vendredi 17 septembre 2010

Les petits éditeurs sont bien rentrés

Le samedi 11 septembre, dans le parc des Buttes Chaumont, a eu lieu la troisième édition de la rentrée des petits éditeurs. Je m’y étais rendue l’an dernier et ma visite m’avait laissé un souvenir suffisamment bon pour que je surmonte ma flemme du week-end. L’espace d’une après-midi, j’ai discuté avec des passionnés des littératures de l’imaginaire dans un décor des plus agréables et avec un magnifique soleil.

J’ai aussi profité de la présence de nombreux éditeurs de fanzines pour faire le plein de lecture. Tout d’abord, je suis passée sur le stand de éditions Céléphaïs qui, en plus de Black Mamba, proposaient leur nouvelle revue : Héros. Le concept est original, une revue dédiée aux livres jeux de rôles avec des aventures courtes sur le modèle des « livres dont vous êtes le héros ». J’ai promis une critique de ce numéro, donc je reviendrais dessus lors de ma prochaine pause inter-chapitre.

Juste à côté, il y a l’association Catharsis qui édite le fanzine Borderline. Depuis le temps que j’entends parler de cette publication, j’ai pris un exemplaire du numéro X pour m’en faire une idée. Je suis aussi passée voir Sand et Barsimé, respectivement éditrice et mascotte d’Eclat de rêve. Une critique du dernier numéro est en préparation pour la semaine prochaine, je détaillerait plus tard tout le bien que je pense de ce fanzine.

Malheureusement, pas de Pénombre n°3 lors de cette manifestation, mais le stand de l’association Transition était présent et toujours aussi soigné. Il faudra donc attendre la semaine prochaine avant d’avoir une critique de ce troisième opus dont le thème sera : la foule.

A présent, place à une semaine de critiques de fanzines et autres bavardages limonadesques. La publication du chapitre 8 de Limonade reprendra à partir du 4 octobre.

mercredi 15 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - The end

Comme je l'avais annoncé dans certains commentaires, ce chapitre 7 se termine sur un retournement de situation que j'espère intriguant. Certains éléments ont été mis en place depuis le début alors que d'autre ouvrent de nouvelles perspectives pour la suite du roman.

Pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle, ils peuvent s'attaquer à la lecture du premier épisode ici.

Le chapitre 8 est déjà tout frétillant dans les billets programmés de ce blog. Je vais cependant pour faire profiter de mes dernières lectures en matières de fanzine avant de repartir pour un nouveau chapitre.

Souhaitez-moi bonne chance pour le neuvième chapitre !

lundi 13 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 12

Évelyne se baissa afin de ramasser le bracelet qui était tombé à terre. Le métal dont le bijou était constitué continua à se tordre jusqu’à ce qu’il ressemble à un vulgaire morceau de ferraille.
– Il y a forcément un trucage ! s’exclama Fabrice. C’est impossible qu’il se soit cassé comme ça, je n’y ai pas touché.
– Non, cet objet était le dépositaire d’une ancienne malédiction. Il a été détruit par l’exorcisme, ou du moins par ses effets permanents.
– C’est n’importe quoi toute cette histoire !

Cette fois, c’était Corentin qui avait parlé. Toujours agrippé à la table, il continua :
– Gwenaëlle n’aurait jamais jeté de charme d’amour sur Fabrice ! Et, je ne suis pas capable de lancer un sort d’exorcisme. C’est impossible !

Des larmes perlèrent dans ses yeux, puis ses doigts se désolidarisèrent de la table. Il traversa le salon en coup de vent, sans un regard pour son ami. Ce dernier voulut le rejoindre, mais Évelyne l’en empêcha :
– Il vaut mieux qu’il reste seul un moment.
– Pourtant, c’est moi qui suis victime d’un sortilège.

Elle soupira, tout en conservant un air amusé :
– Oui, mais ça sera probablement la seule expérience surnaturelle de toute ta vie. Par contre, Corentin va devoir s’habituer à ce genre de phénomènes pour le reste de son existence.
– Dur.

Fabrice aurait aimé trouver des mots plus justes que ce commentaire laconique. À côté de ce que son ami allait vivre, ses inquiétudes des jours précédents étaient dérisoires. Le pire à ses yeux était de ne pas être capable de l’aider, même si la seule chose qu’il pouvait faire était de rester près de lui.
– Je vais rentrer chez moi. Merci pour le machin de purification, même si c’était vachement bizarre.
– De rien. Tu es toujours le bienvenu ici.

Lorsque la porte se referma derrière lui, il expira profondément. Rien ne s’était déroulé comme prévu durant cet après-midi. Bien qu’Évelyne lui ait assuré qu’il ne serait plus jamais confronté à d’autres événements magiques, il ne se séparait pas de cette impression étrange.

vendredi 10 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 11

De plus en plus surpris, Fabrice demanda :
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
– Je n’en ai pas la moindre idée.

Comme son ami insistait, Corentin se pencha à son tour sur le plateau couvert de sable et de lignes.
– Le pendule aurait dû être perturbé par les énergies néfastes. Or, le dessin a l’air normal, comme si tu n’avais subi aucun maléfice.

Cette constatation suscita un sentiment de soulagement mêlé de déception. S’il n’était pas victime d’un mauvais sort, il ignorait toujours la cause de son amnésie.
– J’ai une autre théorie, dit Évelyne quand elle revint dans le salon.
– Laquelle ?

Les deux garçons sourirent, car ils avaient posé simultanément la même question. La voyante posa un bracelet aux pierreries clinquantes, mais dont le métal était piqueté de rouille, puis elle s’adressa à Fabrice :
– Tu as été victime d’un sortilège et l’exorcisme de mon apprenti magicien de neveu a vraiment fonctionné. Il a annulé le sortilège qui obscurcissait ta mémoire.
– Ça veut dire que mes souvenirs avec Gwenaëlle étaient dus à un envoûtement ?
– C’est l’hypothèse la plus probable.

Déboussolé, il se tourna vers Corentin. Cependant, alors qu’il avait besoin de son soutien, l’adolescent fixait le bracelet avec horreur. Ses doigts crispés sur le rebord de la table semblaient prêts à s’enfoncer dans le bois. D’une voix blanche, il murmura :
– D’où sort ce truc ?
– C’est un moyen de vérifier que tu as bel et bien un don pour l’exorcisme.

Avant que l’un des deux réagisse, elle saisit le poignet de Fabrice et lui mit le bracelet. La température baissa d’un coup dans la pièce, puis toutes les bandes de papiers se décrochèrent. Le cristal du pendule irradia d’une vive lumière bleue et émit un bourdonnement d’insecte.

Tous ces phénomènes surnaturels tournaient autour du bracelet. Pourtant, son porteur ne ressentit aucune impression désagréable, comme si ces maléfices ne pouvaient pas l’atteindre. Finalement, les pierres ornant le bijou s’éclatèrent les unes après les autres, puis le fermoir se disloqua, libérant le poignet de Fabrice.
– C’est quoi ce truc ! cria Corentin qui s’était levé dès le début des manifestations magiques.
– On appelle ça un exorcisme permanent, répondit sa tante avec un franc sourire. Le plus puissant de tous les sorts de protection.

mercredi 8 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 10

Du premier coup d’œil, il reconnut les glyphes dessinés par Corentin sur des bandelettes de papier suspendues au-dessus des fenêtres et de la porte. Le bric-à-brac ésotérique qui encombrait la pièce avait été repoussé dans un coin. Hormis le pendule monté sur un socle de métal argenté qui se trouvait sur la table et le parfum âcre de l’encens, ce salon n’avait rien d’un antre de sorcière.
– Assieds-toi là, dit Évelyne en désignant la chaise placée dos à la fenêtre.

Elle s’installa ensuite en face de lui, puis déposa un plateau rempli de sable sous le pendule. Corentin s’assit à sa gauche sans faire le moindre bruit.
– Pose tes mains de chaque côté du socle, le guida la voyante.

Il s’exécuta et sentit le contact glacé du métal sous ses doigts. Les mains d’Évelyne se placèrent sur les siennes et les mirent en contact complet avec le socle. Elle ferma les yeux et, immobile sur sa chaise, murmura des sons graves dépourvus de signification.

Sans comprendre quel était son rôle, Fabrice chercha un soutien dans le regard de son ami. Celui-ci répondit à ses questions muettes par un sourire, puis articula en silence :
– Regarde le pendule.

En effet, le cristal bleuté suspendu au socle par une chaîne d’argent commençait à osciller doucement. À chaque mouvement, sa pointe effleurait la surface du sable et y creusait des rainures courbes. Peu à peu, l’amplitude des déplacements du cristal augmenta. Le plateau se couvrit de lignes incurvées qui se croisaient sans la moindre signification.

À la fin de la séance, Évelyne ouvrit les yeux. Elle débarrassa la table du dispositif entourant le pendule, puis examina le dessin qu’il avait tracé dans le sable.
– Rien ! s’exclama-t-elle.

Les deux adolescents restèrent silencieux, comme hypnotisés par les reflets bleus du cristal. Elle ajouta :
– Je vais essayer autre chose.

Sur ces mots, elle se leva de sa chaise et quitta la pièce en toute hâte.

lundi 6 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 9

Dès qu’ils pénétrèrent dans le couloir, l’odeur d’encens les prit à la gorge. Évelyne passa la tête par l’embrasure de la porte.
– Bonjour les garçons. J’en ai encore pour un bon quart d’heure de préparatifs, ne laissez pas sortir le chat.

Avant qu’ils n’aient le temps de répondre, elle était retournée dans le salon et avait refermé la porte. Les miaulements à l’intérieur de la pièce signalaient que Lucifer était enfermé avec elle alors qu’il aurait préféré être ailleurs.

Inquiet pour la suite des événements, Fabrice demanda :
– Tu sais ce que ta tante est en train de préparer ?
– Un rituel de purification.
– Mais encore…

Son ami lui fit signe de le suivre dans l’escalier. Ils montèrent dans sa chambre sous le toit, puis Corentin lui donna une feuille couverte de symboles bizarres.
– J’ai aidé à préparer des glyphes et, même si je n’y ai rien compris, c’était marrant à faire.
– Ce rituel, c’est juste dessiner des lettres bizarres ?
– Non, il y a tout un truc avec des énergies et les courants astraux. Mais je ne connais absolument rien à ces trucs-là.

Fabrice soupira, il n’était guère avancé avec ces explications lacunaires. Il voulait néanmoins faire confiance à Corentin. Devinant sa nervosité, celui-ci engagea la conversation sur un tout autre sujet :
– Tu viens tous les jours en moto ?
– Oui, je n’habite pas très loin du lycée, mais c’est super galère avec les bus. Et puis, je ne conduis pas vraiment une moto.

Devant l’air étonné de son ami, l’adolescent expliqua les différences entre les motos et son véhicule qui n’était doté que d’un moteur de cent-vingt-cinq centimètres cubes. Durant les dernières minutes d’attente, il s’efforça de réprimer son appréhension. Quand, finalement, Évelyne les appela du salon, il bondit ses pieds et dévala l’escalier jusqu’au salon.

vendredi 3 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 8

Dans le calme retrouvé, Corentin demanda :
– Et ta mémoire, elle est revenue ?
– Non, c’est comme si je n’avais jamais connu Gwenaëlle.

Mis mal à l’aise par cet aveu, Fabrice changea de sujet :
– Parle-moi d’elle.
– De Gwen ?
– Oui.

Comme à chaque fois qu’il devait s’exprimer à propos de son amie, l’adolescent se tut. Ses yeux clairs balayèrent le paysage, puis se fixèrent sur la pâtisserie qu’il tenait à la main. Habitué à ce comportement, son compagnon attendit qu’il ait grignoté la moitié de son cookie. En fin de compte, ses réflexions aboutirent et il commença à raconter :
– C’est à partir de la sixième que Gwen et moi sommes devenus très amis. À partir du jour de la rentrée pour être précis. Je m’étais perdu dans les couloirs du collège, alors je suis arrivé très en retard dans ma classe.

Compte tenu du tempérament de Corentin, cette situation n’avait rien de surprenant. Fabrice s’abstint néanmoins d’en faire la remarque et le laissa continuer son récit.
– Le professeur principal m’a demandé de me présenter au tableau, devant tous les élèves. Sauf que j’étais tellement stressé que je n’arrivais pas à parler.
– Gwenaëlle est intervenue ?
– Oui. Elle était au premier rang et m’a soufflé toute ma présentation.

Durant le reste du trajet jusqu’au pavillon, Fabrice ne dit rien. Cette anecdote avait renforcé son impression de s’immiscer dans une relation à la fois ancienne et sincère. Le simulacre d’affection qui existait entre lui et Gwenaëlle ressemblait à une copie terne de ce sentiment. Il culpabilisait de se placer en obstacle entre son ami et la fille dont il était visiblement amoureux. Pourtant, Corentin ne manifestait aucune jalousie à son égard.

Après une vingtaine de minutes de marche silencieuse, ils atteignirent la rue Courteline, puis traversèrent le jardin de la maison. Quand ils furent devant la porte, l’adolescent s’arrêta.
– Tant que j’y pense.
– Quoi ?

Il fit glisser les bretelles de son sac afin d’accéder à son contenu, puis tira une liasse de feuilles pliées en quatre de l’un des poches.
– C’est la liste des élèves appartenant aux classes qui se sont rendues sur le terrain de basket hier matin. Peut-être que l’un des noms te dira quelque chose.

Corentin prit les papiers et les rangea dans son blouson, puis ils franchirent la porte.

jeudi 2 septembre 2010

Des daims de surveillance. Je les déteste.


Aujourd'hui, l'humble chauve souris que je suis ne va pas vous parler d'un livre. Non. Plutôt d'un film, en fait.


Attention les yeux, ça va piquer.


Tadada dada!


Gentlemen Broncos est projeté dans un seul cinéma à Paris. N'écoutant que mon courage (et l'atroce bande annonce de ce film) je suis allé payer ma place (tarif étudiant, merci!) et profiter du spectacle.

Je l'ai regretté très vite. Mes yeux ont fondu, j'étais atterré. Mon esprit vacillait entre l'ahurissement total et le black out violent.


Ce film est un navet.

Ce film a été conçu comme un navet.

Ce film est une bouse magnifique!

Je dis ça, et pourtant, je suis très loin d'aimer les navets. J'ai souffert dans ma petite enfance de séries Z et de films cheap, donc les navets, habituellement, je dis non, spas possible.

Mais là, la bande annonce était juste trop magnifique!


Tous les personnages sont cheaps. Le pire, c'est que ce n'est pas mal joué (l'acteur qui joue Bronco est Sam Rockwell, le président de la galaxie de H2G2! Si c'est pas une référence, ça...).

De plus, contrairement à ce que tout laisse penser... il y a un sacré budget pour ce film. Il suffit juste de regarder la bande originale!


Soyons sérieux deux minutes. Ce film est bien entendu une critique ouverte pour tous les auteurs de Sci Fi cheap, leurs adaptations en film, l'engouement pour des livres au scénario improbable et aux personnages caricaturaux. Les effets spéciaux ont été réalisé par le studio The Asylum, papa de nanards sublimes, dont le principe est de reprendre des blockbuster et d'en faire... des nanards. Encore une critique.


Petit résumé (honteusement tiré d'Allociné, oui, c'est mal): Benjamin, 17 ans, n’a pas d’autre atout que son imagination débridée. Il adore écrire des histoires qui l’entraînent loin de sa petite vie morne. Quand il apprend que son idole, le légendaire auteur de science-fiction Ronald Chevalier, donnera un cours au Cletus Festival, il y voit la chance de sa vie. Il emporte son meilleur manuscrit, "Yeast Lords : The Bronco Years" et part à la rencontre de son destin.

Sur place, Benjamin fait la connaissance d’autres originaux comme lui, dont la jeune romancière Tabatha, et Lonnie, un cinéaste adolescent qui a déjà plus de 80 "films" à son actif.
Ces rencontres vont changer la vie du jeune homme : Lonnie lui achète son roman pour en faire un long métrage à budget minuscule, et le célébrissime Ronald Chevalier est tellement impressionné par son travail qu’il n’hésite pas à lui voler son manuscrit pour le publier sous son nom…
L’histoire de Bronco se raconte alors selon trois points de vue : le roman original de Benjamin, la version "bâtarde" de Chevalier et la version "cinéma" de Lonnie. Ces trois visions rendent un hommage très spécial au monde des films de science-fiction cultes tout en racontant l’histoire à peine moins incroyable de leurs trois auteurs…


Je recommande Gentlemen Broncos pour qui n'a pas peur de souffrir, qui veut rigoler pendant une bonne heure et demi et ressortir du cinéma en faisant attention aux daims de guerres qui sont partout!


Pour la petite information, oui, j'ai été traumatisé par ce film. Oui, je vais aller le revoir. Je vous laisse, au plaisir de vous revoir!

Jean Charles, ninja aux graves troubles filmographiques.

mercredi 1 septembre 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 7

Après s’être procuré des sandwiches dans une boulangerie en chemin, ils décidèrent de passer devant le pensionnat Notre-Dame. Il leur restait presque une heure et demie à attendre qu’Évelyne s’occupe du cas de Fabrice et il ne tenait pas à la passer enfermé dans le pavillon.
– Je suis passé par là, dit-il en désignant le mur qu’il avait escaladé l’avant-veille.
– Comment tu as fait ? C’est vraiment haut.

L’adolescent haussa les épaules, puis poursuivit le récit de son aventure :
– Grâce aux indications que tu m’avais données, j’ai trouvé la chambre de Gwenaëlle. Sa copine Émilie m’a ouvert. Elles étaient cinq à l’intérieur dont une que je connaissais au collège : Anne-So. Les deux autres s’appellent Aude et Laure.

De l’autre côté du mur montait le brouhaha de dizaines de discussions et de jeux d’enfant. Il hésita un instant, les yeux baissés sur le trottoir afin de ne pas se laisser distraire.
– Non. En fait, c’est Audrey et Laurie. Elles se ressemblent beaucoup, comme un genre de jumelles.
– Qu’est-ce que toutes ces filles faisaient avec Gwen ?
– Aucune idée. Elles ont essayé de me faire croire qu’elles bavardaient, mais elles n’avaient pas l’air d’être franches.

Puisant dans ses souvenirs, Fabrice retrouva une information qui lui sembla intéressante.
– Elles font toutes les cinq parti d’un cours d’histoire. Un peu comme une option pour apprendre plus de choses dans une matière spécifique, on doit en choisir en terminale.
– Sauf que Gwen n’est pas en terminale et Émilie non plus.
– Exact, c’est un peu bizarre cette histoire de cours d’approfondissement en histoire. Elles sont toutes dans les sections différentes, alors elles n’étudient pas les mêmes époques.

Le temps que dura cette conversation, les deux adolescents avaient dépassé l’enceinte du pensionnat. Les hauts bâtiments de briques disparurent derrière les immeubles bas qui occupaient le reste de la rue et bruit de la cour de récréation s’atténua.

lundi 30 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 6

Le lendemain matin, il quitta la maison silencieuse pour prendre sa moto. Bien qu’il ait modifié l’heure de son réveil en lui ajoutant dix minutes, il était en retard de presque un quart d’heure. Il enfila son vieux casque et ses gants, puis démarra en trombe.

Afin de rattraper le temps perdu, il se faufila entre les voitures dans les embouteillages. Ce comportement exaspérait les automobilistes, mais il réussit à entrer dans le parking du lycée quelques minutes avant le début des cours.

Comme souvent, il fut le dernier à arriver en classe. Heureusement, son professeur de mathématique ne lui en tint pas rigueur. Monsieur Joly savait faire de preuve de patience envers ses élèves, même si, comme Fabrice, ils affichaient une attitude désinvolte en contradiction avec des résultats brillants.

Les deux heures de mathématiques passèrent plus rapidement que celles d’histoire et de philosophie. Dans ces deux matières, l’adolescent se taillait une réputation de fauteur de troubles agité et moqueur. Sa dernière pique à l’attention de Kant lui valut d’ailleurs de se faire mettre à la porte.

S’il n’avait pas dû attendre que Corentin termine ses cours de la matinée, il serait volontiers rentré chez lui. Au lieu de cela, il s’installa sur un banc de béton d’où il pouvait surveiller l’ensemble de la cour du lycée.

Ses appréhensions concernant son rendez-vous avec la tante de son ami refirent surface. Il ignorait ce qu’il avait voulu dire en parlant d’envoûtement ou de malédiction. La connotation maléfique de ces deux termes l’amenait à se demander s’il ne s’agissait pas d’une mauvaise blague. Il était cependant résolu à continuer toute cette histoire jusqu’à ce qu’il obtienne une explication valable pour son amnésie.

Quand la sonnerie retentit dans les bâtiments, les lycéens se précipitèrent dehors. Comme à son habitude, Corentin traversait tranquillement la bousculade. Il discutait avec un garçon de son âge et ne prêtait aucune attention à la foule autour de lui. Arrivé en bas des escaliers, il salua son copain et se dirigea vers Fabrice.
– Tu vas bien ?

L’adolescent hocha la tête et proposa :
– On va directement chez ta tante ou on prend des sandwiches avant ?
– Elle doit être en consultation toute la matinée. Je pense qu’il faudra acheter à manger.
– OK.

Ils patientèrent encore cinq minutes dans la cour, puis quittèrent le lycée déserté.

vendredi 27 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 5

La pagaille qu’il avait laissée tout à l’heure se rappela à son bon souvenir quand il voulut s’allonger sur son lit pour lire. Il hésita à transférer le tas de feuilles sur son bureau, mais celui-ci en était déjà recouvert. Avec un soupir, il rassembla tous les papiers et les livres qui traînaient, puis il entreprit de les trier.

Entre les cours de mathématiques qu’il suivait actuellement au lycée et ceux qui provenaient de livres empruntés à la bibliothèque, il avait l’intégralité des sujets abordés durant l’année de terminale. Afin de trouver ses problèmes plus consistants, il était à présent obligé de se tourner vers les programmes de math sup. Les annales du bac ne présentaient que la reproduction d’exercices type avec de légères variations.

À la fin de sa séance de ménage, son bureau était impeccable. Par effet de contraste, le reste de sa chambre paraissait avoir été ravagé par une tornade. Plusieurs strates de vêtements sales ou froissés recouvraient le fauteuil qui occupait l’un des coins de la pièce. Des boules de papiers ou des emballages de chewing-gum à la menthe jonchaient le sol autour d’une corbeille au bord de l’indigestion. Depuis la veille, la radio gisait en morceau sur l’étagère, victime d’une curiosité éphémère pour son fonctionnement.

En prévision de sa visite du lendemain, il s’assura que les habits qu’il devait rendre à Corentin se trouvaient toujours dans son sac. Au milieu de ses affaires de lycéen, il tomba sur son paquet de cigarettes. Les gouttes de pluie qu’il apercevait sur sa vitre le découragèrent de sortir en fumer une.

Il ôta ses chaussures et s’assit en tailleur sur son lit, un livre sur la physique atomique posé sur les tibias. Les premières pages consacrées à structure des atomes faisaient l’objet d’un chapitre de son livre de cours, il le passa pour s’attaquer à des sujets plus complexes avant d’aller se coucher.

mercredi 25 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 4

Lorsque sa mère l’appela du bas de l’escalier, Fabrice était toujours partagé entre l’appréhension et la curiosité. De toute manière, il avait accepté de se rendre chez Corentin le lendemain. Il aurait aimé avoir plus de temps pour s’y préparer, mais la perspective de découvrir le fin mot de l’histoire le remplissait d’excitation.

Il prit appui sur ses bras, puis se redressa brusquement. Son mouvement dérangea les affaires posées au pied du lit. La pile de livres s’affaissa sur la paire de baskets délabrées qu’il utilisait pour faire de l’escalade. Elle rencontra ensuite son porte-clés orné d’anneaux de cannettes qu’elle ensevelit sous des cours de mathématiques.

L’adolescent ramassa les feuilles éparpillées pour les poser sur son lit. La voix de sa mère résonna une nouvelle fois à l’étage inférieur. Après un regard au désordre familier de sa chambre, il sortit et dévala l’escalier avant qu’elle ne perde patience.

Sur la table de la cuisine, deux assiettes de soupe refroidissaient.
– Papa ne rentre pas ce soir ?
– Si, mais il a une réunion très tard.

Fabrice haussa les épaules, à la fois soulagé et déçu. Il avala son dîner sans décrocher un mot en dépit des regards inquiets que lui lançait sa mère. Une fois leur repas terminé, il mit les couverts et les assiettes dans le lave-vaisselle.

Il s’apprêtait à remonter dans sa chambre quand une question l’arrêta.
– Tu as une petite amie, en ce moment ?
– Qu’est-ce qui te fait dire ça ? répliqua-t-il sur la défensive.
– Je suis ta mère, je peux deviner ce genre de chose.

La futilité de cet argument lui arracha un sourire ironique. Il ne prit pas la peine de répondre et gravit les marches quatre à quatre.

lundi 23 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 3

Dès que la porte fut refermée, l’adolescent se laissa tomber à plat ventre sur son lit. Il ne comprenait rien à toutes ces histoires de runes, d’envoutement et d’exorcisme. Tout ce qu’il désirait, c’était poursuivre son existence normale, avec ses copains, sa moto et, éventuellement, une petite amie.

Cette réflexion ramena avec elle des souvenirs de son intrusion au pensionnat bien plus précis que ceux qu’il avait confiés à Corentin. Tout d’abord, les cinq filles qu’il y avait rencontrées entretenaient un goût pour le mystère supérieur à ses attentes. Quant à Gwenaëlle, la froideur dont elle avait fait preuve à son égard ne lui donnait aucun indice concernant l’état de leur relation avant la disparition de ses souvenirs.

Plus que son amnésie, c’était le comportement étrange de son nouvel ami qui l’intriguait. Avec ses grands yeux clairs, sa silhouette toute en longueur et son comportement lunaire, l’adolescent semblait tomber du ciel. La manière décontractée dont il abordait les problèmes surnaturels avait quelque chose de fascinant ; ils donnaient l’impression de faire partie de son quotidien depuis toujours.

Fabrice n’aurait jamais pensé que la magie pouvait se loger dans des détails aussi insignifiants que des graffitis ou des trous de mémoire. Bien que sa première confrontation ait manqué d’effets pyrotechniques, la présence du grimoire et celle du seau d’eau bénite lui conféraient une aura d’étrangeté plutôt rassurante. À présent, il en venait à guetter autour de lui des traces infimes de magie, comme de minuscules fêlures dans la vitre de la réalité.

Il se prit à espérer qu’Évelyne possède une formule grâce à laquelle son existence redeviendrait normale, identique à ce qu’elle était avant sa rencontre avec Gwenaëlle. Pourtant, il doutait que les choses soient aussi simples. Il ne sentait pas prêt à être confronté à davantage d’événements pour lesquels son esprit rationnel échouait à trouver des explications.

vendredi 20 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 2

Après un long silence, son interlocuteur changea de sujet :
– Tu as réussi à voir Gwen ?
– Oui.

Ce brusque écart dans la conversation obligea Fabrice à rassembler ses souvenirs de la veille, lorsqu’il s’était rendu au pensionnat Notre-Dame.
– Elle partage la chambre avec une fille qui s’appelle Émilie et dont ta tante avait parlé. Je n’ai pas pu parler avec Gwen, toutes ses copines étaient avec elle.
– Tu n’as rien remarqué de bizarre ?
– Pas spécialement, elles avaient peur que je me fasse choper.
– Et ?
– Et heureusement que je cours vite…
– Tu as failli te faire prendre !

Après cette exclamation, Corentin demeura silencieux, comme s’il attendait davantage d’explications. Cependant, l’adolescent n’avait pas envie de revenir sur sa fuite du pensionnat et la conversation retomba à nouveau. Mal à l’aise, il proposa :
– Ça serait plus facile si on en discutait demain au lycée.
– OK. Il y a juste un truc que je dois te dire avant.

Le ton de son interlocuteur suggérait l’importance du truc en question. Fabrice attendit qu’il le révèle, mais un léger bruit de déplacement et de paroles remplissait le combiné.
– Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il.

La voix de son ami finit par lui répondre :
– C’était ma tante, elle voulait savoir si tu peux venir mercredi après-midi.
– Demain.
– Oui, à partir de quatorze heures.
– Pourquoi faire ?
– Vérifier si tu n’as pas été victime d’une malédiction, ou d’un autre truc du style envoutement. Ça expliquerait le coup de l’exorcisme.

Sous l’effet de la stupeur, Fabrice resta bouche bée. Apercevant quelqu’un dans le couloir, il se hâta de mettre un terme à cette discussion avant qu’elle ne devienne trop ésotérique.
– C’est parfait. On se voit demain après les cours. J’en profiterai pour te rendre tes vêtements.

Il lui souhaita une bonne soirée, puis raccrocha sous le regard intrigué de sa mère. Cette dernière haussa un sourcil interrogateur, mais n’insista pas, de peur de voir son fils se braquer. Toujours déstabilisé par l’étrange proposition de Corentin, il se hâta de remonter dans sa chambre afin d’y réfléchir au calme.

mercredi 18 août 2010

To the Batmobile, let's go!

Encore un passage éclair de chauve-souris ninja.

En fouillant dans la pile de mes livres, je suis retombé sur Perdido Street Station, un de mes coups de cœur de 2007.

Par coup de cœur, j'entends parler d'un roman qui a chamboulé ma vision des livres. Il m'arrive de temps en temps de tomber sur de très bons ouvrages, et qui, malgré quelques faiblesses, se transforment en véritables petites merveilles sous mes yeux. Ce fut le cas avec Perdido.

L'univers en lui même était assez inhabituel pour moi, lecteur assidu de Sci-Fi et de Fantasy. Voilà un roman Steam-Punk. Un vrai, un pur, un dur. Dedans se croisent allègrement magie, thaumaturgie, mécanique quantique et hybridations folles. Nouvelle-Crobuzon est une ville monstre dans laquelle les espèces se mêlent avec plus ou moins de joie. Où le moindre crime est puni par une sanction qui transforme l'être plus profondément dans sa chair qu'aucune prison ne pourra jamais en rêver.

L'histoire se résume à un mot : « voler ». Une joyeuse bande de rufians poètes et de savants fous, d'hommes oiseaux et de femmes insectes se font un devoir de faire voler ce qui en est incapable. Et déclencher ainsi une des plus grosses catastrophes que la ville ait jamais connu.

En deux tomes, Perdido Street Station, de China Miéville, est dur à lire. Je ne cache pas qu'il est loin d'être simple. L'histoire est très prenante, mais souffre de quelques longueurs. Isaac Dan der Grimnebulin, notre héros obèse, se passionne pour la théorie de la Crise, et l'auteur nous le fait bien comprendre en nous exposant la dite théorie. Bien que la mécanique quantique ne me fasse plus trop peur, j'ai dû lutter pour arriver à saisir tous les concepts (qui me semblent un peu fumeux quand même...)

Les intrigues sont rondement menées, et tiennent en haleine, les personnages attachants, malgré, ou grâce à leur étrangeté. La science et l'horreur s'entremêlent doucement pour vous servir un roman de qualité, que vous pouvez poursuivre dans une autre partie du monde de Nouvelle-Crobuzon avec les Scarifiés. Ces livres sont disponibles en poche, ce qui fait du bien au porte-monnaie!

Sur ce, je vous abandonne, et m'en retourne errer sur la Toile.

(L'image est l'illustration utilisée pour les couvertures de l'édition poche française.)

lundi 16 août 2010

Chapitre 7 de Limonade - Episode 1

Lorsque la quatrième sonnerie résonna dans le combiné, Fabrice perdit espoir. Sa recherche dans l’annuaire téléphonique se soldait par un échec bien qu’il se soit souvenu que Corentin vivait chez une voyante prénommée Évelyne. Le numéro qu’il venait de composer était de dernier de sa liste et ses trois précédentes tentatives n’avaient pas abouti.
– Allo ?

Une voix juvénile remplaça la cinquième sonnerie, ce qui était bon signe.
– Bonsoir, répondit-il. Excusez-moi de vous déranger, mais pourrais-je parler à Corentin ?
– C’est moi.

Cette réponse lui ôta un poids, il détestait les longues minutes d’attente où il ne savait que dire. Comme un lourd silence s’installait à l’autre bout de la ligne, il amorça la conversation :
– C’est Fabrice. J’ai lu ce que tu as écrit sur les runes.
– Tu as compris le truc ?
– Plus ou moins, mais on sait pourquoi la personne qui les a mises ici est venue les effacer.
– Parce qu’elle ne voulait pas que je tombe sur sa signature ?
– Oui. Et vu que ce terrain est surtout utilisé par les élèves du lycée, je me suis dit que ce doit être un élève qui a dessiné ces runes.

Il poursuivit :
– Comme les runes ont été effacées entre hier midi et ce matin, je suis allé au bureau de la vie scolaire pour regarder les emplois du temps.
– Ils t’ont laissé faire ?
– J’ai raconté que j’avais oublié mon casque de moto sur le terrain. Ça a marché impec.
– Ah.

Assis sur la première marche de l’escalier, l’adolescent sortit une liste de sa poche. Il coinça le combiné contre son épaule afin de pouvoir déplier la feuille. Le cordon du téléphone lui passait devant le visage, mais il l’ignora et lut :
– Les premières L1 et S3 sont allées sur le terrain, il y avait aussi les secondes G5.
– Ça va nous faire du monde à suspecter.
Un rapide calcul lui permit d’évaluer le nombre d’élèves susceptibles de s’adonner à la magie runique.
– Au total, ils sont soixante-sept.

vendredi 13 août 2010

Déjà le quart !

En général, je calcule toujours l’avancée de Limonade à partir du chapitre en cours (actuellement, le chapitre 8). Pourtant, avec la fin du chapitre 6, j’ai découvert que j’avais atteint de premier quart du roman. Eh oui, je n’écris pas (seulement) à l’instinct ! Derrière mes chapitres, il y a des tas de choses comme un plan général de l’intrigue, des fiches/listes de personnages et même un synopsis détaillé.

Lorsque je sais dans quelle direction je vais, c’est plus facile de ne pas se perdre dans des détails pour les parties importantes, ou au contraire de savoir quand délayer sur les moments plus tranquilles. J’ai lu une (très bonne) explication du phénomène sur un blog où l’auteur parlait de « syndrome du Nutella ». Ca devait être celui de Paul (Tonton) Beorn, si mes souvenirs sont exacts.

Donc tout ça pour dire qu’il n’y a pas à s’inquiéter, Limonade ne va pas virer « roman à rallonge ». Une vraie intrigue, avec tous les rebondissements qui vont bien, se profile à l’horizon 2012. Promis, je finirai Limonade avant la fin du monde, ça serait idiot de laisser le suspens dans de telles circonstances.

mercredi 11 août 2010

Les démons de Paris


Je ne me souviens plus de la manière dont j'ai entendu parler de ce livre, mais cela devait être en bien. En effet, j'ai très vite fait le projet de me le procurer, même s’il m’a fallu attendre les Futuriales d’Aulnay-sous-Bois en juin. J’ai néanmoins profité de ce festival pour obtenir une chouette dédicace de la part de l’auteur : Jean-Philippe Depotte.

Dès que « Les démons de Paris » sont entrés en ma possession, j’avais déjà un à priori très positif sur ce livre. J’adore les romans qui mélangent aventure et enquête dans un contexte historique, surtout quand il y a une bonne dose de fantastique. Celui-ci ne m’a pas déçue avec son intrigue mêlant nécromancien (un prêtre qui parle au mort) et démonologie (un caïd parisien démon). De plus, le contexte est extrêmement documenté et politiquement très riche.

Pour autant, il s’agit vraiment d’un roman d’aventures. Les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné, à la fois dans le monde des morts et dans celui des vivants, jusqu’à un gigantesque dénouement dans le métro parisien.

Une fois de plus, je ne vais pas citer la quatrième de couverture et me plier moi-même à l’exercice.

« La vie de Joseph Stirbling est toute tracée : il sera prêtre et continuera d’exercer son observation à la morgue de l’Hôtel de Ville. En effet, le jeune homme dispose d’un talent très particulier : il peut entendre les morts et aussi leur parler afin de guider leurs premiers dans l’au-delà. Il ignore cependant que ce don fait de lui un implexe et un sujet d’inquiétude pour le gouvernement.

Son attachement pour Lucille Bienvenüe, la fille du créateur du métropolitain, pourrait faire vaciller ses certitudes concernant son avenir. À moins qu’Eloïs, le frère jumeau de celle-ci, récemment engagé dans le ministère aux Affaires implexes ne lui complique la tâche et que ses observations sur le monde des morts ne l’emmènent sur des chemins périlleux. »

En dépit d’une fin que j’ai trouvée légèrement décevante, ce roman est l’un de mes coups de cœur de l’année 2010.

lundi 9 août 2010

Chapitre 6 de Limonade - The end

Le plus long chapitre écrit à ce jour vient d'être terminé. Pour rejoindre le premier des quatorze épisodes, c'est .

Comme d'habitude, le chapitre suivant commencera après une pause de quelques jours. A moins qu'une chauve-souris ninja ne prenne, une fois de plus, possession du blog. En tout cas, j'ai déjà rédigé mon chapitre 7, donc pas d'inquiétude, il arrivera dans des délais raisonnables.

vendredi 6 août 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 14

Le temps que Corentin termine de décrire à sa tante le rituel d’exorcisme ainsi que ses fâcheuses conséquences, le thé dans leurs tasses était devenu tiède. Évelyne en but la moitié, puis elle fixa son neveu avec une gravité.
— Tu es sûr que c’est ton exorcisme qui a rendu ton ami amnésique ?

L’adolescent hocha la tête, une expression de culpabilité inscrite sur le visage.
— Ce n’est absolument pas logique. Le sortilège que tu as utilisé n’a aucun effet sur les personnes, hormis celle de les délivrer des maléfices.
— Tu peux quand même l’annuler ?
— Non. Je ne suis même pas capable de lancer ce sort, alors l’annuler…

Une vive déception se joignit à la culpabilité de Corentin. Afin de le rassurer, sa tante changea de sujet :
— Je ne suis pas très surprise que tu sois mis à la magie. Tu as toujours eu un don pour ce genre de choses et je pensais que, tôt ou tard, tu l’exploiterais.
— Mais pas en faisant du mal autour de moi.
— À mon avis, tu n’as pas causé de tort à Fabrice.

Cette phrase le poussa à relever la tête, le regard soudain allumé d’une lueur d’intérêt. Le sourire d’Évelyne derrière le bord de sa tasse reflétait sa confiance.
— Bois ton thé avant qu’il ne refroidisse. Je t’expliquerai ma théorie ensuite.

L’adolescent vida sa tasse en clin d’œil, puis fixa sa tante avec impatience.
— Alors ?
— Je pense que ton ami était victime d’un sortilège et que ton exorcisme l’en a libéré.
— Comment ça ?
— Je l’ignore, mais peut-être que quelqu’un dans son entourage lui a lancé un mauvais sort. En disparaissant, il a probablement effacé les souvenirs qui s’y rattachaient.

Avant que Corentin n’ait le temps de peser ces paroles, la sonnerie du téléphone retentit à l’étage. Il se précipita dans le couloir, puis gravit l’escalier à toute allure.

Quand il eut passé la porte, Évelyne finit sa boisson en murmurant :
— Mon cher petit, dans quel pétrin es-tu allé te fourrer ? Si je te disais la vérité, tu ne serais sans doute pas prêt à l’entendre.

mercredi 4 août 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 13

Il ouvrit la fermeture éclair de son sac et le vida sur son bureau. Les livres et les cahiers se répandirent sur la planche de bois, accompagné de stylos oubliés ainsi que des morceaux d’une règle et de boulettes jaunâtres pleines de saleté. Il en ramassa une et, après l’avoir malaxée entre ses doigts, reconnut la texture souple de la pâte fluorescente.

Satisfait de sa trouvaille, il décolla les morceaux de pâte collés à ses livres et récupéra ceux qui trainaient encore au fond de son sac. Il les nettoya, puis reconstitua de nouvelles étoiles qu’il fixa au plafond au-dessus de son lit.

Pour finir, il transforma le dernier bout de pâte en un croissant de lune qu’il accrocha avec les étoiles fluorescentes. Il était encore debout sur son lit quand la porte d’entrée claqua.
— Ma cliente est partie, hurla sa tante en bas de l’escalier.

Corentin ne se le fit pas dire deux fois. Il sauta de son lit, puis rejoignit Évelyne au rez-de-chaussée. Il n’avait toujours pas trouvé de quelle manière aborder le sujet de l’exorcisme, mais il n’avait plus l’intention de reculer.

Le gargouillement de l’eau en train de bouillir salua son entrée dans la cuisine. Le nez dans les placards, sa tante demanda :
— Tu voudras du thé ?

Contrairement à son habitude, l’adolescent accepta. Il prit deux tasses qui séchaient au bord de l’évier et les posa sur la table.
— Alors ta journée ? demanda-t-elle en versant le liquide bouillant dans une théière d’où dépassait l’étiquette de papier coloré de l’infusette.
— Ça allait.

Il se tut et rassembla son courage pour continuer :
— J’ai une question à te poser.

lundi 2 août 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 12

Il monta dans le premier bus de ville en direction d'Alma. À cause de l’affluence, il s’accrocha aux poignées pour conserver son équilibre. Tassé contre les autres passagers qui oscillaient selon les virages, il laissa ses pensées dériver.

La promesse qu’il s’était faite de questionner sa tante à propos des effets indésirables de son exorcisme lui revint en mémoire. La perspective de devoir justifier cet acte qu’il considérait désormais comme exceptionnellement stupide suffit à doucher son enthousiasme.

Il résolut néanmoins d’aborder le sujet dès son retour. S’il attendait davantage, il passerait la soirée à ruminer dans son coin pour, finalement, regretter son silence lorsqu’il recroiserait Fabrice au lycée.

Corentin mit à profit les dernières minutes du trajet pour remettre ses souvenirs en ordre. Bien que cela ne fasse qu’une semaine qu’il avait arrosé Fabrice d’un seau d’eau bénite, de nombreux événements s’étaient déroulés entre-temps.

D’abord, il avait revu Gwenaëlle telle qu’il l’a connaissait les années précédentes : énergique, volontaire et dotée d’un redoutable sens de la répartie. Ensuite, il avait découvert les runes sur le panier de basket, puis leur disparition. Il devait aussi prendre en compte les conséquences de l’exorcisme qu’il avait imposé à Fabrice, à savoir son amnésie concernant sa relation avec Gwen.

L’enchaînement de phénomènes étranges suscitait chez lui un maelstrom de sentiments contradictoires. Le décor familier de la rue de Courteline le sortit de son introspection. Il joua des coudes dans la foule pour s’approcher des portes et descendit le premier.

Le trajet pour regagner le domicile de sa tante ne lui prit guère plus de cinq minutes. Lorsqu’il arriva devant le portail grinçant, les rideaux tirés du salon l’informèrent qu’Évelyne était encore en consultation.

Il se fit donc le plus discret possible afin de ne pas perturber la séance et monta immédiatement dans sa chambre.

vendredi 30 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 11

À la fin de la pause du midi, Corentin se rendit à son second cours d’histoire de la journée. Madame Floumeule poursuivit son cours sur les prémisses de la chrétienté et la chute de l’Empire romain. Les descriptions, particulièrement macabres, des supplices auxquels furent soumis les martyrs éveillèrent la curiosité d’une large partie de la classe.

L’animation dura jusqu’à la fin du cours, mais le sujet fut repris par les élèves entre eux pendant le trajet vers les cours de français. Un garçon, dont le prénom échappait à l’adolescent, lui demanda son avis sur les jeux du cirque.

Surpris qu’un de ses camarades s’intéresse à lui, il eut du mal à trouver ses mots :
— C’était quelque chose de vraiment terrible pour les gens. Je veux dire, ils sont morts d’une façon vraiment horrible.
— Oui, comme Saint-Félix. Pendu à l’envers, torturé plusieurs jours et, pour finir, décapité.
— D’un autre côté, je pense que les persécutions les ont aidés à se rendre populaires.

Cette remarque déclencha l’incompréhension du garçon. Celui-ci sembla néanmoins le trouver sympathique, car il s’assit à côté de lui au cours suivant et, quand leur professeur de français fit l’appel, il découvrit qu’il se prénommait Aurélien.

La compagnie de ce nouveau voisin réduisit l’impression que le temps s’étirait à l’infini durant les cours de Marie-Louise Guimbert. Aurélien avait la capacité de trouver des détails amusants dans les textes qu’ils étudiaient, ou dans l’intitulé des exercices.

Cette journée au lycée se termina sur une note bien plus optimiste que la veille, même si le mystère entourant les runes du panier de basket s’était grandement épaissi. Pressé de regagner le domicile de sa tante et de consulter ses messages électroniques, Corentin déclina la proposition d’attendre le bus d’Aurélien en sa compagnie.

mercredi 28 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 10

Il quitta la salle de cours pour se rendre à la cantine. Une fois de plus, il déjeuna seul, perdu dans ses pensées. La couleur jaune du riz qui accompagnait un rectangle de poisson ne parvenait pas à faire oublier son absence de saveur. Seule la crème au chocolat releva le niveau du repas, mais elle laissa l’adolescent sur sa faim. Même en vidant consciencieusement son assiette, il trouvait les portions scolaires trop réduites.

Avant de se lever, il avisa la longueur de la queue qui s’étendait derrière les rails métalliques du self. Il était inutile d’espérer obtenir un supplément de nourriture comme c’était le cas à la fin du service.

Résigné à ce que son estomac gronde dès trois heures de l’après-midi, il emporta son plateau vers le service. En chemin, il manqua d’être percuté par un groupe d’élèves de terminale. Par réflexe, il allait s’excuser lorsqu’il vit que Fabrice faisait partie de la bande.
— Tu as deux minutes ? lui demanda-t-il.
— Seulement si c’est important, dit-il en jetant un regard en coin à ses copains.
— C’est sur les runes.

Un sourire sans joie apparut sur les lèvres de Fabrice, puis il se retourna vers le groupe.
— Je vous rejoins dans deux minutes. Alors, ne restez pas plantés là comme des idiots.

La bande s’éloigna à la recherche d’une table assez grande pour les accueillir. Corentin en profita pour appuyer son plateau contre le mur et tenter d’accéder à son sac. Son compagnon saisit le plateau qui menaçait de tomber et demanda à voix basse :
— Qu’est-ce que tu as à me dire sur les runes ?
— Tout est là-dedans, répondit-il en lui donnant le mot rédigé en cours de mathématique.

Il récupéra ensuite son plateau pour l’apporter au nettoyage tandis que Fabrice rejoignait son groupe de copains.

lundi 26 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 9

Au lieu de recopier la correction des exercices, l’adolescent préféra écrire un résumé de ses découvertes sur les runes à l’attention de Fabrice. Sans entrer dans les détails sur la manière dont il l’avait découvert, il donna une description succincte du forum de magie wiccante. Il aborda ensuite les enchantements à base de runes et la signature qui devait y être associée.

Le temps que Corentin termine ses explications, son professeur de mathématique avait repris sa place. Le cours proprement dit débuta et, bien qu’il ait consacré plus d’une heure la veille aux équations, il ne réussit pas à s’accrocher. Dès les premières lignes, son esprit dériva et fut absorbé par des réflexions sur les événements des jours précédents.

Au fur et à mesure que sa sensibilité pour la magie augmentait, il réalisait l’étendue de son ignorance. En dépit de la soirée passée sur Internet, il n’avait pas l’impression de connaître quoi que ce soit aux croyances wiccantes.

S’il désirait vraiment aider Gwenaëlle, il devrait se mettre à étudier avec sérieux les différentes formes de magie qui avaient pu retenir l’intérêt de son ami. Face à ses inquiétudes pour la jeune fille, les préoccupations scolaires de ses parents ne pesaient pas grand-chose.

Lorsque le cours toucha à sa fin, l’adolescent regarda avec dépit la page où il avait noté quelques bribes de la leçon. Il manquait la moitié des explications de monsieur Joly, ce qui l’obligerait à réviser à partir de son livre.

En triant les feuilles volantes, il eut la surprise de retomber sur les édifices cristallins qu’il avait dessinés la veille. L’espace d’un instant, il crut distinguer l’esquisse d’une silhouette perdue entre les bases des tours. Cette image s’évanouit aussitôt, remplacée par une impression d’inachevée.

Corentin effleura l’endroit où aurait dû se trouver le prisonnier de ce décor de cristal. La fine poudre de graphite s’accrocha à ses doigts, puis il remit le dessin dans son cahier et rangea le tout dans son sac à dos.

vendredi 23 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 8

Corentin poursuivit ses recherches, en vain. Il s’apprêtait à abandonner pour retourner au lycée quand son compagnon demanda d’un ton suspicieux :
— Tu savais que c’était des runes ?

Cette question le surprit, puis il réalisa que Fabrice ignorait tout du forum sur lequel il avait passé sa soirée. Ses pensées passèrent du jardin de Ceridwen, à ses exercices de mathématiques, puis finir sur les cours qui allaient reprendre très bientôt. Il s’exclama :
— Il faut que j’aille en maths !

Sans prendre le temps de répondre à son ami, il tourna les talons et repartit en direction du lycée. Inquiet à l’idée d’être signalé comme absent, il courut encore plus vite qu’à l’aller. Ses efforts furent couronnés de succès, il réussit à atteindre le portail juste avant que les surveillants ne le referment, puis il monta les escaliers quatre à quatre jusqu’à sa salle de cours.

Son retard lui valut une remontrance du professeur, ainsi qu’une obligation de corriger l’exercice au tableau. Les réponses qu’il avait griffonnées dans son cahier durant le cours d’espagnol l’aidèrent à démarrer, mais il fut perdu dès la quatrième question. Monsieur Joly fit taire les commentaires désobligeants de ses camarades et, constatant qu’il ne parvenait pas à avancer, il envoya l’un des élèves moqueurs le remplacer.

Une fois retourné à sa place, Corentin sentit la chaleur quitter peu à peu son visage. Il avait les joues et les oreilles en feu, autant à cause de sa course pour regagner le lycée que de sa timidité. Soudain, il réalisa que, non seulement, il avait abandonné Fabrice sur le terrain de basket, mais qu’en plus, il n’avait même pas répondu à sa question sur les runes.

mercredi 21 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 7

Un long moment de silence ponctua ses explications enthousiastes. Devant le regard perdu de Fabrice, l’adolescent s’inquiéta :
— Tu as compris quelque chose ?
— Que dalle ! J’ai juste compris que c’était un truc magique, comme la disparition de mes souvenirs.

Bien qu’il soit involontaire, le rappel de cet épisode plongea Corentin dans sa culpabilité. Afin de dissimuler son trouble, il dirigea vers le poteau où il avait décrypté les runes. Son compagnon sur les talons, il s’accroupit sur le goudron à la recherche des symboles.

Il observa avec attention chacun des gribouillages inscrits dans la peinture bleue, mais ne vit de runes nulle part.
— J’ai pas rêvé, marmonna-t-il. Ils étaient bien là hier.

Derrière lui, Fabrice avait préféré allumer une cigarette plutôt que de l’aider. Néanmoins, son comportement finit par l’intriguer, car il lui demanda :
— Tu n’arrives plus à les retrouver ?
— Non. Je me rappelle vaguement des endroits où elles étaient, mais il n’y a plus rien.

Afin de prouver son affirmation, il désigna une zone où la peinture avait été grattée jusqu’au métal.
— Ici, il y avait une espèce de lettre qui ressemblait à un B.
— Maintenant, il n’y a plus rien. On dirait que ça a été effacé récemment.
— Tu crois ?

Fabrice opina.
— Je vois mal qui se serait amusé à gratter uniquement les runes, à part la personne qui les a dessinées.

Cette hypothèse mit les deux garçons mal à l’aise. En effet, cela pouvait signifier qu’ils avaient fait l’objet d’une surveillance quand ils avaient joué sur ce terrain la veille. Leur disparition rendait ses runes d’autant plus intrigantes, bien qu’ils ignorent si elles avaient un lien quelconque avec le sujet qui les préoccupait tous les deux : Gwenaëlle.

lundi 19 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 6

La matinée se poursuivit avec un cours d’espagnol assuré par un professeur remplaçant. Il mit à profit les longs monologues dans lesquels celui-ci s’égarait pour sortir ses exercices de mathématiques. Bercé par les intonations monotones, bien qu’hispaniques, du jeune homme, il réussit à répondre aux trois premières questions avant de jeter l’éponge.

Il passa le reste du cours, le regard dans le vague, à fixer la silhouette qui s’agitait devant lui et dont le pull beige, porté sur une chemise orange, tranchait sur le fond vert sombre du tableau. La sonnerie qui retentit dans le couloir l’arracha à cette torpeur. Il remballa ses affaires en vitesse, puis quitta la salle pour se rendre sur le terrain de sport.

Au niveau du portail, il fut englouti par la marée des lycéens venus fumer leur cigarette à l’extérieur. Il en ressortit quelques instants plus tard, au bord de l’asphyxie et les yeux larmoyants. Dès qu’il eut dépassé l’établissement, il courut afin de ne pas perdre de temps en chemin.

Lorsqu’il arriva devant les terrains, il constata avec satisfaction qu’ils étaient vides. Soudain, il entendit une voix dans son dos.
— Qu’est-ce que fais là ? lui demanda Fabrice.

Les deux adolescents, essoufflés d’avoir couru, se retrouvèrent sur les bandes de couleurs superposées qui correspondaient aux délimitations des terrains de handball et de basket. Corentin étant arrivé le premier, il n’éprouva aucune difficulté à expliquer sa présence. Seules ses joues rougies trahissaient son activité physique.
— J’ai découvert que les symboles gravés sur le poteau sont des runes celtiques, expliqua-t-il.

Son compagnon haussa un sourcil dubitatif, puis demanda :
— Est-ce que ça explique tes aptitudes à mettre des ballons dans le panier ?
— Oui ! En recopiant les runes, je me suis approprié l’enchantement. Normalement, seul le créateur peut l’utiliser.

vendredi 16 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 5

Une secousse marqua l’arrêt du bus devant le lycée. Les portes s’ouvrirent dans un chuintement pneumatique pour laisser le passage aux élèves qui se trouvaient à l’intérieur. Les sièges et les allées se vidèrent d’une grande partie de leurs occupants. Ceux-ci se dispersèrent sur le trottoir qui bordait l’établissement.

Corentin regarda sa montre. Un détour par le terrain de sport afin d’aller jeter un œil aux runes le mettrait irrémédiablement en retard. Il dut donc décaler son examen attentif du panier de basket et prit la direction des salles de classe.

Après une vérification machinale du tableau des absences, il fouilla dans son sac à la recherche de son emploi du temps. Il parcourut le tableau coloré, hésita sur le fait d’être dans une semaine paire ou impaire et, finalement, se rendit au cours d’histoire dispensé par madame Floumeule.

Il arriva dans la salle avec quelques minutes d’avance et en profita pour s’installer contre un mur dans la rangée de tables située au milieu de la salle. D’expérience, il savait que les professeurs n’accordaient qu’une très faible attention aux élèves qui se trouvaient à cet endroit. À condition de ne pas chahuter, il bénéficiait là d’une invisibilité presque parfaite.

Le cours débuta et se termina à l’heure dite, sans que l’adolescent se soit fait remarquer. Il s’était contenté de garder les yeux ouverts en direction du tableau, de recopier ce que madame Floumeule y écrivait et de se taire.

mercredi 14 juillet 2010

Piratation intempestive par une chauve souris ninja...

Je suis au regret de vous informer que ce blog a été piraté.

Un nouveau programme est mis en place.

Ceci n'est pas un régime totalitaire.

En fait, ça serait plus littéraire.

(Mais nous n'oserions employer ce terme.)




La Critique Géniale du Docteur Jean-Charles.


Je me présente, Jean-Charles, chauve-souris à tendances psychotropes, Maitre du monde ès armée de cookies ninjas et pseudo critique littéraire à mi temps. Et apprenti pirate de blog.


J'ai été "engagé" par Magali pour parler un peu de ce que je lis... Je bouquine un peu, et j'ai une nouvelle carte d'abonnement à la médiathèque en face chez moi, je vais donc me faire un plaisir de vous en faire profiter.


Par quoi commencer? Un classique? Ou une petite perle? Ou encore, un sombre roman découvert à l'ombre d'une étagère branlante?


Pour être totalement objectif, je laisserait le choix au hasard, qui se manifeste souvent par le premier bouquin qui fait la connaissance de mon pied. Aujourd'hui, ce sera donc la Trilogie Axis, de Sara Douglass.


Tout d'abord, c'est un roman de trilogie, qui comporte trois petits pavés d'environ 700 pages chacun. Ça peut rebuter, je l'admets, mais la lecture est d'une facilité déconcertante. (Je ne vous dirais pas en combien de jours je les ai lu, je ne suis pas un bon référentiel).


On débute le récit avec Axis, jeune neveu du roi à l'avenir prometteur qui rencontre une jolie jeune fille lors d'une réception en l'honneur de son oncle. Bon, c'est sur, le début est basique, voire chiant, surtout que le héros est beau, et la fille, aussi (surprise!). Tout aurait pu aller très bien si le vilain cousin d'Axis n'avait pas voulu se méler de la partie.


Bon, jusque là, je dois avouer m'être emmerdé, maaaais, un bon lecteur ne doit pas s'arrêter aux premières impressions, j'ai donc continué. Et là, surprise, ce roman « pour passer le temps » acheter dans la grande surface la plus proche se révèle être un roman « agréable et ayant quelques rebondissements sympas ».

On découvre un monde de fantasy assez bien ficelé, avec trois races principales, les humains, les Icarii et les Achars, plus les méchants Skraelings. S'en suit un passe passe entre amour, guerre et politique, où les méchants ne sont pas si méchants que ça, et les gentils, et bien, gentils, mais pas tout à fait. Des personnages attachants (je pense surtout à Faraday, qui souffre comme une héroïne de tragédie grecque) et détestables (là, je pense à Axis, qui est un homme après tout, et qui, comme tout les hommes, préfère penser avec autre chose que ses neurones) sont au menu. Et c'est un petit régal!


Bien que n'étant pas transcendant, la trilogie Axis est un roman agréable pour bronzer sur la plage ou étayer de longues soirées d'hiver. A ne pas mettre dans toutes les mains non plus, certains passages sont assez crus et ne conviendraient pas à de jeunes personnes.


Sur ce, je rends le limo-blog à Magali, et retourne explorer ma nouvelle médiathèque.


(Nous reviendrons, sachez le.)

lundi 12 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 4

Les graviers crissèrent sous ses pas quand il traversa le jardin, puis le portillon grinça et il se retrouva sur le macadam du trottoir. Les toits d’ardoises des pavillons du voisinage, mouillés par une averse nocturne, brillaient sous les timides rayons de soleil.

Le vent vif repoussait les nuages vers l’est et apportait le froid ainsi qu’un ciel dégagé. Corentin remonta la fermeture éclair de sa veste et regretta de ne pas avoir mis de vêtements plus chauds en s’habillant.

Soudain, la silhouette familière d’un bus apparut de l’autre côté de la rue. Corentin n’arrivait pas à distinguer son numéro, mais il préféra se mettre à courir afin d’arriver devant l’arrêt avant lui.

Après ce sprint d’une cinquantaine de mètres, Corentin n’eut pas le temps de reprendre son souffle. Le véhicule s’immobilisa à côté de lui et il se faufila avec soulagement parmi les autres usagers pour atteindre le fond du véhicule.

Le trajet qui l’amena au lycée ne durait qu’une dizaine de minutes, ce qui n’était pas suffisant pour qu’il tente de continuer les devoirs de mathématiques qu’il avait négligés la veille. Il replongea donc dans le souvenir des informations sur les runes qu’il avait découvertes sur le forum.

Il regretta de ne pas être allé voir si son dernier message avait obtenu une réponse, mais il tenait d’abord à observer une nouvelle fois les symboles gravés sur le panier de basket. Il espérait y trouver des indices sur la personne qui les avait dessinées là.

En effet, WiccaMama prétendait que, pour être efficace, l’enchantement devait contenir la signature de son auteur. Or, aucune des runes qu’il avait recopiées ne s’apparentait à une quelconque signature. Elle devait lui avoir échappé parmi les innombrables gribouillages qui zébraient la peinture bleue des poteaux.

vendredi 9 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 3

Comme par magie, Lucifer apparut derrière elle et miaulant de toutes ses forces pour attirer son attention.
— Je pense qu’il a faim, dit Corentin lorsqu’il reposa son bol vide sur la table.

Les miaulements appuyèrent ce commentaire. Sa maîtresse ignora néanmoins sa détresse et jeta trois cuillerées de café en poudre dans le filtre de son antique cafetière.
— Il est encore trop tôt pour que je lui donne de la boîte, expliqua-t-elle. Ce chat n’est qu’un ventre sur pattes.

L’adolescent se retint d’ajouter que les crocs du félin lui servaient tout autant à manger qu’à mordre. Cependant, il avait encore la bouche pleine de pain et il n’avait pas le temps de bavarder avec sa tante.

Cette dernière ne se formalisa pas de son silence, elle-même n’étant pas une créature très sociable au saut du lit. Le café améliorait les choses, mais elle demeurait somnolente jusqu’à neuf ou dix heures et ne prenait aucun rendez-vous avant cet horaire.

Corentin quitta la cuisine après avoir débarrassé la table de ses affaires. Le nez dans sa tasse de café sa tante marmonna des paroles qu’il interpréta comme étant un souhait de bonne journée.

Le reflet qu’il croisa dans le miroir de l’entrée, juste avant de sortir, le poussa à perdre quelques secondes afin d’aplatir ses mèches de cheveux désordonnées. À peine disciplinés par la douche, ses épis châtains continuaient de pointer à la verticale. Peu satisfait du résultat obtenu, l’adolescent soupira, puis chaussa une paire de tennis blanches dépourvues de marque. Il enfila ensuite sa veste, ramassa son sac de cours et sortit de la maison.

mercredi 7 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 2

Pendant ce temps, Corentin avait dévalé l’escalier abrupt afin de se rendre dans la salle de bain. Il se dépêcha de sauter sous la douche, en ressortit cinq minutes plus tard et se sécha.

Avant de descendre, il avait pioché des vêtements au hasard dans son armoire. L’absence totale de fantaisie vestimentaire lui offrait l’avantage de le dispenser de choisir sa tenue. Ce matin, il enfila un T-shirt de sport gris légèrement trop court par-dessus un pantalon bleu marine. Le pull de la veille, abandonné en boule sur sa chaise, compléta son habillement.

Il remonta ensuite dans sa chambre afin de récupérer son sac à dos qu’il déposa dans l’entrée en redescendant. Un regard à sa montre l’informa que, bien qu’il ait expédié ses préparatifs matinaux, il restait en retard d’une dizaine de minutes. Il accéléra encore la cadence pour préparer son petit déjeuner.

Il mit à profit le délai imposé par la minuterie du four à microondes pour découper des tranches de pain, puis il récupéra son bol de lait chaud et y ajouta le chocolat en poudre. Il termina par l’étalage de la confiture de prunes trop liquide fabriquée par sa mère sur ses tartines. Le pain de veille avait ramolli à cause de l’humidité et la confiture acheva de le détremper, laissant des marques poisseuses sur la toile cirée.

Un bruit de pas à l’étage lui apprit que sa tante venait de se lever à son tour. Elle fit son entrée dans la cuisine un peu plus tard, vêtue d’une tunique indienne et d’un sarouel en guise de pyjama et les cheveux hirsutes. Après avoir marmonné un bonjour à son neveu, elle ouvrit la porte du réfrigérateur afin d’y prendre sa boîte de café.

lundi 5 juillet 2010

Chapitre 6 de Limonade - Episode 1

De même que l’immense majorité des radioréveils, la sonnerie de celui que Corentin avait apporté chez sa tante était des plus désagréables. Néanmoins, il ne réussit à sortir de ses draps qu’après un quart d’heure de hurlements stridents.

L’adolescent se redressa, mais il fut incapable de bouger ses jambes. Il tendit la main vers le bouton situé sur le dessus du réveil afin de l’arrêter. Malheureusement, ses doigts étaient gauches et engourdis par le sommeil. Il alluma la radio par erreur et, en essayant de l’éteindre, il poussa le volume au maximum.

Toujours incapable de se lever, il tritura les boutons dans tous les sens jusqu’à ce qu’enfin le silence revienne dans la pièce. Un rai de lumière terne filtrait à travers le velux et tombait sur lit, à quelques centimètres de la forme sombre qui immobilisait Corentin.

Il remua les pieds afin de déloger Lucifer, couché en rond sur ses tibias. Lassé de cette agitation, l’animal ouvrit ses yeux d’un vert presque phosphorescent dans la faible lueur matinale.
— Allez, Lucifer descend de là !

Le chat traita cette injonction par le mépris et, telle une menace, étira ses pattes et les griffes qui les terminaient. Hélas pour lui, l’adolescent était déjà en retard et il ne prit aucune précaution pour s’extraire du lit.

En dépit des griffes enfoncées dans la housse, Lucifer ne put conserver son équilibre. Le félin fut secoué et se retrouva relégué dans un recoin du lit, un pan de couette replié sur lui. Il gronda, puis, trouvant cette cachette tiède à son goût, il s’y blottit pour poursuivre sa sieste matinale.

vendredi 2 juillet 2010

Éveil n°2 : Au fil de l'eau


Pour ce second numéro du fanzine Éveil, le thème choisi a été "Au fil de l'eau". Sept nouvelles ainsi que des illustrations couleur ou noir et blanc mettent en avant l'eau sous toutes ses formes.

Au sommaire de ce numéro, j'ai eu le plaisir de reconnaître quelques plumes familières (Léa Silva, Vanessa Terral, Marie-Anne Cleden, Stéphane Pihen et Hans Delrue) qui sont déjà apparues dans les précédentes publications de Transition.

Pour les nouvelles thématiques, Magali Couzigou commence avec "Cela ne me regarde pas". Cette nouvelle raconte la vengance contrariée d'une fée envers un individu des plus malfaisants. En dire davantage ne ferait que gacher l'intrigue que j'ai trouvée originale et bien construite.

Vient ensuite "Sourcicette", un autre très bon texte relatif aux fées écrit cette fois par Léa Silva. Ici, il n'est pas question de vengeance, mais plutôt d'un dette à payer à une lavandière évanescente. Bien qu'agréable, ce texte n'est pas exempt d'incohérences et j'aurais aimé que la question de la grand-mère ne soit pas évacuée aussi brutalement.

Tout d'abord, le titre de "Bridge over Troubled Water", la nouvelle de Rémi Billoir, m'a intrigué. En effet, je ne suis pas une adepte des titres en anglais (sauf si le texte entier est en anglais) et après la lecture, je ne comprends toujours pas la raison qui a motivé ce choix. Par contre, le lecture en elle-même a été un véritable régal. Dès les premières lignes, j'ai été saisie par les aventures de Damien, un adolescent capable de voir les morts qui suivent les cours d'eaux.

Le poème "Edwine Au-fil-de-l'eau" est la contribution de Vanessa Terral à ce numéro (en plus du travail éditorial). J'ai vraiment aimé le ton mélancolique de ses vers et la référence aux selkies-loutres.

Avec"Un fauve poids plume", Marie-Anne Cleden fait, une fois de plus, preuve de son talent pour raconter de belles histoires. Cette fois-ci, il s'agit des aventures d'une paruline jaune, un oiseau des montagnes rocheuses, qui a décidé de choisir un animal totem afin d'échapper à sa condition de volatile. Bourrée d'humour et de poésie, cette nouvelle est un très bon moment de lecture.

Le très réussit "Il Benedante" de Stéphane Pihen nous ramène à un univers mêlant réalisme et féérie. Le paysage écrasé de chaleur convient à la perfection avec la température actuelle où on recherche en vain un peu de fraîcheur. C'est d'ailleurs le besoin d'eau fraîche qui pousse Mario à se mettre en quête d'une source pour sauver sa grand-mère.

La partie thématique se termine avec "In Memoriam", une nouvelle d'Alice Louyot. Si le thème choisi n'est pas aussi original que les autres, ce texte est empreint d'une tristesse lancinante qui suit le cours paresseux d'une rivière. Le lien complexe qui unit l'héroïne à la rivière de son enfance donne toute sa force à ce récit.

La nouvelle "Une femme de lettres" est la dernière de ce numéro est c'est aussi la seule qui soit athématique. Elle a été écrite par Hans Delrue, un auteur dont j'avais beaucoup apprécié le style dans l'Éveil n°1. Il reprend dans celle-ci le thème de la vieillesse avec son regard à la fois doux et amer. L'incompréhension entre un père âgé, qui ne vit plus qu'à travers son amour pour une femme inisible, et son fils, que cette démence sénile déespère, est le point central et fort bien exploité de ce texte.

Mon avis général sur ce numéro d'Éveil est que la qualité des nouvelles qu'il contient s'est améliorée. Sur les sept textes, il m'a été difficile de trouver ceux qui m'ont le plus séduite, car leurs auteurs ont tous réussi à me faire voyager.

mercredi 30 juin 2010

Les mensonges de Locke Lamora


Les mensonges de Locke Lamora est le premier tome de la série de Scott Lynch intitulée : Les Salauds Gentilshommes. Doté d'une belle illustration, mais d'une quatrième de couverture qui laisse croire à un Robin des Bois sauce fantasy, ce livre m'a attirée par les bonnes critiques dont il bénéficie.

Malgré l'investissement (grand format oblige), je n'ai pas été déçue. La cité-état de Camorr où se déroule l'intrigue est un enchantement, que ce soit dans les édifices magiques de la noblesse ou dans les taudis des malandrins. Les chapitres consacrés aux entourloupes de Locke sont prétexte à visiter cette ville sous ses différentes facettes et l'auteur parvient à restituer la beauté des lieux à travers ses descriptions.

Si la lecture est des plus agréables, ce livre n'est pas dépourvu de faiblesses. J'ai trouvé que l'intrigue est longue à se mettre en place, mais que son dénouement est trop brusque. Cette impression est, à mon avis, due aux interludes qui s'insinuent entre les chapitres. Leur objectif évident est d'offrir au lecteur des explications sur les événements passés et, fort heureusement, ils sont intéressants. Cependant, les incessants aller-retours deviennent agaçant dès la moitié du roman.

A propos de l'histoire, il est assez difficile d'en donner un aperçu, car il faut être patient pour en découvrir les rouages. Je vais quand même m'y essayer alors je demande un brin d'indulgence :
"Depuis son enfance, Locke Lamora est un filou de la pire espèce. Retors et convaincu de sa grande intelligence, il met ses compétences aux services de sa bande : Les Salauds Gentilshommes. Afin de préserver leur indépendance vis-à-vis du roi de la pègre, ainsi que leurs vies, ils sont contraints d'agir dans le plus grand secret. Le jour où le mystérieux roi en gris commence à semer la pagaille dans les bas-fonds, l'équilibre des forces se redessine et pas forcement dans les intérêts de Locke."

C'est une lecture que je conseille vivement aux amateurs de fantasy d'intelligente, mais attendez quand même la sortie en format poche.

lundi 28 juin 2010

Révélations !

Cela fait un bon moment que je réfléchis/nous réfléchissons à la pertinence de ce billet. En effet, derrière le nom de Magali Coudrain, nous sommes en réalité deux auteurs : Evilie et Scribo Loutre.

L'idée (assez fumeuse) d'écrire Limonade provient d'une longue conversation estivale et de l'envie de mener un projet commun. Nous nous sommes donc mises toutes les deux au scénario, mais c'est la loutre qui a écopé de la partie rédaction. Bien entendu, Evilie conserve le droit de taper sur la loutre en cas de délire rédactionnel. En contrepartie, la loutre peut couiner pour avoir de l'aide lorsqu'elle tombe en panne d'inspiration.

Comme vous pouvez le constater, cette association fonctionne depuis plus de six mois. Nous sommes contentes du travail accompli, mais nous prévoyons déjà la prochaine étape dans notre plan de contamination.

Ces révélations ne devraient rien changer en terme de mises à jour ou de contenu. En effet, Magali reste notre vitrine, même si, en coulisse, il nous arrive d'intervertir les rôles.

Sur ce, la loutre retourne bosser le chapitre 6 de Limonade...

vendredi 25 juin 2010

Les aventures de Robert

Lors de mon billet consacré aux aides à l'écriture, j'ai réalisé que j'avais omis un guide d'importance : Robert. Ses aventures sont le prétexte à un manuel qui décrypte les techniques d'écriture de façon claire et directement appliquées (et applicables) aux littérature de l'imaginaire.

Vous pouvez le trouver sur le blog de Syven, son auteur : les aventures de Robert.

Sinon, il existe aussi un autre article des plus intéressant et qui commence à être très connu : Comment ne pas écrire des histoires, publié par la revue Solaris. La plume brillante d'Yves Meynard rend cette lecture savoureuse.

mercredi 23 juin 2010

Ma pile à lire de juin


J'avais abordé le sujet lundi matin, mais il me semble que c'est une bonne idée d'y revenir. Comme l'indique le titre, je vais détailler le contenu de ma pile à lire actuelle.

En cours :
  • Les mensonges de Locke Lamora (Les Salauds Gentilshommes - tome 1)
  • Servant of the Underworld
  • le second numéro d'Éveil


En tas au pied de mon lit :

  • Les sombres romantiques
  • Les dents de l'amour
  • Archnae
  • Sorcières et sortilèges
  • Les démons de Paris

Je ne manquerais pas de vous tenir au courant de mes lectures via les critiques de livres que je compte écrire sur certains d'entre eux.

lundi 21 juin 2010

Chapitre 5 le Limonade - The end

Déjà la fin du cinquième chapitre qui a été un peu longue à venir pour cause de vacances (et de panne d'inspiration). Pour ceux que cela intéresse, le chapitre 5 commence ici : épisode 1.

Ces derniers jours, ma pile à lire a atteint des sommets. Il donc temps que je me remette à lire, ce qui risque de mettre en pause l'arrivée du chapitre 6 de Limonade. Cependant, même si je me consacre moins aux aventures de Corentin et Fabrice, elles continuent de progresser dans mon crâne et j'ai bien l'intention de vous en faire profiter jusqu'au bout.

vendredi 18 juin 2010

Chapitre 5 de Limonade - Episode 11

De retour dans sa chambre sous le toit, l’adolescent jet a un coup d’œil au réveil qui indiquait une heure douze, puis enclencha la sonnerie pour le lendemain matin. À la faible lumière de la lampe de chevet, il vida son sac à dos et le remplit avec les livres et les cahiers dont il aurait besoin de lendemain.

Il se déshabilla ensuite en vitesse, enfila son pyjama et se glissa sous les draps. Pourtant, une fois la lumière éteinte, il ne trouva pas le sommeil. Bien qu’il ait découvert la nature des graffitis qu’il avait montrés à Fabrice, il avait complètement oublié de chercher une solution à la disparition de ses souvenirs.

Trop excité par la perspective de retrouver la trace de Gwenaëlle sur Internet, il avait même omis d’avouer sa tentative d’exorcisme à sa tante. Une ombre de culpabilité entachait la satisfaction que lui procurait sa découverte du forum de magie wiccante.

Corentin se remémora la conversation qu’ils avaient eue à la pause de l’après-midi, à peine plus d’une dizaine d’heures auparavant. Ils avaient convenu de se retrouver le mercredi, ce qui lui laissait la journée de mardi afin d’informer sa tante de son erreur.

Sa promesse intérieure de régler ce problème au plus tôt dissipa quelque peu ses inquiétudes. Cependant, ce furent ses nouvelles interlocutrices du jardin de Ceridwen qui occupèrent ses pensées. L’attitude dédaigneuse de ChaChina et celle compréhensive de WiccaMama esquissaient des personnalités qu’il peinait à deviner entre les lignes des messages du forum.

Le sommeil surprit l’adolescent alors qu’il s’interrogeait sur ces deux personnes et les motivations qui les avaient amenées sur Internet.

lundi 14 juin 2010

Chapitre 5 de Limonade - Epsiode 10

Une fois qu’il eut réussi à les identifier parmi ceux présentés sur le forum, il posta un nouveau message dans lequel il demandait des explications sur la combinaison qu’il avait recopiée.

Sa description des symboles s’appuyait sur ses notes ; il préféra néanmoins rester évasif sur l’endroit où il les avait découverts ainsi que sur leurs effets. Il n’avait encore aucune certitude concernant le véritable but de ses gravures et ce serait une excellente manière de s’assurer de la compétence des membres du forum.

La fatigue le rattrapa alors qu’il fermait la fenêtre du navigateur Internet. Il était maintenant minuit passé ; ses yeux le brûlaient et il ne cessait de bâiller. Avec une pointe de regret, il songea qu’il n’avait toujours pas terminé ses exercices de mathématiques.

Il s’apprêtait à se déconnecter, lorsqu’un nouveau message électronique arriva. Celui-ci l’informait que quelqu’un du forum avait répondu à sa question sur les symboles. Poussé par la curiosité, il retourna sur « le jardin de Ceridwen ».

En effet, une dénommée WiccaMama avait posté un message en réponse au sien. Elle y disait notamment que les symboles étaient d’anciennes runes celtes et que leur combinaison transformait l’objet ensorcelé en aimant.

Il la remercia, puis en profita pour demander de plus amples informations sur le fonctionnement des runes. Le temps qu’il écrive son message, une seconde membre de la communauté avait ajouté sa propre question. Il s’agissait de ChaChina qui s’inquiétait de savoir s’il était l’auteur de ce sortilège.

Une demi-heure plus tard, il avait échangé une dizaine de messages supplémentaires avec WiccaMama. Il en savait désormais assez sur les runes pour comprendre comment il était parvenu à les activer alors qu’elles n’étaient censées fonctionner que pour leur créateur.

En recopiant le dessin, il avait récupéré une partie de leur pouvoir. Son exercice de visualisation mentale avait encore augmenté la force du sortilège, ce qui expliquait pourquoi le ballon était entré dans le panier alors qu’il avait tiré n’importe comment. Cela expliquait aussi pourquoi Fabrice n’était pas parvenu à de tels résultats.

ChaChina avait quitté la conversation dès qu’il avait reconnu ne pas avoir réalisé cet enchantement lui-même. Néanmoins, le nombre de messages qu’elle avait postés dans la section du forum consacré aux runes prouvait sa connaissance du sujet.

L’épuisement finit par avoir raison de Corentin. Il abandonna ses recherches magiques, éteignit l’ordinateur et sortit en laissant la porte entrouverte pour que Lucifer puisse vaquer à ses activités nocturnes. L’animal redressa la tête lorsqu’il se faufila dans le couloir, puis se rendormit aussitôt.

vendredi 11 juin 2010

Chapitre 5 de Limonade - Episode 9

Quand il reçut le message électronique de confirmation, il était presque vingt-trois heures. Impatient, il renonça à quelques heures de sommeil supplémentaires afin de poursuivre ses investigations. Il parcourut rapidement les sujets consacrés aux rituels magiques et aux célébrations des fêtes wiccantes.

Une série de messages en particulier attisa sa curiosité. Elle présentait les symboles à utiliser pour attacher un sortilège à un objet. Les explications étaient illustrées par des dessins parmi lesquels il reconnut certains des symboles gravés sur le poteau de basket.

Pour la première fois depuis la rentrée, Corentin se sentit plein d’une confiance nouvelle. Il sortit du bureau en silence, sans allumer la lumière du couloir de peur que sa tante ne l’aperçoive. À pas de loup, il remonta dans sa chambre et en referma la porte avec précaution.

La faible lueur de sa lampe de chevet lui permit de retrouver son sac de cours abandonné sous le bureau. Il défit la fermeture éclair de la poche avant, puis en tira le morceau papier sur lequel il avait griffonné les symboles du poteau. C’était bien les mêmes symboles que ceux du forum.

Il redescendit tout aussi discrètement l’escalier. Malheureusement, une forme sombre se précipita dans ses jambes alors qu’il traversait le couloir. De petites dents pointues s’attaquèrent à ses chevilles. Les feulements du fauve étaient assourdis par le tissu de son pantalon, mais l’adolescent craignit que cette agitation ne réveille sa tante.

Il saisit Lucifer par la peau du cou, évita ses coups de griffes furieux et l’emporta avec lui dans le bureau.
– Tiens-toi tranquille où je te fiche dehors.
La menace sembla faire son effet : l’animal cessa de se débattre et ses oreilles se redressèrent.
– C’est bien, dit-il en le posant sur le fauteuil à côté de la bibliothèque. Maintenant, laisse-moi tranquille et ne fais pas de bruit.

Le chat se roula en boule et, quelques minutes plus tard, il ronronnait aussi fort que l’ordinateur. Pendant ce temps, Corentin avait allumé la lampe qui se trouvait sur le bureau et déchiffrait ses gribouillis.

mercredi 9 juin 2010

Chapitre 5 de Limonade - Episode 8

S’en remettre au hasard, ou mieux à la magie lui parut être la meilleure option possible. L’adolescent ouvrit l’un des tiroirs du bureau où il trouva un jeu de tarots.
– Je vais prendre une carte dans le paquet, expliqua-t-il à voix basse pour ne pas alerter sa tante. Le numéro de la carte que je vais tirer sera le numéro du forum sur lequel Gwenaëlle a découvert la magie.

Un frisson descendit le long de son bras lorsqu’il piocha une carte. Il retourna en vitesse l’arcane sur le bureau, un six était inscrit en chiffre romain dans le coin supérieur de la carte. La coïncidence l’étonna, car cet arcane avait pour nom : l’amoureux.

Le personnage au centre de la carte était encadré par deux femmes. La symbolique de cette carte échappait à l’adolescent, mais il promit de demander des précisions à sa tante le lendemain. Pour l’instant, seul le chiffre six l’intéressait.

Fébrile, il rechercha le sixième site de la liste renvoyée par le moteur de recherche. Il s’agissait du forum le jardin de Ceridwen. Corentin cliqua et, après un temps de chargement bien trop long, une page aux couleurs douces s’afficha sur l’écran de l’ordinateur.

Il commença par lire le texte de bienvenue, puis, voyant que celui-ci semblait sérieux, il se dirigea vers la rubrique de présentation des membres. Sa lecture attentive des profils des différentes personnes inscrites sur ce forum lui permit d’identifier celui d’une certaine Gwenny14. Malheureusement, elle ne semblait pas avoir posté de message depuis le mois de septembre.

Afin d’accéder aux autres parties du forum, il lui était nécessaire d’être identifié et donc de créer sa propre page de présentation. D’après ce qu’il avait lu, rien ne l’obligeait à donner sa véritable identité. Il n’avait pas envie de se faire remarquer, pas plus qu’il n’avait envie d’alerter Gwenaëlle s’il s’agissait bien d’elle derrière le pseudo de Gwenny14.

Il opta pour un pseudo sobre, inspiré de son prénom avec une touche féminine pour ne pas se démarquer au milieu du forum presque exclusivement féminin. À présent, il s’appelait Cora et faisait partie d’une communauté wiccante virtuelle.

lundi 7 juin 2010

Chapitre 5 de Limonade - Episode 7

Seuls le lent cliquetis des touches du clavier et le ronronnement de l’ordinateur rompaient le silence qui régnait dans le bureau. Avec application, l’adolescent poursuivait l’écriture du message destiné à sa meilleure et unique amie.
« Dans ma classe, il n’y a personne que je connaissais avant. Je n’ai pas discuté avec grand monde, à part le premier jour. Ça va un peu mieux maintenant grâce à mes dessins, mais je reste presque toujours tout seul. Tu me manques. »

Il hésita une dernière fois avant d’envoyer le message.
– Pourquoi je me prends autant la tête, c’est juste un email pour Gwen, murmura-t-il.
Ces paroles n’eurent pas l’effet escompté, elles ne firent qu’accroître sa nervosité. Pourtant, Corentin, lassé de ses hésitations, cliqua sur le bouton d’envoi.

La lumière bleutée de l’écran se reflétait sur son visage, lui donnant une teinte encore plus pâle que d’ordinaire. Ses yeux commencèrent à le picoter, il n’avait pas l’habitude de passer autant de temps sur un ordinateur.

Retournant sur la page du navigateur, il accéda à un moteur de recherche dans lequel il saisit mes mots « forum magie ». Une liste de sites impressionnante apparut, cependant certains n’avaient qu’un vague rapport avec le sujet qui l’intéressait.

Il fouilla dans les souvenirs des conversations qu’il avait eues avec Gwenaëlle à la fin de l’été, avant qu’ils n’aillent tous les deux au lycée et qu’elle s’éloigne de lui. Le terme wicca lui revint en mémoire, cette forme de magie avait été la première à retenir l’attention de son amie.

Cette fois, la recherche se révéla plus fructueuse. Parmi les forums, plusieurs semblaient proposer une approche sérieuse de la magie. Néanmoins, ils restaient trop nombreux pour que Corentin puisse tous les consulter durant la soirée, d’autant plus qu’il était maintenant vingt-deux heures passées.