En arrivant à Rennes, l’adolescent était complètement déprimé. Il monta dans le bus, composta son ticket et s’assit contre une fenêtre. Les rues et les véhicules qui défilaient derrière la vitre maculée de gouttes d’eau ne parvinrent pas le distraire de ses ruminations. Il faillit même manquer son arrêt et dut bousculer quelques personnes pour sortir à temps.
La journée n’aurait pas pu commencer sous de plus mauvais auspices qu’une pluie froide, mais pas assez forte pour provoquer l’annulation du cours de sport. Les sports collectifs étaient un véritable calvaire pour Corentin. Bien qu’il ait une bonne condition physique, il perdait tous ses moyens face à un ballon.
Sur les trois matches que son équipe disputa, il en passa deux sur le banc des remplaçants. La feuille de papier qu’il avait emportée se couvrit de gribouillages. Suivant son inspiration, il se surprit à dessiner le panier de basket sous lequel ses camarades de classe se démenaient.
Intrigué, il attendit la fin du cours pour aller voir ce que poteau métallique avait de particulier. Il ne remarqua rien dans sa structure qui différait des autres panneaux. Cependant, celui-ci avait fait l’objet d’une étrange décoration gravée dans la peinture bleue.
Une multitude de symboles recouvraient la surface du poteau sans pour autant avoir la moindre signification. Certains étaient familiers Corentin, pourtant il était incapable de se souvenir où il les avait vus. Par curiosité, il en recopia sept avant de courir rejoindre les vestiaires.
Après remis des vêtements plus classiques, un jean et un pull gris, il se rendit en cours d’anglais où il eut tout le loisir d’étudier les mystérieux graffitis. Malheureusement, aucun d’entre ne lui livra ses secrets et il finit par renoncer.
Il suivit le reste de la leçon sur les temps de conjugaison en vogue de l’autre côté de la Manche, puis ses pensées dérivèrent vers la semaine qui l’attendait. Rien de palpitant à l’horizon, à moins que sa tante ne lui demande un coup de main afin de préparer les trucages d’une séance de spiritisme.
vendredi 12 mars 2010
mercredi 10 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 2
À la gare, Corentin eut la déception d’être la seule personne présente dans la salle d’attente. Il y resta moins d’une minute, le temps d’avoir la confirmation que son train passerait à l’horaire prévu. Ensuite, il ressortit pour emprunter le passage souterrain qui menait à l’autre quai.
La lumière grisâtre du petit matin alimentait sa mauvaise humeur. Il haïssait ces réveils matinaux, l’obligation de se hâter et, surtout, la perspective d’une nouvelle et ennuyeuse semaine de cours.
Cependant aujourd’hui, c’était l’absence de Gwenaëlle qui le préoccupait. Le samedi, elle lui avait pourtant promis qu’elle le retrouverait pour qu’ils prennent le Ter de sept heures ensemble.
Le train entra en gare sans que Gwen soit arrivée et Corentin monta, laissant sur le quai les bons souvenirs du week-end. Il profita du trajet pour griffonner quelques formules dans son cahier afin de laisser penser qu’il avait recherché la solution de ses exercices de mathématiques.
Il ressentait une vive déception envers de son amie, même s’il ne parvenait pas à lui en vouloir. Elle avait sûrement une excellente raison pour avoir rompu sa promesse. Pourtant, une partie de son esprit lui soufflait qu’elle l’avait tout simplement oublié, qu’elle avait mieux à faire que de passer du temps avec un imbécile comme lui.
La lumière grisâtre du petit matin alimentait sa mauvaise humeur. Il haïssait ces réveils matinaux, l’obligation de se hâter et, surtout, la perspective d’une nouvelle et ennuyeuse semaine de cours.
Cependant aujourd’hui, c’était l’absence de Gwenaëlle qui le préoccupait. Le samedi, elle lui avait pourtant promis qu’elle le retrouverait pour qu’ils prennent le Ter de sept heures ensemble.
Le train entra en gare sans que Gwen soit arrivée et Corentin monta, laissant sur le quai les bons souvenirs du week-end. Il profita du trajet pour griffonner quelques formules dans son cahier afin de laisser penser qu’il avait recherché la solution de ses exercices de mathématiques.
Il ressentait une vive déception envers de son amie, même s’il ne parvenait pas à lui en vouloir. Elle avait sûrement une excellente raison pour avoir rompu sa promesse. Pourtant, une partie de son esprit lui soufflait qu’elle l’avait tout simplement oublié, qu’elle avait mieux à faire que de passer du temps avec un imbécile comme lui.
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lundi 8 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 1
Le jour n’était pas encore levé lorsque le réveil sonna. Corentin resta deux minutes dans le noir avant de mettre fin aux bips stridents. Les chiffres lumineux rouges indiquaient cinq heures deux.
Encore ensommeillé, il sortit de son lit, quitta son pyjama pour un survêtement de sport et descendit l’escalier. Sa mère l’attendait dans la cuisine, une tasse de café à la main.
Il marmonna un bonjour, surpris de la présence maternelle à une heure aussi matinale. Pour une fois, il n’eut pas à faire chauffer son lait four à micro-ondes, le bol de chocolat chaud se trouvait déjà sur la table.
Autant de sollicitude était inhabituelle. Corentin la remercia tout en soupçonnant un lien avec la conversation de la veille.
— Je sais que tu trouves que ton père a été trop dur avec toi hier soir.
— Un peu, répondit-il sans se mouiller.
— Il fait ça pour ton bien.
L’adolescent se retint de dire que son père n’avait rien fait. Ce dernier s’était, comme souvent d’ailleurs, contenté de lui imposer une décision arbitraire. Pour éviter de débuter la semaine sur des reproches quant à son insolence, il retint sa langue.
Sa mère continua à défendre le point de vue paternel. De ce fait, elle tentait tant bien que mal de maintenir une certaine harmonie dans la famille. Son fils resta insensible à ses arguments, les écoutant d’une oreille distraite tandis qu’il étalait de la confiture sur ses tartines.
Lorsque son père arriva enfin dans la cuisine, il était cinq heures et demie. Corentin avait presque terminé son petit-déjeuner. Il engloutit le reste de ses tartines, puis vida les dernières gouttes de chocolat dans l’évier.
Après un rapide passage dans la salle de bain, il remonta dans sa chambre prendre le sac contenant ses affaires de classes et les vêtements qu’il ramenait à Rennes.
Le départ de la maison familiale fut, comme toujours, précipité. L’adolescent rejoignit son père dans la voiture et ils prirent le chemin de la gare. L’horizon commençait à s’éclaircir, mais la campagne demeurait plongée dans l’obscurité.
Encore ensommeillé, il sortit de son lit, quitta son pyjama pour un survêtement de sport et descendit l’escalier. Sa mère l’attendait dans la cuisine, une tasse de café à la main.
Il marmonna un bonjour, surpris de la présence maternelle à une heure aussi matinale. Pour une fois, il n’eut pas à faire chauffer son lait four à micro-ondes, le bol de chocolat chaud se trouvait déjà sur la table.
Autant de sollicitude était inhabituelle. Corentin la remercia tout en soupçonnant un lien avec la conversation de la veille.
— Je sais que tu trouves que ton père a été trop dur avec toi hier soir.
— Un peu, répondit-il sans se mouiller.
— Il fait ça pour ton bien.
L’adolescent se retint de dire que son père n’avait rien fait. Ce dernier s’était, comme souvent d’ailleurs, contenté de lui imposer une décision arbitraire. Pour éviter de débuter la semaine sur des reproches quant à son insolence, il retint sa langue.
Sa mère continua à défendre le point de vue paternel. De ce fait, elle tentait tant bien que mal de maintenir une certaine harmonie dans la famille. Son fils resta insensible à ses arguments, les écoutant d’une oreille distraite tandis qu’il étalait de la confiture sur ses tartines.
Lorsque son père arriva enfin dans la cuisine, il était cinq heures et demie. Corentin avait presque terminé son petit-déjeuner. Il engloutit le reste de ses tartines, puis vida les dernières gouttes de chocolat dans l’évier.
Après un rapide passage dans la salle de bain, il remonta dans sa chambre prendre le sac contenant ses affaires de classes et les vêtements qu’il ramenait à Rennes.
Le départ de la maison familiale fut, comme toujours, précipité. L’adolescent rejoignit son père dans la voiture et ils prirent le chemin de la gare. L’horizon commençait à s’éclaircir, mais la campagne demeurait plongée dans l’obscurité.
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vendredi 5 mars 2010
Littérature fantastique, vampires et co
Au détour de mes recherches sur Internet, je suis tombée sur le blog de Vampires & Sorcières. Comme son nom l'indique, il est consacré à l'actualité concernant les vampires et les sorcières.
Les chroniques de livres forment le gros du contenu, ce qui n'est pas étonnant vu la production actuelle sur le sujet. Pourtant, là où Vampires&Sorcières se distingue, c'est qu'il offre un fanzine en ligne et des concours réguliers (pour gagner les livres ^^).
Dans la même veine, le site Vampirisme est devenu une référence. Des critiques très complètes sur les livres (des nouveautés de la Bit-Lit, en passant par les grands classiques ou des ouvrages plus atypiques), les films et les bandes-dessinées.
Pour finir, je ne pouvais m'empêcher de citer le forum de Transition (pub éhontée & assumée). J'avoue que je me fie vraiment aux critiques de Nessae qui sont très bien faites. En plus, il y a même un fil à propos de Limonade.
Je m'arrête ici pour la ballade sur le net et je me replonge dans l'écriture de Limonade.
Eh oui, dès lundi ça recommence avec le chapitre 3.
Les chroniques de livres forment le gros du contenu, ce qui n'est pas étonnant vu la production actuelle sur le sujet. Pourtant, là où Vampires&Sorcières se distingue, c'est qu'il offre un fanzine en ligne et des concours réguliers (pour gagner les livres ^^).
Dans la même veine, le site Vampirisme est devenu une référence. Des critiques très complètes sur les livres (des nouveautés de la Bit-Lit, en passant par les grands classiques ou des ouvrages plus atypiques), les films et les bandes-dessinées.
Pour finir, je ne pouvais m'empêcher de citer le forum de Transition (pub éhontée & assumée). J'avoue que je me fie vraiment aux critiques de Nessae qui sont très bien faites. En plus, il y a même un fil à propos de Limonade.
Je m'arrête ici pour la ballade sur le net et je me replonge dans l'écriture de Limonade.
Eh oui, dès lundi ça recommence avec le chapitre 3.
mercredi 3 mars 2010
Le domaine Blackwood
A Noël, j'avais mentionné ce livre comme faisant partie de mes objectifs en matière de lecture pour ce début d'année. Il m'a fallu un peu de temps pour le finir, le nombre de pages est impressionnant.Puisqu'en le lisant, j'ai constaté que ce récit collait bien avec les thèmes abordés dans ce blog, je vais en parler un peu plus longuement.
Tout d'abord, le lecteur fait la connaissance de Tarquin Blackwood, le héros et narrateur du roman. Bien que l'époque soit contemporaine, les lieux et les personnages ont un côté très rétro qui colle aux clichés actuels en matière de vampires. Après tout, il ne faut pas oublier qu'Anne Rice a, très activement, pris part à la création des clichés vampiriques.
Ce livre a été ma première expérience avec les chroniques des vampires, mais aussi avec la saga des sorcières Mayfair. J'ai donc été assez vite noyée entre les références au Talamasca, aux fantômes et aux liens qu'entretiennent tout ce joli monde. Par contre, Lestat est bel et bien présent (au moins au début) et lui, il m'a tout de suite semblé familier.
A propos du déroulement de l'histoire, j'avoue que j'ai été quelque peu déçue. Le début semble promettre les aventures palpitantes des protagonistes vampires, mais l'auteur se limite à nous raconter la vie de Tarquin dans moindres détails. Les événements s'accélèrent à partir de sa transformation. Cependant, la résolution de l'intrigue (le lien entre Tarquin et son fantôme) est prévisible et clairement bâclée.
Le constat de ce livre est en demi-teinte, car le style impeccable d'Anne Rice ne parvient pas à faire passer la narration plus que moyenne. Il faudra peut-être que j'en lise un autre pour avoir un meilleur aperçu de la maîtrise des vampires de l'auteur. Pour le moment, je vais plutôt jeter un œil au Dracula de Bram Stocker.
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lundi 1 mars 2010
Illustration : Corentin à pris des couleurs
Les illustrations du chapitre 1 ont été publiées il y a quelques mois , mais maintenant elles sont en couleurs (ça va faire plaisir à Tsumïre).

J'avoue que je suis bluffée. C'est super agréable de voir ses personnages prendre des traits et des couleurs et ça va me motiver pour écrire les chapitres suivants.

J'avoue que je suis bluffée. C'est super agréable de voir ses personnages prendre des traits et des couleurs et ça va me motiver pour écrire les chapitres suivants.
vendredi 26 février 2010
Pénombre n°1 : Passages cloutés
Le mois dernier, j'avais chroniqué le premier numéro du fanzine Éveil. Je m'attaque à présent à Pénombre, son sombre jumeau, avec enthousiasme.A la lecture du sommaire, je constate qu'il est déjà plus fourni qu'Éveil. Ce ne sont pas moins de 9 textes qui y figurent. Les illustrations sont plus rares, mais d'une qualité nettement supérieure.
La partie consacrée aux passages cloutés commence avec "Un sourire éclatant". Elle relate l'observation très attentive d'un étrange passage clouté parisien par Anthony Boulanger. Cette lecture courte et efficace est parfaite pour se plonger dans les méandres des bandes blanches.
Vient ensuite le texte de Frédéric Vasseur, "Initiation" qui raconte la rencontre surnaturelle qu'inattendue faite par un enfant s'apprêtant à pénétrer dans une maison abandonnée. Seul bémol à cette histoire plaisante, la fin que j'ai trouvé décalée par rapport au reste.
Dans la "Voie du changement", David Baquaise nous emmène à Tokyo, sur les pas d'un cadre au bord de la déprime. Si la situation de départ peut faire penser à un cliché, l'écriture réaliste de l'auteur lui apporte une dimension à la fois vivante et angoissante. Si le reste du fanzine n'avait pas révélé une (presque) surprise, ce texte aurait eu ma préférence.
Changement de décor complet puisque Vanessa Terral nous dévoille les secrets emprisonnés sous trois lignes de peinture blanche dans son poème "Amout-sous-Nîmes".
Le retour à un fantastique sombre et enfantin se fait avec "L'ensorceleuse des ruelles" d'Ella Witzler. Cette nouvelles est l'illustration parfaite de ce à quoi je m'attendais en ouvrant le fanzine, une fable urbaine douce-amère. Le titre laisse soupçonner un point de basculement tragique, mais la conclusion reste surprenante.
La partie consacrée aux passages cloutés se conclut par "Un grain de sable dans la mécanique", la presque surprise dont je parlais plus haut. J'ai commencé ce texte avec un double a-priori positif, le titre à rallonge et l'auteur, David Osmay, dont j'ai déjà entendu parler. Je n'ai pas été déçue, l'idée à la base de la nouvelle est absurde et tellement bien trouvée. Les personnages collent au sujet tout en apportant un twist amusant et morbide. Un régal, vraiment...
Pour la partie athématique, c'est Yohan Vasse qui nous livre la vision d'une demoiselle vampire en plein dans un Central Park nocturne dans "Echo(s)". C'est du classique qui se laisse lire avec une pointe d'hallucination macabre pas déplaisante vu le thème choisi.
Les "Notes croisées" de Naya Bié racontent les deux visions d'une rencontre vouée à changer la face du monde. Un peu déroutante sur les premiers paragraphes, cette nouvelle se révèle en fin de compte envoutante.
Le titre de la nouvelle de Sophie Percevault, "Loup-garou, magicien et araignée" ne fait pas mystère de son contenu. Cette histoire, quoique agréable, ne me laissera pas un souvenir impérissable.
J'avais envie de parler des illustrations qui accompagnent les nouvelles et plus particulièrement de celles de Samuel Desche. Non seulement elles s'accordent au texte, mais les touches de couleur qu'elles apportent sont les bienvenues.
A part les (rares) coquilles pour lesquelles Vanessa s'est déjà moult fois excusée, la mise en page est toujours aussi nickel.
Le thème du numéro 2 est : "Toits et greniers". A l'heure actuelle, il attend sagement dans ma pile à lire que je prenne le temps de le commenter.
mercredi 24 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - The end
Voici venir le traditionnel billet de fin de chapitre.
Étant donné que les messages sont ordonnés du plus ancien au plus récent, il vous permet d'accéder directement au début du chapitre. Pour lire le premier épisode, c'est donc ici.
Et voici aussi, la traditionnelle pause entre deux chapitres. Depuis la fin du mois de janvier, j'ai trouvé de nouvelles choses à raconter, des livres et des fanzines à chroniquer.
Étant donné que les messages sont ordonnés du plus ancien au plus récent, il vous permet d'accéder directement au début du chapitre. Pour lire le premier épisode, c'est donc ici.
Et voici aussi, la traditionnelle pause entre deux chapitres. Depuis la fin du mois de janvier, j'ai trouvé de nouvelles choses à raconter, des livres et des fanzines à chroniquer.
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lundi 22 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 11
Plutôt que d’inventer une excuse abracadabrante, il opta pour la vérité :
— Je n’en ai pas parlé parce que c’est le samedi. Je ne peux pas y aller vu que je reviens ici.
— Il te faut faire des sacrifices si tu ne veux pas avoir les mêmes problèmes que l’an dernier. Tu resteras chez ta tante le week-end jusqu’à ce que tes notes repassent au-dessus de douze.
— D’accord.
Corentin était incapable de répondre autre chose. Le mot sacrifice dans les paroles de son père l’avait choqué. Il connaissait l’importance accordée aux études pour ses parents, mais rien ne laissait présager qu’ils iraient jusqu’à lui imposer un éloignement de la maison familiale.
S’il n’avait eu aussi faim, il serait volontiers monté dans sa chambre avant la fin du dîner. Il se contenta de ne plus décrocher un mot jusqu’à la dernière cuillerée de yaourt.
Alors que ses parents prirent place dans le canapé avec son frère, Corentin retourna dans sa chambre. Ses vêtements, propres et bien pliés, étaient posés sur son lit. En prévision du lendemain, il les rangea dans son sac, puis il y ajouta ses livres préférés et son matériel de dessin.
D’un regard circulaire, il balaya la pièce à la recherche des objets qu’il souhaitait emporter avec lui. Il tassa l’ours mauve par-dessus les crayons d’aquarelle. Ensuite, il ôta ses chaussures et monta sur sa chaise. Avec précaution, il décolla les étoiles fluorescentes du plafond pour les glisser dans sa trousse.
Après un dernier regard à sa chambre, il se dit qu’en fin de compte, il lui faudrait remercier son professeur. À présent, il ne serait plus contraint de subir ces week-ends moroses dans une famille qui, manifestement, ne voulait plus de lui.
— Je n’en ai pas parlé parce que c’est le samedi. Je ne peux pas y aller vu que je reviens ici.
— Il te faut faire des sacrifices si tu ne veux pas avoir les mêmes problèmes que l’an dernier. Tu resteras chez ta tante le week-end jusqu’à ce que tes notes repassent au-dessus de douze.
— D’accord.
Corentin était incapable de répondre autre chose. Le mot sacrifice dans les paroles de son père l’avait choqué. Il connaissait l’importance accordée aux études pour ses parents, mais rien ne laissait présager qu’ils iraient jusqu’à lui imposer un éloignement de la maison familiale.
S’il n’avait eu aussi faim, il serait volontiers monté dans sa chambre avant la fin du dîner. Il se contenta de ne plus décrocher un mot jusqu’à la dernière cuillerée de yaourt.
Alors que ses parents prirent place dans le canapé avec son frère, Corentin retourna dans sa chambre. Ses vêtements, propres et bien pliés, étaient posés sur son lit. En prévision du lendemain, il les rangea dans son sac, puis il y ajouta ses livres préférés et son matériel de dessin.
D’un regard circulaire, il balaya la pièce à la recherche des objets qu’il souhaitait emporter avec lui. Il tassa l’ours mauve par-dessus les crayons d’aquarelle. Ensuite, il ôta ses chaussures et monta sur sa chaise. Avec précaution, il décolla les étoiles fluorescentes du plafond pour les glisser dans sa trousse.
Après un dernier regard à sa chambre, il se dit qu’en fin de compte, il lui faudrait remercier son professeur. À présent, il ne serait plus contraint de subir ces week-ends moroses dans une famille qui, manifestement, ne voulait plus de lui.
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vendredi 19 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 10
La fin du dimanche après-midi était le moment que Corentin haïssait le plus. Il avait passé tout son temps à gribouiller et à tenter d’expliquer le revirement dans l’attitude de Gwenaëlle. Une fois de plus, il serait obligé de faire ses devoirs dans le train qui le ramerait à Rennes.
Le dîner ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices. L’adolescent appréhendait le moment où ses parents, inquiets de son mutisme, le questionneraient sans relâche. Entre sa rencontre avec Fabrice, les bizarreries de sa tante et ses résultats scolaires peu brillants, il craignait d’aborder un sujet délicat.
Conformément à ses prévisions, le gratin de courgettes n’eut pas le temps de refroidir dans son assiette que son père fit l’éloge des bonnes notes de Mathias.
— Et toi, demanda-t-il à l’ainé. Tu ne nous as toujours pas dit tes notes de la semaine.
— On nous a rien rendu.
— Tu es sûr ?
— Oui, répondit-il après une hésitation.
Le ton de Corentin manquait d’assurance. Son père lui semblait plus soupçonneux que d’habitude. Pourtant, il avait preuve de prudence et fait disparaitre toute trace des devoirs compromettants.
— Tu peux m’expliquer ce mot de M. Joly dans ton carnet. C’est ton professeur de mathématiques, il me semble.
Cette information était exacte, mais il ne voyait pas à quoi son père faisait référence. Ce dernier, devant l’air ahuri de son fils, poursuivit :
— Le mot dans ton carnet où il propose de te donner des cours de soutien le samedi matin.
L’image de son professeur de mathématique en train d’écrire dans son carnet de correspondance lui revint brutalement en mémoire. Il se souvenait surtout du ton aimable et conciliant qu’avait employé Joly pour lui suggérer de se rendre à ces cours supplémentaires.
Le dîner ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices. L’adolescent appréhendait le moment où ses parents, inquiets de son mutisme, le questionneraient sans relâche. Entre sa rencontre avec Fabrice, les bizarreries de sa tante et ses résultats scolaires peu brillants, il craignait d’aborder un sujet délicat.
Conformément à ses prévisions, le gratin de courgettes n’eut pas le temps de refroidir dans son assiette que son père fit l’éloge des bonnes notes de Mathias.
— Et toi, demanda-t-il à l’ainé. Tu ne nous as toujours pas dit tes notes de la semaine.
— On nous a rien rendu.
— Tu es sûr ?
— Oui, répondit-il après une hésitation.
Le ton de Corentin manquait d’assurance. Son père lui semblait plus soupçonneux que d’habitude. Pourtant, il avait preuve de prudence et fait disparaitre toute trace des devoirs compromettants.
— Tu peux m’expliquer ce mot de M. Joly dans ton carnet. C’est ton professeur de mathématiques, il me semble.
Cette information était exacte, mais il ne voyait pas à quoi son père faisait référence. Ce dernier, devant l’air ahuri de son fils, poursuivit :
— Le mot dans ton carnet où il propose de te donner des cours de soutien le samedi matin.
L’image de son professeur de mathématique en train d’écrire dans son carnet de correspondance lui revint brutalement en mémoire. Il se souvenait surtout du ton aimable et conciliant qu’avait employé Joly pour lui suggérer de se rendre à ces cours supplémentaires.
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mercredi 17 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 9
L’échange des récits onirique avait été un de leurs passe-temps préférés au collège, jusqu’à ce que Gwenaëlle s’intéresse aux fées et aux lutins. Redevenu attentif, Corentin la pria de continuer.
— J’étais dans le laboratoire de chimie qu’il y a au lycée, toute seule. J’essayai de lire les choses marquées sur le tableau, mais c’était une écriture très bizarre et j’avais beaucoup de mal.
— Ensuite ?
— J’ai pris un bécher qui était sur le bureau, j’ai prélevé un peu de poudre que j’ai mise dans un tube à essai. J’ai fait pareil avec le liquide d’un flacon marron, j’ai secoué, puis j’ai mis le tube à chauffer.
Ce qu’elle était en train de raconter ressemblait fortement à une expérience de chimie. Cette matière venait de faire son apparition dans leur emploi du temps, avec son lot de nouveau matériel et de combats d’eau distillée.
— Tu te souviens d’autre chose, à propos de ton rêve ?
— Oui, sur l’un des flacons l’étiquette disait : tourmentine. C’est un nom bizarre pour un produit chimique ?
— Oui, surtout que c’était dans ton livre sur les fées. Je me souviens que c’est une plante très moche qui égare les gens qui la croisent. On l’appelle aussi herbe d’oubli. Enfin, je crois…
Gwenaëlle semblait très dubitative.
— Je ne me souviens pas de cette plante, ni du livre dont tu parles. Tu penses que ça a un rapport avec mon rêve ?
— Sûrement, si tu l’as lu pendant ton sommeil.
Ce fut au tour de la jeune fille d’être perdue dans ses pensées. Son rêve l’intriguait, il était trop ordinaire et trop précis.
La matinée passa sans que l’un d’eux trouve un sujet de conversation assez prenant pour dissiper leurs interrogations respectives. Ils retournèrent donc chacun dans leurs familles après s’être promis de se retrouver à la gare le lundi matin.
— J’étais dans le laboratoire de chimie qu’il y a au lycée, toute seule. J’essayai de lire les choses marquées sur le tableau, mais c’était une écriture très bizarre et j’avais beaucoup de mal.
— Ensuite ?
— J’ai pris un bécher qui était sur le bureau, j’ai prélevé un peu de poudre que j’ai mise dans un tube à essai. J’ai fait pareil avec le liquide d’un flacon marron, j’ai secoué, puis j’ai mis le tube à chauffer.
Ce qu’elle était en train de raconter ressemblait fortement à une expérience de chimie. Cette matière venait de faire son apparition dans leur emploi du temps, avec son lot de nouveau matériel et de combats d’eau distillée.
— Tu te souviens d’autre chose, à propos de ton rêve ?
— Oui, sur l’un des flacons l’étiquette disait : tourmentine. C’est un nom bizarre pour un produit chimique ?
— Oui, surtout que c’était dans ton livre sur les fées. Je me souviens que c’est une plante très moche qui égare les gens qui la croisent. On l’appelle aussi herbe d’oubli. Enfin, je crois…
Gwenaëlle semblait très dubitative.
— Je ne me souviens pas de cette plante, ni du livre dont tu parles. Tu penses que ça a un rapport avec mon rêve ?
— Sûrement, si tu l’as lu pendant ton sommeil.
Ce fut au tour de la jeune fille d’être perdue dans ses pensées. Son rêve l’intriguait, il était trop ordinaire et trop précis.
La matinée passa sans que l’un d’eux trouve un sujet de conversation assez prenant pour dissiper leurs interrogations respectives. Ils retournèrent donc chacun dans leurs familles après s’être promis de se retrouver à la gare le lundi matin.
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lundi 15 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 8
Les suivants à faire les frais de ses remarques acerbes furent les plus anciens professeurs de son lycée, surnommés les trois Parques.
— Pourquoi vous les appelez comme ça ?
— Tu ne connais pas les trois fileuses de vie de la mythologie grecque ?
— Non.
Elle leva les yeux au ciel et expliqua, sur un ton quelque peu prétentieux, qui était les Parques.
— Ce sont trois très vieilles femmes, elles s’occupent du fil de la vie et du destin. Il y a Clotho, Lachésis et Atropos.
— Quel est le rapport avec tes profs ?
— Ils sont trois, ils sont vieux et tout le monde les déteste.
Les nouvelles connaissances de la jeune fille en mythologie surprirent Corentin. Déboussolé par ce changement, il lui demanda si elle s’était fait de nouveaux amis, espérant qu’elle aborderait sa relation avec Fabrice.
— Pour le moment non, j’ai discuté avec la fille qui partage ma chambre, mais elle niaise. Il y une autre fille qui est dans ma classe. Elle est plutôt intelligente, mais c’est une vraie pimbêche.
— Elle s’appelle comment ?
— Émilie.
Le lien entre l’amie dont sa tante avait parlé et cette pimbêche s’imposa à son esprit. Pourtant, le portrait que Gwenaëlle en faisait ne correspondait pas avec celui d’une amie.
Cette discussion avait quelque chose d’étrange. L’adolescent ne parvenait pas identifier la source de cette impression. Il essaya de le mettre de côté afin de profiter de cette agréable matinée avec son amie, mais rien n’y fit.
— J’ai fait un drôle de rêve cette nuit, commença-t-elle.
— Pourquoi vous les appelez comme ça ?
— Tu ne connais pas les trois fileuses de vie de la mythologie grecque ?
— Non.
Elle leva les yeux au ciel et expliqua, sur un ton quelque peu prétentieux, qui était les Parques.
— Ce sont trois très vieilles femmes, elles s’occupent du fil de la vie et du destin. Il y a Clotho, Lachésis et Atropos.
— Quel est le rapport avec tes profs ?
— Ils sont trois, ils sont vieux et tout le monde les déteste.
Les nouvelles connaissances de la jeune fille en mythologie surprirent Corentin. Déboussolé par ce changement, il lui demanda si elle s’était fait de nouveaux amis, espérant qu’elle aborderait sa relation avec Fabrice.
— Pour le moment non, j’ai discuté avec la fille qui partage ma chambre, mais elle niaise. Il y une autre fille qui est dans ma classe. Elle est plutôt intelligente, mais c’est une vraie pimbêche.
— Elle s’appelle comment ?
— Émilie.
Le lien entre l’amie dont sa tante avait parlé et cette pimbêche s’imposa à son esprit. Pourtant, le portrait que Gwenaëlle en faisait ne correspondait pas avec celui d’une amie.
Cette discussion avait quelque chose d’étrange. L’adolescent ne parvenait pas identifier la source de cette impression. Il essaya de le mettre de côté afin de profiter de cette agréable matinée avec son amie, mais rien n’y fit.
— J’ai fait un drôle de rêve cette nuit, commença-t-elle.
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vendredi 12 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 7
Fidèle à son habitude, Gwenaëlle escalada les premières branches et se hissa sur une large fourche. Lorsque son ami la rejoignit avec quelques difficultés, elle éclata de rire :
— Tu as peut-être grandi, mais je reste la plus agile.
L’adolescent ne répondit rien. Il se contenta de tendre la main pour récolter une poignée de feuilles qu’il fait glisser sur ses cheveux.
Elle couina en peignant sa queue de cheval, puis se remit à rire.
— Je suis contente de revenir ici, ça change complètement du lycée.
— Pourtant, toi au moins tu n’es pas en centre-ville. Tu vois de vrais arbres par la fenêtre.
Elle soupira.
— Je ne parlais pas de la forêt, ce qui me manque c’est le calme. Avec l’internat, je suis tout le temps entourée d’autres filles. À la longue, c’est saoulant. Et puis leurs uniformes sont nuls, la jupe est ringarde et le blazer gratte.
Corentin compatit, ce qui eut pour effet d’ouvrir les vannes du ressentiment de la jeune fille. Elle détestait les vieux bâtiments de son lycée, ceux dont le parquet grinçait, les fenêtres laissaient passer les courants d’air et l’escalier en colimaçon ne permettait pas de se croiser.
— Heureusement qu’il fait encore doux, mais cet hiver, avec les plafonds super hauts, on va se geler. Le pire, c’est que les nouvelles salles sont encore en construction. Ils n’auront pas terminé avant le printemps.
Après les locaux, Gwenaëlle s’attaqua aux professeurs. Elle traita l’adjointe du proviseur de vieille bique affublée de lunettes aux montures dorées. Ce détail vestimentaire servait de catalyseur à sa hargne. L’adolescent était persuadé d’avoir déjà entendu ces moqueries. Cependant, il garda le silence afin de ne pas entacher leurs retrouvailles de commentaires stériles.
— Tu as peut-être grandi, mais je reste la plus agile.
L’adolescent ne répondit rien. Il se contenta de tendre la main pour récolter une poignée de feuilles qu’il fait glisser sur ses cheveux.
Elle couina en peignant sa queue de cheval, puis se remit à rire.
— Je suis contente de revenir ici, ça change complètement du lycée.
— Pourtant, toi au moins tu n’es pas en centre-ville. Tu vois de vrais arbres par la fenêtre.
Elle soupira.
— Je ne parlais pas de la forêt, ce qui me manque c’est le calme. Avec l’internat, je suis tout le temps entourée d’autres filles. À la longue, c’est saoulant. Et puis leurs uniformes sont nuls, la jupe est ringarde et le blazer gratte.
Corentin compatit, ce qui eut pour effet d’ouvrir les vannes du ressentiment de la jeune fille. Elle détestait les vieux bâtiments de son lycée, ceux dont le parquet grinçait, les fenêtres laissaient passer les courants d’air et l’escalier en colimaçon ne permettait pas de se croiser.
— Heureusement qu’il fait encore doux, mais cet hiver, avec les plafonds super hauts, on va se geler. Le pire, c’est que les nouvelles salles sont encore en construction. Ils n’auront pas terminé avant le printemps.
Après les locaux, Gwenaëlle s’attaqua aux professeurs. Elle traita l’adjointe du proviseur de vieille bique affublée de lunettes aux montures dorées. Ce détail vestimentaire servait de catalyseur à sa hargne. L’adolescent était persuadé d’avoir déjà entendu ces moqueries. Cependant, il garda le silence afin de ne pas entacher leurs retrouvailles de commentaires stériles.
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mercredi 10 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 6
Gwenaëlle en avait profité pour prendre de l’avance. Sa silhouette menue commençait déjà à rétrécir tout au bout de la route. Corentin ne la reconnut que grâce à sa queue de cheval blonde et au cadre rouge métallisé de son vélo.
Elle aussi semblait avoir grandi. Son pantalon de sport remontait sur ses chevilles et sa veste découvrait ses poignets. Pourtant, elle ne semblait pas se préoccuper de son apparence. Ce détachement ne correspondait pas avec l’attitude de jeune fille élégante qu’elle affectait les rares fois où il l’avait croisé.
À sa décharge, l’uniforme imposé par l’établissement qu’elle fréquentait se composait d’une jupe plissée et un chemisier des plus classiques. La fantaisie et le laisser-aller vestimentaire étaient sévèrement réprimés dans son lycée catholique.
En essayant de la rattraper, Corentin se rendit compte qu’elle n’avait rien perdu de son coup de pédale. Il ne réussit à la dépasser que lorsqu’ils arrivèrent en lisière du bois de Guibenais. C’était là qu’ils avaient pris l’habitude de faire leurs promenades à vélo.
Malheureusement pour leurs vêtements, la pluie avait transformé les sentiers forestiers en bourbiers. Chacune des roues soulevait une gerbe de particules de terre, quand ils ne roulaient pas dans une flaque. Plutôt que de pédaler dans la boue, les deux adolescents quittèrent le sentier pour s’aventurer entre les arbres.
Le bruit des feuilles et des brindilles écrasées remplaça celui des éclaboussures. Arrivé en bordure d’une clairière, Corentin ralentit. Derrière lui Gwenaëlle s’arrêta carrément et coucha son vélo sur un buisson. Elle se dirigea alors vers l’arbre qui occupait le centre de la clairière.
Corentin l’y rejoignit juste après. Cet arbre avait été leur théâtre de jeu quand ils éprouvaient le besoin de s’éloigner de leurs familles respectives. Ils y avaient construit une cabane de planches, mais le vent l’avait arrachée depuis longtemps.
Elle aussi semblait avoir grandi. Son pantalon de sport remontait sur ses chevilles et sa veste découvrait ses poignets. Pourtant, elle ne semblait pas se préoccuper de son apparence. Ce détachement ne correspondait pas avec l’attitude de jeune fille élégante qu’elle affectait les rares fois où il l’avait croisé.
À sa décharge, l’uniforme imposé par l’établissement qu’elle fréquentait se composait d’une jupe plissée et un chemisier des plus classiques. La fantaisie et le laisser-aller vestimentaire étaient sévèrement réprimés dans son lycée catholique.
En essayant de la rattraper, Corentin se rendit compte qu’elle n’avait rien perdu de son coup de pédale. Il ne réussit à la dépasser que lorsqu’ils arrivèrent en lisière du bois de Guibenais. C’était là qu’ils avaient pris l’habitude de faire leurs promenades à vélo.
Malheureusement pour leurs vêtements, la pluie avait transformé les sentiers forestiers en bourbiers. Chacune des roues soulevait une gerbe de particules de terre, quand ils ne roulaient pas dans une flaque. Plutôt que de pédaler dans la boue, les deux adolescents quittèrent le sentier pour s’aventurer entre les arbres.
Le bruit des feuilles et des brindilles écrasées remplaça celui des éclaboussures. Arrivé en bordure d’une clairière, Corentin ralentit. Derrière lui Gwenaëlle s’arrêta carrément et coucha son vélo sur un buisson. Elle se dirigea alors vers l’arbre qui occupait le centre de la clairière.
Corentin l’y rejoignit juste après. Cet arbre avait été leur théâtre de jeu quand ils éprouvaient le besoin de s’éloigner de leurs familles respectives. Ils y avaient construit une cabane de planches, mais le vent l’avait arrachée depuis longtemps.
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lundi 8 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 5
Ce fut le soleil filtrant de sous les volets qui réveillèrent Corentin. Il se retourna afin d’échapper aux rayons, mais finit par abandonner ses envies de grasse matinée et quitter la tiédeur de sa couette. Un rapide calcul basé sur l’heure qu’indiquait son réveil lui apprit qu’il avait dormi près de douze heures.
Une sensation lancinante au creux de l’estomac lui rappela qu’il n’avait rien mangé depuis le déjeuner de la veille. Il descendit donc dans la cuisine avec l’espoir que Mathias, son jeune frère, n’ait pas mangé tous les biscuits.
L’adolescent affamé eut la surprise de trouver la cuisine vide et le paquet de cookies plein. Par la fenêtre, il aperçut son père en train de désherber le potager. Avant d’aller le voir, Corentin préféra faire un sort aux biscuits qu’il accompagna de lait froid.
Après avoir enfilé les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main, il sortit de la maison. À peine était-il arrivé dans le jardin qu’une sonnette de vélo tinta à l’autre bout de l’allée. Surpris, il vit Gwenaëlle pédaler furieusement dans sa direction.
Pour la première fois depuis la fin des grandes vacances, elle venait le voir avec son VTT. Cependant, elle l’interpella comme s’ils s’étaient quittés la veille :
— Corentin ! Tu as le temps pour une ballade à vélo ?
— Oui, balbutia-t-il incrédule.
Ses souhaits venaient d’être exhaussés : son amie était redevenue elle-même. Il se hâta d’aller décrocher son propre VTT pendu dans le garage et de la rejoindre.
Une sensation lancinante au creux de l’estomac lui rappela qu’il n’avait rien mangé depuis le déjeuner de la veille. Il descendit donc dans la cuisine avec l’espoir que Mathias, son jeune frère, n’ait pas mangé tous les biscuits.
L’adolescent affamé eut la surprise de trouver la cuisine vide et le paquet de cookies plein. Par la fenêtre, il aperçut son père en train de désherber le potager. Avant d’aller le voir, Corentin préféra faire un sort aux biscuits qu’il accompagna de lait froid.
Après avoir enfilé les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main, il sortit de la maison. À peine était-il arrivé dans le jardin qu’une sonnette de vélo tinta à l’autre bout de l’allée. Surpris, il vit Gwenaëlle pédaler furieusement dans sa direction.
Pour la première fois depuis la fin des grandes vacances, elle venait le voir avec son VTT. Cependant, elle l’interpella comme s’ils s’étaient quittés la veille :
— Corentin ! Tu as le temps pour une ballade à vélo ?
— Oui, balbutia-t-il incrédule.
Ses souhaits venaient d’être exhaussés : son amie était redevenue elle-même. Il se hâta d’aller décrocher son propre VTT pendu dans le garage et de la rejoindre.
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vendredi 5 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 4
Après avoir échangé brièvement sur les dernières nouvelles, un lourd silence s’installa dans la voiture. Depuis son départ de la maison, un fossé s’était creusé entre Corentin et sa famille restée à Trégouët. Jamais il n’aurait songé à leur parler de ses étranges dessins ou du comportement de Gwenaëlle. Il ne lui restait alors que le quotidien morne de son lycée rennais et ses résultats scolaires pas aussi brillants que ses parents le souhaiteraient.
Plutôt que devoir raconter une seconde fois sa semaine, en prenant soin de ne pas mentionner qu’il avait essayé d’exorciser un autre lycéen, il prétexta une grande fatigue pour monter directement se coucher. Il n’eut pas besoin de faire preuve de grands talents de comédien. Il était effectivement très fatigué. Sa croissance accélérée l’épuisait et les rêveries dont émergeaient ses dessins le rendaient apathique.
Dans le cadre familier de sa chambre, il ne lui fallut pas longtemps avant de trouver le sommeil. Les étoiles en pâte fluorescente qu’il avait collées au plafond veillaient sur lui de leur luminescence jaunâtre. Autour de lui, les ombres familières de son dragon en plastique et du vilain ours mauve offert par Gwenaëlle trois ans auparavant le protégèrent des mauvais songes.
Plutôt que devoir raconter une seconde fois sa semaine, en prenant soin de ne pas mentionner qu’il avait essayé d’exorciser un autre lycéen, il prétexta une grande fatigue pour monter directement se coucher. Il n’eut pas besoin de faire preuve de grands talents de comédien. Il était effectivement très fatigué. Sa croissance accélérée l’épuisait et les rêveries dont émergeaient ses dessins le rendaient apathique.
Dans le cadre familier de sa chambre, il ne lui fallut pas longtemps avant de trouver le sommeil. Les étoiles en pâte fluorescente qu’il avait collées au plafond veillaient sur lui de leur luminescence jaunâtre. Autour de lui, les ombres familières de son dragon en plastique et du vilain ours mauve offert par Gwenaëlle trois ans auparavant le protégèrent des mauvais songes.
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mercredi 3 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 3
Il s’était tenu à sa restriction de ne dessiner que des objets réels jusqu’à la rentrée. Lorsque Gwen, qui était son principal modèle, disparut, il avait commencé à voir des serpents apparaître sous la pointe de son crayon. Il y en avait d’abord eu un gros et un petit, mais plus les semaines passaient, plus le petit serpent prenait de l’ampleur.
Corentin avait le sentiment que ce qui arrivait à Gwenaëlle était lié à ces serpents. À force d’être muselée, son imagination s’était forgé des codes qu’il était incapable de comprendre. Il s’était donc rabattu sur le peu d’explications logiques dont il disposait pour expliquer l’attitude de son amie.
Bien qu’elle ne soit pas allée dans le même lycée que lui, il avait entendu des rumeurs à son sujet. Celles-ci faisaient état de sa relation avec Fabrice. L’adolescent en avait déduit naïvement que Fabrice était partie intégrante de l’histoire de magie dont Gwenaëlle lui avait parlé.
Toutes les théories qu’il avait échafaudées à propos de ce garçon étaient tombées à l’eau quand sa tentative d’exorcisme avait échoué. Fabrice n’avait rien d’un adepte de la magie noire ; son comportement face aux manifestations bizarres qui avaient eu lieu chez sa tante en était une preuve suffisante.
Il était encore trop tôt pour que Corentin sache s’il serait un allié fiable. Après tout, il ne s’était pas manifesté au cours de la fin de la semaine. Avant que l’adolescent n’ait le temps d’approfondir ses réflexions, le break vert sombre conduit par son père déboucha sur le parking. Pressé de rentrer chez lui, il sortit en trombe de la gare et sauta dans le véhicule.
Corentin avait le sentiment que ce qui arrivait à Gwenaëlle était lié à ces serpents. À force d’être muselée, son imagination s’était forgé des codes qu’il était incapable de comprendre. Il s’était donc rabattu sur le peu d’explications logiques dont il disposait pour expliquer l’attitude de son amie.
Bien qu’elle ne soit pas allée dans le même lycée que lui, il avait entendu des rumeurs à son sujet. Celles-ci faisaient état de sa relation avec Fabrice. L’adolescent en avait déduit naïvement que Fabrice était partie intégrante de l’histoire de magie dont Gwenaëlle lui avait parlé.
Toutes les théories qu’il avait échafaudées à propos de ce garçon étaient tombées à l’eau quand sa tentative d’exorcisme avait échoué. Fabrice n’avait rien d’un adepte de la magie noire ; son comportement face aux manifestations bizarres qui avaient eu lieu chez sa tante en était une preuve suffisante.
Il était encore trop tôt pour que Corentin sache s’il serait un allié fiable. Après tout, il ne s’était pas manifesté au cours de la fin de la semaine. Avant que l’adolescent n’ait le temps d’approfondir ses réflexions, le break vert sombre conduit par son père déboucha sur le parking. Pressé de rentrer chez lui, il sortit en trombe de la gare et sauta dans le véhicule.
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lundi 1 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 2
Lorsqu’il était à la maternelle, il avait représenté la maison d’un autre enfant de sa classe en proie aux flammes. La maitresse lui avait trouvé une grande capacité d’imagination qu’elle attribua à la télévision. Il lui expliqua alors que cette image était dans sa tête et pas dans l’écran, mais elle n’y prêta pas attention.
L’incendie représenté dans le dessin eut lieu la nuit suivante. La maison fut totalement dévastée par les flammes et ce fut un miracle que personne ne meure. Cependant, son petit camarade souffrait d’une intoxication à la fumée. Il dut passer une semaine entière à l’hôpital.
Corentin fut le seul à faire le lien entre cet incident et le dessin qu’il avait réalisé. Cette sinistre concordance lui inspira d’autant plus de peur qu’il appréciait beaucoup le garçon qui en avait été victime. Ne comprenant pas les forces qui étaient en jeu, il s’imagina être responsable de l’incendie. La crainte de provoquer à nouveau des incidents de ce type le poussa à s’isoler des autres enfants et à garder le secret sur ses pressentiments.
La seule et unique personne avec laquelle il se lia durant son enfance était Gwenaëlle. Après avoir vu quelques gribouillages, elle le supplia de dessiner pour elle. Elle insista tant et si bien qu’il finit par céder, mais il se limita à ne représenter que des objets réels.
Encouragée par son amie, sa passion pour le dessin ne fit que croître au cours des années. Il en vint même à acquérir une grande habileté à représenter le monde qui l’entourait. Au fil des années, il était devenu le garçon qui dessine au fond de la classe. Ses années de solitude forcée l’avaient rendu transparent et seule son habileté à manier le crayon lui évitait de sombrer dans l’invisibilité la plus totale.
L’incendie représenté dans le dessin eut lieu la nuit suivante. La maison fut totalement dévastée par les flammes et ce fut un miracle que personne ne meure. Cependant, son petit camarade souffrait d’une intoxication à la fumée. Il dut passer une semaine entière à l’hôpital.
Corentin fut le seul à faire le lien entre cet incident et le dessin qu’il avait réalisé. Cette sinistre concordance lui inspira d’autant plus de peur qu’il appréciait beaucoup le garçon qui en avait été victime. Ne comprenant pas les forces qui étaient en jeu, il s’imagina être responsable de l’incendie. La crainte de provoquer à nouveau des incidents de ce type le poussa à s’isoler des autres enfants et à garder le secret sur ses pressentiments.
La seule et unique personne avec laquelle il se lia durant son enfance était Gwenaëlle. Après avoir vu quelques gribouillages, elle le supplia de dessiner pour elle. Elle insista tant et si bien qu’il finit par céder, mais il se limita à ne représenter que des objets réels.
Encouragée par son amie, sa passion pour le dessin ne fit que croître au cours des années. Il en vint même à acquérir une grande habileté à représenter le monde qui l’entourait. Au fil des années, il était devenu le garçon qui dessine au fond de la classe. Ses années de solitude forcée l’avaient rendu transparent et seule son habileté à manier le crayon lui évitait de sombrer dans l’invisibilité la plus totale.
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vendredi 29 janvier 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 1
La nuit était déjà tombée quand le TER arriva à la gare de Saint-Méen. En voyant les lampes orange qui illuminaient le quai, Corentin éteignit son baladeur. Il vérifia que le nom inscrit sur le panneau bleu était bien celui de sa destination, puis se précipita hors du wagon.
Une fois sur le quai, il rangea son baladeur dans la poche de son sac à dos. De là où il se trouvait, il pouvait apercevoir le parking. Aucun des véhicules qui y étaient garés ne ressemblait à la voiture de ses parents. La température ayant encore fraichi depuis les violents orages du milieu de semaine, il prit la direction de la salle d’attente de la gare.
Cette portion de la ligne entre Rennes et Saint-Brieuc ne desservait que des villages et, par conséquent, elle n’était pas très fréquentée. Il n’y avait que deux autres personnes assises sur les sièges en métal perforé de la salle d’attente. Ces deux jeunes étaient trop occupés à s’embrasser pour faire attention à lui. L’adolescent reconnut la fille. Ils avaient été dans le même collège et déjà à l’époque elle ne passait pas inaperçue avec ses cheveux orange et ses bijoux clinquants.
Les personnes qui mettaient leur singularité en avant, que ce soit par leur comportement ou par leur apparence, exerçaient une sorte de fascination sur lui. Corentin s’était toujours efforcé d’être discret, par peur plutôt que par timidité.
Une fois sur le quai, il rangea son baladeur dans la poche de son sac à dos. De là où il se trouvait, il pouvait apercevoir le parking. Aucun des véhicules qui y étaient garés ne ressemblait à la voiture de ses parents. La température ayant encore fraichi depuis les violents orages du milieu de semaine, il prit la direction de la salle d’attente de la gare.
Cette portion de la ligne entre Rennes et Saint-Brieuc ne desservait que des villages et, par conséquent, elle n’était pas très fréquentée. Il n’y avait que deux autres personnes assises sur les sièges en métal perforé de la salle d’attente. Ces deux jeunes étaient trop occupés à s’embrasser pour faire attention à lui. L’adolescent reconnut la fille. Ils avaient été dans le même collège et déjà à l’époque elle ne passait pas inaperçue avec ses cheveux orange et ses bijoux clinquants.
Les personnes qui mettaient leur singularité en avant, que ce soit par leur comportement ou par leur apparence, exerçaient une sorte de fascination sur lui. Corentin s’était toujours efforcé d’être discret, par peur plutôt que par timidité.
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mercredi 27 janvier 2010
Illustration de Fabrice en noir et blanc
Voici une version n&b de l'illustration de Fabrice de décembre. Pour ceux que les questions techniques intéressent, elle a été encrée à la main, enfin plutôt au pinceau et à l'encre de Chine.
lundi 25 janvier 2010
Les encyclopédies de Pierre Dubois
Puisque j'ai reçu deux de ses encyclopédies pour Noël, je tenais à parler de ce fameux elficologue qu'est Pierre Dubois.
Mon inclinaison pour le merveilleux tient sans doute de ma lecture intensive de sa grande encyclopédie des lutins. A une époque lointaine, je la connaissais presque par cœur. J'ai donc été folle de joie de la trouver dans mes cadeaux cette année. En bonus, j'ai aussi reçu la grande encyclopédie des elfes, classés en fonction de leur degré de méchanceté (un elfe tel que le "love talker" peut être très très vilain).
Ce fut un plaisir de me replonger dans les textes à la fois étranges et poétiques de Pierre Dubois, mais aussi dans les superbes illustrations de Claudine&Roland Sabatier.

Mon inclinaison pour le merveilleux tient sans doute de ma lecture intensive de sa grande encyclopédie des lutins. A une époque lointaine, je la connaissais presque par cœur. J'ai donc été folle de joie de la trouver dans mes cadeaux cette année. En bonus, j'ai aussi reçu la grande encyclopédie des elfes, classés en fonction de leur degré de méchanceté (un elfe tel que le "love talker" peut être très très vilain).
Ce fut un plaisir de me replonger dans les textes à la fois étranges et poétiques de Pierre Dubois, mais aussi dans les superbes illustrations de Claudine&Roland Sabatier.

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vendredi 22 janvier 2010
Éveil n°1 : Lucioles
Il y a quelques temps déjà, j'avais parlé des fanzines édités par Transition (ici). Comme je me suis procuré le premier numéro d'Éveil, je tenais à vous faire partager ma lecture.
Le thème de ce numéro est "Lucioles", il est développé à travers 3 nouvelles. Viennent ensuite 2 nouvelles dites libres et quelques illustrations (couleurs et noir&blanc).
C'est un joli conte intitulé "La luciole de la Génébrière" qui ouvre la partie"Lucioles". Lionel Gaïna dépeint avec poésie,et une pointe d'originalité le récit d'une aventure féérique, incluant bien évidemment une luciole-fée. J'ai trouvé que c'était une lecture agréable, idéale pour entrer dans l'univers d'Éveil.
Le second texte, écrit par Hans Delrue, est sans doute ma préférée. Très justement nommée, "Les importunes" raconte sans complaisante les tourments d'un homme âgé que des lucioles viennent importuner. L'incursion de la féérie est intéressante, bien implantée dans l'histoire et prétexte à la réflexion.
La nouvelle "Le feu de l'être" de Madeleine Dufranne vient clore la partie thématique. Je dois reconnaître que mon avis sur ce texte est partagé. Au départ, je l'ai trouvé trop classique. Le héros mal-aimé, persécuté même, affublé de lunettes et d'un surnom ridicule ne me fait pas vibrer. Pourtant, je me suis accroché, en dépit d'une narration que j'ai trouvé maladroite, et je ne l'ai pas regretté. A partir du moment où l'histoire s'accélère, tout devient beaucoup plus fluide. L'idée sur laquelle l'auteure a basé sa nouvelle est originale et m'a vraiment plu.
Pour la partie libre, c'est Léa Silva qui commence avec "Père et fils", une jolie nouvelle qui donne la parole à ses deux protagonistes. Cette astuce permet d'apporter une dose supplémentaire d'émotion et de mettre en lumière les faiblesses des personnages. Cependant, elle m'a laissé sur ma faim quant à leur devenir.
Le fanzine s'achève sur la nouvelle la plus atypique de ce numéro, "Un dimanche à moitié" de Cécile Goguely. A l'inverse de "Le feu de l'être", la narration est accrocheuse, mais au fil des pages, le texte devient de plus en plus bizarre. Je suppose que la fin, complètement loufoque, doit séduire les adeptes de la mise en abîme et de l'absurde, ce qui n'est pas mon cas.
D'un point de vue technique, le fanzine est une réussite. Une maquette superbe, pas l'ombre d'une coquille et une impression soignée. Je déplore juste le côté "amateur" de certaines illustrations, mais ça reste compréhensible, Éveil n'est pas un fanzine consacré au dessin.
Bien qu'initialement, la ligne directrice d'Éveil ne m'attire pas autant que celle de Pénombre, j'ai été conquise par mon achat. La barre va être placée très haut pour le second numéro, dont le thème sera "Au fil de l'eau".
En attendant, j'ai l'intention de me procurer le premier numéro de Pénombre qui est sorti le mois dernier. Par contre, la critique attendra la fin du deuxième chapitre de Limonade.
Le thème de ce numéro est "Lucioles", il est développé à travers 3 nouvelles. Viennent ensuite 2 nouvelles dites libres et quelques illustrations (couleurs et noir&blanc).
C'est un joli conte intitulé "La luciole de la Génébrière" qui ouvre la partie"Lucioles". Lionel Gaïna dépeint avec poésie,et une pointe d'originalité le récit d'une aventure féérique, incluant bien évidemment une luciole-fée. J'ai trouvé que c'était une lecture agréable, idéale pour entrer dans l'univers d'Éveil.
Le second texte, écrit par Hans Delrue, est sans doute ma préférée. Très justement nommée, "Les importunes" raconte sans complaisante les tourments d'un homme âgé que des lucioles viennent importuner. L'incursion de la féérie est intéressante, bien implantée dans l'histoire et prétexte à la réflexion.
La nouvelle "Le feu de l'être" de Madeleine Dufranne vient clore la partie thématique. Je dois reconnaître que mon avis sur ce texte est partagé. Au départ, je l'ai trouvé trop classique. Le héros mal-aimé, persécuté même, affublé de lunettes et d'un surnom ridicule ne me fait pas vibrer. Pourtant, je me suis accroché, en dépit d'une narration que j'ai trouvé maladroite, et je ne l'ai pas regretté. A partir du moment où l'histoire s'accélère, tout devient beaucoup plus fluide. L'idée sur laquelle l'auteure a basé sa nouvelle est originale et m'a vraiment plu.
Pour la partie libre, c'est Léa Silva qui commence avec "Père et fils", une jolie nouvelle qui donne la parole à ses deux protagonistes. Cette astuce permet d'apporter une dose supplémentaire d'émotion et de mettre en lumière les faiblesses des personnages. Cependant, elle m'a laissé sur ma faim quant à leur devenir.
Le fanzine s'achève sur la nouvelle la plus atypique de ce numéro, "Un dimanche à moitié" de Cécile Goguely. A l'inverse de "Le feu de l'être", la narration est accrocheuse, mais au fil des pages, le texte devient de plus en plus bizarre. Je suppose que la fin, complètement loufoque, doit séduire les adeptes de la mise en abîme et de l'absurde, ce qui n'est pas mon cas.
D'un point de vue technique, le fanzine est une réussite. Une maquette superbe, pas l'ombre d'une coquille et une impression soignée. Je déplore juste le côté "amateur" de certaines illustrations, mais ça reste compréhensible, Éveil n'est pas un fanzine consacré au dessin.
Bien qu'initialement, la ligne directrice d'Éveil ne m'attire pas autant que celle de Pénombre, j'ai été conquise par mon achat. La barre va être placée très haut pour le second numéro, dont le thème sera "Au fil de l'eau".
En attendant, j'ai l'intention de me procurer le premier numéro de Pénombre qui est sorti le mois dernier. Par contre, la critique attendra la fin du deuxième chapitre de Limonade.
mercredi 20 janvier 2010
Chapitre 1 de Limonade - The end
Le premier chapitre de Limonade est terminé. J'espère qu'il vous aura donné envie de continuer à suivre les aventures de Corentin et Fabrice.
Après une courte pause avec des articles différents (critiques de fanzines, illustrations...), je vais attaquer la publication du deuxième chapitre.
Ceux qui ont envie de commencer la lecture de ce chapitre peuvent aller à l'épisode 1.
Après une courte pause avec des articles différents (critiques de fanzines, illustrations...), je vais attaquer la publication du deuxième chapitre.
Ceux qui ont envie de commencer la lecture de ce chapitre peuvent aller à l'épisode 1.
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lundi 18 janvier 2010
Chapitre 1 de Limonade - Episode 14
Le reste de la semaine fut à l’image de cette journée, terne et obscurci de dessins bizarres. De plus, Corentin ne vit Fabrice à aucune des pauses. Il était même allé jusqu’à se rendre sous l’auvent où s’abritaient les fumeurs du lycée, mais ne l’avait aperçu nulle part.
Il ne cessait de retourner dans son esprit les informations à propos des amies de Gwen qui se piquaient elles aussi de sorcellerie. Il avait tenté de la dessiner avec cette Émilie qui devait être sa meilleure amie. La description que sa tante en avait faite lui permit de réaliser un dessin d’elle.
Fabrice était le seul qui ait déjà vu Émilie, il aurait pu lui dire si le portrait qu’il en avait fait était ressemblant. Malheureusement, il était resté invisible depuis qu’il l’avait déposé en moto et Corentin n’osait pas demander à des inconnus s’ils savaient où le trouver.
La satisfaction de l’adolescent lorsque la semaine se termina enfin était grande. Après la fin de sa journée de cours, il rentra chez sa tante, prépara ses affaires et oublia volontairement son dernier contrôle de mathématique. La note qu’il avait obtenue était en dessous de la moyenne et c’était le genre de chose qui lui vaudrait les remontrances parentales.
Une fois son sac fermé, Corentin dévala l’escalier et sauta dans la vieille Renault de sa tante qui le déposa à la gare.
Il ne cessait de retourner dans son esprit les informations à propos des amies de Gwen qui se piquaient elles aussi de sorcellerie. Il avait tenté de la dessiner avec cette Émilie qui devait être sa meilleure amie. La description que sa tante en avait faite lui permit de réaliser un dessin d’elle.
Fabrice était le seul qui ait déjà vu Émilie, il aurait pu lui dire si le portrait qu’il en avait fait était ressemblant. Malheureusement, il était resté invisible depuis qu’il l’avait déposé en moto et Corentin n’osait pas demander à des inconnus s’ils savaient où le trouver.
La satisfaction de l’adolescent lorsque la semaine se termina enfin était grande. Après la fin de sa journée de cours, il rentra chez sa tante, prépara ses affaires et oublia volontairement son dernier contrôle de mathématique. La note qu’il avait obtenue était en dessous de la moyenne et c’était le genre de chose qui lui vaudrait les remontrances parentales.
Une fois son sac fermé, Corentin dévala l’escalier et sauta dans la vieille Renault de sa tante qui le déposa à la gare.
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vendredi 15 janvier 2010
Chapitre 1 de Limonade - Episode 13
Le lendemain matin, Corentin eut la surprise de devenir le centre de l’attention des élèves qui bavardaient devant le lycée lorsque Fabrice le déposa sur le trottoir. Après l’avoir salué d’un geste de la main, il se glissa dans le flot passant sous le portail métallique. Pour se rejoindre sa salle, il devait encore traverser l’espace goudronné et planté d’arbres malingres qui faisait office de cour.
Par habitude, il jet un regard au tableau où étaient inscrits les noms des professeurs absents. Il avait cessé d’espérer que son professeur de mathématiques y figure. Cependant, les chances qu’il soit dispensé des cours de géographie ou d’espagnol étaient loin d’être nulles.
Ne reconnaissant aucun nom familier au milieu des hiéroglyphes des surveillants, il gravit les marches quatre à quatre jusqu’au troisième étage. Dans le couloir, les portes des salles étaient toutes semblables. Seul le numéro écrit sur les murs beiges permettait de les différencier.
Arrivé devant la salle de mathématique 115, Corentin soupira. Il était le dernier à entrer et reçut comme punition de se placer au premier rang. Il eut néanmoins la possibilité de se placer à côté de la fenêtre donnant sur la cour.
Depuis le début de l’année, il n’avait pas fait preuve de beaucoup de talent en matière d’arithmétique. Pourtant, monsieur Joly, son professeur, refusait de le laisser décrocher. À plusieurs reprises, il avait surpris Corentin en train de dessiner au lieu de recopier le cours et l’avait gentiment réprimandé.
Devant tant de bonne volonté, l’adolescent avait fini par s’efforcer d’être un peu plus assidu, ou au moins de mieux cacher ses dessins. Mais il avait beau encadrer les formules en rouge, les identités remarquables refusaient de s’imprimer dans son cerveau. Les a, les b et les carrés étaient très vite remplacés par des serpents.
À la fin de la matinée, il en avait dessiné deux de plus, toujours entrelacés. Démoralisé par ces reptiles qui avaient colonisé son imaginaire, il laissa son regard se perdre dans les silhouettes décharnées des arbres de la cour. Il y en avait huit, sélectionné pour leur résistance plutôt que pour leur beauté. Au bout des branches fines subsistaient les dernières feuilles à avoir échappé à la tempête de la veille.
Par habitude, il jet un regard au tableau où étaient inscrits les noms des professeurs absents. Il avait cessé d’espérer que son professeur de mathématiques y figure. Cependant, les chances qu’il soit dispensé des cours de géographie ou d’espagnol étaient loin d’être nulles.
Ne reconnaissant aucun nom familier au milieu des hiéroglyphes des surveillants, il gravit les marches quatre à quatre jusqu’au troisième étage. Dans le couloir, les portes des salles étaient toutes semblables. Seul le numéro écrit sur les murs beiges permettait de les différencier.
Arrivé devant la salle de mathématique 115, Corentin soupira. Il était le dernier à entrer et reçut comme punition de se placer au premier rang. Il eut néanmoins la possibilité de se placer à côté de la fenêtre donnant sur la cour.
Depuis le début de l’année, il n’avait pas fait preuve de beaucoup de talent en matière d’arithmétique. Pourtant, monsieur Joly, son professeur, refusait de le laisser décrocher. À plusieurs reprises, il avait surpris Corentin en train de dessiner au lieu de recopier le cours et l’avait gentiment réprimandé.
Devant tant de bonne volonté, l’adolescent avait fini par s’efforcer d’être un peu plus assidu, ou au moins de mieux cacher ses dessins. Mais il avait beau encadrer les formules en rouge, les identités remarquables refusaient de s’imprimer dans son cerveau. Les a, les b et les carrés étaient très vite remplacés par des serpents.
À la fin de la matinée, il en avait dessiné deux de plus, toujours entrelacés. Démoralisé par ces reptiles qui avaient colonisé son imaginaire, il laissa son regard se perdre dans les silhouettes décharnées des arbres de la cour. Il y en avait huit, sélectionné pour leur résistance plutôt que pour leur beauté. Au bout des branches fines subsistaient les dernières feuilles à avoir échappé à la tempête de la veille.
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mercredi 13 janvier 2010
Chapitre 1 de Limonade - Episode 12
Fabrice poursuivit son explication.
— Quand j’ai dit sérieux, je voulais dire grave.
— Pourquoi ?
— Au début, il y avait juste ce type rencontré sur Internet. Maintenant, on a découvert qu’il y a au moins deux autres filles qui sont dans le même délire.
Avant de risquer une hypothèse, Corentin prit le temps de réfléchir.
— Elle a dû rencontrer des filles en pension qui lui ont parlé de magie. C’est comme ça qu’elle s’est retrouvée sur le forum.
— C’est aussi ce que je pense.
Corentin était soulagé d’avoir enfin quelqu’un à qui parler de ses inquiétudes à propos Gwen. Avant qu’elle ne sorte de son existence, il ne s’était jamais rendu compte qu’elle était la seule personne à laquelle il faisait confiance.
Les quelques copains qu’il avait au collège étaient allés dans un autre lycée et sa tante l’intimidait un peu avec son mode de vie excentrique. Il l’adorait, mais il avait du mal à lui parler de sa vie quotidienne.
Fabrice était bien la dernière personne à laquelle Corentin aurait imaginé se confier. L’adolescent trainait derrière lui une réputation de meneur et d’élève perturbateur. Il ne pouvait s’empêcher de se faire remarquer et l’on ne comptait pas les filles qui rêvaient de sortir avec lui.
— Quand j’ai dit sérieux, je voulais dire grave.
— Pourquoi ?
— Au début, il y avait juste ce type rencontré sur Internet. Maintenant, on a découvert qu’il y a au moins deux autres filles qui sont dans le même délire.
Avant de risquer une hypothèse, Corentin prit le temps de réfléchir.
— Elle a dû rencontrer des filles en pension qui lui ont parlé de magie. C’est comme ça qu’elle s’est retrouvée sur le forum.
— C’est aussi ce que je pense.
Corentin était soulagé d’avoir enfin quelqu’un à qui parler de ses inquiétudes à propos Gwen. Avant qu’elle ne sorte de son existence, il ne s’était jamais rendu compte qu’elle était la seule personne à laquelle il faisait confiance.
Les quelques copains qu’il avait au collège étaient allés dans un autre lycée et sa tante l’intimidait un peu avec son mode de vie excentrique. Il l’adorait, mais il avait du mal à lui parler de sa vie quotidienne.
Fabrice était bien la dernière personne à laquelle Corentin aurait imaginé se confier. L’adolescent trainait derrière lui une réputation de meneur et d’élève perturbateur. Il ne pouvait s’empêcher de se faire remarquer et l’on ne comptait pas les filles qui rêvaient de sortir avec lui.
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lundi 11 janvier 2010
Chapitre 1 de Limonade - Episode 11
Fabrice n’était pas le seul à se perdre dans un marécage de réflexions. Les yeux fixant le plafond dans l’obscurité, Corentin était rongé de questions qu’il n’osait pas poser. Le bruit de la pluie qui martelait le velux remplissait toute la chambre.
La lueur bleutée d’un éclair, suivie d’un grondement sourd, déchira l’obscurité. N’y tenant plus, l’adolescent finit par demander :
— Tu connais vraiment la meilleure amie de Gwen ?
Son compagnon qui tentait de trouver le sommeil sur le matelas grommela.
— Pas du tout. Je me souvenais d’avoir vu Gwen avec une grande brune, c’est tout. J’aurais aussi bien pu demander à ta tante si l’amie était une petite rousse.
— C’était du bluff.
— Un peu, mais c’était la façon la plus facile de savoir quelles sont les copines de Gwen qui s’intéressent à la magie.
Fabrice repoussa sa couverture et s’assit en tailleur.
— Je pense que ce que tu m’as raconté à propos de l’homme qu’a rencontré Gwenaëlle sur Internet est vraiment sérieux.
— Tu croyais que j’avais tout inventé, demanda Corentin blessé.
— Non, c’est une histoire trop bizarre pour que tu aies pu tout inventer, mentit Fabrice.
Lorsque Corentin lui avait parlé du magicien et de Gwen, il n’y avait pas cru. Il aurait fait semblant de croire n’importe quoi pour qu’il le laisse retourner chez lui. Depuis ce moment, il avait changé d’avis et le comportement de Gwenaëlle lui disait que quelque chose ne tournait pas rond.
La lueur bleutée d’un éclair, suivie d’un grondement sourd, déchira l’obscurité. N’y tenant plus, l’adolescent finit par demander :
— Tu connais vraiment la meilleure amie de Gwen ?
Son compagnon qui tentait de trouver le sommeil sur le matelas grommela.
— Pas du tout. Je me souvenais d’avoir vu Gwen avec une grande brune, c’est tout. J’aurais aussi bien pu demander à ta tante si l’amie était une petite rousse.
— C’était du bluff.
— Un peu, mais c’était la façon la plus facile de savoir quelles sont les copines de Gwen qui s’intéressent à la magie.
Fabrice repoussa sa couverture et s’assit en tailleur.
— Je pense que ce que tu m’as raconté à propos de l’homme qu’a rencontré Gwenaëlle sur Internet est vraiment sérieux.
— Tu croyais que j’avais tout inventé, demanda Corentin blessé.
— Non, c’est une histoire trop bizarre pour que tu aies pu tout inventer, mentit Fabrice.
Lorsque Corentin lui avait parlé du magicien et de Gwen, il n’y avait pas cru. Il aurait fait semblant de croire n’importe quoi pour qu’il le laisse retourner chez lui. Depuis ce moment, il avait changé d’avis et le comportement de Gwenaëlle lui disait que quelque chose ne tournait pas rond.
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vendredi 8 janvier 2010
Chapitre 1 de Limonade - Episode 10
Un désagréable sentiment de jalousie poussa Corentin à se désintéresser de la conversation. Il lui était difficile d’admettre qu’un garçon que Gwen ne fréquentait que depuis deux semaines la connaissait mieux que lui. Il lui était encore plus difficile d’accepter qu’elle n’avait plus de place pour lui dans sa nouvelle vie de lycéenne.
Ils s’étaient connus à la maternelle, liés par le fait de porter des prénoms traditionnels et d’habiter dans la même rue. Au fil des ans, cette proximité avait évolué en amitié et ils ne s’étaient plus quittés. Leur récente séparation le rendait malade.
Dès la fin du repas, Corentin prétexta une grande fatigue pour monter dans sa chambre. Abandonné à la bienveillante curiosité d’Évelyne, Fabrice n’en menait pas large. Il fit bonne figure pendant une dizaine de minutes, mais la perspicacité de son interlocutrice l’impressionnait. En désespoir de cause, il battit en retraite vers la chambre sous les toits.
Une fois là-haut, il trouva un pyjama et un matelas préparés à son attention. Corentin quant à lui était déjà couché. Perdu dans ses réflexions, il retourna dans la salle de bain pour se changer. Lorsqu’il revient, il n’eut droit qu’à un « bonne nuit » sec avant que la lumière ne s’éteigne.
Les changements de comportement de Corentin avaient le don de le surprendre. D’un autre côté, il lui était difficile d’imaginer ce que pouvait être la vie avec une tante voyante et un chat dément. La fin de journée avait été chargée pour tous les deux. Elle avait cependant permis de mettre en lumière des faits étranges concernant Gwen.
Ils s’étaient connus à la maternelle, liés par le fait de porter des prénoms traditionnels et d’habiter dans la même rue. Au fil des ans, cette proximité avait évolué en amitié et ils ne s’étaient plus quittés. Leur récente séparation le rendait malade.
Dès la fin du repas, Corentin prétexta une grande fatigue pour monter dans sa chambre. Abandonné à la bienveillante curiosité d’Évelyne, Fabrice n’en menait pas large. Il fit bonne figure pendant une dizaine de minutes, mais la perspicacité de son interlocutrice l’impressionnait. En désespoir de cause, il battit en retraite vers la chambre sous les toits.
Une fois là-haut, il trouva un pyjama et un matelas préparés à son attention. Corentin quant à lui était déjà couché. Perdu dans ses réflexions, il retourna dans la salle de bain pour se changer. Lorsqu’il revient, il n’eut droit qu’à un « bonne nuit » sec avant que la lumière ne s’éteigne.
Les changements de comportement de Corentin avaient le don de le surprendre. D’un autre côté, il lui était difficile d’imaginer ce que pouvait être la vie avec une tante voyante et un chat dément. La fin de journée avait été chargée pour tous les deux. Elle avait cependant permis de mettre en lumière des faits étranges concernant Gwen.
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mercredi 6 janvier 2010
Chapitre 1 de Limonade - Episode 9
Après avoir raccroché, Fabrice suivit Corentin jusqu’à la cuisine. Le babillage d’Évelyne occupa la totalité du temps qu’ils passèrent à table. Son attention était fixée sur Fabrice qui avait du mal à manger tout en répondant à ses questions.
— Corentin ne m’avait jamais parlé de toi, je suppose que vous ne vous connaissez pas depuis très longtemps tous les deux.
— C’est un peu difficile à expliquer, commença Corentin embarrassé.
— Je suis le petit ami de Gwenaëlle, le coupa Fabrice.
— C’est très bien pour elle. J’ai toujours trouvé que cette petite était trop solitaire.
Pour la première fois du repas, Évelyne se tut. Elle semblait chercher une façon de faire rebondir la conversation sans être trop indiscrète. Ce moment de silence ne dura pas, elle trouva bien vite quelque chose à dire.
— Elle est venue me rendre visite avec des amies la semaine dernière.
— Qui ça ? Gwen, demanda Corentin.
— Oui. Ce devait être mardi ou mercredi après-midi, elle était avec deux autres filles de son lycée.
Fabrice ne mit pas longtemps avant de réagir.
— Je suppose qu’elles sont venues vous… te voir pour ton don de voyance.
— Mon pauvre Fabrice, soupira Évelyne. Je n’ai qu’une minuscule étincelle de don, mon travail tient plus de la psychologie que de la magie. Cela dit tu as raison pour leur visite, elles voulaient des renseignements sur les tarots.
— Gwenaëlle était-elle accompagnée d’une grande fille aux cheveux longs.
— Oui. Une fille au visage carré, avec de jolis yeux verts et qui devrait arrêter de pincer les lèvres. Je crois qu’elle s’appelle Émilie.
— Corentin ne m’avait jamais parlé de toi, je suppose que vous ne vous connaissez pas depuis très longtemps tous les deux.
— C’est un peu difficile à expliquer, commença Corentin embarrassé.
— Je suis le petit ami de Gwenaëlle, le coupa Fabrice.
— C’est très bien pour elle. J’ai toujours trouvé que cette petite était trop solitaire.
Pour la première fois du repas, Évelyne se tut. Elle semblait chercher une façon de faire rebondir la conversation sans être trop indiscrète. Ce moment de silence ne dura pas, elle trouva bien vite quelque chose à dire.
— Elle est venue me rendre visite avec des amies la semaine dernière.
— Qui ça ? Gwen, demanda Corentin.
— Oui. Ce devait être mardi ou mercredi après-midi, elle était avec deux autres filles de son lycée.
Fabrice ne mit pas longtemps avant de réagir.
— Je suppose qu’elles sont venues vous… te voir pour ton don de voyance.
— Mon pauvre Fabrice, soupira Évelyne. Je n’ai qu’une minuscule étincelle de don, mon travail tient plus de la psychologie que de la magie. Cela dit tu as raison pour leur visite, elles voulaient des renseignements sur les tarots.
— Gwenaëlle était-elle accompagnée d’une grande fille aux cheveux longs.
— Oui. Une fille au visage carré, avec de jolis yeux verts et qui devrait arrêter de pincer les lèvres. Je crois qu’elle s’appelle Émilie.
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lundi 4 janvier 2010
Chapitre 1 de Limonade - Episode 8
Fabrice avait l’impression d’être un yo-yo passant sans cesse d’un monde normal à un autre complètement étrange. Il remercia poliment son hôtesse en croisant les doigts pour que la soirée ne lui réserve pas d’autre surprise.
— Je m’appelle Évelyne, pas madame. Et tu serais gentil d’arrêter de me vouvoyer, ça me donne l’impression d’être une vieille dame respectable.
Le regard de connivence qu’elle échangea avec son neveu signalait qu’il s’agissait d’une plaisanterie entre eux.
— Je descends préparer le repas, annonça Évelyne. Corentin, tu seras chou de ne pas laisser ton ami tout seul pour mettre Lucifer dehors, avec l’orage il doit être dans tous ses états.
— Ce chat est un monstre, expliqua Corentin.
Avant d’avoir été confronté à Lucifer, Fabrice trouvait les mises en garde de Corentin excessives pour un simple chat de gouttière noir. Il changea d’avis après que l’animal se soit jeté sur ses baskets et ait tenté d’escalader son pantalon.
— Lucifer n’aime pas les étrangers, dit Corentin en fermant la fenêtre sur le félin.
— Tu n’as pas été trop griffé ?
— Si un peu, mais j’ai l’habitude. Il lui a fallu un mois pour m’accepter et arrêter de me déchiqueter les mains à chaque fois que je l’approchais.
Derrière la vitre, le chat se mit à miauler.
— Tu n’habitais pas ici avant ?
— Non, je vivais chez mes parents à Trégouët. Ce n’était pas pratique pour aller au lycée, alors Gwen et moi sommes venus à Rennes. Allez, dépêche-toi d’appeler, il va finir par faire un trou dans la fenêtre.
— Je m’appelle Évelyne, pas madame. Et tu serais gentil d’arrêter de me vouvoyer, ça me donne l’impression d’être une vieille dame respectable.
Le regard de connivence qu’elle échangea avec son neveu signalait qu’il s’agissait d’une plaisanterie entre eux.
— Je descends préparer le repas, annonça Évelyne. Corentin, tu seras chou de ne pas laisser ton ami tout seul pour mettre Lucifer dehors, avec l’orage il doit être dans tous ses états.
— Ce chat est un monstre, expliqua Corentin.
Avant d’avoir été confronté à Lucifer, Fabrice trouvait les mises en garde de Corentin excessives pour un simple chat de gouttière noir. Il changea d’avis après que l’animal se soit jeté sur ses baskets et ait tenté d’escalader son pantalon.
— Lucifer n’aime pas les étrangers, dit Corentin en fermant la fenêtre sur le félin.
— Tu n’as pas été trop griffé ?
— Si un peu, mais j’ai l’habitude. Il lui a fallu un mois pour m’accepter et arrêter de me déchiqueter les mains à chaque fois que je l’approchais.
Derrière la vitre, le chat se mit à miauler.
— Tu n’habitais pas ici avant ?
— Non, je vivais chez mes parents à Trégouët. Ce n’était pas pratique pour aller au lycée, alors Gwen et moi sommes venus à Rennes. Allez, dépêche-toi d’appeler, il va finir par faire un trou dans la fenêtre.
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vendredi 1 janvier 2010
Heureuse année 2010 !
Décidément, je n'ai pas de chance avec mes billets festifs. Ils disparaissent les uns après les autres sans laisser d'adresse.
Ça n'aura échappé à personne, nous sommes passés à l'année 2010. Je vais donc me livrer à un exercice que j'ai pu apprécié sur d'autres blogs : la liste de projets bloguesques.
1. Écrire les dix premiers chapitres de Limonade (actuel 1,5/10)
2. Finir ma série avec Vague, provisoirement appelée "Contes de la Lune"
3. Poursuivre et terminer "Les crocs du varou" (la suite du pendule)
Bien sûr, je compte aussi tenir mon rythme de mises à jour tri-hebdomadaire.
A côté de ça, je compte bien boire un maximum de thé, jouer avec des chats et lire des tas de livres (dont "Le domaine Blackwood" d'Anne Rice que je traine dans mon sac depuis le début des vacances).
Bonne année à vous tous. J'espère que vous avez des tas de projets pour 2010 et que cette année sera riche et amusante.
Ça n'aura échappé à personne, nous sommes passés à l'année 2010. Je vais donc me livrer à un exercice que j'ai pu apprécié sur d'autres blogs : la liste de projets bloguesques.
1. Écrire les dix premiers chapitres de Limonade (actuel 1,5/10)
2. Finir ma série avec Vague, provisoirement appelée "Contes de la Lune"
3. Poursuivre et terminer "Les crocs du varou" (la suite du pendule)
Bien sûr, je compte aussi tenir mon rythme de mises à jour tri-hebdomadaire.
A côté de ça, je compte bien boire un maximum de thé, jouer avec des chats et lire des tas de livres (dont "Le domaine Blackwood" d'Anne Rice que je traine dans mon sac depuis le début des vacances).
Bonne année à vous tous. J'espère que vous avez des tas de projets pour 2010 et que cette année sera riche et amusante.
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mercredi 30 décembre 2009
Chapitre 1 de Limonade - Episode 7
À travers le velux de la chambre, le ciel commençait à s’obscurcir. Des nuages de plus en plus sombres s’accumulaient à l’horizon.
— Je vais devoir partir si je veux arriver chez moi avant d’être de nouveau trempé, dit Fabrice.
— D’accord. Je vais dire à ma tante que tu y vas. Elle pensait que tu resterais pour le dîner.
Corentin quitta la pièce en courant tandis que Fabrice enfonça ses vêtements en boule au fond de son sac à dos. Il récupéra son casque et descendit à son tour. L’escalier était abrupt et les semelles de ses baskets humides couinaient à chaque pas.
Arrivé sur le palier, il faillit percuter Corentin qui discutait avec une femme aux longs cheveux noirs. Elle devait avoir une cinquantaine d’années. Sa tunique aux motifs indiens et son jean usé la faisaient ressembler davantage à une hippie qu’à une sorcière. Elle cessa de parler à son neveu pour s’adresser au nouveau venu.
— Fabrice, tu ne devrais pas prendre la route ce soir ?
— Pourquoi ? Vous avez vu dans votre boule de cristal que j’allais avoir un accident.
— Non, répondit-elle en riant. J’ai lu dans Ouest France qu’il y avait une alerte à la tempête sur le département.
Devant la figure étonnée de l’adolescent, elle retourna chercher le journal en question.
— Tiens Fabrice. Tu peux vérifier que mes sources ne sont pas surnaturelles.
La une du journal mettait en garde ses lecteurs contre de très violentes intempéries. Comme pour appuyer cette information, la pluie se mit à marteler le toit.
Le journal dans les mains, Fabrice se sentait idiot. Il avait bien failli se retrouver pris sous cette pluie torrentielle si Corentin ne l’avait pas attaqué à coup d’incantations et d’eau bénite. Bien que cela ne l’enchante pas, il devait se résigner à passer la nuit ici.
— Je peux emprunter votre téléphone pour appeler à ma mère, demanda-t-il. Elle va s’inquiéter si je ne rentre pas ce soir.
— Pas de problème Fabrice. Le téléphone est dans mon bureau. Fais juste attention à ne pas marcher sur Lucifer.
— Le chat s’appelle Lucifer, précisa Corentin.
— Je vais devoir partir si je veux arriver chez moi avant d’être de nouveau trempé, dit Fabrice.
— D’accord. Je vais dire à ma tante que tu y vas. Elle pensait que tu resterais pour le dîner.
Corentin quitta la pièce en courant tandis que Fabrice enfonça ses vêtements en boule au fond de son sac à dos. Il récupéra son casque et descendit à son tour. L’escalier était abrupt et les semelles de ses baskets humides couinaient à chaque pas.
Arrivé sur le palier, il faillit percuter Corentin qui discutait avec une femme aux longs cheveux noirs. Elle devait avoir une cinquantaine d’années. Sa tunique aux motifs indiens et son jean usé la faisaient ressembler davantage à une hippie qu’à une sorcière. Elle cessa de parler à son neveu pour s’adresser au nouveau venu.
— Fabrice, tu ne devrais pas prendre la route ce soir ?
— Pourquoi ? Vous avez vu dans votre boule de cristal que j’allais avoir un accident.
— Non, répondit-elle en riant. J’ai lu dans Ouest France qu’il y avait une alerte à la tempête sur le département.
Devant la figure étonnée de l’adolescent, elle retourna chercher le journal en question.
— Tiens Fabrice. Tu peux vérifier que mes sources ne sont pas surnaturelles.
La une du journal mettait en garde ses lecteurs contre de très violentes intempéries. Comme pour appuyer cette information, la pluie se mit à marteler le toit.
Le journal dans les mains, Fabrice se sentait idiot. Il avait bien failli se retrouver pris sous cette pluie torrentielle si Corentin ne l’avait pas attaqué à coup d’incantations et d’eau bénite. Bien que cela ne l’enchante pas, il devait se résigner à passer la nuit ici.
— Je peux emprunter votre téléphone pour appeler à ma mère, demanda-t-il. Elle va s’inquiéter si je ne rentre pas ce soir.
— Pas de problème Fabrice. Le téléphone est dans mon bureau. Fais juste attention à ne pas marcher sur Lucifer.
— Le chat s’appelle Lucifer, précisa Corentin.
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lundi 28 décembre 2009
Chapitre 1 de Limonade - Episode 6
De retour dans la chambre après s’être changé, Fabrice eut la surprise de se retrouver seul. Corentin n’était nulle part en vue. Le bureau couvert de feuilles de papier attira son attention. Au milieu des cahiers de cours et des polycopiés, apparaissait le coin d’un dessin.
Poussé par la curiosité, l’adolescent écarta les feuilles du dessus. Il ne s’agissait pas du gribouillage d’un lycéen désœuvré, mais d’une création fantastique. Un gigantesque serpent ailé enserrait entre ses anneaux un autre reptile plus petit. Une multitude de roses coulaient de leurs gueules en se répandaient sur les bords de la feuille.
Chaque détail de la scène avait été si minutieusement tracé au stylo bleu que l’ensemble paraissait réel. Des écailles des serpents aux pétales des roses, il n’y avait pas la moindre rature. Fabrice resta à contempler le dessin plusieurs minutes.
Il était tellement absorbé par le couple de serpents qu’il n’entendit pas Corentin revenir.
— Tu n’as qu’à le garder si tu le trouves bien, fit-il dans le dos de Fabrice. Personnellement, je n’aime pas trop les serpents, pourtant je n’arrête pas d’en dessiner.
Son invité reposa la feuille sur le bureau, un peu gêné d’avoir été surpris ainsi.
Sous son sourire de façade, Corentin fut déçu que Fabrice n’ait pas gardé le dessin des deux serpents. Même si ces créatures le mettaient mal à l’aise, il ne parvenait pas les jeter. Il l’avait fait le week-end précédent, au lieu de réviser un devoir de mathématiques et depuis il y pensait presque tous les jours.
Poussé par la curiosité, l’adolescent écarta les feuilles du dessus. Il ne s’agissait pas du gribouillage d’un lycéen désœuvré, mais d’une création fantastique. Un gigantesque serpent ailé enserrait entre ses anneaux un autre reptile plus petit. Une multitude de roses coulaient de leurs gueules en se répandaient sur les bords de la feuille.
Chaque détail de la scène avait été si minutieusement tracé au stylo bleu que l’ensemble paraissait réel. Des écailles des serpents aux pétales des roses, il n’y avait pas la moindre rature. Fabrice resta à contempler le dessin plusieurs minutes.
Il était tellement absorbé par le couple de serpents qu’il n’entendit pas Corentin revenir.
— Tu n’as qu’à le garder si tu le trouves bien, fit-il dans le dos de Fabrice. Personnellement, je n’aime pas trop les serpents, pourtant je n’arrête pas d’en dessiner.
Son invité reposa la feuille sur le bureau, un peu gêné d’avoir été surpris ainsi.
Sous son sourire de façade, Corentin fut déçu que Fabrice n’ait pas gardé le dessin des deux serpents. Même si ces créatures le mettaient mal à l’aise, il ne parvenait pas les jeter. Il l’avait fait le week-end précédent, au lieu de réviser un devoir de mathématiques et depuis il y pensait presque tous les jours.
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vendredi 25 décembre 2009
Joyeux Noël
Pour être honnête, je ne suis guère inspirée quand à mon billet de Noël.
Initialement, ce devait un dessin, mais mon matériel à dessin n'est pas accessible en ce moment.
Je souhaite donc à tous mes lecteurs (et même aux autres, qui ne me lisent pas) un excellent Noël avec des cadeaux, de bons petits plats et des chats. J'insiste tout particulièrement sur les chats, car ils sont très importants.
Mon programme de fêtes contient de tout en abondance. C'est l'avantage de multiplier les repas de famille.
Encore joyeux Noël et à lundi pour un nouvel épisode de Limonade.
Initialement, ce devait un dessin, mais mon matériel à dessin n'est pas accessible en ce moment.
Je souhaite donc à tous mes lecteurs (et même aux autres, qui ne me lisent pas) un excellent Noël avec des cadeaux, de bons petits plats et des chats. J'insiste tout particulièrement sur les chats, car ils sont très importants.
Mon programme de fêtes contient de tout en abondance. C'est l'avantage de multiplier les repas de famille.
Encore joyeux Noël et à lundi pour un nouvel épisode de Limonade.
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mercredi 23 décembre 2009
Chapitre 1 de Limonade - Episode 5
Fabrice observa les filets de fumée se faufiler par-dessous la porte. C’était déjà plus conforme à ce quoi il s’attendait, mais il n’en éprouvait aucune joie. Heureusement, la chambre de Corentin ne contenait rien qui soit en rapport avec de la magie. Un lit aux draps bleus, une étagère vide et une armoire dans laquelle Corentin fouillait à la recherche de vêtements susceptibles d’aller à Fabrice.
Les deux adolescents faisaient presque la même taille, mais leurs deux ans d’écart jouaient sur leurs carrures. Alors que Fabrice avait des épaules et des muscles solides, Corentin avait encore une silhouette d’un enfant que sa brusque croissance avait étirée. Leurs différences ne s’arrêtaient pas là.
Bien qu’ayant tous les deux des cheveux châtains, ceux de Fabrice, plus longs et plus sombres, avaient tendance à boucler. Il avait aussi une peau plus mate et des yeux d’un brun tirant sur le doré. En comparaison, Corentin paraissait éteint, presque lunaire, avec ses yeux gris bleutés et ses taches de rousseur.
Sa recherche ayant abouti, Corentin tendit à sa victime un jean et un pull soigneusement pliés.
— Ils sont un peu grands pour moi, donc ils devraient t’aller.
Fabrice prit les vêtements. Ils ne correspondaient peut-être pas à son style habituel, mais ils avaient l’avantage d’être secs.
— La salle de bain est à cet étage ?
— Non, au premier. Fais attention en descendant l’escalier, il est raide.
— J’ai vu ça tout à l’heure.
Les deux adolescents faisaient presque la même taille, mais leurs deux ans d’écart jouaient sur leurs carrures. Alors que Fabrice avait des épaules et des muscles solides, Corentin avait encore une silhouette d’un enfant que sa brusque croissance avait étirée. Leurs différences ne s’arrêtaient pas là.
Bien qu’ayant tous les deux des cheveux châtains, ceux de Fabrice, plus longs et plus sombres, avaient tendance à boucler. Il avait aussi une peau plus mate et des yeux d’un brun tirant sur le doré. En comparaison, Corentin paraissait éteint, presque lunaire, avec ses yeux gris bleutés et ses taches de rousseur.
Sa recherche ayant abouti, Corentin tendit à sa victime un jean et un pull soigneusement pliés.
— Ils sont un peu grands pour moi, donc ils devraient t’aller.
Fabrice prit les vêtements. Ils ne correspondaient peut-être pas à son style habituel, mais ils avaient l’avantage d’être secs.
— La salle de bain est à cet étage ?
— Non, au premier. Fais attention en descendant l’escalier, il est raide.
— J’ai vu ça tout à l’heure.
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lundi 21 décembre 2009
Chapitre 1 de Limonade - Episode 4
Pour Fabrice, le trajet jusqu’à la maison de la tante fut un calvaire. À moto, le vent était encore plus mordant que sur le parking. Derrière lui, Corentin lui indiquait les directions à suivre en tirant sur sa manche.
Il dut s’y reprendre à deux fois avant de parvenir à verrouiller l’antivol de sa moto tellement il grelottait. Pendant ce temps, Corentin avait ouvert le portillon encadré d’hortensias mauves. Au bout d’une allée de gravier se dressait un petit pavillon typique de la banlieue rennaise avec ses murs blancs et son toit d’ardoises.
Compte tenu des événements qui avaient précédé, Fabrice se serait attendu à une habitation moins normale. Corentin n’avait pas perdu de temps, il l’attendait devant la porte ouverte.
— Tu vas finir par prendre froid si tu restes planté là.
Presque rassuré par la banalité de ce pavillon, Fabrice remonta l’allée et entra à l’intérieur.
Même si le couloir était faiblement éclairé par un plafonnier en pâte de verre orange, il avait un air normal avec son papier peint rayé. Ce n’était pas le cas des marmonnements et de la fumée d’encens qui filtrait sous la porte du salon.
— Ma tante est en pleine séance de divination, expliqua Corentin un peu gêné. On va plutôt aller directement dans ma chambre pour ne pas la déranger.
— Ta tante fait de la divination !
— Oui, elle est voyante. En général, elle se sert de cartes de tarot, mais de temps en temps ses clients demandent du spectaculaire.
Il dut s’y reprendre à deux fois avant de parvenir à verrouiller l’antivol de sa moto tellement il grelottait. Pendant ce temps, Corentin avait ouvert le portillon encadré d’hortensias mauves. Au bout d’une allée de gravier se dressait un petit pavillon typique de la banlieue rennaise avec ses murs blancs et son toit d’ardoises.
Compte tenu des événements qui avaient précédé, Fabrice se serait attendu à une habitation moins normale. Corentin n’avait pas perdu de temps, il l’attendait devant la porte ouverte.
— Tu vas finir par prendre froid si tu restes planté là.
Presque rassuré par la banalité de ce pavillon, Fabrice remonta l’allée et entra à l’intérieur.
Même si le couloir était faiblement éclairé par un plafonnier en pâte de verre orange, il avait un air normal avec son papier peint rayé. Ce n’était pas le cas des marmonnements et de la fumée d’encens qui filtrait sous la porte du salon.
— Ma tante est en pleine séance de divination, expliqua Corentin un peu gêné. On va plutôt aller directement dans ma chambre pour ne pas la déranger.
— Ta tante fait de la divination !
— Oui, elle est voyante. En général, elle se sert de cartes de tarot, mais de temps en temps ses clients demandent du spectaculaire.
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vendredi 18 décembre 2009
Chapitre 1 de Limonade - Episode 3
Son premier acte censé fut donc de présenter ses excuses à l’intéressé. Il réalisa aussi que même si elles étaient acceptées avec le sourire, des excuses n’avaient jamais empêché quelqu’un d’attraper froid.
— Je sais que ça va te paraitre bizarre, mais si tu veux que je te prête des vêtements, tu n’as qu’à m’accompagner chez moi. Encore désolé de t’avoir arrosé.
— C’est la première fois qu’on me prend pour un sorcier maléfique. Je suis juste un peu surpris… et trempé, ajouta-t-il.
Maintenant que Corentin s’était calmé, Fabrice pouvait se préoccuper de l’état de ses vêtements. Son sweat-shirt avait absorbé la plus grosse partie de l’eau bénite, il le retira et le tordit en espérant le sécher un peu. La flaque qui se forma à ses pieds était de belle taille.
— J’ai pris le plus grand seau que j’ai trouvé chez ma tante, expliqua l’apprenti exorciste.
— Le livre aussi était le plus gros que ta tante gardait dans son grenier ?
— Pas dans le grenier, elle le range avec les autres dans le salon.
Corentin prit alors la mesure de l’énormité de ce qu’il venait de dire.
— Tu vas penser que ma tante est folle.
— Pas plus que toi…
À peine l’avait-il prononcée que Fabrice se rendit compte que sa phrase était particulièrement blessante.
Un courant d’air froid lui fit réaliser que son T-shirt était trempé. Il était complètement glacé et allait devoir accepter l’offre de son agresseur.
— Si je pensais que tu étais fou, est-ce que je te demanderais de me prêter un T-shirt ?
— Un pantalon aussi, ton jean est vraiment mouillé.
— Je sais que ça va te paraitre bizarre, mais si tu veux que je te prête des vêtements, tu n’as qu’à m’accompagner chez moi. Encore désolé de t’avoir arrosé.
— C’est la première fois qu’on me prend pour un sorcier maléfique. Je suis juste un peu surpris… et trempé, ajouta-t-il.
Maintenant que Corentin s’était calmé, Fabrice pouvait se préoccuper de l’état de ses vêtements. Son sweat-shirt avait absorbé la plus grosse partie de l’eau bénite, il le retira et le tordit en espérant le sécher un peu. La flaque qui se forma à ses pieds était de belle taille.
— J’ai pris le plus grand seau que j’ai trouvé chez ma tante, expliqua l’apprenti exorciste.
— Le livre aussi était le plus gros que ta tante gardait dans son grenier ?
— Pas dans le grenier, elle le range avec les autres dans le salon.
Corentin prit alors la mesure de l’énormité de ce qu’il venait de dire.
— Tu vas penser que ma tante est folle.
— Pas plus que toi…
À peine l’avait-il prononcée que Fabrice se rendit compte que sa phrase était particulièrement blessante.
Un courant d’air froid lui fit réaliser que son T-shirt était trempé. Il était complètement glacé et allait devoir accepter l’offre de son agresseur.
— Si je pensais que tu étais fou, est-ce que je te demanderais de me prêter un T-shirt ?
— Un pantalon aussi, ton jean est vraiment mouillé.
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mercredi 16 décembre 2009
Chapitre 1 de Limonade - Episode 2
Sans vraiment s’en rendre compte, Corentin lui fit alors part des soupçons qu’il nourrissait à son égard. Très vite, son discours devint un mélange incohérent d’événements réels et de croyances infondées. Fabrice l’arrêta :
— J’ai bien tout compris, c’est parce que tu as peur pour Gwenaëlle que tu m’as arrosé. J’ai quand même du mal à comprendre pourquoi tu parles autant de sorcellerie. Tu pourrais reprendre ton histoire depuis le début ?
Rassuré par l’attitude concernée de Fabrice, il reprit alors les événements qui l’avaient amené à le suspecter de pratiquer la magie.
— Au début de l’année Gwen et moi, on était tout le temps ensemble. Elle a commencé à me parler de magie et de quelqu’un qu’elle a rencontré sur Internet. Elle m’en parlait de plus en plus et me disait à quel point il était génial. Elle racontait qu’il la comprenait et allait se servir de ses pouvoirs pour l’aider.
— Je commence à comprendre. Tu penses que puisque je suis le petit ami de Gwen, c’est moi le garçon d’Internet.
— Oui.
— Je suis désolé de te décevoir, mais non. Il n’y a même pas de modem chez moi.
Les espoirs de Corentin de voir sa meilleure amie redevenir comme elle était avant cette entrée au lycée s’évanouirent. À la lumière de cette désillusion, il découvrait horrifié qu’il s’était couvert de ridicule devant un parfait inconnu. Enfin, pas totalement inconnu puisqu’en tant que petit ami de Gwen, Fabrice faisait partie de sa vie.
— J’ai bien tout compris, c’est parce que tu as peur pour Gwenaëlle que tu m’as arrosé. J’ai quand même du mal à comprendre pourquoi tu parles autant de sorcellerie. Tu pourrais reprendre ton histoire depuis le début ?
Rassuré par l’attitude concernée de Fabrice, il reprit alors les événements qui l’avaient amené à le suspecter de pratiquer la magie.
— Au début de l’année Gwen et moi, on était tout le temps ensemble. Elle a commencé à me parler de magie et de quelqu’un qu’elle a rencontré sur Internet. Elle m’en parlait de plus en plus et me disait à quel point il était génial. Elle racontait qu’il la comprenait et allait se servir de ses pouvoirs pour l’aider.
— Je commence à comprendre. Tu penses que puisque je suis le petit ami de Gwen, c’est moi le garçon d’Internet.
— Oui.
— Je suis désolé de te décevoir, mais non. Il n’y a même pas de modem chez moi.
Les espoirs de Corentin de voir sa meilleure amie redevenir comme elle était avant cette entrée au lycée s’évanouirent. À la lumière de cette désillusion, il découvrait horrifié qu’il s’était couvert de ridicule devant un parfait inconnu. Enfin, pas totalement inconnu puisqu’en tant que petit ami de Gwen, Fabrice faisait partie de sa vie.
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lundi 14 décembre 2009
Chapitre 1 de Limonade - Episode 1
Quand on a longuement préparé un plan et que l’on s’apprête à le mettre en action, il peut arriver que l’on se sente totalement calme. C’est précisément dans cet état d’esprit que se trouvait Corentin cet après-midi là, sur le parking de son lycée. Dans une main, il tenait un seau d’eau bénite et dans l’autre un livre d’incantations magiques.
Depuis déjà une heure, il attendait derrière un platane. La température avait commencé à baisser rendant l’attente encore plus inconfortable. Corentin commençait à avoir froid, mais pour boutonner son blouson il lui aurait fallu poser soit le seau, soit le livre. Or il tenait à être prêt pour le moment où Fabrice sortirait, il n’aurait pas de seconde chance de le surprendre.
Un grincement métallique alerta l’adolescent. Il jeta un coup d’œil en direction du portail et reconnut Fabrice à son sweat-shirt bordeaux et à son jean trop large. Dès que celui-ci passa à sa portée, il bondit de derrière le platane et lui balança le contenu du seau en pleine figure. Puis il ouvrit son livre à la page des formules d’exorcisme et commença à lire à voix haute.
Au lieu des manifestations démoniaques attendues, Fabrice resta immobile en dépit des gouttes d’eau qui lui coulaient sur le front. Reprenant ses esprits, il prit le livre des mains de Corentin et lui en donna un coup sur le crâne.
— Maintenant, tu vas m’expliquer ce qui se passe au lieu de baragouiner n’importe quoi.
Ces paroles firent à Corentin l’effet d’une douche froide. Sa certitude que Fabrice recourait à des pouvoirs maléfiques pour abuser Gwen vacilla ; Fabrice ne réagissait pas en sorcier. Compte tenu du fait qu’il venait de recevoir un seau d’eau sur la tête, il était même plutôt détendu.
Depuis déjà une heure, il attendait derrière un platane. La température avait commencé à baisser rendant l’attente encore plus inconfortable. Corentin commençait à avoir froid, mais pour boutonner son blouson il lui aurait fallu poser soit le seau, soit le livre. Or il tenait à être prêt pour le moment où Fabrice sortirait, il n’aurait pas de seconde chance de le surprendre.
Un grincement métallique alerta l’adolescent. Il jeta un coup d’œil en direction du portail et reconnut Fabrice à son sweat-shirt bordeaux et à son jean trop large. Dès que celui-ci passa à sa portée, il bondit de derrière le platane et lui balança le contenu du seau en pleine figure. Puis il ouvrit son livre à la page des formules d’exorcisme et commença à lire à voix haute.
Au lieu des manifestations démoniaques attendues, Fabrice resta immobile en dépit des gouttes d’eau qui lui coulaient sur le front. Reprenant ses esprits, il prit le livre des mains de Corentin et lui en donna un coup sur le crâne.
— Maintenant, tu vas m’expliquer ce qui se passe au lieu de baragouiner n’importe quoi.
Ces paroles firent à Corentin l’effet d’une douche froide. Sa certitude que Fabrice recourait à des pouvoirs maléfiques pour abuser Gwen vacilla ; Fabrice ne réagissait pas en sorcier. Compte tenu du fait qu’il venait de recevoir un seau d’eau sur la tête, il était même plutôt détendu.
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vendredi 11 décembre 2009
mercredi 9 décembre 2009
lundi 7 décembre 2009
Limonade - Teaser
Après une semaine de blabla, je pense qu'il en temps de me remettre à publier de véritables textes. Mais avant de m'attaquer au découpage du premier chapitre, je voulais vous faire profiter des deux illustrations réalisées par Maïté.
Cette semaine sera consacrée aux dessins de Corentin et Fabrice, les deux héros de Limonade. Pour vous donner envie de revenir, voilà le teaser de Limonade :
" Pour Corentin l'entrée du lycée a été la source de nombreux changements. Il a du aller vivre chez sa tante, une voyante dont le chat le déteste, mais surtout il a perdu le lien qu'il entretenait avec Gwenaëlle, sa meilleure amie. Cette séparation est d'autant plus forte que l'adolescente se pique de magie noire.
Afin de la libérer de l'emprise maléfique de son petit ami, Corentin va jouer le tout pour le tout en se lançant dans l'exorcisme sauvage."
C'est promis, le chapitre 1 débutera le lundi 14 décembre.
Cette semaine sera consacrée aux dessins de Corentin et Fabrice, les deux héros de Limonade. Pour vous donner envie de revenir, voilà le teaser de Limonade :
" Pour Corentin l'entrée du lycée a été la source de nombreux changements. Il a du aller vivre chez sa tante, une voyante dont le chat le déteste, mais surtout il a perdu le lien qu'il entretenait avec Gwenaëlle, sa meilleure amie. Cette séparation est d'autant plus forte que l'adolescente se pique de magie noire.
Afin de la libérer de l'emprise maléfique de son petit ami, Corentin va jouer le tout pour le tout en se lançant dans l'exorcisme sauvage."
C'est promis, le chapitre 1 débutera le lundi 14 décembre.
vendredi 4 décembre 2009
La meute - Teaser

L'homme-loup illustré (par mes modestes soins) ci-contre est Vague, l'un des principaux personnages d'une nouvelle histoire.
J'ai retrouvé le début dans un dossier oublié et j'ai bien l'intention de me replonger dans ses aventures d'ici quelques temps.
Ça va parler d'humains, de loups, de créatures ailées et bien sûr de monstres. J'ai tout plein d'idées, il n'y a plus qu'à les mettre sur papier.
PS : désolée pour la piètre qualité de mes dessins, les autres seront faits par quelqu'un de bien plus doué, c'est promis...
mercredi 2 décembre 2009
Éveil & Pénombre
Il y a un sujet dont j'ai envie de parler depuis plusieurs semaines déjà, il s'agit du fanzine Éveil et de son jumeau maléfique, Pénombre.
La magnifique couverture que vous voyez là est celle du premier numéro d'Éveil dont le thème est Lucioles.
La ligne directrice ce fanzine est la suivante : "Éveil tourne autour d’un instant lumineux, d’un point de bascule. On y respire la liberté de la chute, la fraîcheur de l’avenir empli de promesses et de possibilités."
Personnellement, je serais plus attirée par Pénombre, mais c'est une question de goût. Je vous en reparlerais lorsque le premier numéro sera sorti, ce qui devrait être une question de jours maintenant.
Pour avoir davantage d'infos sur ces fanzines c'est sur le blog du projet Transition que ça se passe.
Bonne lecture et bon courage au passionnés du projet Transition !
La magnifique couverture que vous voyez là est celle du premier numéro d'Éveil dont le thème est Lucioles.La ligne directrice ce fanzine est la suivante : "Éveil tourne autour d’un instant lumineux, d’un point de bascule. On y respire la liberté de la chute, la fraîcheur de l’avenir empli de promesses et de possibilités."
Personnellement, je serais plus attirée par Pénombre, mais c'est une question de goût. Je vous en reparlerais lorsque le premier numéro sera sorti, ce qui devrait être une question de jours maintenant.
Pour avoir davantage d'infos sur ces fanzines c'est sur le blog du projet Transition que ça se passe.
Bonne lecture et bon courage au passionnés du projet Transition !
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lundi 30 novembre 2009
Chevalier Soleil et Dame Amort
Chevalier en armure Soleil
Tu rêves d’une Princesse
Aux yeux couleur de ciel
Oublié un temps, tu confesses.
Amant d’un amour éternel
Tu te réveilles la nuit finie
La peau couverte de sel
Tes songes étranges s’oublient.
Tu aimes un idéal inaccessible
Hypocrite tu nies jusqu’à ta vie
Pour plonger à travers l’impossible
Tu te noies dans l’envie.
Mais le cœur battant aux vents
Tu salis sa peau d’échardes
Les doigts couverts de sang
Poisseux, elle cauchemarde.
Le temps te tue lentement
Dans cette semi obscurité
Où tu t’enfonces plus avant
La poussant à abandonner.
Mais tu ne sais reconnaître
La douleur lorsqu’elle te broie
Et détruit cet amour à naître
Cette fille invisible te noie.
Cette belle a un goût de fiel
Trop réaliste dans tes rêves
Tu oublies que tout est irréel
Même lorsque ton corps se lève.
La Princesse est trop belle
Et son visage trop parfait
Pour ton regard mortel
Tu veux ce qu’elle défait.
Tu veux son amour sans retour.
Elle veut ta vie à jamais.
Elle t’aura pour toujours.
Tu n’auras rien, elle te hait…
Tu rêves d’une Princesse
Aux yeux couleur de ciel
Oublié un temps, tu confesses.
Amant d’un amour éternel
Tu te réveilles la nuit finie
La peau couverte de sel
Tes songes étranges s’oublient.
Tu aimes un idéal inaccessible
Hypocrite tu nies jusqu’à ta vie
Pour plonger à travers l’impossible
Tu te noies dans l’envie.
Mais le cœur battant aux vents
Tu salis sa peau d’échardes
Les doigts couverts de sang
Poisseux, elle cauchemarde.
Le temps te tue lentement
Dans cette semi obscurité
Où tu t’enfonces plus avant
La poussant à abandonner.
Mais tu ne sais reconnaître
La douleur lorsqu’elle te broie
Et détruit cet amour à naître
Cette fille invisible te noie.
Cette belle a un goût de fiel
Trop réaliste dans tes rêves
Tu oublies que tout est irréel
Même lorsque ton corps se lève.
La Princesse est trop belle
Et son visage trop parfait
Pour ton regard mortel
Tu veux ce qu’elle défait.
Tu veux son amour sans retour.
Elle veut ta vie à jamais.
Elle t’aura pour toujours.
Tu n’auras rien, elle te hait…
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poème
vendredi 27 novembre 2009
Le pendule du vorcier - The end
Ca y est, le dernier épisode de la nouvelle de vampire a été publié.
J'espère que vous avez aimé les aventures du trio Guillaume, Lola et Alex. Pour le moment, je n'ai pas prévu d'écrire une suite, mais il est possible que je m'y remette un jour. Le personnage d'Alex est vrai plaisir à décrire.
Si vous avez des remarques, elles sont les bienvenues. Je préviens cependant que je ne compte pas revenir sur ce qui a été publié (sauf grosse erreur de ma part).
Pour ceux qui aimeraient commencer la lecture maintenant, c'est ici pour l'épisode 1.
Tout est dit.
J'espère que vous avez aimé les aventures du trio Guillaume, Lola et Alex. Pour le moment, je n'ai pas prévu d'écrire une suite, mais il est possible que je m'y remette un jour. Le personnage d'Alex est vrai plaisir à décrire.
Si vous avez des remarques, elles sont les bienvenues. Je préviens cependant que je ne compte pas revenir sur ce qui a été publié (sauf grosse erreur de ma part).
Pour ceux qui aimeraient commencer la lecture maintenant, c'est ici pour l'épisode 1.
Tout est dit.
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mercredi 25 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 25
Un mois plus tard, Lola n’était toujours par reparue. Pourtant, même si je n’avais plus le moindre sentiment pour elle, je continuai d’espérer la revoir. Sa disparition était passée inaperçue au lycée. Ses parents avaient déménagé et les professeurs avaient reçu un courrier pour confirmer cette version.
Je n’avais pas non plus revu Alex depuis la nuit de l’incendie. Le portail de sa maison était verrouillé et je n’avais pas osé escalader la grille. J’étais persuadée qu’elle savait ce qui était arrivé à ma petite amie, mais je n’étais pas certain d’avoir envie de l’entendre.
Pour moi, il n’était plus question de mener une existence d’adolescent ordinaire. Cette rencontre brutale avec un univers surnaturel m’avait rendu mélancolique et soucieux. Je préférais désormais la solitude et m’étais approprié le parc qui s’étendait derrière le lycée.
J’étais assis sur un banc lorsque Mathilde vint me rejoindre. Mon premier geste fut d’éteindre la cigarette que j’étais en train de fumer. Je préférais rester discret sur cette mauvaise habitude que je devais à Alex.
— J’ai demandé à Rémi où tu étais passé et selon lui tu traines souvent ici, dit-elle en s’asseyant à côté de moi.
Cette visite était des plus surprenantes. Je m’étais mis à éviter tout ce qui pouvait me rappeler l’existence de Lola. Cela faisait plus d’un mois que je ne lui avais plus adressé la parole.
Mon silence la mit mal à l’aise, c’était devenu ma meilleure technique pour éviter les questions. Pourtant, elle n’abandonna pas.
— Je suppose que tu n’as pas eu de nouvelles de Lola.
— Non.
— C’est triste, ce qui lui est arrivé.
Le tour que prenait cette conversation ne me plaisait pas du tout. Je m’apprêtais à me lever, mais Mathilde me retint.
— Personne ne parle de ce qui lui est arrivé, comme si tout le monde avait oublié son existence. J’ai l’impression que mon amie était un fantôme, que j’étais la seule à la voir, à me souvenir d’elle.
J’allais lui répondre que Lola avait simplement déménagé, lorsque je vis les larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Les verres de ses lunettes rendaient ses larmes encore plus grosses. Je réalisai qu’il n’y avait rien à répondre, juste à l’écouter et à la rassurer. J’eus envie de déposer un baiser sur ses joues piquetées de taches de rousseur.
Comme elle fixait toujours ses pieds, j’approchai mon visage d’elle. Au dernier moment, elle se tourna vers moi et mon baiser atterrit sur ses lèvres. Je me serais attendu à une gifle, mais Mathilde se contenta de sourire.
Je n’avais pas non plus revu Alex depuis la nuit de l’incendie. Le portail de sa maison était verrouillé et je n’avais pas osé escalader la grille. J’étais persuadée qu’elle savait ce qui était arrivé à ma petite amie, mais je n’étais pas certain d’avoir envie de l’entendre.
Pour moi, il n’était plus question de mener une existence d’adolescent ordinaire. Cette rencontre brutale avec un univers surnaturel m’avait rendu mélancolique et soucieux. Je préférais désormais la solitude et m’étais approprié le parc qui s’étendait derrière le lycée.
J’étais assis sur un banc lorsque Mathilde vint me rejoindre. Mon premier geste fut d’éteindre la cigarette que j’étais en train de fumer. Je préférais rester discret sur cette mauvaise habitude que je devais à Alex.
— J’ai demandé à Rémi où tu étais passé et selon lui tu traines souvent ici, dit-elle en s’asseyant à côté de moi.
Cette visite était des plus surprenantes. Je m’étais mis à éviter tout ce qui pouvait me rappeler l’existence de Lola. Cela faisait plus d’un mois que je ne lui avais plus adressé la parole.
Mon silence la mit mal à l’aise, c’était devenu ma meilleure technique pour éviter les questions. Pourtant, elle n’abandonna pas.
— Je suppose que tu n’as pas eu de nouvelles de Lola.
— Non.
— C’est triste, ce qui lui est arrivé.
Le tour que prenait cette conversation ne me plaisait pas du tout. Je m’apprêtais à me lever, mais Mathilde me retint.
— Personne ne parle de ce qui lui est arrivé, comme si tout le monde avait oublié son existence. J’ai l’impression que mon amie était un fantôme, que j’étais la seule à la voir, à me souvenir d’elle.
J’allais lui répondre que Lola avait simplement déménagé, lorsque je vis les larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Les verres de ses lunettes rendaient ses larmes encore plus grosses. Je réalisai qu’il n’y avait rien à répondre, juste à l’écouter et à la rassurer. J’eus envie de déposer un baiser sur ses joues piquetées de taches de rousseur.
Comme elle fixait toujours ses pieds, j’approchai mon visage d’elle. Au dernier moment, elle se tourna vers moi et mon baiser atterrit sur ses lèvres. Je me serais attendu à une gifle, mais Mathilde se contenta de sourire.
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lundi 23 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 24
Après une nuit de sommeil, j’avais le sentiment que les choses étaient redevenues normales. Je laissai la chaleur de mon lit derrière moi pour descendre dans la cuisine. Avant de passer la porte, je sus que mon père était revenu de son congrès. Il était le seul de la famille à écouter la radio pendant le petit-déjeuner.
J’avais un peu d’appréhension à l’idée de découvrir les conséquences des événements d’hier soir. Alex ne m’avait pas dit ce qu’elle comptait faire de Lola, mais j’espérais qu’elle aurait pu la délivrer de l’influence du sorcier maléfique. Le meilleur endroit pour avoir des informations était le lycée, ce qui m’obligerait à retourner dès ce matin.
Mon père me regarda avec étonnement lorsque j’entrai dans la cuisine.
— Je crois que tu étais malade, s’inquiéta-t-il.
— Oui, mais je pense que c’était un coup de fatigue. Et puis, ça m’embête de rater plus de cours.
— Il te faudra un fortifiant si tu continues à être épuisé comme ça.
C’était tout à fait le genre de phrases auxquelles j’avais droit régulièrement.
Les informations à la radio mirent fin à cette conversation. L’animateur du journal annonça le décès d’un professeur de mon lycée dans l’incendie de son domicile. Mon père s’arrêta de boire son café et me demanda :
— Tu connaissais cet homme, Kaenel ?
— Non, c’était un professeur de littérature et je n’avais pas de cours avec lui.
Je dus faire un effort pour contrôler ma voix et mon attitude. Cette nouvelle m’avait davantage affecté que je ne pensais. Heureusement, mon père ne remarqua rien et je pus terminer mes céréales tranquillement.
Une fois au lycée, j’attendis l’arrivée de Lola avec inquiétude. Le cours de physique commença sans qu’elle soit arrivée, puis ce fut celui de biologie. À la fin de la matinée, je décidai d’aller demander aux professeurs s’ils avaient des informations sur son absence. Ce n’était pas le cas, mais aucun d’entre eux ne fit le lien avec la mort de Kaenel.
J’avais un peu d’appréhension à l’idée de découvrir les conséquences des événements d’hier soir. Alex ne m’avait pas dit ce qu’elle comptait faire de Lola, mais j’espérais qu’elle aurait pu la délivrer de l’influence du sorcier maléfique. Le meilleur endroit pour avoir des informations était le lycée, ce qui m’obligerait à retourner dès ce matin.
Mon père me regarda avec étonnement lorsque j’entrai dans la cuisine.
— Je crois que tu étais malade, s’inquiéta-t-il.
— Oui, mais je pense que c’était un coup de fatigue. Et puis, ça m’embête de rater plus de cours.
— Il te faudra un fortifiant si tu continues à être épuisé comme ça.
C’était tout à fait le genre de phrases auxquelles j’avais droit régulièrement.
Les informations à la radio mirent fin à cette conversation. L’animateur du journal annonça le décès d’un professeur de mon lycée dans l’incendie de son domicile. Mon père s’arrêta de boire son café et me demanda :
— Tu connaissais cet homme, Kaenel ?
— Non, c’était un professeur de littérature et je n’avais pas de cours avec lui.
Je dus faire un effort pour contrôler ma voix et mon attitude. Cette nouvelle m’avait davantage affecté que je ne pensais. Heureusement, mon père ne remarqua rien et je pus terminer mes céréales tranquillement.
Une fois au lycée, j’attendis l’arrivée de Lola avec inquiétude. Le cours de physique commença sans qu’elle soit arrivée, puis ce fut celui de biologie. À la fin de la matinée, je décidai d’aller demander aux professeurs s’ils avaient des informations sur son absence. Ce n’était pas le cas, mais aucun d’entre eux ne fit le lien avec la mort de Kaenel.
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vendredi 20 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 23
Ma petite amie gisait sur le parquet, les yeux écarquillés. Les carreaux qui la maintenaient au sol avaient déchiqueté ses paumes ; il y a avait des traces de sang partout autour d’elle. Les bougies renversées finissaient de se consumer et le pentacle était presque effacé.
— C’est une sacrée pagaille, commenta Alex dans mon dos.
— Oui. Ça ne va pas être simple à expliquer ?
Je m’imaginais déjà en train de raconter à mes parents que j’avais manqué d’être sacrifié par ma petite amie et un professeur de littérature. Quant à parler de l’intervention miraculeuse du vorcier qui avait les massacrés, je savais que ça n’allait pas arranger les choses. La voix toujours calme d’Alex coupa net mes pensées.
— On ne va rien expliquer du tout.
— Comment ça ?
— Tu vas sortir par l’arrière de la maison et moi je m’occupe de nettoyer.
Bien que je me demande de quelle manière elle comptait remettre cette pièce en ordre, je lui obéis sans discuter. Elle paraissait avoir une certaine habitude des situations étranges.
— Tu peux récupérer ça, dit-elle en me tendant un morceau de papier.
— Qu’est-ce que c’est ?
Alex haussa les épaules.
— Tu verras plus tard. Maintenant, files d’ici !
Je quittai donc le pavillon de Kaenel en passant par une des fenêtres puis traversai le jardin. Je remontais la rue jusqu’à l’arrêt de bus. Par chance, je n’étais pas resté longtemps dans les griffes des sorciers. Je pouvais espérer prendre le dernier bus et rentrer chez moi avant que me mère ne s’inquiète de mon absence.
Puisque j’avais du temps devant moi, je dépliai le papier que m’avait donné Alex. Il s’agissait du mot que j’avais laissé à ma mère avant de partir. J’allais être bon pour des sérieuses de remontrances à mon retour, d’autant plus que j’avais prétendu être malade ce matin.
Soudain, je vis un nuage de fumée s’élever de la rue d’où j’étais arrivé. Des flammes orange illuminaient le ciel nocturne. J’étais à peu près sûr qu’elles venaient de la maison du professeur de littérature. Alex avait une façon radicale de faire disparaître cette scène gênante. C’était probablement mieux que personne ne découvre ce qui était advenu des sorciers.
Une série de camions de pompiers passèrent devant l’arrêt, puis ce fut au tour d’un bus. Je laissai derrière moi le feu qui dévorait les souvenirs de cette soirée. Me faire disputer par mes parents était infiniment moins grave que finir égorgé sur une toile cirée.
En arrivant chez moi, je m’étais résigné à entendre plus de cris que je n’en avais jamais entendus. À ma grande surprise, ma mère me demanda si j’avais pu rattraper mes cours.
— Pas vraiment, répondis-je sur la défensive.
— Lola n’a pas pu t’aider ?
Le mot posé dans vide-poche me fournit toutes les explications dont j’avais besoin. Il prétendait que j’allais chez Lola pour récupérer les cours et que son père me ramènerait à la maison.
— Lola et moi nous sommes disputés.
C’était une version très édulcorée, mais ma mère comprendrait que je n’aie pas envie d’entrer dans les détails.
— C’est une sacrée pagaille, commenta Alex dans mon dos.
— Oui. Ça ne va pas être simple à expliquer ?
Je m’imaginais déjà en train de raconter à mes parents que j’avais manqué d’être sacrifié par ma petite amie et un professeur de littérature. Quant à parler de l’intervention miraculeuse du vorcier qui avait les massacrés, je savais que ça n’allait pas arranger les choses. La voix toujours calme d’Alex coupa net mes pensées.
— On ne va rien expliquer du tout.
— Comment ça ?
— Tu vas sortir par l’arrière de la maison et moi je m’occupe de nettoyer.
Bien que je me demande de quelle manière elle comptait remettre cette pièce en ordre, je lui obéis sans discuter. Elle paraissait avoir une certaine habitude des situations étranges.
— Tu peux récupérer ça, dit-elle en me tendant un morceau de papier.
— Qu’est-ce que c’est ?
Alex haussa les épaules.
— Tu verras plus tard. Maintenant, files d’ici !
Je quittai donc le pavillon de Kaenel en passant par une des fenêtres puis traversai le jardin. Je remontais la rue jusqu’à l’arrêt de bus. Par chance, je n’étais pas resté longtemps dans les griffes des sorciers. Je pouvais espérer prendre le dernier bus et rentrer chez moi avant que me mère ne s’inquiète de mon absence.
Puisque j’avais du temps devant moi, je dépliai le papier que m’avait donné Alex. Il s’agissait du mot que j’avais laissé à ma mère avant de partir. J’allais être bon pour des sérieuses de remontrances à mon retour, d’autant plus que j’avais prétendu être malade ce matin.
Soudain, je vis un nuage de fumée s’élever de la rue d’où j’étais arrivé. Des flammes orange illuminaient le ciel nocturne. J’étais à peu près sûr qu’elles venaient de la maison du professeur de littérature. Alex avait une façon radicale de faire disparaître cette scène gênante. C’était probablement mieux que personne ne découvre ce qui était advenu des sorciers.
Une série de camions de pompiers passèrent devant l’arrêt, puis ce fut au tour d’un bus. Je laissai derrière moi le feu qui dévorait les souvenirs de cette soirée. Me faire disputer par mes parents était infiniment moins grave que finir égorgé sur une toile cirée.
En arrivant chez moi, je m’étais résigné à entendre plus de cris que je n’en avais jamais entendus. À ma grande surprise, ma mère me demanda si j’avais pu rattraper mes cours.
— Pas vraiment, répondis-je sur la défensive.
— Lola n’a pas pu t’aider ?
Le mot posé dans vide-poche me fournit toutes les explications dont j’avais besoin. Il prétendait que j’allais chez Lola pour récupérer les cours et que son père me ramènerait à la maison.
— Lola et moi nous sommes disputés.
C’était une version très édulcorée, mais ma mère comprendrait que je n’aie pas envie d’entrer dans les détails.
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mercredi 18 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 22
J’avais beau être curieux, je n’avais pas l’intention de descendre assister à l’affrontement entre un sorcier et la créature qui avait juré sa perte. Le bruit de leur combat remontait jusqu’à moi, mêlé aux vociférations de Lola.
Je descendis les dernières marches sur la pointe des pieds. Le couloir avait été ravagé par les carreaux d’arbalète et la boule de feu. Seuls un vase décoratif et le guéridon qui le soutenait étaient restés en place. La salle de séjour se trouvait sur ma gauche et deux portes fermées occupaient le mur de droite. Je choisis de tenter ma chance avec la première qui se révéla être un placard rempli de balais et de produits d’entretien.
Pour atteindre la seconde porte, je devais passer devant l’ouverture sombre menant au salon. Je longeai le mur opposé avec le plus de discrétion possible, quand je vis ce qui se passait à l’intérieur de cette pièce.
Kaenel avait invoqué une épée de flammes pour combattre son adversaire. Celle-ci se contentait de sa batte, même si le contact avec l’arme du sorcier l’avait roussie. Pour le moment, le combat était au point mort. À proximité du pentacle, Lola se tortillait sur le sol. Elle avait cessé de crier et tentai de se relever en gémissant. Ses mains étaient clouées au sol par des carreaux.
Je souhaitais aider Alex, mais je craignais de l’encombrer, ou de prendre un mauvais coup. À la recherche d’un moyen de lui prêter main-forte, mon regard se posa sur le vase intact à quelques pas de moi. Je me glissai jusqu’à lui, l’attrapai, puis revins devant l’embrasure.
Une fois en place, j’attendis que Kaenel se place dans l’alignement de la porte. Ayant deviné mon intention, Alex l’attaqua sans relâche pour le forcer à reculer. Le combat prit fin lorsque j’abattis le vase sur le crâne du sorcier. Les éclats de faïence peinte volèrent dans la pièce. La vampire profita du choc pour envoyer un coup violent dans la mâchoire de son adversaire qui s’effondra.
La défaite du sorcier affecta aussi Lola. Elle cessa de hurler, un masque de stupeur collé à la figure. Après s’être assurée qu’aucun d’eux ne risquait de lui poser à nouveau problème, Alex se tourna vers moi.
— Merci pour le coup de main.
J’étais encore trop sonné par les événements qui venaient de se dérouler que je ne lui répondis même pas.
Je descendis les dernières marches sur la pointe des pieds. Le couloir avait été ravagé par les carreaux d’arbalète et la boule de feu. Seuls un vase décoratif et le guéridon qui le soutenait étaient restés en place. La salle de séjour se trouvait sur ma gauche et deux portes fermées occupaient le mur de droite. Je choisis de tenter ma chance avec la première qui se révéla être un placard rempli de balais et de produits d’entretien.
Pour atteindre la seconde porte, je devais passer devant l’ouverture sombre menant au salon. Je longeai le mur opposé avec le plus de discrétion possible, quand je vis ce qui se passait à l’intérieur de cette pièce.
Kaenel avait invoqué une épée de flammes pour combattre son adversaire. Celle-ci se contentait de sa batte, même si le contact avec l’arme du sorcier l’avait roussie. Pour le moment, le combat était au point mort. À proximité du pentacle, Lola se tortillait sur le sol. Elle avait cessé de crier et tentai de se relever en gémissant. Ses mains étaient clouées au sol par des carreaux.
Je souhaitais aider Alex, mais je craignais de l’encombrer, ou de prendre un mauvais coup. À la recherche d’un moyen de lui prêter main-forte, mon regard se posa sur le vase intact à quelques pas de moi. Je me glissai jusqu’à lui, l’attrapai, puis revins devant l’embrasure.
Une fois en place, j’attendis que Kaenel se place dans l’alignement de la porte. Ayant deviné mon intention, Alex l’attaqua sans relâche pour le forcer à reculer. Le combat prit fin lorsque j’abattis le vase sur le crâne du sorcier. Les éclats de faïence peinte volèrent dans la pièce. La vampire profita du choc pour envoyer un coup violent dans la mâchoire de son adversaire qui s’effondra.
La défaite du sorcier affecta aussi Lola. Elle cessa de hurler, un masque de stupeur collé à la figure. Après s’être assurée qu’aucun d’eux ne risquait de lui poser à nouveau problème, Alex se tourna vers moi.
— Merci pour le coup de main.
J’étais encore trop sonné par les événements qui venaient de se dérouler que je ne lui répondis même pas.
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lundi 16 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 21
Je montai les marches quatre à quatre. Les pas que j’entendais derrière moi étaient ceux du sorcier, Lola n’aurait pas fait autant de bruit. Arrivé sur le palier, je n’y voyais rien. Je poussai la première porte sur ma droite et entrai dans la pièce. La lumière du réverbère dessinait une ligne orangée sur le sol. Je la suivis jusqu’à la fenêtre en faisant le moins de bruit possible.
Sur le palier, j’entendais les déplacements de Kaenel. Je redoublais de précaution au moment d’ouvrir la fenêtre. Elle pivota en silence sur les gonds. Rassuré par l’absence de bruit, j’entrepris de faire de même avec les persiennes. J’avais l’intention de me laisser tomber dans les roses trémières et de fuir à travers le jardin.
Malheureusement, les volets métalliques grincèrent. Le bruit dut s’entendre dans tout l’étage. Je me hâtai de rabattre le second volet, mais lorsque la lampe s’alluma dans la pièce, je restai figé. Cet instant d’hésitation ne dura pas. J’allais sauter dans le jardin quand un cri retentit.
C’était la voix de Lola, elle hurlait de douleur. Le visage de Kaenel se déforma sous le coup de la surprise, puis, sans un regard pour moi, il quitta la pièce en courant. La perspective d’un atterrissage brutal dans les roses trémières me parut tout de suite moins séduisante. Je décidais de redescendre pour tenter ma chance des fenêtres du rez-de-chaussée.
J’étais arrivé au milieu de l’escalier quand je vis le sorcier tendre le bras vers Alex. Une boule de feu quitta sa main pour exploser sur la jeune femme. De la fumée, ainsi qu’une odeur de chair carbonisée emplit le couloir. Pourtant, la vampire était toujours debout. Son bras gauche était brûlé du coude au poignet, mais elle ne paraissait pas en souffrir.
À l’intérieur du salon, les cris de douleur de Lola s’étaient transformés en insultes et en malédictions. Je n’arrivais pas à croire que ma petite amie puisse hurler de telles horreurs faisant références à l’Enfer et aux tourments qui y attendaient son ennemie.
— Si tu veux récupérer ta femme, il va falloir venir la chercher, cracha Alex au sorcier avant de regagner la pièce.
Ces paroles enflammèrent littéralement Kaenel. Il se lança à la poursuite de la jeune femme entouré d’un halo de flammes crépitantes.
Sur le palier, j’entendais les déplacements de Kaenel. Je redoublais de précaution au moment d’ouvrir la fenêtre. Elle pivota en silence sur les gonds. Rassuré par l’absence de bruit, j’entrepris de faire de même avec les persiennes. J’avais l’intention de me laisser tomber dans les roses trémières et de fuir à travers le jardin.
Malheureusement, les volets métalliques grincèrent. Le bruit dut s’entendre dans tout l’étage. Je me hâtai de rabattre le second volet, mais lorsque la lampe s’alluma dans la pièce, je restai figé. Cet instant d’hésitation ne dura pas. J’allais sauter dans le jardin quand un cri retentit.
C’était la voix de Lola, elle hurlait de douleur. Le visage de Kaenel se déforma sous le coup de la surprise, puis, sans un regard pour moi, il quitta la pièce en courant. La perspective d’un atterrissage brutal dans les roses trémières me parut tout de suite moins séduisante. Je décidais de redescendre pour tenter ma chance des fenêtres du rez-de-chaussée.
J’étais arrivé au milieu de l’escalier quand je vis le sorcier tendre le bras vers Alex. Une boule de feu quitta sa main pour exploser sur la jeune femme. De la fumée, ainsi qu’une odeur de chair carbonisée emplit le couloir. Pourtant, la vampire était toujours debout. Son bras gauche était brûlé du coude au poignet, mais elle ne paraissait pas en souffrir.
À l’intérieur du salon, les cris de douleur de Lola s’étaient transformés en insultes et en malédictions. Je n’arrivais pas à croire que ma petite amie puisse hurler de telles horreurs faisant références à l’Enfer et aux tourments qui y attendaient son ennemie.
— Si tu veux récupérer ta femme, il va falloir venir la chercher, cracha Alex au sorcier avant de regagner la pièce.
Ces paroles enflammèrent littéralement Kaenel. Il se lança à la poursuite de la jeune femme entouré d’un halo de flammes crépitantes.
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vendredi 13 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 20
Le bruit d’une porte en train de s’ouvrir me redonna l’espoir d’être secouru. Malheureusement, le miroir du salon ne reflétait qu’un corridor vide. Si je devais être sauvé, ce serait par un courant d’air. Les deux sorciers ne semblaient s’être aperçus de rien. Lola remettait la toile en place sur la table, ensuite, Kaenel me releva.
Soudain, Lola poussa un cri aigu. En fait de vent, c’était une personne qui venait d’entrer. J’eus à peine le temps de jeter un regard sur la silhouette qui se tenait à l’entrée du salon. En dépit de la faible luminosité et du fait que le sorcier me poussa à l’écart, je reconnus la figure blafarde d’Alex.
Je retrouvai mon équilibre juste au-dessus du pentacle. Un claquement sec retentit, suivi de plusieurs autres. Je tournai la tête assez vite pour voir Alex lâcher l’arme qu’elle tenait à la main et reculer dans le couloir. Des tiges de bois empennées lui sortaient de la poitrine. Les doigts crispés sur les plumes noires, elle fit un dernier pas en arrière, puis s’affala contre le mur.
Un bruit d’engrenage dans mon dos m’informa que le sorcier était en train de recharger son arme. Je sortis de la pièce en vitesse, bousculant Lola au passage. Alex était allongée sur le sol, un liquide sombre suintait autour des tiges. Ses lèvres rouges étaient tordues en un rictus de douleur. Pourtant, elle gardait les yeux ouverts et elle paraissait encore lucide.
Je m’agenouillai à côté d’elle. Ses iris trop pâles se fixèrent sur moi, tandis que j’examinai ses blessures. Ce n’était pas des flèches que Kaenel lui avait tirées dessus, mais des carreaux d’arbalète. J’avais encore quelques minutes avant qu’il ne puisse tirer de nouveau, j’en profitai pour tenter d’arracher l’un des carreaux.
Alex grimaça, puis repoussa ma main.
— Je vais me débrouiller toute seule avec ses deux là. Contente-toi de filer.
J’acquiesçai, même si je ne voyais pas comment elle comptait se sortir de cette situation. Avec un faible sourire, elle extirpa le carreau enfoncé dans son épaule.
Mon premier réflexe fut de prendre la direction de la porte d’entrée. Cependant, le souvenir des ombres qui m’y avaient assailli me fit renoncer. Je n’avais pas les capacités d’Alex que je soupçonnais d’être surnaturelles.
Le cliquètement de l’arbalète précéda la salve de carreaux qui se plantèrent dans le mur au-dessus de nous. J’étais protégé par le cadre de la porte et Alex avait rampé pour se mettre à l’abri. Je la vis ramasser la batte de baseball qu’elle avait apportée en guise d’arme.
Aucun de nous n’était blessé, mais pour sortir il m’aurait fallu que je traverse le couloir. Dans ce cas, j’aurais été une cible parfaite pour Kaenel. Je fis donc demi-tour et m’engageai dans l’escalier.
Soudain, Lola poussa un cri aigu. En fait de vent, c’était une personne qui venait d’entrer. J’eus à peine le temps de jeter un regard sur la silhouette qui se tenait à l’entrée du salon. En dépit de la faible luminosité et du fait que le sorcier me poussa à l’écart, je reconnus la figure blafarde d’Alex.
Je retrouvai mon équilibre juste au-dessus du pentacle. Un claquement sec retentit, suivi de plusieurs autres. Je tournai la tête assez vite pour voir Alex lâcher l’arme qu’elle tenait à la main et reculer dans le couloir. Des tiges de bois empennées lui sortaient de la poitrine. Les doigts crispés sur les plumes noires, elle fit un dernier pas en arrière, puis s’affala contre le mur.
Un bruit d’engrenage dans mon dos m’informa que le sorcier était en train de recharger son arme. Je sortis de la pièce en vitesse, bousculant Lola au passage. Alex était allongée sur le sol, un liquide sombre suintait autour des tiges. Ses lèvres rouges étaient tordues en un rictus de douleur. Pourtant, elle gardait les yeux ouverts et elle paraissait encore lucide.
Je m’agenouillai à côté d’elle. Ses iris trop pâles se fixèrent sur moi, tandis que j’examinai ses blessures. Ce n’était pas des flèches que Kaenel lui avait tirées dessus, mais des carreaux d’arbalète. J’avais encore quelques minutes avant qu’il ne puisse tirer de nouveau, j’en profitai pour tenter d’arracher l’un des carreaux.
Alex grimaça, puis repoussa ma main.
— Je vais me débrouiller toute seule avec ses deux là. Contente-toi de filer.
J’acquiesçai, même si je ne voyais pas comment elle comptait se sortir de cette situation. Avec un faible sourire, elle extirpa le carreau enfoncé dans son épaule.
Mon premier réflexe fut de prendre la direction de la porte d’entrée. Cependant, le souvenir des ombres qui m’y avaient assailli me fit renoncer. Je n’avais pas les capacités d’Alex que je soupçonnais d’être surnaturelles.
Le cliquètement de l’arbalète précéda la salve de carreaux qui se plantèrent dans le mur au-dessus de nous. J’étais protégé par le cadre de la porte et Alex avait rampé pour se mettre à l’abri. Je la vis ramasser la batte de baseball qu’elle avait apportée en guise d’arme.
Aucun de nous n’était blessé, mais pour sortir il m’aurait fallu que je traverse le couloir. Dans ce cas, j’aurais été une cible parfaite pour Kaenel. Je fis donc demi-tour et m’engageai dans l’escalier.
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mercredi 11 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 19
Soudain, la lumière des bougies s’intensifia. Le bruit de pas sur le plancher me laissait penser que Kaenel venait d’entrer dans le salon. À la lueur vacillante des bougies, je vis une silhouette sombre s’approcher du canapé. La main qui émergea d’une manche de sa robe pour se poser sur l’épaule de Lola était sans le moindre doute celle du professeur de littérature.
Ce geste avait beau être réconfortant, elle se recroquevilla un peu plus entre les coussins.
— Je ne peux pas faire ça.
— Si, tu peux.
— C’est trop dur, il ne me mérite pas ça.
Elle jeta un regard dans ma direction. Le ton de sa voix et son allure montraient que la situation lui était pénible. Depuis qu’elle m’avait attiré ici, elle était rongée par la culpabilité. Je n’avais pas la moindre idée de ce qui m’attendait, mais elle oui. Si elle s’en voulait autant, c’est que les choses risquaient de mal tourner.
Kaenel sortit un objet métallique de sous sa robe. La lumière des bougies se refléta sur une lame ondulée de la taille de son avant-bras.
— Élisabeth chérie, tu dois le faire pour retrouver tes pouvoirs. Tu as envie de redevenir aussi forte que le siècle passé, n'est-ce pas…
Lola hocha la tête. Ce ne devait pas être la première fois qu’il l’appelait Élisabeth.
— Rappelle-toi comme tu étais puissante à l’époque. Ensemble, nous étions des dieux, les dieux du feu.
Les flammes se mirent à danser à l’évocation des anciens pouvoirs des sorciers. S’ils étaient si redoutables, comment avaient-ils été réduits à se rencontrer dans un lycée ? Je repensai aussi à Alex qui les cherchait avec son pendule.
— C’était avant qu’un vorcier ne vienne, demandais-je.
Je n’étais absolument pas sûr de moi, ni de ce que j’avançai. Pourtant, ma remarque fit mouche. La pièce fut plongée dans l’obscurité.
— Comment connais-tu ce nom ? siffla le sorcier furieux.
Je n’avais pas envie de répondre. J’avais trop peur de ce que je pourrais lui révéler sur Alex. Kanel se releva, s’approcha de moi et tint mon visage entre ses deux mains.
— Tu vas me dire tout ce que tu sais de ces maudits vorciers.
Ce n’était pas une question. Cependant, je ne pus m’empêcher de secouer la tête en signe de dénégation. D’une poussée, il me projeta en arrière. Mon crâne heurta le rebord de la table et je m’affalai sur le sol.
J’entendis le sorcier dire à Lola qu’ils n’avaient plus le temps et qu’ils devaient procéder d’urgence au sacrifice. Elle hocha la tête, se leva du canapé, puis prit le poignard des mains de son amant.
J’avais un très mauvais pressentiment concernant l’objet du sacrifice. Je tentai de me remettre sur mes jambes en m’accrochant à la table, mais je ne réussis qu’à mettre la nappe par terre. Empêtré dans la toile cirée, je ne savais pas par quel moyen j’allais bien pouvoir me sortir de là.
Ce geste avait beau être réconfortant, elle se recroquevilla un peu plus entre les coussins.
— Je ne peux pas faire ça.
— Si, tu peux.
— C’est trop dur, il ne me mérite pas ça.
Elle jeta un regard dans ma direction. Le ton de sa voix et son allure montraient que la situation lui était pénible. Depuis qu’elle m’avait attiré ici, elle était rongée par la culpabilité. Je n’avais pas la moindre idée de ce qui m’attendait, mais elle oui. Si elle s’en voulait autant, c’est que les choses risquaient de mal tourner.
Kaenel sortit un objet métallique de sous sa robe. La lumière des bougies se refléta sur une lame ondulée de la taille de son avant-bras.
— Élisabeth chérie, tu dois le faire pour retrouver tes pouvoirs. Tu as envie de redevenir aussi forte que le siècle passé, n'est-ce pas…
Lola hocha la tête. Ce ne devait pas être la première fois qu’il l’appelait Élisabeth.
— Rappelle-toi comme tu étais puissante à l’époque. Ensemble, nous étions des dieux, les dieux du feu.
Les flammes se mirent à danser à l’évocation des anciens pouvoirs des sorciers. S’ils étaient si redoutables, comment avaient-ils été réduits à se rencontrer dans un lycée ? Je repensai aussi à Alex qui les cherchait avec son pendule.
— C’était avant qu’un vorcier ne vienne, demandais-je.
Je n’étais absolument pas sûr de moi, ni de ce que j’avançai. Pourtant, ma remarque fit mouche. La pièce fut plongée dans l’obscurité.
— Comment connais-tu ce nom ? siffla le sorcier furieux.
Je n’avais pas envie de répondre. J’avais trop peur de ce que je pourrais lui révéler sur Alex. Kanel se releva, s’approcha de moi et tint mon visage entre ses deux mains.
— Tu vas me dire tout ce que tu sais de ces maudits vorciers.
Ce n’était pas une question. Cependant, je ne pus m’empêcher de secouer la tête en signe de dénégation. D’une poussée, il me projeta en arrière. Mon crâne heurta le rebord de la table et je m’affalai sur le sol.
J’entendis le sorcier dire à Lola qu’ils n’avaient plus le temps et qu’ils devaient procéder d’urgence au sacrifice. Elle hocha la tête, se leva du canapé, puis prit le poignard des mains de son amant.
J’avais un très mauvais pressentiment concernant l’objet du sacrifice. Je tentai de me remettre sur mes jambes en m’accrochant à la table, mais je ne réussis qu’à mettre la nappe par terre. Empêtré dans la toile cirée, je ne savais pas par quel moyen j’allais bien pouvoir me sortir de là.
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lundi 9 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 18
J’ignorai ce qui se trouvait de l’autre côté de cette porte, mais je fus comme aspiré à l’intérieur. Des ombres m’entourèrent et tournèrent autour de moi telles une nuée de chauves-souris impalpables. J’eus beau me débattre, essayer de fuir, elles s’accrochaient toujours.
Le claquement de deux mains l’une contre l’autre dissipa les illusions. Je me trouvais debout au milieu de ce qui devait être le salon de Daniel Kaenel. Sur le sol, une sorte d’étoile était tracée à la craie. Elle avait cinq pointes, au bout desquelles brûlaient cinq bougies. Le fait qu’elles soient noires ne me surprit pas tant que ça.
En dehors des bougies, il n’y avait aucun éclairage dans la pièce. Les rideaux occultaient la lumière du crépuscule. Peu à peu, mes yeux s’habituèrent à l’obscurité et je parvins à reconnaître les formes des meubles. À ma droite, il y avait une table tout ce qu’il y a de plus ordinaire, hormis la toile cirée rouge qui la recouvrait et les bols situés à côté de ses pieds. Les chaises avaient été empilées et le tapis roulé dans un coin.
Je tournai la tête pour observer le canapé. Une silhouette enveloppée d’un capuchon noir y était assise et évitait de poser son regard sur moi. La chaussure qui dépassait du bas de la robe était celle de Lola. Je comprenais mieux pourquoi elle avait tenu à ce que je l’accompagne, Daniel et elle m’avaient tendu un piège.
Je préférai attendre de voir ce qu’ils me réservaient avant de lui en vouloir. La présence du pentacle et des bougies me laissait penser que j’allais être le témoin de quelque phénomène paranormal. Pourtant, le véritable sorcier n’avait pas encore fait son apparition.
Le claquement de deux mains l’une contre l’autre dissipa les illusions. Je me trouvais debout au milieu de ce qui devait être le salon de Daniel Kaenel. Sur le sol, une sorte d’étoile était tracée à la craie. Elle avait cinq pointes, au bout desquelles brûlaient cinq bougies. Le fait qu’elles soient noires ne me surprit pas tant que ça.
En dehors des bougies, il n’y avait aucun éclairage dans la pièce. Les rideaux occultaient la lumière du crépuscule. Peu à peu, mes yeux s’habituèrent à l’obscurité et je parvins à reconnaître les formes des meubles. À ma droite, il y avait une table tout ce qu’il y a de plus ordinaire, hormis la toile cirée rouge qui la recouvrait et les bols situés à côté de ses pieds. Les chaises avaient été empilées et le tapis roulé dans un coin.
Je tournai la tête pour observer le canapé. Une silhouette enveloppée d’un capuchon noir y était assise et évitait de poser son regard sur moi. La chaussure qui dépassait du bas de la robe était celle de Lola. Je comprenais mieux pourquoi elle avait tenu à ce que je l’accompagne, Daniel et elle m’avaient tendu un piège.
Je préférai attendre de voir ce qu’ils me réservaient avant de lui en vouloir. La présence du pentacle et des bougies me laissait penser que j’allais être le témoin de quelque phénomène paranormal. Pourtant, le véritable sorcier n’avait pas encore fait son apparition.
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vendredi 6 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 17
En fin de journée, les bus étaient moins fréquents. J’avais donc un quart d’heure de retard quand j’arrivai au jardin d’enfants. Lola était assise sur la balançoire. Ses lèvres remuaient comme si elle était en train de répéter une leçon et elle mâchouillait l’ongle de son pouce.
Lorsqu’elle me vit arriver, elle se leva d’un bond.
— J’avais peur que tu ne viennes pas, dit-elle d’une petite voix.
— Désolé pour le retard. Tu veux qu’on attende un peu avant d’y aller, proposais-je en voyant qu’elle avait les yeux rouges.
— Non, ça ira.
Sa main se serra autour de la mienne et nous quittâmes le parc. Traverser la rue fut plus difficile que je ne l’aurais cru. La main de Lola est humide sueur. Je ne l’avais jamais vue aussi nerveuse que lorsque nous passâmes le portail du jardin de Kaenel.
Quelques roses trémières émergeaient des herbes hautes qui avaient recouvert la pelouse. Leurs fleurs roses et rouges étaient la seule touche de couleur vive entourant la maison. Les murs de pierre étaient gris et les volets peints en bordeaux. Derrière les vitres, des rideaux noirs dissimulaient complètement ce qu’il y avait à l’intérieur.
Les graviers de l’allée crissaient sous les semelles de mes chaussures. C’était le seul bruit que j’entendais, avec celui de nos respirations. Le soleil était couché et tous les habitants de la rue vaquaient à leurs occupations. Ils n’avaient aucune raison de prêter attention aux deux adolescents qui s’apprêtaient à entrer chez un sorcier.
Sur le pas de la porte, Lola arrêta d’avancer. Je me tournai vers elle et vis ses yeux en larmes. Elle n’avait cessé de pleurer depuis que nous étions entrés dans le jardin.
— Je suis désolée, murmura-t-elle.
— Désolée, mais pourquoi ?
— Tu n’aurais jamais dû m’accompagner ici.
Avant que je n’aie posé une nouvelle question, elle posa ses lèvres sur les miennes un court instant. Puis, elle me poussa à travers la porte qui venait de s’ouvrir.
Lorsqu’elle me vit arriver, elle se leva d’un bond.
— J’avais peur que tu ne viennes pas, dit-elle d’une petite voix.
— Désolé pour le retard. Tu veux qu’on attende un peu avant d’y aller, proposais-je en voyant qu’elle avait les yeux rouges.
— Non, ça ira.
Sa main se serra autour de la mienne et nous quittâmes le parc. Traverser la rue fut plus difficile que je ne l’aurais cru. La main de Lola est humide sueur. Je ne l’avais jamais vue aussi nerveuse que lorsque nous passâmes le portail du jardin de Kaenel.
Quelques roses trémières émergeaient des herbes hautes qui avaient recouvert la pelouse. Leurs fleurs roses et rouges étaient la seule touche de couleur vive entourant la maison. Les murs de pierre étaient gris et les volets peints en bordeaux. Derrière les vitres, des rideaux noirs dissimulaient complètement ce qu’il y avait à l’intérieur.
Les graviers de l’allée crissaient sous les semelles de mes chaussures. C’était le seul bruit que j’entendais, avec celui de nos respirations. Le soleil était couché et tous les habitants de la rue vaquaient à leurs occupations. Ils n’avaient aucune raison de prêter attention aux deux adolescents qui s’apprêtaient à entrer chez un sorcier.
Sur le pas de la porte, Lola arrêta d’avancer. Je me tournai vers elle et vis ses yeux en larmes. Elle n’avait cessé de pleurer depuis que nous étions entrés dans le jardin.
— Je suis désolée, murmura-t-elle.
— Désolée, mais pourquoi ?
— Tu n’aurais jamais dû m’accompagner ici.
Avant que je n’aie posé une nouvelle question, elle posa ses lèvres sur les miennes un court instant. Puis, elle me poussa à travers la porte qui venait de s’ouvrir.
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pendule du vorcier
mercredi 4 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 16
Ce fut la sonnette de la porte d’entrée qui me tira de ma lecture vers cinq heures. Je laissai passer la première sonnerie, mes parents ne devaient pas rentrer avant le soir. Comme mon visiteur insista, je finis par descendre. À travers l’œilleton, j’aperçus Lola. Sa présence me fit un choc et je lui ouvris dans la seconde.
— Je ne t’ai pas vu au lycée aujourd’hui, alors je m’inquiétais.
J’avais du mal à croire ce qu’elle venait de dire et cela devait se lire sur mon visage. Son sourire disparut en un instant.
— Je n’ai pas été tout à fait honnête avec toi ?
Je décidai de feindre l’ignorance et lui demandai pourquoi.
— Ne fais pas l’idiot, tu as bien dû te rendre compte que quelque chose n’allait pas.
Je regrettai de ne pas avoir pris sa question au sérieux lorsque je vis ses yeux se remplir de larmes.
— Tu voulais me parler de Kaenel ?
— Oui, fit-elle dans un sanglot. Comment l’as-tu découvert ?
— J’ai surpris une conversation au lycée.
Je n’avais pas envie de m’étendre sur le fait que j’avais épié cette conversion et surtout sur sa conclusion tragique. Face à moi, Lola était secouée de spasmes et les larmes coulaient sur ses joues. Je n’avais qu’une envie, qu’elle cesse de pleurer.
— Dis-moi vraiment pourquoi tu es venue me voir.
— Pour que tu m’aides à lui dire que c’est fini.
Après vingt minutes de paroles que j’espérai réconfortantes, Lola finit par se calmer. Elle m’avait fait promettre de la retrouver en début de soirée dans le jardin d’enfants à proximité de chez Kaenel. Elle voulait que je l’accompagne pour aller lui dire qu’elle le quittait.
Je ne voyais pas en quoi ma présence lui serait utile, mais je ne pouvais me résoudre à la laisser se débrouiller toute seule. Je me replongeais dans mes livres. Cependant, je ne pus écarter les pensées qui me harcelaient.
Ce fut presque avec soulagement que je sortis. J’avais laissé un mot dans le vide-poche pour informer ma mère que j’étais allée chez Lola. Je n’avais pas mentionné d’heure de retour, je savais donc qu’elle s’inquiéterait.
— Je ne t’ai pas vu au lycée aujourd’hui, alors je m’inquiétais.
J’avais du mal à croire ce qu’elle venait de dire et cela devait se lire sur mon visage. Son sourire disparut en un instant.
— Je n’ai pas été tout à fait honnête avec toi ?
Je décidai de feindre l’ignorance et lui demandai pourquoi.
— Ne fais pas l’idiot, tu as bien dû te rendre compte que quelque chose n’allait pas.
Je regrettai de ne pas avoir pris sa question au sérieux lorsque je vis ses yeux se remplir de larmes.
— Tu voulais me parler de Kaenel ?
— Oui, fit-elle dans un sanglot. Comment l’as-tu découvert ?
— J’ai surpris une conversation au lycée.
Je n’avais pas envie de m’étendre sur le fait que j’avais épié cette conversion et surtout sur sa conclusion tragique. Face à moi, Lola était secouée de spasmes et les larmes coulaient sur ses joues. Je n’avais qu’une envie, qu’elle cesse de pleurer.
— Dis-moi vraiment pourquoi tu es venue me voir.
— Pour que tu m’aides à lui dire que c’est fini.
Après vingt minutes de paroles que j’espérai réconfortantes, Lola finit par se calmer. Elle m’avait fait promettre de la retrouver en début de soirée dans le jardin d’enfants à proximité de chez Kaenel. Elle voulait que je l’accompagne pour aller lui dire qu’elle le quittait.
Je ne voyais pas en quoi ma présence lui serait utile, mais je ne pouvais me résoudre à la laisser se débrouiller toute seule. Je me replongeais dans mes livres. Cependant, je ne pus écarter les pensées qui me harcelaient.
Ce fut presque avec soulagement que je sortis. J’avais laissé un mot dans le vide-poche pour informer ma mère que j’étais allée chez Lola. Je n’avais pas mentionné d’heure de retour, je savais donc qu’elle s’inquiéterait.
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pendule du vorcier
lundi 2 novembre 2009
Le pendule du vorcier - Episode 15
Ma mère n’était toujours pas arrivée lorsque je me mis au lit. Dès que j’avais passé la porte, je sus que je ne serais pas capable d’aller en cours aujourd’hui. Je ne pris même pas la peine de régler mon réveil.
Pour une fois, ma mère se laissa prendre à ma simulation de maladie.
— Je t’avais bien dit de te coucher tôt hier. Tu as vraiment une tête affreuse, tu travailles trop.
— Non, non. Ça va très bien au lycée. J’ai juste pris froid en rentrant, ça ira mieux demain.
Après son départ, je me rendormis sans chercher à me souvenir de ce que j’avais fait la veille. Je me réveillai à nouveau en début d’après-midi et me levai pour aller rendre visite à Alex.
Le portail grinçant de sa demeure était entrouvert, tel que je l’avais laissé ce matin. La porte non plus n’avait pas été verrouillée. Je montais l’escalier quatre à quatre pour arriver dans la seule pièce que je connaisse ici : le salon. Alex s’y trouvait. Elle n’avait pas quitté le fauteuil où je l’avais laissée quelques heures plus tôt, mais elle avait repris conscience. Elle me demanda d’aller lui chercher quelques bouteilles.
Il me fallut plusieurs minutes pour trouver la cuisine et ouvrir tous les placards. Les seules bouteilles que je trouvai étaient en verre noir avec des étiquettes écrites à la main. Je les rapportai dans le salon avec un verre. Je détournai les yeux tandis qu’Alex remplissait le verre d’un épais liquide rouge sombre. Le crissement de ses canines contre le verre et le bruit qu’elle fit en buvant suffirent à mettre mon imagination en marche.
— C’est bon, tu peux arrêter de regarder le plafond.
Il aurait été inutile de prétendre que je n’étais pas mal à l’aise. Je me sentais nauséeux, même si je préférais qu’elle se nourrisse du contenu d’une bouteille plutôt que de celui d’un être vivant. Je fus donc soulagé de la voir reposer son verre. Elle se cala plus confortablement dans son fauteuil et ferma les yeux.
— Tu peux y aller maintenant, il faut encore que je dorme.
Je rentrai chez moi et passai une grande partie de l’après-midi à lire. J’avais besoin de me changer les idées. Je n’avais pas envie de repenser à ce que j’avais vu la nuit dernière. Lola sur le pas de la porte embrassant un homme qui s’était révélé être Kaenel.
Pour une fois, ma mère se laissa prendre à ma simulation de maladie.
— Je t’avais bien dit de te coucher tôt hier. Tu as vraiment une tête affreuse, tu travailles trop.
— Non, non. Ça va très bien au lycée. J’ai juste pris froid en rentrant, ça ira mieux demain.
Après son départ, je me rendormis sans chercher à me souvenir de ce que j’avais fait la veille. Je me réveillai à nouveau en début d’après-midi et me levai pour aller rendre visite à Alex.
Le portail grinçant de sa demeure était entrouvert, tel que je l’avais laissé ce matin. La porte non plus n’avait pas été verrouillée. Je montais l’escalier quatre à quatre pour arriver dans la seule pièce que je connaisse ici : le salon. Alex s’y trouvait. Elle n’avait pas quitté le fauteuil où je l’avais laissée quelques heures plus tôt, mais elle avait repris conscience. Elle me demanda d’aller lui chercher quelques bouteilles.
Il me fallut plusieurs minutes pour trouver la cuisine et ouvrir tous les placards. Les seules bouteilles que je trouvai étaient en verre noir avec des étiquettes écrites à la main. Je les rapportai dans le salon avec un verre. Je détournai les yeux tandis qu’Alex remplissait le verre d’un épais liquide rouge sombre. Le crissement de ses canines contre le verre et le bruit qu’elle fit en buvant suffirent à mettre mon imagination en marche.
— C’est bon, tu peux arrêter de regarder le plafond.
Il aurait été inutile de prétendre que je n’étais pas mal à l’aise. Je me sentais nauséeux, même si je préférais qu’elle se nourrisse du contenu d’une bouteille plutôt que de celui d’un être vivant. Je fus donc soulagé de la voir reposer son verre. Elle se cala plus confortablement dans son fauteuil et ferma les yeux.
— Tu peux y aller maintenant, il faut encore que je dorme.
Je rentrai chez moi et passai une grande partie de l’après-midi à lire. J’avais besoin de me changer les idées. Je n’avais pas envie de repenser à ce que j’avais vu la nuit dernière. Lola sur le pas de la porte embrassant un homme qui s’était révélé être Kaenel.
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