plus jamais confronté à d’autres événements magiques, il ne se séparait pas de cette impression étrange.

vendredi 10 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 11

De plus en plus surpris, Fabrice demanda :
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
– Je n’en ai pas la moindre idée.

Comme son ami insistait, Corentin se pencha à son tour sur le plateau couvert de sable et de lignes.
– Le pendule aurait dû être perturbé par les énergies néfastes. Or, le dessin a l’air normal, comme si tu n’avais subi aucun maléfice.

Cette constatation suscita un sentiment de soulagement mêlé de déception. S’il n’était pas victime d’un mauvais sort, il ignorait toujours la cause de son amnésie.
– J’ai une autre théorie, dit Évelyne quand elle revint dans le salon.
– Laquelle ?

Les deux garçons sourirent, car ils avaient posé simultanément la même question. La voyante posa un bracelet aux pierreries clinquantes, mais dont le métal était piqueté de rouille, puis elle s’adressa à Fabrice :
– Tu as été victime d’un sortilège et l’exorcisme de mon apprenti magicien de neveu a vraiment fonctionné. Il a annulé le sortilège qui obscurcissait ta mémoire.
– Ça veut dire que mes souvenirs avec Gwenaëlle étaient dus à un envoûtement ?
– C’est l’hypothèse la plus probable.

Déboussolé, il se tourna vers Corentin. Cependant, alors qu’il avait besoin de son soutien, l’adolescent fixait le bracelet avec horreur. Ses doigts crispés sur le rebord de la table semblaient prêts à s’enfoncer dans le bois. D’une voix blanche, il murmura :
– D’où sort ce truc ?
– C’est un moyen de vérifier que tu as bel et bien un don pour l’exorcisme.

Avant que l’un des deux réagisse, elle saisit le poignet de Fabrice et lui mit le bracelet. La température baissa d’un coup dans la pièce, puis toutes les bandes de papiers se décrochèrent. Le cristal du pendule irradia d’une vive lumière bleue et émit un bourdonnement d’insecte.

Tous ces phénomènes surnaturels tournaient autour du bracelet. Pourtant, son porteur ne ressentit aucune impression désagréable, comme si ces maléfices ne pouvaient pas l’atteindre. Finalement, les pierres ornant le bijou s’éclatèrent les unes après les autres, puis le fermoir se disloqua, libérant le poignet de Fabrice.
– C’est quoi ce truc ! cria Corentin qui s’était levé dès le début des manifestations magiques.
– On appelle ça un exorcisme permanent, répondit sa tante avec un franc sourire. Le plus puissant de tous les sorts de protection.

mercredi 8 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 10

Du premier coup d’œil, il reconnut les glyphes dessinés par Corentin sur des bandelettes de papier suspendues au-dessus des fenêtres et de la porte. Le bric-à-brac ésotérique qui encombrait la pièce avait été repoussé dans un coin. Hormis le pendule monté sur un socle de métal argenté qui se trouvait sur la table et le parfum âcre de l’encens, ce salon n’avait rien d’un antre de sorcière.
– Assieds-toi là, dit Évelyne en désignant la chaise placée dos à la fenêtre.

Elle s’installa ensuite en face de lui, puis déposa un plateau rempli de sable sous le pendule. Corentin s’assit à sa gauche sans faire le moindre bruit.
– Pose tes mains de chaque côté du socle, le guida la voyante.

Il s’exécuta et sentit le contact glacé du métal sous ses doigts. Les mains d’Évelyne se placèrent sur les siennes et les mirent en contact complet avec le socle. Elle ferma les yeux et, immobile sur sa chaise, murmura des sons graves dépourvus de signification.

Sans comprendre quel était son rôle, Fabrice chercha un soutien dans le regard de son ami. Celui-ci répondit à ses questions muettes par un sourire, puis articula en silence :
– Regarde le pendule.

En effet, le cristal bleuté suspendu au socle par une chaîne d’argent commençait à osciller doucement. À chaque mouvement, sa pointe effleurait la surface du sable et y creusait des rainures courbes. Peu à peu, l’amplitude des déplacements du cristal augmenta. Le plateau se couvrit de lignes incurvées qui se croisaient sans la moindre signification.

À la fin de la séance, Évelyne ouvrit les yeux. Elle débarrassa la table du dispositif entourant le pendule, puis examina le dessin qu’il avait tracé dans le sable.
– Rien ! s’exclama-t-elle.

Les deux adolescents restèrent silencieux, comme hypnotisés par les reflets bleus du cristal. Elle ajouta :
– Je vais essayer autre chose.

Sur ces mots, elle se leva de sa chaise et quitta la pièce en toute hâte.

lundi 6 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 9

Dès qu’ils pénétrèrent dans le couloir, l’odeur d’encens les prit à la gorge. Évelyne passa la tête par l’embrasure de la porte.
– Bonjour les garçons. J’en ai encore pour un bon quart d’heure de préparatifs, ne laissez pas sortir le chat.

Avant qu’ils n’aient le temps de répondre, elle était retournée dans le salon et avait refermé la porte. Les miaulements à l’intérieur de la pièce signalaient que Lucifer était enfermé avec elle alors qu’il aurait préféré être ailleurs.

Inquiet pour la suite des événements, Fabrice demanda :
– Tu sais ce que ta tante est en train de préparer ?
– Un rituel de purification.
– Mais encore…

Son ami lui fit signe de le suivre dans l’escalier. Ils montèrent dans sa chambre sous le toit, puis Corentin lui donna une feuille couverte de symboles bizarres.
– J’ai aidé à préparer des glyphes et, même si je n’y ai rien compris, c’était marrant à faire.
– Ce rituel, c’est juste dessiner des lettres bizarres ?
– Non, il y a tout un truc avec des énergies et les courants astraux. Mais je ne connais absolument rien à ces trucs-là.

Fabrice soupira, il n’était guère avancé avec ces explications lacunaires. Il voulait néanmoins faire confiance à Corentin. Devinant sa nervosité, celui-ci engagea la conversation sur un tout autre sujet :
– Tu viens tous les jours en moto ?
– Oui, je n’habite pas très loin du lycée, mais c’est super galère avec les bus. Et puis, je ne conduis pas vraiment une moto.

Devant l’air étonné de son ami, l’adolescent expliqua les différences entre les motos et son véhicule qui n’était doté que d’un moteur de cent-vingt-cinq centimètres cubes. Durant les dernières minutes d’attente, il s’efforça de réprimer son appréhension. Quand, finalement, Évelyne les appela du salon, il bondit ses pieds et dévala l’escalier jusqu’au salon.

vendredi 3 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 8

Dans le calme retrouvé, Corentin demanda :
– Et ta mémoire, elle est revenue ?
– Non, c’est comme si je n’avais jamais connu Gwenaëlle.

Mis mal à l’aise par cet aveu, Fabrice changea de sujet :
– Parle-moi d’elle.
– De Gwen ?
– Oui.

Comme à chaque fois qu’il devait s’exprimer à propos de son amie, l’adolescent se tut. Ses yeux clairs balayèrent le paysage, puis se fixèrent sur la pâtisserie qu’il tenait à la main. Habitué à ce comportement, son compagnon attendit qu’il ait grignoté la moitié de son cookie. En fin de compte, ses réflexions aboutirent et il commença à raconter :
– C’est à partir de la sixième que Gwen et moi sommes devenus très amis. À partir du jour de la rentrée pour être précis. Je m’étais perdu dans les couloirs du collège, alors je suis arrivé très en retard dans ma classe.

Compte tenu du tempérament de Corentin, cette situation n’avait rien de surprenant. Fabrice s’abstint néanmoins d’en faire la remarque et le laissa continuer son récit.
– Le professeur principal m’a demandé de me présenter au tableau, devant tous les élèves. Sauf que j’étais tellement stressé que je n’arrivais pas à parler.
– Gwenaëlle est intervenue ?
– Oui. Elle était au premier rang et m’a soufflé toute ma présentation.

Durant le reste du trajet jusqu’au pavillon, Fabrice ne dit rien. Cette anecdote avait renforcé son impression de s’immiscer dans une relation à la fois ancienne et sincère. Le simulacre d’affection qui existait entre lui et Gwenaëlle ressemblait à une copie terne de ce sentiment. Il culpabilisait de se placer en obstacle entre son ami et la fille dont il était visiblement amoureux. Pourtant, Corentin ne manifestait aucune jalousie à son égard.

Après une vingtaine de minutes de marche silencieuse, ils atteignirent la rue Courteline, puis traversèrent le jardin de la maison. Quand ils furent devant la porte, l’adolescent s’arrêta.
– Tant que j’y pense.
– Quoi ?

Il fit glisser les bretelles de son sac afin d’accéder à son contenu, puis tira une liasse de feuilles pliées en quatre de l’un des poches.
– C’est la liste des élèves appartenant aux classes qui se sont rendues sur le terrain de basket hier matin. Peut-être que l’un des noms te dira quelque chose.

Corentin prit les papiers et les rangea dans son blouson, puis ils franchirent la porte.

jeudi 2 septembre 2010

Des daims de surveillance. Je les déteste.


Aujourd'hui, l'humble chauve souris que je suis ne va pas vous parler d'un livre. Non. Plutôt d'un film, en fait.


Attention les yeux, ça va piquer.


Tadada dada!


Gentlemen Broncos est projeté dans un seul cinéma à Paris. N'écoutant que mon courage (et l'atroce bande annonce de ce film) je suis allé payer ma place (tarif étudiant, merci!) et profiter du spectacle.

Je l'ai regretté très vite. Mes yeux ont fondu, j'étais atterré. Mon esprit vacillait entre l'ahurissement total et le black out violent.


Ce film est un navet.

Ce film a été conçu comme un navet.

Ce film est une bouse magnifique!

Je dis ça, et pourtant, je suis très loin d'aimer les navets. J'ai souffert dans ma petite enfance de séries Z et de films cheap, donc les navets, habituellement, je dis non, spas possible.

Mais là, la bande annonce était juste trop magnifique!


Tous les personnages sont cheaps. Le pire, c'est que ce n'est pas mal joué (l'acteur qui joue Bronco est Sam Rockwell, le président de la galaxie de H2G2! Si c'est pas une référence, ça...).

De plus, contrairement à ce que tout laisse penser... il y a un sacré budget pour ce film. Il suffit juste de regarder la bande originale!


Soyons sérieux deux minutes. Ce film est bien entendu une critique ouverte pour tous les auteurs de Sci Fi cheap, leurs adaptations en film, l'engouement pour des livres au scénario improbable et aux personnages caricaturaux. Les effets spéciaux ont été réalisé par le studio The Asylum, papa de nanards sublimes, dont le principe est de reprendre des blockbuster et d'en faire... des nanards. Encore une critique.


Petit résumé (honteusement tiré d'Allociné, oui, c'est mal): Benjamin, 17 ans, n’a pas d’autre atout que son imagination débridée. Il adore écrire des histoires qui l’entraînent loin de sa petite vie morne. Quand il apprend que son idole, le légendaire auteur de science-fiction Ronald Chevalier, donnera un cours au Cletus Festival, il y voit la chance de sa vie. Il emporte son meilleur manuscrit, "Yeast Lords : The Bronco Years" et part à la rencontre de son destin.

Sur place, Benjamin fait la connaissance d’autres originaux comme lui, dont la jeune romancière Tabatha, et Lonnie, un cinéaste adolescent qui a déjà plus de 80 "films" à son actif.
Ces rencontres vont changer la vie du jeune homme : Lonnie lui achète son roman pour en faire un long métrage à budget minuscule, et le célébrissime Ronald Chevalier est tellement impressionné par son travail qu’il n’hésite pas à lui voler son manuscrit pour le publier sous son nom…
L’histoire de Bronco se raconte alors selon trois points de vue : le roman original de Benjamin, la version "bâtarde" de Chevalier et la version "cinéma" de Lonnie. Ces trois visions rendent un hommage très spécial au monde des films de science-fiction cultes tout en racontant l’histoire à peine moins incroyable de leurs trois auteurs…


Je recommande Gentlemen Broncos pour qui n'a pas peur de souffrir, qui veut rigoler pendant une bonne heure et demi et ressortir du cinéma en faisant attention aux daims de guerres qui sont partout!


Pour la petite information, oui, j'ai été traumatisé par ce film. Oui, je vais aller le revoir. Je vous laisse, au plaisir de vous revoir!

Jean Charles, ninja aux graves troubles filmographiques.

mercredi 1 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 7

Après s’être procuré des sandwiches dans une boulangerie en chemin, ils décidèrent de passer devant le pensionnat Notre-Dame. Il leur restait presque une heure et demie à attendre qu’Évelyne s’occupe du cas de Fabrice et il ne tenait pas à la passer enfermé dans le pavillon.
– Je suis passé par là, dit-il en désignant le mur qu’il avait escaladé l’avant-veille.
– Comment tu as fait ? C’est vraiment haut.

L’adolescent haussa les épaules, puis poursuivit le récit de son aventure :
– Grâce aux indications que tu m’avais données, j’ai trouvé la chambre de Gwenaëlle. Sa copine Émilie m’a ouvert. Elles étaient cinq à l’intérieur dont une que je connaissais au collège : Anne-So. Les deux autres s’appellent Aude et Laure.

De l’autre côté du mur montait le brouhaha de dizaines de discussions et de jeux d’enfant. Il hésita un instant, les yeux baissés sur le trottoir afin de ne pas se laisser distraire.
– Non. En fait, c’est Audrey et Laurie. Elles se ressemblent beaucoup, comme un genre de jumelles.
– Qu’est-ce que toutes ces filles faisaient avec Gwen ?
– Aucune idée. Elles ont essayé de me faire croire qu’elles bavardaient, mais elles n’avaient pas l’air d’être franches.

Puisant dans ses souvenirs, Fabrice retrouva une information qui lui sembla intéressante.
– Elles font toutes les cinq parti d’un cours d’histoire. Un peu comme une option pour apprendre plus de choses dans une matière spécifique, on doit en choisir en terminale.
– Sauf que Gwen n’est pas en terminale et Émilie non plus.
– Exact, c’est un peu bizarre cette histoire de cours d’approfondissement en histoire. Elles sont toutes dans les sections différentes, alors elles n’étudient pas les mêmes époques.

Le temps que dura cette conversation, les deux adolescents avaient dépassé l’enceinte du pensionnat. Les hauts bâtiments de briques disparurent derrière les immeubles bas qui occupaient le reste de la rue et bruit de la cour de récréation s’atténua.

lundi 30 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 6

Le lendemain matin, il quitta la maison silencieuse pour prendre sa moto. Bien qu’il ait modifié l’heure de son réveil en lui ajoutant dix minutes, il était en retard de presque un quart d’heure. Il enfila son vieux casque et ses gants, puis démarra en trombe.

Afin de rattraper le temps perdu, il se faufila entre les voitures dans les embouteillages. Ce comportement exaspérait les automobilistes, mais il réussit à entrer dans le parking du lycée quelques minutes avant le début des cours.

Comme souvent, il fut le dernier à arriver en classe. Heureusement, son professeur de mathématique ne lui en tint pas rigueur. Monsieur Joly savait faire de preuve de patience envers ses élèves, même si, comme Fabrice, ils affichaient une attitude désinvolte en contradiction avec des résultats brillants.

Les deux heures de mathématiques passèrent plus rapidement que celles d’histoire et de philosophie. Dans ces deux matières, l’adolescent se taillait une réputation de fauteur de troubles agité et moqueur. Sa dernière pique à l’attention de Kant lui valut d’ailleurs de se faire mettre à la porte.

S’il n’avait pas dû attendre que Corentin termine ses cours de la matinée, il serait volontiers rentré chez lui. Au lieu de cela, il s’installa sur un banc de béton d’où il pouvait surveiller l’ensemble de la cour du lycée.

Ses appréhensions concernant son rendez-vous avec la tante de son ami refirent surface. Il ignorait ce qu’il avait voulu dire en parlant d’envoûtement ou de malédiction. La connotation maléfique de ces deux termes l’amenait à se demander s’il ne s’agissait pas d’une mauvaise blague. Il était cependant résolu à continuer toute cette histoire jusqu’à ce qu’il obtienne une explication valable pour son amnésie.

Quand la sonnerie retentit dans les bâtiments, les lycéens se précipitèrent dehors. Comme à son habitude, Corentin traversait tranquillement la bousculade. Il discutait avec un garçon de son âge et ne prêtait aucune attention à la foule autour de lui. Arrivé en bas des escaliers, il salua son copain et se dirigea vers Fabrice.
– Tu vas bien ?

L’adolescent hocha la tête et proposa :
– On va directement chez ta tante ou on prend des sandwiches avant ?
– Elle doit être en consultation toute la matinée. Je pense qu’il faudra acheter à manger.
– OK.

Ils patientèrent encore cinq minutes dans la cour, puis quittèrent le lycée déserté.

vendredi 27 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 5

La pagaille qu’il avait laissée tout à l’heure se rappela à son bon souvenir quand il voulut s’allonger sur son lit pour lire. Il hésita à transférer le tas de feuilles sur son bureau, mais celui-ci en était déjà recouvert. Avec un soupir, il rassembla tous les papiers et les livres qui traînaient, puis il entreprit de les trier.

Entre les cours de mathématiques qu’il suivait actuellement au lycée et ceux qui provenaient de livres empruntés à la bibliothèque, il avait l’intégralité des sujets abordés durant l’année de terminale. Afin de trouver ses problèmes plus consistants, il était à présent obligé de se tourner vers les programmes de math sup. Les annales du bac ne présentaient que la reproduction d’exercices type avec de légères variations.

À la fin de sa séance de ménage, son bureau était impeccable. Par effet de contraste, le reste de sa chambre paraissait avoir été ravagé par une tornade. Plusieurs strates de vêtements sales ou froissés recouvraient le fauteuil qui occupait l’un des coins de la pièce. Des boules de papiers ou des emballages de chewing-gum à la menthe jonchaient le sol autour d’une corbeille au bord de l’indigestion. Depuis la veille, la radio gisait en morceau sur l’étagère, victime d’une curiosité éphémère pour son fonctionnement.

En prévision de sa visite du lendemain, il s’assura que les habits qu’il devait rendre à Corentin se trouvaient toujours dans son sac. Au milieu de ses affaires de lycéen, il tomba sur son paquet de cigarettes. Les gouttes de pluie qu’il apercevait sur sa vitre le découragèrent de sortir en fumer une.

Il ôta ses chaussures et s’assit en tailleur sur son lit, un livre sur la physique atomique posé sur les tibias. Les premières pages consacrées à structure des atomes faisaient l’objet d’un chapitre de son livre de cours, il le passa pour s’attaquer à des sujets plus complexes avant d’aller se coucher.

mercredi 25 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 4

Lorsque sa mère l’appela du bas de l’escalier, Fabrice était toujours partagé entre l’appréhension et la curiosité. De toute manière, il avait accepté de se rendre chez Corentin le lendemain. Il aurait aimé avoir plus de temps pour s’y préparer, mais la perspective de découvrir le fin mot de l’histoire le remplissait d’excitation.

Il prit appui sur ses bras, puis se redressa brusquement. Son mouvement dérangea les affaires posées au pied du lit. La pile de livres s’affaissa sur la paire de baskets délabrées qu’il utilisait pour faire de l’escalade. Elle rencontra ensuite son porte-clés orné d’anneaux de cannettes qu’elle ensevelit sous des cours de mathématiques.

L’adolescent ramassa les feuilles éparpillées pour les poser sur son lit. La voix de sa mère résonna une nouvelle fois à l’étage inférieur. Après un regard au désordre familier de sa chambre, il sortit et dévala l’escalier avant qu’elle ne perde patience.

Sur la table de la cuisine, deux assiettes de soupe refroidissaient.
– Papa ne rentre pas ce soir ?
– Si, mais il a une réunion très tard.

Fabrice haussa les épaules, à la fois soulagé et déçu. Il avala son dîner sans décrocher un mot en dépit des regards inquiets que lui lançait sa mère. Une fois leur repas terminé, il mit les couverts et les assiettes dans le lave-vaisselle.

Il s’apprêtait à remonter dans sa chambre quand une question l’arrêta.
– Tu as une petite amie, en ce moment ?
– Qu’est-ce qui te fait dire ça ? répliqua-t-il sur la défensive.
– Je suis ta mère, je peux deviner ce genre de chose.

La futilité de cet argument lui arracha un sourire ironique. Il ne prit pas la peine de répondre et gravit les marches quatre à quatre.

lundi 23 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 3

Dès que la porte fut refermée, l’adolescent se laissa tomber à plat ventre sur son lit. Il ne comprenait rien à toutes ces histoires de runes, d’envoutement et d’exorcisme. Tout ce qu’il désirait, c’était poursuivre son existence normale, avec ses copains, sa moto et, éventuellement, une petite amie.

Cette réflexion ramena avec elle des souvenirs de son intrusion au pensionnat bien plus précis que ceux qu’il avait confiés à Corentin. Tout d’abord, les cinq filles qu’il y avait rencontrées entretenaient un goût pour le mystère supérieur à ses attentes. Quant à Gwenaëlle, la froideur dont elle avait fait preuve à son égard ne lui donnait aucun indice concernant l’état de leur relation avant la disparition de ses souvenirs.

Plus que son amnésie, c’était le comportement étrange de son nouvel ami qui l’intriguait. Avec ses grands yeux clairs, sa silhouette toute en longueur et son comportement lunaire, l’adolescent semblait tomber du ciel. La manière décontractée dont il abordait les problèmes surnaturels avait quelque chose de fascinant ; ils donnaient l’impression de faire partie de son quotidien depuis toujours.

Fabrice n’aurait jamais pensé que la magie pouvait se loger dans des détails aussi insignifiants que des graffitis ou des trous de mémoire. Bien que sa première confrontation ait manqué d’effets pyrotechniques, la présence du grimoire et celle du seau d’eau bénite lui conféraient une aura d’étrangeté plutôt rassurante. À présent, il en venait à guetter autour de lui des traces infimes de magie, comme de minuscules fêlures dans la vitre de la réalité.

Il se prit à espérer qu’Évelyne possède une formule grâce à laquelle son existence redeviendrait normale, identique à ce qu’elle était avant sa rencontre avec Gwenaëlle. Pourtant, il doutait que les choses soient aussi simples. Il ne sentait pas prêt à être confronté à davantage d’événements pour lesquels son esprit rationnel échouait à trouver des explications.

vendredi 20 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 2

Après un long silence, son interlocuteur changea de sujet :
– Tu as réussi à voir Gwen ?
– Oui.

Ce brusque écart dans la conversation obligea Fabrice à rassembler ses souvenirs de la veille, lorsqu’il s’était rendu au pensionnat Notre-Dame.
– Elle partage la chambre avec une fille qui s’appelle Émilie et dont ta tante avait parlé. Je n’ai pas pu parler avec Gwen, toutes ses copines étaient avec elle.
– Tu n’as rien remarqué de bizarre ?
– Pas spécialement, elles avaient peur que je me fasse choper.
– Et ?
– Et heureusement que je cours vite…
– Tu as failli te faire prendre !

Après cette exclamation, Corentin demeura silencieux, comme s’il attendait davantage d’explications. Cependant, l’adolescent n’avait pas envie de revenir sur sa fuite du pensionnat et la conversation retomba à nouveau. Mal à l’aise, il proposa :
– Ça serait plus facile si on en discutait demain au lycée.
– OK. Il y a juste un truc que je dois te dire avant.

Le ton de son interlocuteur suggérait l’importance du truc en question. Fabrice attendit qu’il le révèle, mais un léger bruit de déplacement et de paroles remplissait le combiné.
– Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il.

La voix de son ami finit par lui répondre :
– C’était ma tante, elle voulait savoir si tu peux venir mercredi après-midi.
– Demain.
– Oui, à partir de quatorze heures.
– Pourquoi faire ?
– Vérifier si tu n’as pas été victime d’une malédiction, ou d’un autre truc du style envoutement. Ça expliquerait le coup de l’exorcisme.

Sous l’effet de la stupeur, Fabrice resta bouche bée. Apercevant quelqu’un dans le couloir, il se hâta de mettre un terme à cette discussion avant qu’elle ne devienne trop ésotérique.
– C’est parfait. On se voit demain après les cours. J’en profiterai pour te rendre tes vêtements.

Il lui souhaita une bonne soirée, puis raccrocha sous le regard intrigué de sa mère. Cette dernière haussa un sourcil interrogateur, mais n’insista pas, de peur de voir son fils se braquer. Toujours déstabilisé par l’étrange proposition de Corentin, il se hâta de remonter dans sa chambre afin d’y réfléchir au calme.

mercredi 18 août 2010

To the Batmobile, let's go!

Encore un passage éclair de chauve-souris ninja.

En fouillant dans la pile de mes livres, je suis retombé sur Perdido Street Station, un de mes coups de cœur de 2007.

Par coup de cœur, j'entends parler d'un roman qui a chamboulé ma vision des livres. Il m'arrive de temps en temps de tomber sur de très bons ouvrages, et qui, malgré quelques faiblesses, se transforment en véritables petites merveilles sous mes yeux. Ce fut le cas avec Perdido.

L'univers en lui même était assez inhabituel pour moi, lecteur assidu de Sci-Fi et de Fantasy. Voilà un roman Steam-Punk. Un vrai, un pur, un dur. Dedans se croisent allègrement magie, thaumaturgie, mécanique quantique et hybridations folles. Nouvelle-Crobuzon est une ville monstre dans laquelle les espèces se mêlent avec plus ou moins de joie. Où le moindre crime est puni par une sanction qui transforme l'être plus profondément dans sa chair qu'aucune prison ne pourra jamais en rêver.

L'histoire se résume à un mot : « voler ». Une joyeuse bande de rufians poètes et de savants fous, d'hommes oiseaux et de femmes insectes se font un devoir de faire voler ce qui en est incapable. Et déclencher ainsi une des plus grosses catastrophes que la ville ait jamais connu.

En deux tomes, Perdido Street Station, de China Miéville, est dur à lire. Je ne cache pas qu'il est loin d'être simple. L'histoire est très prenante, mais souffre de quelques longueurs. Isaac Dan der Grimnebulin, notre héros obèse, se passionne pour la théorie de la Crise, et l'auteur nous le fait bien comprendre en nous exposant la dite théorie. Bien que la mécanique quantique ne me fasse plus trop peur, j'ai dû lutter pour arriver à saisir tous les concepts (qui me semblent un peu fumeux quand même...)

Les intrigues sont rondement menées, et tiennent en haleine, les personnages attachants, malgré, ou grâce à leur étrangeté. La science et l'horreur s'entremêlent doucement pour vous servir un roman de qualité, que vous pouvez poursuivre dans une autre partie du monde de Nouvelle-Crobuzon avec les Scarifiés. Ces livres sont disponibles en poche, ce qui fait du bien au porte-monnaie!

Sur ce, je vous abandonne, et m'en retourne errer sur la Toile.

(L'image est l'illustration utilisée pour les couvertures de l'édition poche française.)

lundi 16 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 1

Lorsque la quatrième sonnerie résonna dans le combiné, Fabrice perdit espoir. Sa recherche dans l’annuaire téléphonique se soldait par un échec bien qu’il se soit souvenu que Corentin vivait chez une voyante prénommée Évelyne. Le numéro qu’il venait de composer était de dernier de sa liste et ses trois précédentes tentatives n’avaient pas abouti.
– Allo ?

Une voix juvénile remplaça la cinquième sonnerie, ce qui était bon signe.
– Bonsoir, répondit-il. Excusez-moi de vous déranger, mais pourrais-je parler à Corentin ?
– C’est moi.

Cette réponse lui ôta un poids, il détestait les longues minutes d’attente où il ne savait que dire. Comme un lourd silence s’installait à l’autre bout de la ligne, il amorça la conversation :
– C’est Fabrice. J’ai lu ce que tu as écrit sur les runes.
– Tu as compris le truc ?
– Plus ou moins, mais on sait pourquoi la personne qui les a mises ici est venue les effacer.
– Parce qu’elle ne voulait pas que je tombe sur sa signature ?
– Oui. Et vu que ce terrain est surtout utilisé par les élèves du lycée, je me suis dit que ce doit être un élève qui a dessiné ces runes.

Il poursuivit :
– Comme les runes ont été effacées entre hier midi et ce matin, je suis allé au bureau de la vie scolaire pour regarder les emplois du temps.
– Ils t’ont laissé faire ?
– J’ai raconté que j’avais oublié mon casque de moto sur le terrain. Ça a marché impec.
– Ah.

Assis sur la première marche de l’escalier, l’adolescent sortit une liste de sa poche. Il coinça le combiné contre son épaule afin de pouvoir déplier la feuille. Le cordon du téléphone lui passait devant le visage, mais il l’ignora et lut :
– Les premières L1 et S3 sont allées sur le terrain, il y avait aussi les secondes G5.
– Ça va nous faire du monde à suspecter.
Un rapide calcul lui permit d’évaluer le nombre d’élèves susceptibles de s’adonner à la magie runique.
– Au total, ils sont soixante-sept.

vendredi 13 août 2010

Déjà le quart !

En général, je calcule toujours l’avancée de Limonade à partir du chapitre en cours (actuellement, le chapitre 8). Pourtant, avec la fin du chapitre 6, j’ai découvert que j’avais atteint de premier quart du roman. Eh oui, je n’écris pas (seulement) à l’instinct ! Derrière mes chapitres, il y a des tas de choses comme un plan général de l’intrigue, des fiches/listes de personnages et même un synopsis détaillé.

Lorsque je sais dans quelle direction je vais, c’est plus facile de ne pas se perdre dans des détails pour les parties importantes, ou au contraire de savoir quand délayer sur les moments plus tranquilles. J’ai lu une (très bonne) explication du phénomène sur un blog où l’auteur parlait de « syndrome du Nutella ». Ca devait être celui de Paul (Tonton) Beorn, si mes souvenirs sont exacts.

Donc tout ça pour dire qu’il n’y a pas à s’inquiéter, Limonade ne va pas virer « roman à rallonge ». Une vraie intrigue, avec tous les rebondissements qui vont bien, se profile à l’horizon 2012. Promis, je finirai Limonade avant la fin du monde, ça serait idiot de laisser le suspens dans de telles circonstances.

mercredi 11 août 2010

Les démons de Paris


Je ne me souviens plus de la manière dont j'ai entendu parler de ce livre, mais cela devait être en bien. En effet, j'ai très vite fait le projet de me le procurer, même s’il m’a fallu attendre les Futuriales d’Aulnay-sous-Bois en juin. J’ai néanmoins profité de ce festival pour obtenir une chouette dédicace de la part de l’auteur : Jean-Philippe Depotte.

Dès que « Les démons de Paris » sont entrés en ma possession, j’avais déjà un à priori très positif sur ce livre. J’adore les romans qui mélangent aventure et enquête dans un contexte historique, surtout quand il y a une bonne dose de fantastique. Celui-ci ne m’a pas déçue avec son intrigue mêlant nécromancien (un prêtre qui parle au mort) et démonologie (un caïd parisien démon). De plus, le contexte est extrêmement documenté et politiquement très riche.

Pour autant, il s’agit vraiment d’un roman d’aventures. Les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné, à la fois dans le monde des morts et dans celui des vivants, jusqu’à un gigantesque dénouement dans le métro parisien.

Une fois de plus, je ne vais pas citer la quatrième de couverture et me plier moi-même à l’exercice.

« La vie de Joseph Stirbling est toute tracée : il sera prêtre et continuera d’exercer son observation à la morgue de l’Hôtel de Ville. En effet, le jeune homme dispose d’un talent très particulier : il peut entendre les morts et aussi leur parler afin de guider leurs premiers dans l’au-delà. Il ignore cependant que ce don fait de lui un implexe et un sujet d’inquiétude pour le gouvernement.

Son attachement pour Lucille Bienvenüe, la fille du créateur du métropolitain, pourrait faire vaciller ses certitudes concernant son avenir. À moins qu’Eloïs, le frère jumeau de celle-ci, récemment engagé dans le ministère aux Affaires implexes ne lui complique la tâche et que ses observations sur le monde des morts ne l’emmènent sur des chemins périlleux. »

En dépit d’une fin que j’ai trouvée légèrement décevante, ce roman est l’un de mes coups de cœur de l’année 2010.

lundi 9 août 2010

Chapitre 6 de Limonade - The end

Le plus long chapitre écrit à ce jour vient d'être terminé. Pour rejoindre le premier des quatorze épisodes, c'est là.

Comme d'habitude, le chapitre suivant commencera après une pause de quelques jours. A moins qu'une chauve-souris ninja ne prenne, une fois de plus, possession du blog. En tout cas, j'ai déjà rédigé mon chapitre 7, donc pas d'inquiétude, il arrivera dans des délais raisonnables.

vendredi 6 août 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 14

Le temps que Corentin termine de décrire à sa tante le rituel d’exorcisme ainsi que ses fâcheuses conséquences, le thé dans leurs tasses était devenu tiède. Évelyne en but la moitié, puis elle fixa son neveu avec une gravité.
— Tu es sûr que c’est ton exorcisme qui a rendu ton ami amnésique ?

L’adolescent hocha la tête, une expression de culpabilité inscrite sur le visage.
— Ce n’est absolument pas logique. Le sortilège que tu as utilisé n’a aucun effet sur les personnes, hormis celle de les délivrer des maléfices.
— Tu peux quand même l’annuler ?
— Non. Je ne suis même pas capable de lancer ce sort, alors l’annuler…

Une vive déception se joignit à la culpabilité de Corentin. Afin de le rassurer, sa tante changea de sujet :
— Je ne suis pas très surprise que tu sois mis à la magie. Tu as toujours eu un don pour ce genre de choses et je pensais que, tôt ou tard, tu l’exploiterais.
— Mais pas en faisant du mal autour de moi.
— À mon avis, tu n’as pas causé de tort à Fabrice.

Cette phrase le poussa à relever la tête, le regard soudain allumé d’une lueur d’intérêt. Le sourire d’Évelyne derrière le bord de sa tasse reflétait sa confiance.
— Bois ton thé avant qu’il ne refroidisse. Je t’expliquerai ma théorie ensuite.

L’adolescent vida sa tasse en clin d’œil, puis fixa sa tante avec impatience.
— Alors ?
— Je pense que ton ami était victime d’un sortilège et que ton exorcisme l’en a libéré.
— Comment ça ?
— Je l’ignore, mais peut-être que quelqu’un dans son entourage lui a lancé un mauvais sort. En disparaissant, il a probablement effacé les souvenirs qui s’y rattachaient.

Avant que Corentin n’ait le temps de peser ces paroles, la sonnerie du téléphone retentit à l’étage. Il se précipita dans le couloir, puis gravit l’escalier à toute allure.

Quand il eut passé la porte, Évelyne finit sa boisson en murmurant :
— Mon cher petit, dans quel pétrin es-tu allé te fourrer ? Si je te disais la vérité, tu ne serais sans doute pas prêt à l’entendre.