Une fois seul devant la machine, Corentin commença par déballer le modem de son carton. Il examina avec soin les différents câbles, ainsi que leurs embouts, puis il fit une première tentative de branchement et alluma l’ordinateur.
Il obéit aux instructions qui apparurent sur l’écran et introduisit le disque d’installation. Après plusieurs minutes durant lesquelles l’ordinateur crépita, puis émit une sorte de grésillement sur plusieurs tons, l’adolescent pu ouvrir la page d’accueil du navigateur Internet.
Il commença par se connecter à sa messagerie où l’attendait l’unique email que lui avait envoyé Gwenaëlle l’été dernier. Depuis, il n’avait rien reçu d’autre, car personne dans son entourage n’était au courant qu’il disposait d’une adresse électronique.
Pendant un long moment d’hésitation, il fixa l’icône associée à la fonction répondre du message. Les questions qu’il aurait aimé poser à Gwenaëlle se bousculaient sans qu’il parvienne à déterminer lesquelles étaient pertinentes. Quand il finit par se décider à cliquer, il ne savait toujours pas ce qu’il allait mettre dans cet email.
Il hésita, écrivit « Coucou Gwen ! », puis il faillit refermer sa messagerie. Il se leva de sa chaise afin d’évacuer la tension insupportable qu’il ressentait.
Le bureau de sa tante était la pièce qu’il préférait. Situé au premier étage du pavillon, il donnait sur le jardin et ses fleurs. C’était là qu’Evelyne entreposait ses livres. Seulement une petite partie d’entre eux était consacrée à la voyance, les autres parlaient de voyages, d’aventure et de légendes anciennes.
Plus jeune, Corentin avait passé des heures plongé dans la contemplation des multiples bibelots, souvenirs de voyages autour du monde, qui étaient disposés au milieu des ouvrages accumulé sur les étagères.
Finalement, il se rassit, mais les mots suivants furent longs à apparaître.
« J’espère que tu vas bien et les choses se passent bien dans ton lycée. »
vendredi 4 juin 2010
mercredi 2 juin 2010
Chapitre 5 de Limonade - Episode 5
Un miaulement déchirant, accompagné d’une bonne dose de grattage frénétique signala la présence de Lucifer à la fenêtre de la cuisine. Évelyne se leva de sa chaise pour lui ouvrir, puis revint à table avec une pomme.
Le chat ne s’intéressa pas au fruit et se rua dans les jambes de l’adolescent. Pas dupe pour deux sous, celui-ci comprit que l’animal convoitait le yaourt qui restait au fond du pot. Il le lui abandonna sans regret et s’adressa à sa tante :
– Pour commencer, il faudrait que tu aies une ligne Internet.
– Ne me prend pas une vieille imbécile, plaisanta-t-elle. J’ai déjà contacté France Télécom, la ligne est installée et je suis allée chercher le modem ce matin.
Une étincelle jaillit dans l’esprit de Corentin ; il disposait désormais d’un moyen de se lancer à la poursuite du mystérieux magicien qui avait promis son aide à Gwenaëlle. Absorbé par ses propres réflexions, il n’écouta pas les détails techniques de la connexion choisie par sa tante.
Il ne raccrocha la conversation que lorsqu’elle parla de modem.
– La dernière chose à faire, disait-elle, c’est de brancher le modem et l’ordinateur. Ensuite, il n’y aura qu’à vérifier que l’Internet fonctionne.
– Tu vaudras que je m’en occupe, proposa-t-il.
L’aspect intéressé de cette offre échappa à la perspicacité de la voyante. Sa journée à jouer les néophytes crédules l’avait épuisée. Elle consentit à son neveu le droit d’essayer les nouvelles possibilités de son ordinateur.
– Ne te couche pas trop tard, recommanda-t-elle avant de poser la vaisselle dans l’évier.
L’adolescent ne l’entendit même pas, il était déjà monté à l’étage et avait refermé la porte du bureau derrière lui.
Le chat ne s’intéressa pas au fruit et se rua dans les jambes de l’adolescent. Pas dupe pour deux sous, celui-ci comprit que l’animal convoitait le yaourt qui restait au fond du pot. Il le lui abandonna sans regret et s’adressa à sa tante :
– Pour commencer, il faudrait que tu aies une ligne Internet.
– Ne me prend pas une vieille imbécile, plaisanta-t-elle. J’ai déjà contacté France Télécom, la ligne est installée et je suis allée chercher le modem ce matin.
Une étincelle jaillit dans l’esprit de Corentin ; il disposait désormais d’un moyen de se lancer à la poursuite du mystérieux magicien qui avait promis son aide à Gwenaëlle. Absorbé par ses propres réflexions, il n’écouta pas les détails techniques de la connexion choisie par sa tante.
Il ne raccrocha la conversation que lorsqu’elle parla de modem.
– La dernière chose à faire, disait-elle, c’est de brancher le modem et l’ordinateur. Ensuite, il n’y aura qu’à vérifier que l’Internet fonctionne.
– Tu vaudras que je m’en occupe, proposa-t-il.
L’aspect intéressé de cette offre échappa à la perspicacité de la voyante. Sa journée à jouer les néophytes crédules l’avait épuisée. Elle consentit à son neveu le droit d’essayer les nouvelles possibilités de son ordinateur.
– Ne te couche pas trop tard, recommanda-t-elle avant de poser la vaisselle dans l’évier.
L’adolescent ne l’entendit même pas, il était déjà monté à l’étage et avait refermé la porte du bureau derrière lui.
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chapitre 5,
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lundi 31 mai 2010
Chapitre 5 de Limonade - Episode 4
Le résumé de la personnalité de la consultante aurait difficilement pu être plus éloigné de la vérité. Elle était en effet décrite comme une personne pondérée et sérieuse, sachant mettre sa rigueur au service de son travail. La dernière phrase concluait en beauté ce portrait, car elle lui conseillait de travailler sur elle afin d’être davantage à l’écoute des autres.
– C’était un truc de charlatan, ces tarots andalous.
– Je le crois bien. À ranger dans la même catégorie que l’influence des avions gros porteurs ou des vols d’oiseaux migrateurs sur le thème astral.
– Il y avait des choses intéressantes ?
– Oui, une en particulier. Mais je préférai attendre d’avoir dîné pour t’en parler. Au fait, tu as déjà mangé ?
Bien que ce fût déjà le cas, Corentin en profita pour grignoter en compagnie de sa tante. Depuis son entrée au lycée, il avait amorcé une phase de croissance accélérée. Il avait beau manger deux fois plus, il grandissait tellement qu’il paraissait chaque jour plus frêle.
L’argent que les parents de l’adolescent proposaient d’offrir en guise de dédommagement s’était systématiquement vu refuser. Même si Évelyne ne portait aucun intérêt à la vie de famille, elle manifestait une vive affection pour le plus rêveur de ses neveux.
Elle le fixa un long moment tandis qu’il terminait son yaourt aux fruits. Quand il eut fini, elle demanda :
– Tu y connais quelque chose à l’Internet ?
– Un peu, j’ai appris l’informatique au collège, en cours de technologie. Et puis, ajouta-t-il, Gwen m’a créé une boîte mail et elle m’a montré comment faire des recherches.
– C’est parfait, s’exclama sa tante. Tu vas pouvoir m’apprendre à m’en servir.
Cette brusque passion pour les nouvelles technologies intrigua l’adolescent.
– Pourquoi tu veux apprendre ça ?
– Mon chou, commença-t-elle. L’Internet est l’avenir de la voyance. Les gens commencent à peine à s’y intéresser, mais d’ici cinq à dix ans, tout le monde utilisera Internet.
Corentin en resta bouche bée. Cependant, il partageait le sentiment que cette idée n’était pas aussi insensée qu’elle n’y paraissait au premier abord. Après tout, Gwenaëlle avait bien découvert la magie noire grâce à un ordinateur.
– C’était un truc de charlatan, ces tarots andalous.
– Je le crois bien. À ranger dans la même catégorie que l’influence des avions gros porteurs ou des vols d’oiseaux migrateurs sur le thème astral.
– Il y avait des choses intéressantes ?
– Oui, une en particulier. Mais je préférai attendre d’avoir dîné pour t’en parler. Au fait, tu as déjà mangé ?
Bien que ce fût déjà le cas, Corentin en profita pour grignoter en compagnie de sa tante. Depuis son entrée au lycée, il avait amorcé une phase de croissance accélérée. Il avait beau manger deux fois plus, il grandissait tellement qu’il paraissait chaque jour plus frêle.
L’argent que les parents de l’adolescent proposaient d’offrir en guise de dédommagement s’était systématiquement vu refuser. Même si Évelyne ne portait aucun intérêt à la vie de famille, elle manifestait une vive affection pour le plus rêveur de ses neveux.
Elle le fixa un long moment tandis qu’il terminait son yaourt aux fruits. Quand il eut fini, elle demanda :
– Tu y connais quelque chose à l’Internet ?
– Un peu, j’ai appris l’informatique au collège, en cours de technologie. Et puis, ajouta-t-il, Gwen m’a créé une boîte mail et elle m’a montré comment faire des recherches.
– C’est parfait, s’exclama sa tante. Tu vas pouvoir m’apprendre à m’en servir.
Cette brusque passion pour les nouvelles technologies intrigua l’adolescent.
– Pourquoi tu veux apprendre ça ?
– Mon chou, commença-t-elle. L’Internet est l’avenir de la voyance. Les gens commencent à peine à s’y intéresser, mais d’ici cinq à dix ans, tout le monde utilisera Internet.
Corentin en resta bouche bée. Cependant, il partageait le sentiment que cette idée n’était pas aussi insensée qu’elle n’y paraissait au premier abord. Après tout, Gwenaëlle avait bien découvert la magie noire grâce à un ordinateur.
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vendredi 28 mai 2010
Chapitre 5 de Limonade - Episode 3
Évelyne profita du silence pour se décharger des affaires qui lui encombraient les bras. Elle arrangea le tas sur la commode de l’entrée, puis entreprit de raconter sa visite au congrès de voyance. À en croire sa tenue, qui évoquait davantage la mère de famille que la voyante professionnelle, elle y était allée dans le but d’observer les méthodes de ses concurrents.
– Je suis arrivée à l’ouverture du salon et, en moins de vingt minutes, trois experts en numérologie et deux autres plus orientés profils astraux m’ont proposé une consultation d’essai.
– Ils ont vu des choses intéressantes ?
– Ah ça, oui. Ils en ont vu de toutes les couleurs.
Le large sourire et les yeux pétillants d’Évelyne témoignaient de l’amusement que lui procurait le fait de mener en bateau tous ces soi-disant experts en arts divinatoires. Elle farfouilla dans la pile de papiers et tendit une fiche à Corentin.
– Celui-là est vraiment désopilant, commenta-t-elle.
Effectivement, dès les premières lignes, l’adolescent de ne put s’empêcher de sourire. La lecture des tarots andalous, une méthode de divination tzigane, informait sa tante qu’elle allait bientôt accomplir le projet longtemps reporté de visiter la ville de Venise. La curiosité le poussa à demander :
– Tu es allée en Italie il y a combien de temps ?
– Au moins quinze ans et je ne compte pas y retourner de ci-tôt, et surtout pas à Venise. Ce que j’ai pu détester cette ville, ces hordes de touristes, ces pigeons par centaine, cette atmosphère humide !
Son neveu poursuivit sa lecture. Il faillit éclater de rire en voyant les mots « mariage convivial » et « nombreux enfants » imprimés noir sur blanc.
– Elle était vraiment à l’ouest. Tu n’as jamais voulu te marier, ni avoir d’enfants.
– Non, j’ai laissé ces ambitions à mes sœurs.
Les sœurs en question, à savoir la mère de Corentin et ses autres tantes, émettaient une profusion d’hypothèses concernant cette absence de désir de vie familiale à chacune de leurs réunions de famille. Elles avaient même essayé de lui présenter des amis ou des collègues espérant une rencontre romantique, mais Évelyne ne s’y laissait pas prendre.
– Je suis arrivée à l’ouverture du salon et, en moins de vingt minutes, trois experts en numérologie et deux autres plus orientés profils astraux m’ont proposé une consultation d’essai.
– Ils ont vu des choses intéressantes ?
– Ah ça, oui. Ils en ont vu de toutes les couleurs.
Le large sourire et les yeux pétillants d’Évelyne témoignaient de l’amusement que lui procurait le fait de mener en bateau tous ces soi-disant experts en arts divinatoires. Elle farfouilla dans la pile de papiers et tendit une fiche à Corentin.
– Celui-là est vraiment désopilant, commenta-t-elle.
Effectivement, dès les premières lignes, l’adolescent de ne put s’empêcher de sourire. La lecture des tarots andalous, une méthode de divination tzigane, informait sa tante qu’elle allait bientôt accomplir le projet longtemps reporté de visiter la ville de Venise. La curiosité le poussa à demander :
– Tu es allée en Italie il y a combien de temps ?
– Au moins quinze ans et je ne compte pas y retourner de ci-tôt, et surtout pas à Venise. Ce que j’ai pu détester cette ville, ces hordes de touristes, ces pigeons par centaine, cette atmosphère humide !
Son neveu poursuivit sa lecture. Il faillit éclater de rire en voyant les mots « mariage convivial » et « nombreux enfants » imprimés noir sur blanc.
– Elle était vraiment à l’ouest. Tu n’as jamais voulu te marier, ni avoir d’enfants.
– Non, j’ai laissé ces ambitions à mes sœurs.
Les sœurs en question, à savoir la mère de Corentin et ses autres tantes, émettaient une profusion d’hypothèses concernant cette absence de désir de vie familiale à chacune de leurs réunions de famille. Elles avaient même essayé de lui présenter des amis ou des collègues espérant une rencontre romantique, mais Évelyne ne s’y laissait pas prendre.
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mercredi 26 mai 2010
Chapitre 5 de Limonade - Episode 2
Le hurlement de la sonnette arracha Corentin à ces édifices cristallins alors qu’il s’apprêtait à coucher sur le papier la personne à l’origine de ces reflets. Il lâcha le portemine, puis appuya ses paumes fraîches contre ses paupières. La migraine avait quelque peu relâché son emprise, néanmoins la tension qui lui avait inspiré ce dessin persistait.
Un second coup de sonnette retentit plus longuement, suivit de plusieurs autres. Ce bruit horripilant contraignit l’adolescent à trouver l’énergie de quitter le calme de sa chambre. Il était épuisé et aurait préféré rester à se reposer, mais en l’absence de sa tante il se devait d’ouvrir aux visiteurs.
Il descendit l’escalier abrupt qui menait au premier étage, puis dévala les marches jusqu’au rez-de-chaussée. Avant même d’avoir ouvert la porte, il eut la certitude qu’il s’agissait de sa tante qui, une fois de plus, avait oublié ses clés avant de partir.
Il constata que son intuition ne l’avait pas trompé quand, après qu’il eut déverrouillé la serrure, Évelyne pénétra dans l’entrée, les bras chargés de prospectus, de livres et de gadgets divinatoires. Sans prendre la peine de se débarrasser de ses affaires, elle demanda à son neveu :
– Alors, comment c’est passé ta journée ?
– Normal, comme un lundi.
À peine avait-il prononcé cette réponse automatique qu’il réalisa qu’elle était fausse. Il se remémora sa conversation avec Fabrice et l’engagement qu’il avait pris. Afin de préparer le terrain à propos de la tentative d’exorcisme et de ses conséquences, il ajouta :
– J’ai déjeuné au parc avec Fabrice.
– Le garçon qui est rentré avec toi la semaine dernière.
Il acquiesça, puis resta silencieux. Il ignorait comment présenter l’amnésie de son ami sans dévoiler les changements survenus dans le comportement de Gwenaëlle. Partager ses inquiétudes concernant son amie d’enfance revenait à admettre l’étendue de l’affection qu’il avait pour elle. Pour le moment, il s’y refusait et s’accrochait à ce secret avec obstination.
Un second coup de sonnette retentit plus longuement, suivit de plusieurs autres. Ce bruit horripilant contraignit l’adolescent à trouver l’énergie de quitter le calme de sa chambre. Il était épuisé et aurait préféré rester à se reposer, mais en l’absence de sa tante il se devait d’ouvrir aux visiteurs.
Il descendit l’escalier abrupt qui menait au premier étage, puis dévala les marches jusqu’au rez-de-chaussée. Avant même d’avoir ouvert la porte, il eut la certitude qu’il s’agissait de sa tante qui, une fois de plus, avait oublié ses clés avant de partir.
Il constata que son intuition ne l’avait pas trompé quand, après qu’il eut déverrouillé la serrure, Évelyne pénétra dans l’entrée, les bras chargés de prospectus, de livres et de gadgets divinatoires. Sans prendre la peine de se débarrasser de ses affaires, elle demanda à son neveu :
– Alors, comment c’est passé ta journée ?
– Normal, comme un lundi.
À peine avait-il prononcé cette réponse automatique qu’il réalisa qu’elle était fausse. Il se remémora sa conversation avec Fabrice et l’engagement qu’il avait pris. Afin de préparer le terrain à propos de la tentative d’exorcisme et de ses conséquences, il ajouta :
– J’ai déjeuné au parc avec Fabrice.
– Le garçon qui est rentré avec toi la semaine dernière.
Il acquiesça, puis resta silencieux. Il ignorait comment présenter l’amnésie de son ami sans dévoiler les changements survenus dans le comportement de Gwenaëlle. Partager ses inquiétudes concernant son amie d’enfance revenait à admettre l’étendue de l’affection qu’il avait pour elle. Pour le moment, il s’y refusait et s’accrochait à ce secret avec obstination.
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lundi 24 mai 2010
Chapitre 5 de Limonade - Episode 1
À peu près à la même heure, Corentin leva les yeux des feuilles éparpillées et du livre de mathématiques ouvert devant lui. Il avait beau insister, le programme de révision que monsieur Joly lui avait demandé de préparer en vue du cours du samedi matin demeurait incroyablement obscur. Quel que soit le temps qu’il y consacrait, il était incapable de trouver la moindre bribe de solution à ces exercices.
En revanche, des images se bousculaient dans son esprit et le distrayaient sans cesse de ses cours d’algèbre. Il refusa de s’abandonner à ses visions de cités évanescentes, mais celles-ci s’imposèrent jusqu’à lui donner la migraine.
Résigné, il sortit un crayon gris de sa trousse et le laissa glisser sur une feuille de brouillon. Sous la pointe de graphite, de fantastiques tours cristallines apparurent, dressées vers le ciel tandis que leurs bases se perdaient dans un flou grisâtre, à peine esquissé.
Corentin considéra un moment sa création avec le sentiment qu’elle n’était pas achevée. Il rangea le crayon et opta pour un portemine afin de dissiper le brouillard qui recouvrait le niveau inférieur du dessin.
Alors que les premiers traits lui étaient venus spontanément, il hésitait à présent sur la manière de procéder. Il fit l’effort de poursuivre les visions qui s’imposaient à lui, après avoir tenté de les repousser pendant des années.
Peu à peu, les détails apparurent avec une précision tranchante dans les brumes crayonnées d’une mine trop épaisse. L’architecture fabuleuse des tours se poursuivait plus bas, toujours aussi translucide. Cependant, les formes dessinées devinrent plus tortueuses, plus hésitantes. Elles finirent par former un véritable labyrinthe cristallin dans lequel se perdaient les reflets indistincts de visages.
En revanche, des images se bousculaient dans son esprit et le distrayaient sans cesse de ses cours d’algèbre. Il refusa de s’abandonner à ses visions de cités évanescentes, mais celles-ci s’imposèrent jusqu’à lui donner la migraine.
Résigné, il sortit un crayon gris de sa trousse et le laissa glisser sur une feuille de brouillon. Sous la pointe de graphite, de fantastiques tours cristallines apparurent, dressées vers le ciel tandis que leurs bases se perdaient dans un flou grisâtre, à peine esquissé.
Corentin considéra un moment sa création avec le sentiment qu’elle n’était pas achevée. Il rangea le crayon et opta pour un portemine afin de dissiper le brouillard qui recouvrait le niveau inférieur du dessin.
Alors que les premiers traits lui étaient venus spontanément, il hésitait à présent sur la manière de procéder. Il fit l’effort de poursuivre les visions qui s’imposaient à lui, après avoir tenté de les repousser pendant des années.
Peu à peu, les détails apparurent avec une précision tranchante dans les brumes crayonnées d’une mine trop épaisse. L’architecture fabuleuse des tours se poursuivait plus bas, toujours aussi translucide. Cependant, les formes dessinées devinrent plus tortueuses, plus hésitantes. Elles finirent par former un véritable labyrinthe cristallin dans lequel se perdaient les reflets indistincts de visages.
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vendredi 21 mai 2010
Pénombre n°2 : Gouttières, toits et greniers

Je ne préfère même pas compter le nombres de jours (semaines ou mois) que le numéro 2 de Pénombre a passé dans ma pile à lire. Pourtant, son thème est des plus alléchant : "Gouttières, toits et greniers (et autre fays d'en haut)".
J'ai néanmoins fini par le lire en quelques jours avant de mettre la main sur le numéro 2 d'Éveil dont le thème sera "Au fil de l'eau".
Revenons à nos toits, puisque c'est là le thème retenu pour le fanzine dédié aux "Créatures de la nuit" et à la "Féérie urbaine" comme le proclame à la très belle couverture de Cécile Guillot.
Cet opus débute avec la nouvelle d’Élisabeth Swanston intitulée "Sur les toits de Paris". Comme son titre le laisse présager, cette histoire se déroule parmi les cheminées de la Ville lumière, mais côté sombre. Épaulée par un ami improbable, une jeune femme se construit sa propre existence dans une alternance de jours et de nuits sans repères. Bien que déroutante, dans les premiers paragraphes, cette histoire se révèle captivante et très agréable à lire.
Déjà publié dans le précédent numéro, Frédéric Vasseur revient avec "Le protecteur". La touche de SF féline en début du texte est des plus classiques, peut-être même un peu trop classique. Elle s’efface cependant au profit d’événements dans la plus pure lignée du fantastique. Plus que la narration ou le héros à quatre pattes, c’est la structure du récit que j’ai trouvé séduisante et originale.
Dans "L’ange de l’arche", Anne Goulard se penche sur les transformations subies par une créature tenant à la fois de l’ange et de la gargouille. À travers le regard de cet ange, elle donne au lecteur un aperçu du quartier d’affaire de la Défense et de son passé.
La nouvelle suivante est l’œuvre de Marie-Anne Cléden, il s’agit de "Sur une pente glissante". Pour connaître l’auteure, je m’attendais à un texte doux, teinté de mélancolie et d’optimisme. L’évocation de la relation entre Mary et de Riv, un ondin qui s’installe sur son toit les jours de pluie, correspond à mes attentes. Néanmoins, l’écriture précise de Marie-Anne rend ses personnages accrocheurs et terriblement réels.
Si jusqu’à présent les auteurs se sont passionnés par ce qui se déroulait sur les toits, Stéphane Pihen se glisse dessous pour nous entraîner dans un grenier. Avec "Petites dents effilées", il faut se préparer à frémir devant les minuscules créatures qui peuplent les sombres recoins remplis de poussière. Personnellement, cette nouvelle m’a rappelé un passage de Malpertuis (histoire d’une maison fantastique) et, vu que c’est un de mes livres préférés, j’ai adoré.
Pour conclure la partie thématique, Maxime Bernard nous parle de chat, mais pas uniquement, dans "Samarobrivam Tectum". Sous prétexte de faire découvrir le monde des toits et des gouttières à un héros cloitré dans son appartement, l’auteur nous promène dans un Amiens fantastique et ténébreux à souhait. Les personnages sympathiques et le décor réaliste réussissent presque à faire oublier le style maladroit.
Cette fois-ci, la partie athématique est un peu chétive puisqu’elle ne comporte qu’un article et une nouvelle. Je vais rapidement passer sur le premier, une critique de l’Encyclopédie amoureuse des vampires, car il ne présente guère d’intérêt à mes yeux. La seconde, quant à elle, a été écrite par Vanessa Terral et porte un titre prometteur : "Orage dans le métro". Dès les premières lignes, j’ai été scotchée par la justesse des descriptions et le charisme de l’héroïne : Hélianthe Palisède. L’ambiance est prenante, le style à la fois riche et limpide et les péripéties ne manquent pas.
La qualité des illustrations est moins homogène dans ce numéro que dans le précédent. Cette impression est probablement due à l’omniprésence de Nemo dont le trait demeure très amateur. À côté de ça, des textes comme "L’ange de l’arche" ou "Sur une pente glissante" se retrouvent avec de très belles réalisations, respectivement de Maïté Nicolas et de ABeardyMan.
mercredi 19 mai 2010
Conseils d'écriture donnés par des gens qui savent de quoi ils parlent
Désolée pour le titre du billet, mais je ne suis pas du genre à donner mes propres conseils d'écriture. Surtout que des personnes bien meilleures que moi s'y sont risquées et ont réussi le pari d'écrire des choses vraiment intéressantes.
Je ne vais pas présenter le collectif Cocyclics en long et en large, puisque la gazette Tintamare le fait très bien. De plus, il y a d'autres sources d'informations que je pense être moins connues.
Un site de super conseil d'écriture, en français qui plus est : Jusqu'au dernier mot. Malheureusement, il n'y a plus de mises à jours depuis 2008. Les archives restent cependant une mine d'articles à propos de l'écriture.
Du coup, pour trouver d'autres informations de qualité, je suis remontée à la source : Fiction Factor. Cette fois, c'est un site en anglais et très professionnel de surcroît. Il comporte une multitude de dérivés consacrée à la Science-Fiction (Sci-Fi Factor), à la littérature romantique (Romance Factor), à la fantasy (Fantasy Factor)...
N'hésitez pas y faire un tour, il y a des tas de choses à découvrir là-bas. C'est aussi valable pour les personnes qui n'écrivent pas, car c'est agréable de comprendre comment sont construites les intrigues dans nos genres de prédilection.
Je ne vais pas présenter le collectif Cocyclics en long et en large, puisque la gazette Tintamare le fait très bien. De plus, il y a d'autres sources d'informations que je pense être moins connues.
Un site de super conseil d'écriture, en français qui plus est : Jusqu'au dernier mot. Malheureusement, il n'y a plus de mises à jours depuis 2008. Les archives restent cependant une mine d'articles à propos de l'écriture.
Du coup, pour trouver d'autres informations de qualité, je suis remontée à la source : Fiction Factor. Cette fois, c'est un site en anglais et très professionnel de surcroît. Il comporte une multitude de dérivés consacrée à la Science-Fiction (Sci-Fi Factor), à la littérature romantique (Romance Factor), à la fantasy (Fantasy Factor)...
N'hésitez pas y faire un tour, il y a des tas de choses à découvrir là-bas. C'est aussi valable pour les personnes qui n'écrivent pas, car c'est agréable de comprendre comment sont construites les intrigues dans nos genres de prédilection.
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lundi 17 mai 2010
Et de 100...
C'est avec un brin d'émotion que je vous annonce que ceci est le centième billet publié sur le blog depuis le 22 septembre 2009. Mine de rien, ça en fait des choses que je raconte ici, même si je me concentre essentiellement sur Limonade.
Un peu plus de 6 mois est, à mon avis, une durée trop courte pour faire un bilan. Le rendez-vous est donc pris pour le 22 septembre 2010 pour voir où je suis arrivée en terme d'écriture, mais aussi de chroniques de lectures.
D'ici là, j'espère que vous continuerez d'apprécier Limonade et que les commentaires remarcherons. En effet, depuis deux semaines, je suis dans l'impossibilité de répondre au messages que vous laissez ici (désolée Nessae...).
Un peu plus de 6 mois est, à mon avis, une durée trop courte pour faire un bilan. Le rendez-vous est donc pris pour le 22 septembre 2010 pour voir où je suis arrivée en terme d'écriture, mais aussi de chroniques de lectures.
D'ici là, j'espère que vous continuerez d'apprécier Limonade et que les commentaires remarcherons. En effet, depuis deux semaines, je suis dans l'impossibilité de répondre au messages que vous laissez ici (désolée Nessae...).
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vendredi 14 mai 2010
Magali : future scénariste ?
Eh oui, quand j'ai envie de faire des choses différentes, je n'y vais pas avec le dos de la cuillère. Je me suis donc lancée dans la rédaction de scénario de courtes histoires dans un style manga (et plutôt shojo).
Ma complice dans ce plan machiavélique n'est autre que l'illustratrice qui a réalisé ceci et cela. Si nous arrivons à mener ces projets en parallèle de nos vies déjà bien remplies, ça sera vachement bien.
Première histoire (la plus courte) : Comme si de rien n'était...
Un garçon voit une année s'écouler au rythme de ses rencontres avec la fille qu'il aime et dont il ne sait presque rien. Quels secrets se cachent derrières ses lunettes en forme de cœur ?
Deuxième histoire : Le jour du serpent
"La journée commença par une sonnerie stridente, une suite ininterrompue de bipbip électroniques qui vrillèrent les tympans de Myriam. D’un geste ensommeillé, elle envola valdinguer le radioréveil posé sur un tabouret. La sonnerie ne cessa pas, bien que l’appareil fût désormais hors d’usage.
Elle réalisa alors que le bruit provenait de l’autre côté de la cloison.
« Tu peux pas l’éteindre, connard ! » cria-t-elle à l’attention de son voisin, un étudiant qu’elle croisait de temps à autre dans le couloir ou les escaliers.
Comme le réveil continuait à lui casser les oreilles, amenuisant à chaque seconde ses espoirs de se rendormir, elle glissa sa tête sous sa couette. Malheureusement, l’épaisseur n’était pas suffisante pour atténuer le bruit et elle finit par se lever.
A peine avait-elle quitté son lit que la sonnerie cessa."
Ma complice dans ce plan machiavélique n'est autre que l'illustratrice qui a réalisé ceci et cela. Si nous arrivons à mener ces projets en parallèle de nos vies déjà bien remplies, ça sera vachement bien.
Première histoire (la plus courte) : Comme si de rien n'était...
Un garçon voit une année s'écouler au rythme de ses rencontres avec la fille qu'il aime et dont il ne sait presque rien. Quels secrets se cachent derrières ses lunettes en forme de cœur ?
Deuxième histoire : Le jour du serpent
"La journée commença par une sonnerie stridente, une suite ininterrompue de bipbip électroniques qui vrillèrent les tympans de Myriam. D’un geste ensommeillé, elle envola valdinguer le radioréveil posé sur un tabouret. La sonnerie ne cessa pas, bien que l’appareil fût désormais hors d’usage.
Elle réalisa alors que le bruit provenait de l’autre côté de la cloison.
« Tu peux pas l’éteindre, connard ! » cria-t-elle à l’attention de son voisin, un étudiant qu’elle croisait de temps à autre dans le couloir ou les escaliers.
Comme le réveil continuait à lui casser les oreilles, amenuisant à chaque seconde ses espoirs de se rendormir, elle glissa sa tête sous sa couette. Malheureusement, l’épaisseur n’était pas suffisante pour atténuer le bruit et elle finit par se lever.
A peine avait-elle quitté son lit que la sonnerie cessa."
mercredi 12 mai 2010
Black Mamba n°17
J'avais découvert cette revue à l'occasion d'un salon où leurs chouettes couvertures avaient attirées mon regard. Après avoir acheté (et pleinement apprécié) le numéro 11, j'ai fini par prendre un abonnement.Le mois dernier, c'est le numéro 17 qui est arrivé dans ma boîte aux lettres (avec en cadeau le tome 1 du manga Doubt). Pour la couverture, je vous laisse juger par vous même, mais personnellement, je l'ai adorée.
Par contre, j'ai eu un peu plus de mal avec le sommaire qui a très vite viré dans le gore que ce soit pour les nouvelles ou les bandes-dessinées.
Par chance, j'ai commencé par la nouvelle de Karim Berrouka, "Ad fixam aeternam" et je me suis régalée. D'un autre côté, une nouvelle qui commence par "Chaque fois que j'écoute un disque de death metal, Belzébuth apparaît [...]", c'est du bonheur assuré. En dire plus me semble superflu, d'autant plus que l'atmosphère étrange qui imprègne cette nouvelle se met en place petit à petit.
Ensuite, je suis passée à "La divine comédie" de Jan Thirion et mon ressenti a été très différent. Cette nouvelle n'est pas faite pour laisser le lecteur indifférent que ce soit par son style embrouillé et onirique ou dans les scènes décrites. Là non plus, je n'en dirais pas plus, mais cette fois c'est parce que j'essaye d'oublier avoir lu cette nouvelle, décidément trop choquante à mon goût.
Les deux autres nouvelles "Mardi Grave" et "Papy Martin" ont en commun de parler de la vieillesse, un sujet assez inhabituel en SFFF (pour ce que j'ai pu en lire, je n'ai pas une connaissance exhaustive de ce courant). Néanmoins, j'ai préféré le seconde, en grande partie pour la tendresse des zombis de Laurent Million. Celle de Claude Ecken est plus dure, ce qui s'accorde avec le point de vue choisi et le ton tranchant de la nouvelle.
Pas de gros coup de cœur pour des illustrations en particulier, j'ai apprécié celle de "Ad fixam aeternam" (réalisées par TIIB), mais aussi celle qu'à faites Anaïs Depommier pour "La divine comédie".
Niveau BD, la qualité des dessins et des scenarii ainsi que diversité des styles m'ont plus que satisfaite. Cela dit, l'une des histoires courtes avait un air de déjà vu et je suis incapable de me souvenir où je l'ai lue.
Mon avis général sur la revue reste néanmoins positif. En effet, je n'ai pas accroché sur la thématique macabre de ce numéro, mais cela n'ôte pas la très grande qualité du travail des auteurs et de l'équipe éditoriale. Tous les textes et les bandes-dessinées apportent un éclairage différent sur des thèmes semblables.
lundi 10 mai 2010
Chapitre 4 de Limonade - The end
En dépit d'une perte tragique dans les deux derniers épisodes, ce chapitre s'achève dans la joie et la bonne humeur. Depuis le mois de décembre, j'ai déjà publié quatre chapitres sur les vingt initialement prévus (il risque d'y en avoir un peu plus, au final).
Pour le début du chapitre 4, c'est ici. Et pour le début du chapitre 5, il va falloir un peu de patience. J'ai des chroniques en retard et surtout l'envie d'écrire autre chose de temps en temps.
Bon, je ne vais pas vous laisser sans nouvelles de mon duo Corentin&Fabrice pendant des semaines. Le chapitre suivant est déjà bien entamé. Je devrais bien arriver à le finir sous peu et donc à avoir quelques billets d'avance.
Pour le début du chapitre 4, c'est ici. Et pour le début du chapitre 5, il va falloir un peu de patience. J'ai des chroniques en retard et surtout l'envie d'écrire autre chose de temps en temps.
Bon, je ne vais pas vous laisser sans nouvelles de mon duo Corentin&Fabrice pendant des semaines. Le chapitre suivant est déjà bien entamé. Je devrais bien arriver à le finir sous peu et donc à avoir quelques billets d'avance.
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vendredi 7 mai 2010
Chapitre 4 de Limonade - Episode 10
Une fois libéré de cette obligation familiale, il verrouilla la porte de sa chambre. Il commença par allumer le poste de radio posé sur son bureau au milieu des livres de cours et des brouillons. Les paroles en mauvais anglais de quelque groupe de pop à la mode lui arrivèrent au milieu des grésillements. Il inclina davantage l’antenne pour améliorer la réception, puis vida son sac sur le bureau.
Après avoir vérifié son emploi du temps, il procéda à l’échange des cahiers et remit les vêtements de Corentin soigneusement pliés à l’intérieur. Il récupéra le paquet de Marlboro light dissimulé dans sa trousse et en tira une cigarette.
Savourant par anticipation ce moment de détente, Fabrice ouvrit la fenêtre et s’assit sur le rebord. Les pieds dans le vide, juste au-dessus de la voiture de son père, il contempla le ciel nocturne teinté d’orange par les ampoules au sodium des lampadaires rennais.
Il alluma sa cigarette et en aspira une profonde bouffée. Il prit quelques minutes pour se remémorer sa journée et plus particulièrement sa visite au pensionnat Notre-Dame. Retourner là-bas ne l’enchantait guère, la surveillante risquait de ne pas l’avoir oublié. Pourtant, il lui faudrait bien récupérer son casque un jour ou l’autre.
Bien que Fabrice ne soit pas porté sur le mélodrame, les baisers échangés avec Gwenaëlle avaient un goût de trahison. Il était désormais convaincu que la relation qu’il entretenait avec elle n’était qu’un amusement passager. Cependant, il éprouvait des scrupules à l’avouer à Corentin. Celui-ci risquait fort de ne pas apprécier une attitude aussi désinvolte vis-à-vis de sa meilleure amie.
De plus, le mystère entourant la perte de ses souvenirs demeurait entier. Sans son aide, Fabrice craignait de ne jamais découvrir ce qui lui était arrivé.
Sa cigarette terminée, l’adolescent l’écrasa au fond d’une canette vide qu’il conservait à cet usage dans la pagaille de sa chambre. Il ferma ensuite la fenêtre et, après s’être assuré que ses parents de l’entendraient pas, descendit dans la cuisine se chercher à manger.
Après avoir vérifié son emploi du temps, il procéda à l’échange des cahiers et remit les vêtements de Corentin soigneusement pliés à l’intérieur. Il récupéra le paquet de Marlboro light dissimulé dans sa trousse et en tira une cigarette.
Savourant par anticipation ce moment de détente, Fabrice ouvrit la fenêtre et s’assit sur le rebord. Les pieds dans le vide, juste au-dessus de la voiture de son père, il contempla le ciel nocturne teinté d’orange par les ampoules au sodium des lampadaires rennais.
Il alluma sa cigarette et en aspira une profonde bouffée. Il prit quelques minutes pour se remémorer sa journée et plus particulièrement sa visite au pensionnat Notre-Dame. Retourner là-bas ne l’enchantait guère, la surveillante risquait de ne pas l’avoir oublié. Pourtant, il lui faudrait bien récupérer son casque un jour ou l’autre.
Bien que Fabrice ne soit pas porté sur le mélodrame, les baisers échangés avec Gwenaëlle avaient un goût de trahison. Il était désormais convaincu que la relation qu’il entretenait avec elle n’était qu’un amusement passager. Cependant, il éprouvait des scrupules à l’avouer à Corentin. Celui-ci risquait fort de ne pas apprécier une attitude aussi désinvolte vis-à-vis de sa meilleure amie.
De plus, le mystère entourant la perte de ses souvenirs demeurait entier. Sans son aide, Fabrice craignait de ne jamais découvrir ce qui lui était arrivé.
Sa cigarette terminée, l’adolescent l’écrasa au fond d’une canette vide qu’il conservait à cet usage dans la pagaille de sa chambre. Il ferma ensuite la fenêtre et, après s’être assuré que ses parents de l’entendraient pas, descendit dans la cuisine se chercher à manger.
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mercredi 5 mai 2010
Chapitre 4 de Limonade - Episode 9
Comme il s’y attendait, ses parents l’accueillirent plutôt fraîchement. Sa mère termina d’arroser les plantes vertes avant de remporter le pulvérisateur dans la véranda. Quant à son père, enfoncé dans son fauteuil, il leva les yeux des documents qu’il consultait.
– Tu n’étais pas censé rentrer à dix-neuf heures ?
– Si, répondit Fabrice du tac au tac. Mais je devais aussi passer rendre les vêtements que mon copain m’avait prêtés la semaine dernière.
Cette affirmation n’était qu’en partie fausse. L’adolescent avait bel et bien l’intention de rendre ses affaires à Corentin quand il était parti le matin. Cependant, leur conversation lui avait ôté cette idée de la tête et les vêtements se trouvaient toujours dans son sac à dos.
– Je connais ce garçon ? demanda sa mère lorsqu’elle revint dans le salon.
– Non, il n’est jamais venu à la maison.
Si sa mère ne rechignait jamais à ce qu’il invite des amis chez eux, c’était en grande partie pour garder un œil sur ses fréquentations. Fabrice n’était pas dupe de l’hospitalité maternelle et en profitait, tout en restant le plus évasif possible quand elle le questionnait.
Il se tourna ensuite vers son père qui continuait de l’observer par-dessus la monture de ses lunettes en demi-lune. La question qu’il attendait ne tarda plus.
– Quelles sont tes notes de la semaine ?
– Un quatorze en biologie, un treize en histoire et un dix-neuf et demi en maths.
– C’est bien.
D’aussi loin que Fabrice s’en souvienne, le rituel des notes avait toujours existé. Dès l’école primaire, son père lui réclamait le détail de ses résultats plusieurs fois par semaine. Ces comptes-rendus avaient perdu de leur fréquence quand la famille avait déménagé en province, mais ils restaient ancrés dans leur relation.
À présent que la discussion était close, son père replongea dans sa lecture. L’adolescent s’adressa donc à sa mère afin de l’avertir qu’il comptait travailler dans sa chambre et qu’il n’avait pas faim. Sans attendre la réponse maternelle, il tourna les talons et remonta l’escalier à toute allure.
– Tu n’étais pas censé rentrer à dix-neuf heures ?
– Si, répondit Fabrice du tac au tac. Mais je devais aussi passer rendre les vêtements que mon copain m’avait prêtés la semaine dernière.
Cette affirmation n’était qu’en partie fausse. L’adolescent avait bel et bien l’intention de rendre ses affaires à Corentin quand il était parti le matin. Cependant, leur conversation lui avait ôté cette idée de la tête et les vêtements se trouvaient toujours dans son sac à dos.
– Je connais ce garçon ? demanda sa mère lorsqu’elle revint dans le salon.
– Non, il n’est jamais venu à la maison.
Si sa mère ne rechignait jamais à ce qu’il invite des amis chez eux, c’était en grande partie pour garder un œil sur ses fréquentations. Fabrice n’était pas dupe de l’hospitalité maternelle et en profitait, tout en restant le plus évasif possible quand elle le questionnait.
Il se tourna ensuite vers son père qui continuait de l’observer par-dessus la monture de ses lunettes en demi-lune. La question qu’il attendait ne tarda plus.
– Quelles sont tes notes de la semaine ?
– Un quatorze en biologie, un treize en histoire et un dix-neuf et demi en maths.
– C’est bien.
D’aussi loin que Fabrice s’en souvienne, le rituel des notes avait toujours existé. Dès l’école primaire, son père lui réclamait le détail de ses résultats plusieurs fois par semaine. Ces comptes-rendus avaient perdu de leur fréquence quand la famille avait déménagé en province, mais ils restaient ancrés dans leur relation.
À présent que la discussion était close, son père replongea dans sa lecture. L’adolescent s’adressa donc à sa mère afin de l’avertir qu’il comptait travailler dans sa chambre et qu’il n’avait pas faim. Sans attendre la réponse maternelle, il tourna les talons et remonta l’escalier à toute allure.
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vendredi 30 avril 2010
Interruption technique
Désolée pour l'absence de post aujourd'hui. J'ai égaré la fin de mon chapitre 4 et, en toute honnêteté, j'ai la flemme de la réécrire ce week-end. Ça sera donc silence radio jusqu'au début de la semaine prochaine, d'ici là je pense que j'arriverai à remettre la main sur la fin des aventures de Fabrice.
En attendant, je vais commencer le chapitre 5 afin de rattraper mon retard. J'ai aussi quelques chroniques de fanzines à préparer et des paquets de nouvelles à écrire.
En attendant, je vais commencer le chapitre 5 afin de rattraper mon retard. J'ai aussi quelques chroniques de fanzines à préparer et des paquets de nouvelles à écrire.
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mercredi 28 avril 2010
Chapitre 4 de Limonade - Episode 8
Son trajet sur les routes plus dégagées de la périphérie s’effectua avec davantage de fluidité. Il se permit même une brève, mais grisante pointe de vitesse quand il longea la zone industrielle avant d’arriver à Saint-Jacques.
Il ralentit en apercevant les premières villas modernes construites en bordure du village. Il mit son clignotant pour avertir la vieille Peugeot verte qui roulait derrière lui, puis tourna afin d’entrer dans le lotissement des Bruyères.
La maison familiale se trouvait au cœur des demeures récemment construite pour abriter les cadres lassés de la vie urbaine et leurs familles. Avec une maitrise due à l’habitude, Fabrice roula à vive allure dans les ruelles goudronnées et s’engagea dans l’allée menant au garage. La rutilante Audi de son père occupait toute la place sur les graviers. Il la contourna avec soin afin de ne pas la rayer et rentra sa moto à l’intérieur.
En dépit de l’obscurité, il réussit à se déplacer parmi les outils de jardinage et les cartons d’objets divers et variés. Ses doigts rencontrèrent l’interrupteur sur lequel il ne prit pas la peine d’appuyer, puis la poignée de la porte.
Fabrice déboucha au fond du couloir qui traversait le rez-de-chaussée de la maison. Il marcha en essayant de faire le moins de bruit possible, traversa l’entrée et monta à l’étage. La voix de sa mère retentit alors qu’il venait de pénétrer dans sa chambre.
Les chiffres rouges du radioréveil indiquaient dix-neuf heures vingt, soit plus de quinze minutes après l’horaire auquel il se devait impérativement d’être de retour à la maison. En temps normal, sa mère n’aurait pas fait de scandale pour un malheureux quart d’heure. Cependant, la présence de son père risquait de ne pas arranger les choses.
L’adolescent décida de redescendre avant que les choses ne s’enveniment. Il prit néanmoins le temps de sortir le devoir surveillé que son professeur de mathématiques lui avait rendu dans la matinée pour le laisser traîner négligemment sur son bureau. Il connaissait les petites manies paternelles et ce nouveau dix-neuf et demi sur vingt saurait le contenter.
Il ralentit en apercevant les premières villas modernes construites en bordure du village. Il mit son clignotant pour avertir la vieille Peugeot verte qui roulait derrière lui, puis tourna afin d’entrer dans le lotissement des Bruyères.
La maison familiale se trouvait au cœur des demeures récemment construite pour abriter les cadres lassés de la vie urbaine et leurs familles. Avec une maitrise due à l’habitude, Fabrice roula à vive allure dans les ruelles goudronnées et s’engagea dans l’allée menant au garage. La rutilante Audi de son père occupait toute la place sur les graviers. Il la contourna avec soin afin de ne pas la rayer et rentra sa moto à l’intérieur.
En dépit de l’obscurité, il réussit à se déplacer parmi les outils de jardinage et les cartons d’objets divers et variés. Ses doigts rencontrèrent l’interrupteur sur lequel il ne prit pas la peine d’appuyer, puis la poignée de la porte.
Fabrice déboucha au fond du couloir qui traversait le rez-de-chaussée de la maison. Il marcha en essayant de faire le moins de bruit possible, traversa l’entrée et monta à l’étage. La voix de sa mère retentit alors qu’il venait de pénétrer dans sa chambre.
Les chiffres rouges du radioréveil indiquaient dix-neuf heures vingt, soit plus de quinze minutes après l’horaire auquel il se devait impérativement d’être de retour à la maison. En temps normal, sa mère n’aurait pas fait de scandale pour un malheureux quart d’heure. Cependant, la présence de son père risquait de ne pas arranger les choses.
L’adolescent décida de redescendre avant que les choses ne s’enveniment. Il prit néanmoins le temps de sortir le devoir surveillé que son professeur de mathématiques lui avait rendu dans la matinée pour le laisser traîner négligemment sur son bureau. Il connaissait les petites manies paternelles et ce nouveau dix-neuf et demi sur vingt saurait le contenter.
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lundi 26 avril 2010
Chapitre 4 de Limonade - Episode 7
En arrivant là où il avait garé sa moto, il réalisa que son casque était resté au pensionnat. La perspective d’y retourner était exclue, compte tenu des difficultés qu’il avait eues à en sortir. Il décida donc de laisser son casque à la garde de Gwenaëlle. Elle pourrait toujours le cacher quelque temps et le lui rendre plus tard.
Le souvenir de la jeune fille ramena celui de sa bande d’amies. Fabrice ne savait que penser d’elles ; leur conversation l’avait mis mal à l’aise. Il comprenait cependant qu’elles ne souhaitent pas parler librement devant lui, puisqu’il était à la fois un garçon et un étranger à leur lycée. Pourtant, il avait l’impression que leurs sous-entendus recouvraient bien plus de choses que des secrets romantiques de lycéennes.
La frustration de ne rien avoir découvert de concret commençait à lui titiller les nerfs. Il décida de remiser ses réflexions de côté jusqu’à ce qu’il soit revenu chez ses lui. Quand il était préoccupé, il avait tendance à rouler trop vite et, sans casque, cela pouvait se révéler tragique.
Il remonta sur sa moto et démarra. Les rues à sens unique, bordées de bâtiments tantôt en pierres grises tantôt en briques ocre le conduisirent jusqu’à une large avenue. Par précaution, Fabrice emprunta la piste cyclable sur le côté de la chaussée, ce qui lui valut les insultes d’un couple à roller qu’il dépassa.
Il pila au feu rouge et s’arrêta au milieu des voitures, avec une telle circulation l’absence de son casque se faisait sentir. Il respirait directement les gaz d’échappement et rien ne venait atténuer le vrombissement des moteurs au ralenti. Lorsque le feu repassa au vert, il effectua un virage serré pour prendre la direction de Nantes. À partir de là, il suivit la nationale jusqu’à sortir de la ville.
Le souvenir de la jeune fille ramena celui de sa bande d’amies. Fabrice ne savait que penser d’elles ; leur conversation l’avait mis mal à l’aise. Il comprenait cependant qu’elles ne souhaitent pas parler librement devant lui, puisqu’il était à la fois un garçon et un étranger à leur lycée. Pourtant, il avait l’impression que leurs sous-entendus recouvraient bien plus de choses que des secrets romantiques de lycéennes.
La frustration de ne rien avoir découvert de concret commençait à lui titiller les nerfs. Il décida de remiser ses réflexions de côté jusqu’à ce qu’il soit revenu chez ses lui. Quand il était préoccupé, il avait tendance à rouler trop vite et, sans casque, cela pouvait se révéler tragique.
Il remonta sur sa moto et démarra. Les rues à sens unique, bordées de bâtiments tantôt en pierres grises tantôt en briques ocre le conduisirent jusqu’à une large avenue. Par précaution, Fabrice emprunta la piste cyclable sur le côté de la chaussée, ce qui lui valut les insultes d’un couple à roller qu’il dépassa.
Il pila au feu rouge et s’arrêta au milieu des voitures, avec une telle circulation l’absence de son casque se faisait sentir. Il respirait directement les gaz d’échappement et rien ne venait atténuer le vrombissement des moteurs au ralenti. Lorsque le feu repassa au vert, il effectua un virage serré pour prendre la direction de Nantes. À partir de là, il suivit la nationale jusqu’à sortir de la ville.
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vendredi 23 avril 2010
Chapitre 4 de Limonade - Episode 6
Sur le pas de la porte, Fabrice réussit à dérober un baiser supplémentaire à sa petite amie.
— J’espère te revoir bientôt, dit-il.
— Moi aussi.
Une fois de plus, il ressentit l’absence flagrante de sentiments entre lui et Gwenaëlle. Cette fille avait beau être adorable avec ses traits harmonieux et ses petites manières, elle n’en demeurait pas glaçante. Cette impression était à des kilomètres de ce qu’éprouvait Corentin pour elle, ce qui fit naître une pointe de remords dans le cœur de l’adolescent.
Il songea un instant à l’avouer à Gwen, mais se ravisa. Il lui manquait encore trop de souvenirs afin de prendre une décision.
— Je vais y aller.
Elle acquiesça avec un soulagement visible, puis ferma la porte. Fabrice retourna vers l’escalier quand une voix perçante retentit dans son dos, immédiatement suivie par le bruit de talons sur le carrelage du couloir.
— Arrêtez-vous immédiatement !
Il ne prit pas le temps de regarder ce qui se passait, il espérait juste que Gwenaëlle saurait se faire discrète. D’un regard, il identifia le panneau vert qui signalait la porte menant à l’escalier de secours.
— Je vous ai dit de vous arrêter, jeune homme !
Soudain, un jappement rauque, presque un aboiement, couvrit le bruit des talons de la femme. Ensuite, ce fut un lourd silence qui s‘abattit dans le couloir. La curiosité de Fabrice l’emporta et, juste avant de s’engager dans l’escalier, il jeta un coup d’œil derrière lui.
La femme qui lui avait crié de s’arrêter était étendue sur le carrelage noir et blanc. Gwenaëlle était courbée sur elle, comme pour la ranimer. Lorsqu’elle aperçut son petit ami qui la regardait, elle lui fit signe de partir. Il dévala les escaliers à toute vitesse, craignant que les hurlements n’aient ameuté les surveillants.
Il réussit néanmoins à rejoindre le laboratoire de chimie sans encombre. Afin de remonter, il dut se hisser à la force des poignets jusqu’à pouvoir poser un genou sur le rebord. Les semelles de ses basquets ripèrent sur le crépi qui recouvrait le mur d’enceinte, mais il parvint finalement à passer par-dessus.
— J’espère te revoir bientôt, dit-il.
— Moi aussi.
Une fois de plus, il ressentit l’absence flagrante de sentiments entre lui et Gwenaëlle. Cette fille avait beau être adorable avec ses traits harmonieux et ses petites manières, elle n’en demeurait pas glaçante. Cette impression était à des kilomètres de ce qu’éprouvait Corentin pour elle, ce qui fit naître une pointe de remords dans le cœur de l’adolescent.
Il songea un instant à l’avouer à Gwen, mais se ravisa. Il lui manquait encore trop de souvenirs afin de prendre une décision.
— Je vais y aller.
Elle acquiesça avec un soulagement visible, puis ferma la porte. Fabrice retourna vers l’escalier quand une voix perçante retentit dans son dos, immédiatement suivie par le bruit de talons sur le carrelage du couloir.
— Arrêtez-vous immédiatement !
Il ne prit pas le temps de regarder ce qui se passait, il espérait juste que Gwenaëlle saurait se faire discrète. D’un regard, il identifia le panneau vert qui signalait la porte menant à l’escalier de secours.
— Je vous ai dit de vous arrêter, jeune homme !
Soudain, un jappement rauque, presque un aboiement, couvrit le bruit des talons de la femme. Ensuite, ce fut un lourd silence qui s‘abattit dans le couloir. La curiosité de Fabrice l’emporta et, juste avant de s’engager dans l’escalier, il jeta un coup d’œil derrière lui.
La femme qui lui avait crié de s’arrêter était étendue sur le carrelage noir et blanc. Gwenaëlle était courbée sur elle, comme pour la ranimer. Lorsqu’elle aperçut son petit ami qui la regardait, elle lui fit signe de partir. Il dévala les escaliers à toute vitesse, craignant que les hurlements n’aient ameuté les surveillants.
Il réussit néanmoins à rejoindre le laboratoire de chimie sans encombre. Afin de remonter, il dut se hisser à la force des poignets jusqu’à pouvoir poser un genou sur le rebord. Les semelles de ses basquets ripèrent sur le crépi qui recouvrait le mur d’enceinte, mais il parvint finalement à passer par-dessus.
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mercredi 21 avril 2010
Chapitre 4 de Limonade - Episode 5
La conversation repartit de plus belle sur la vie quotidienne au lycée Notre-Dame. Fabrice apprit que la cantine, à l’instar celle de n’importe quel établissement scolaire, y était désastreuse. Les pensionnaires étaient donc obligées de se ravitailler en friandises au supermarché le plus proche chaque semaine.
Plutôt que de faire semblant de se passionner pour ces propos inconsistants, il essaya de rassembler les bribes d’informations sur chacune des filles ainsi que de mémoriser leurs visages. En effet, l’objectif secondaire de sa visite au pensionnat était de découvrir les identités des amies de Gwenaëlle.
L’attitude d’Anne-Sophie ne correspondait pas avec les souvenirs qu’il gardait d’elle. De brunette timorée, elle dégageait maintenant une aura magnétique qui concentrait l’attention sur elle. Pourtant, elle conservait la même tignasse presque noire et, physiquement, n’avait rien d’une princesse.
Audrey et Laurie, qu’il était incapable de différencier tant elles accentuaient leur ressemblance, appartenaient à la même classe de terminale que la meneuse du groupe. Leur proximité et la façon dont elles la mettaient en scène avait quelque chose de troublant.
Elles portaient des barrettes aux couleurs vitaminées, orange pour l’une et turquoise pour l’autre, pour maintenir leurs franges en arrières et leurs chevelures impeccablement lissées. Les détails de leurs tenues obéissaient à la même règle, leurs lunettes et leurs bijoux étaient eux aussi similaires sans être identiques.
Le dernier membre de ce quintet féminin ne lui évoqua rien jusqu’à ce qu’il se rappelle des paroles de la tante de Corentin lorsqu’il avait dîné chez elle. Elle avait parlé d’une amie de Gwenaëlle aux jolis yeux verts et la bouche pincée. Cette description s’accordait à la perfection à Émilie.
Au bout de dix minutes, la conversation retomba à nouveau. Gwenaëlle murmura alors à l’oreille de Fabrice :
— Elles ont toutes peur que tu te fasses surprendre ici.
— Tu es en train de me demander de partir.
— Oui, souffla-t-elle.
Ne voyant pas comment justifier son envie de rester, il dut se plier à la volonté de l’adolescente. Il salua donc ses amies, puis se laissa entrainer vers la sortie.
Plutôt que de faire semblant de se passionner pour ces propos inconsistants, il essaya de rassembler les bribes d’informations sur chacune des filles ainsi que de mémoriser leurs visages. En effet, l’objectif secondaire de sa visite au pensionnat était de découvrir les identités des amies de Gwenaëlle.
L’attitude d’Anne-Sophie ne correspondait pas avec les souvenirs qu’il gardait d’elle. De brunette timorée, elle dégageait maintenant une aura magnétique qui concentrait l’attention sur elle. Pourtant, elle conservait la même tignasse presque noire et, physiquement, n’avait rien d’une princesse.
Audrey et Laurie, qu’il était incapable de différencier tant elles accentuaient leur ressemblance, appartenaient à la même classe de terminale que la meneuse du groupe. Leur proximité et la façon dont elles la mettaient en scène avait quelque chose de troublant.
Elles portaient des barrettes aux couleurs vitaminées, orange pour l’une et turquoise pour l’autre, pour maintenir leurs franges en arrières et leurs chevelures impeccablement lissées. Les détails de leurs tenues obéissaient à la même règle, leurs lunettes et leurs bijoux étaient eux aussi similaires sans être identiques.
Le dernier membre de ce quintet féminin ne lui évoqua rien jusqu’à ce qu’il se rappelle des paroles de la tante de Corentin lorsqu’il avait dîné chez elle. Elle avait parlé d’une amie de Gwenaëlle aux jolis yeux verts et la bouche pincée. Cette description s’accordait à la perfection à Émilie.
Au bout de dix minutes, la conversation retomba à nouveau. Gwenaëlle murmura alors à l’oreille de Fabrice :
— Elles ont toutes peur que tu te fasses surprendre ici.
— Tu es en train de me demander de partir.
— Oui, souffla-t-elle.
Ne voyant pas comment justifier son envie de rester, il dut se plier à la volonté de l’adolescente. Il salua donc ses amies, puis se laissa entrainer vers la sortie.
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lundi 19 avril 2010
Chapitre 4 de Limonade - Episode 4
— Eh les amoureux ! dit Anne-Sophie en se plantant juste à côté du couple. Vous n’êtes pas obligés de vous cacher dans un coin pour vous embrasser.
— OK, répondit Fabrice.
Il ajouta à l’attention de Gwen qui paraissait ennuyée de se donner ainsi en spectacle :
— Je suis très heureux de rencontrer tes amies.
L’installation du couple nécessita quelques échanges de places orchestrés par Anne-Sophie. Fabrice se retrouva entre elle et Gwenaëlle. Ensuite, elle procéda aux présentations. La fille qui lui avait ouvert se prénommait Émilie et les deux autres étaient Audrey et Laurie.
En dépit de leurs sourires polis, elles donnaient toutes l’impression de trouver sa présence hors sujet. Là encore, l’ascendant d’Anne-Sophie sur le groupe transparaissait dans leurs attitudes. Sous son impulsion, elles firent mine de reprendre une discussion normale.
Cependant, Fabrice n’était pas dupe. Il se doutait bien qu’elles ne décrivaient pas en détail les matières et les devoirs à rendre à l’instant où il avait frappé. Entre celles qui allaient passer leur bac à la fin de l’année et les deux nouvelles arrivantes, le dialogue n’était pas évident.
Soudain, une question traversa son esprit. Il n’hésita pas longtemps avant de la poser tant il s’ennuyait.
— Comment est-ce que vous vous êtes connues toutes les cinq ? Vous n’êtes ni dans les mêmes classes, ni des mêmes collèges.
Cette question fit cesser les bavardages. Tous les regards se tournèrent vers Anne-Sophie qui, d’un haussement de sourcil, délégua la réponse à Gwenaëlle.
— Nous participons à des cours d’approfondissement en histoire.
— C’est bien, ça doit vous aider pour les épreuves.
— Pas vraiment, nous traitons des thèmes en rapport avec les civilisations anciennes.
Il hocha la tête pour signifier qu’il adhérait à cette idée, mais qu’il ne chercherait pas aller plus loin. La vague de soulagement qui parcourut le groupe lui mit la puce à l’oreille. Cette espèce de club de passionnées d’histoire devait cacher autre chose.
— OK, répondit Fabrice.
Il ajouta à l’attention de Gwen qui paraissait ennuyée de se donner ainsi en spectacle :
— Je suis très heureux de rencontrer tes amies.
L’installation du couple nécessita quelques échanges de places orchestrés par Anne-Sophie. Fabrice se retrouva entre elle et Gwenaëlle. Ensuite, elle procéda aux présentations. La fille qui lui avait ouvert se prénommait Émilie et les deux autres étaient Audrey et Laurie.
En dépit de leurs sourires polis, elles donnaient toutes l’impression de trouver sa présence hors sujet. Là encore, l’ascendant d’Anne-Sophie sur le groupe transparaissait dans leurs attitudes. Sous son impulsion, elles firent mine de reprendre une discussion normale.
Cependant, Fabrice n’était pas dupe. Il se doutait bien qu’elles ne décrivaient pas en détail les matières et les devoirs à rendre à l’instant où il avait frappé. Entre celles qui allaient passer leur bac à la fin de l’année et les deux nouvelles arrivantes, le dialogue n’était pas évident.
Soudain, une question traversa son esprit. Il n’hésita pas longtemps avant de la poser tant il s’ennuyait.
— Comment est-ce que vous vous êtes connues toutes les cinq ? Vous n’êtes ni dans les mêmes classes, ni des mêmes collèges.
Cette question fit cesser les bavardages. Tous les regards se tournèrent vers Anne-Sophie qui, d’un haussement de sourcil, délégua la réponse à Gwenaëlle.
— Nous participons à des cours d’approfondissement en histoire.
— C’est bien, ça doit vous aider pour les épreuves.
— Pas vraiment, nous traitons des thèmes en rapport avec les civilisations anciennes.
Il hocha la tête pour signifier qu’il adhérait à cette idée, mais qu’il ne chercherait pas aller plus loin. La vague de soulagement qui parcourut le groupe lui mit la puce à l’oreille. Cette espèce de club de passionnées d’histoire devait cacher autre chose.
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vendredi 16 avril 2010
Chapitre 4 de Limonade - Episode 3
Une haute fenêtre donnait sur la pelouse entourant le laboratoire de chimie. Sur les lits installés de chaque côté de l’ouverture, quatre filles avaient pris place. Fabrice réussit sans mal à reconnaître sa petite amie, néanmoins elle n’était pas le seul visage familier dans la chambre.
Il mit quelques secondes à mettre un prénom sur les cheveux d’un brun et les yeux d’un noir intense qui le dévisageaient.
— Bonjour Anne-So. Je ne savais pas que tu étais une amie de Gwen.
— Et moi, j’ignorai que vous sortiez ensemble.
Cette remarque contenait une pointe de sarcasme davantage destinée à Gwenaëlle qu’à lui. Durant les années qu’ils avaient passées ensemble au collège, elle s’était toujours montrée très gentille avec lui. Visiblement, elle était aussi la seule personne présente dans la chambre qui soit contente de le voir.
Le contraste entre le regard glacial de sa petite amie et son sourire timide l‘intrigua. Il aurait souhaité pouvoir lui parler seul à seule. Malheureusement, aucune des filles ne manifestait l’intention de s’en aller.
L’ambiance dans la chambre était d’une lourdeur oppressante, comme si Fabrice avait interrompu une conversation importante. Il se pencha donc sur Gwenaëlle afin de lui demander s’il pouvait lui parler. La moue de la jeune fille lui évoqua un soupir ennuyé avant de se transformer en sourire.
Afin de s’éloigner le plus loin possible du groupe, ils se retrouvèrent coincés entre la porte et les deux placards.
— Qu’est-ce que tu fais ici ?
C’était la deuxième fois en cinq minutes que Fabrice entendait cette phrase. Il ne prit même pas la peine de répondre et déposa un baiser sur les lèvres de Gwen.
— J’ai le droit d’avoir envie de passer du temps avec toi. Après tout, tu es ma copine.
— Depuis un mois seulement, objecta-t-elle. Tu ne dois pas venir me voir ici, c’est interdit aux garçons. Si quelqu’un te voit, je vais avoir de gros ennuis.
— On n’a qu’à se voir en dehors du lycée.
Sa proposition ne suscita aucun enthousiasme chez la jeune fille. Elle se contenta d’enrouler l‘une des mèches blondes qui encadraient son visage autour de son index.
Il mit quelques secondes à mettre un prénom sur les cheveux d’un brun et les yeux d’un noir intense qui le dévisageaient.
— Bonjour Anne-So. Je ne savais pas que tu étais une amie de Gwen.
— Et moi, j’ignorai que vous sortiez ensemble.
Cette remarque contenait une pointe de sarcasme davantage destinée à Gwenaëlle qu’à lui. Durant les années qu’ils avaient passées ensemble au collège, elle s’était toujours montrée très gentille avec lui. Visiblement, elle était aussi la seule personne présente dans la chambre qui soit contente de le voir.
Le contraste entre le regard glacial de sa petite amie et son sourire timide l‘intrigua. Il aurait souhaité pouvoir lui parler seul à seule. Malheureusement, aucune des filles ne manifestait l’intention de s’en aller.
L’ambiance dans la chambre était d’une lourdeur oppressante, comme si Fabrice avait interrompu une conversation importante. Il se pencha donc sur Gwenaëlle afin de lui demander s’il pouvait lui parler. La moue de la jeune fille lui évoqua un soupir ennuyé avant de se transformer en sourire.
Afin de s’éloigner le plus loin possible du groupe, ils se retrouvèrent coincés entre la porte et les deux placards.
— Qu’est-ce que tu fais ici ?
C’était la deuxième fois en cinq minutes que Fabrice entendait cette phrase. Il ne prit même pas la peine de répondre et déposa un baiser sur les lèvres de Gwen.
— J’ai le droit d’avoir envie de passer du temps avec toi. Après tout, tu es ma copine.
— Depuis un mois seulement, objecta-t-elle. Tu ne dois pas venir me voir ici, c’est interdit aux garçons. Si quelqu’un te voit, je vais avoir de gros ennuis.
— On n’a qu’à se voir en dehors du lycée.
Sa proposition ne suscita aucun enthousiasme chez la jeune fille. Elle se contenta d’enrouler l‘une des mèches blondes qui encadraient son visage autour de son index.
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mercredi 14 avril 2010
Chapitre 4 de Limonade - Episode 2
Après s’être assuré qu’il n’y avait pas de surveillant en vue, il traversa la pelouse qui le séparait du bâtiment. Il entra en trombe dans l’escalier. Une fois que la porte se fut refermée derrière lui, il sortit de la poche de son jean le papier que lui avait donné Corentin. En effet, l’adolescent connaissait le numéro de la chambre de Gwenaëlle et le lui avait transmis.
Grâce à cette précieuse indication, Fabrice monta les marches de tôle grinçantes jusqu’au troisième étage. Il entrouvrit la porte de secours afin de s’assurer que le couloir était vide, puis il s’y engagea.
La chambre dont le numéro correspondait à celui inscrit sur le morceau de papier n’était distante que de quelques mètres. Il jeta un dernier coup d’œil aux alentours avant de frapper à la porte.
Dans le silence qui suivit, il réalisa que son cœur battait la chamade. Maintenant que ses souvenirs s’étaient envolés, il ignorait comment se comporter avec Gwen. Il essaya une nouvelle fois d’interroger sa mémoire, mais elle refusa de lui offrir la moindre piste.
Peu à peu, son inquiétude augmenta jusqu’à en devenir insupportable. Il finit par espérer que la porte resterait close et qu’il pourrait rentrer chez lui. Cependant, il n’avait pas envie de devoir avouer un échec à Corentin quand il retrouverait.
Lorsque la porte s’ouvrit sur une brunette au visage carré, Fabrice resta interloqué. Il avait au moins la certitude que cette fille n’était pas sa petite amie.
— Qu’est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle avec un air contrarié.
— Je suis venu voir Gwenaëlle.
Elle hésita un long moment. À l’intérieur de la chambre, Fabrice devinait la présence de plusieurs filles dont les voix venaient juste de se taire. Finalement, elle le laissa entrer, plus par crainte d’être surprise avec un garçon plutôt que par sympathie.
Grâce à cette précieuse indication, Fabrice monta les marches de tôle grinçantes jusqu’au troisième étage. Il entrouvrit la porte de secours afin de s’assurer que le couloir était vide, puis il s’y engagea.
La chambre dont le numéro correspondait à celui inscrit sur le morceau de papier n’était distante que de quelques mètres. Il jeta un dernier coup d’œil aux alentours avant de frapper à la porte.
Dans le silence qui suivit, il réalisa que son cœur battait la chamade. Maintenant que ses souvenirs s’étaient envolés, il ignorait comment se comporter avec Gwen. Il essaya une nouvelle fois d’interroger sa mémoire, mais elle refusa de lui offrir la moindre piste.
Peu à peu, son inquiétude augmenta jusqu’à en devenir insupportable. Il finit par espérer que la porte resterait close et qu’il pourrait rentrer chez lui. Cependant, il n’avait pas envie de devoir avouer un échec à Corentin quand il retrouverait.
Lorsque la porte s’ouvrit sur une brunette au visage carré, Fabrice resta interloqué. Il avait au moins la certitude que cette fille n’était pas sa petite amie.
— Qu’est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle avec un air contrarié.
— Je suis venu voir Gwenaëlle.
Elle hésita un long moment. À l’intérieur de la chambre, Fabrice devinait la présence de plusieurs filles dont les voix venaient juste de se taire. Finalement, elle le laissa entrer, plus par crainte d’être surprise avec un garçon plutôt que par sympathie.
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lundi 12 avril 2010
Chapitre 4 de Limonade - Episode 1
Fabrice stationna sa moto à proximité du lycée Notre-Dame. Il attacha l’antivol à une barrière, puis son casque sous le bras, se dirigea vers l‘entrée. À la différence de l’établissement qu’il fréquentait, les élèves de ce lycée n’avaient pas pour habitude de se rassembler devant le portail.
Il avait beau être dix-sept heures, seules trois lycéennes bavardaient sur le trottoir. Elles portaient la tenue réglementaire, une jupe plissée et une veste bleu marine. L’allure revêche de la surveillante postée derrière la grille incita Fabrice à passer son chemin.
Lorsqu’il avait dit à Corentin qu’il retournerait voir Gwenaëlle, il avait omis un détail. Le lycée Notre-Dame était un pensionnat réservé aux filles. Par conséquent, il risquait d’avoir des difficultés à y entrer et de sérieux ennuis s’il se faisait surprendre à l’intérieur.
Néanmoins, il ne se laissa pas intimider par l’enceinte quasi pénitentiaire qui entourait les bâtiments. Il continua de suivre le trottoir jusqu’à être hors de vue de la surveillante. En prenant appui sur un arbre, il réussit à jeter un œil dans la cour. Comme il ne vit personne, il posa son casque sur le rebord du mur, puis s’aida à nouveau de l’arbre afin de passer par-dessus.
Il atterrit avec souplesse dans l’herbe. À quelques mètres sur sa droite, il remarqua une sorte de maison à un étage construite en brique rouge. Une déplaisante odeur de produits chimiques s’échappait de la fenêtre ouverte. Il s’approcha du laboratoire et se tapit contre le mur.
Le plan auquel obéissait le lycée était d’une grande simplicité. Les deux ensembles de salles de classe se faisaient face de part et d’autre de la cour. Avec leur peinture terne et leurs fenêtres à meneaux disproportionnées, ils n’avaient rien d’agréable.
Le bâtiment abritant les chambres des pensionnaires se trouvait juste devant lui et formait le troisième côté du carré encadrant la cour. Son architecture aussi austère et vieillotte que celles des classes ne le rendaient guère accueillant. La première chose que Fabrice remarqua fut l’escalier métallique dont les spirales s’enroulaient à l’arrière de l‘internat.
Il avait beau être dix-sept heures, seules trois lycéennes bavardaient sur le trottoir. Elles portaient la tenue réglementaire, une jupe plissée et une veste bleu marine. L’allure revêche de la surveillante postée derrière la grille incita Fabrice à passer son chemin.
Lorsqu’il avait dit à Corentin qu’il retournerait voir Gwenaëlle, il avait omis un détail. Le lycée Notre-Dame était un pensionnat réservé aux filles. Par conséquent, il risquait d’avoir des difficultés à y entrer et de sérieux ennuis s’il se faisait surprendre à l’intérieur.
Néanmoins, il ne se laissa pas intimider par l’enceinte quasi pénitentiaire qui entourait les bâtiments. Il continua de suivre le trottoir jusqu’à être hors de vue de la surveillante. En prenant appui sur un arbre, il réussit à jeter un œil dans la cour. Comme il ne vit personne, il posa son casque sur le rebord du mur, puis s’aida à nouveau de l’arbre afin de passer par-dessus.
Il atterrit avec souplesse dans l’herbe. À quelques mètres sur sa droite, il remarqua une sorte de maison à un étage construite en brique rouge. Une déplaisante odeur de produits chimiques s’échappait de la fenêtre ouverte. Il s’approcha du laboratoire et se tapit contre le mur.
Le plan auquel obéissait le lycée était d’une grande simplicité. Les deux ensembles de salles de classe se faisaient face de part et d’autre de la cour. Avec leur peinture terne et leurs fenêtres à meneaux disproportionnées, ils n’avaient rien d’agréable.
Le bâtiment abritant les chambres des pensionnaires se trouvait juste devant lui et formait le troisième côté du carré encadrant la cour. Son architecture aussi austère et vieillotte que celles des classes ne le rendaient guère accueillant. La première chose que Fabrice remarqua fut l’escalier métallique dont les spirales s’enroulaient à l’arrière de l‘internat.
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vendredi 9 avril 2010
Les crocs du varou - Teaser
Voici une annonce qui ne manquera pas de faire plaisir à certains, Guillaume et Alex reprennent du service pour une seconde aventure intitulée "Les crocs du varou".
Dans les premiers paragraphes, un nouveau personnage fait son apparition et elle va bien embêter ce pauvre Guillaume. Tout ce que je peux dire, c'est que l'intrigue sera du même genre que celle de l'opus précédent. Il y aura des nouveaux personnages (humains et monstres) ainsi que des révélations à propos d'Alex et de ses pouvoirs de vorcier.
Bon, j'arrête de parler et je vous met le début :
"Ma première impression en voyant Coralie se présenter à la classe fut que je n’aurais jamais à lui adresser la parole. Rien qu’à sa manière de s’habiller, je sus que ce n’était pas le genre de personne avec lequel j’avais des atomes crochus. Son jean était couvert de mouchetures faites à l’eau de javel et les manches de son pull léopard disparaissaient sous les bracelets métalliques.
L’expression de son visage allait avec sa tenue. Elle paraissait sûre d’elle tandis qu’elle parlait de sa passion pour la musique rock. Elle s’attarda moins sur les raisons de son arrivée dans notre classe en cours d’année.
La réaction de Mathilde m’intéressait davantage que le discours du professeur de biologie. Son regard pour la nouvelle venue était explicite, elle ne l’aimait pas tellement. Il fallait dire que Coralie semblait se donner beaucoup de mal pour se faire remarquer, tout le contraire de ma petite amie."
Dans les premiers paragraphes, un nouveau personnage fait son apparition et elle va bien embêter ce pauvre Guillaume. Tout ce que je peux dire, c'est que l'intrigue sera du même genre que celle de l'opus précédent. Il y aura des nouveaux personnages (humains et monstres) ainsi que des révélations à propos d'Alex et de ses pouvoirs de vorcier.
Bon, j'arrête de parler et je vous met le début :
"Ma première impression en voyant Coralie se présenter à la classe fut que je n’aurais jamais à lui adresser la parole. Rien qu’à sa manière de s’habiller, je sus que ce n’était pas le genre de personne avec lequel j’avais des atomes crochus. Son jean était couvert de mouchetures faites à l’eau de javel et les manches de son pull léopard disparaissaient sous les bracelets métalliques.
L’expression de son visage allait avec sa tenue. Elle paraissait sûre d’elle tandis qu’elle parlait de sa passion pour la musique rock. Elle s’attarda moins sur les raisons de son arrivée dans notre classe en cours d’année.
La réaction de Mathilde m’intéressait davantage que le discours du professeur de biologie. Son regard pour la nouvelle venue était explicite, elle ne l’aimait pas tellement. Il fallait dire que Coralie semblait se donner beaucoup de mal pour se faire remarquer, tout le contraire de ma petite amie."
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mercredi 7 avril 2010
Marina et la bête - Teaser
À l’abri du vent, la douceur du soleil d’octobre rappelait les mois d’été. Les prunus n’avaient pas encore perdu leur feuillage pourpre, laissant planer sur les pelouses du parc de la faculté un air de vacances. Pourtant, après cinq semaines de cours, l’oisiveté estivale n’était plus qu’un souvenir pour Marina.
Sa quatrième année de droit s’annonçait difficile, entre les partiels et les travaux dirigés. Plongée dans un exemplaire du *livre* emprunté à la bibliothèque, elle ne vit pas le garçon s’approcher d’elle. Elle ne leva les yeux vers lui que lorsque son ombre obscurcit les pages du livre.
« Salut Marina. Toujours en train de bosser ?
— Eh oui, Thomas. Tout le monde n’est pas comme toi.
— Arrête de penser que je ne fiche rien, je bosse aussi.
— La veille des exams. »
Il haussa les épaules avec désinvolture. Le regard résigné de Marina exprimait son découragement face à cette attitude. Elle se replongea dans les textes de loi, mais ses ongles qui pianotaient sur la couverture de son livre trahissaient un manque de concentration. La présence de Thomas la distrayait trop pour qu’elle parvienne à travailler.
Elle observa à la dérobée les colliers enroulés autour de ses poignets. Les perles de bois peintes juraient avec son T-shirt aux couleurs d’une compétition sportive. Parmi les sages étudiants de droit, son allure négligée détonnait autant que les tenues fantaisistes de Marina.
Sa quatrième année de droit s’annonçait difficile, entre les partiels et les travaux dirigés. Plongée dans un exemplaire du *livre* emprunté à la bibliothèque, elle ne vit pas le garçon s’approcher d’elle. Elle ne leva les yeux vers lui que lorsque son ombre obscurcit les pages du livre.
« Salut Marina. Toujours en train de bosser ?
— Eh oui, Thomas. Tout le monde n’est pas comme toi.
— Arrête de penser que je ne fiche rien, je bosse aussi.
— La veille des exams. »
Il haussa les épaules avec désinvolture. Le regard résigné de Marina exprimait son découragement face à cette attitude. Elle se replongea dans les textes de loi, mais ses ongles qui pianotaient sur la couverture de son livre trahissaient un manque de concentration. La présence de Thomas la distrayait trop pour qu’elle parvienne à travailler.
Elle observa à la dérobée les colliers enroulés autour de ses poignets. Les perles de bois peintes juraient avec son T-shirt aux couleurs d’une compétition sportive. Parmi les sages étudiants de droit, son allure négligée détonnait autant que les tenues fantaisistes de Marina.
lundi 5 avril 2010
Mécanique de l'écriture
Je trouve que ressentir une histoire qui se met en place dans mon esprit est une chose très agréable. Les scènes m’apparaissent dans leurs moindres détails, de la couleur du vernis à ongle de l’héroïne, jusqu’aux essences d’arbres du parc dans lequel elle se trouve. Je découvre l’âme des personnages au fur et à mesure que l’intrigue se déroule.
Le moment où les idées affluent est extrêmement plaisant. Les choses se compliquent en suite, lorsque je décide de mettre des mots sur ces idées. Il arrive que je ne sache pas par quel bout prendre mon histoire, que mes envies grippent la mécanique. Alors les idées restent à l’intérieur de ma tête, faute d’avoir un moyen de s’exprimer.
Elle s’appelle Marina. Elle va vivre des choses extraordinaire, mais, pour l’instant, je suis la seule à le savoir.
Le moment où les idées affluent est extrêmement plaisant. Les choses se compliquent en suite, lorsque je décide de mettre des mots sur ces idées. Il arrive que je ne sache pas par quel bout prendre mon histoire, que mes envies grippent la mécanique. Alors les idées restent à l’intérieur de ma tête, faute d’avoir un moyen de s’exprimer.
Elle s’appelle Marina. Elle va vivre des choses extraordinaire, mais, pour l’instant, je suis la seule à le savoir.
vendredi 2 avril 2010
Chapitre 3 de Limonade - The end
Une fois n'est pas coutume, il n'y aura pas de critiques de fanzines ou de livres durant cette interruption. En effet, ma productivité est au top, alors j'en profite pour avancer de nouveaux projets. Il va donc y avoir du teaser en pagaille, histoire de vous tenir au courant.
Quant aux péripéties de nos deux héros, Corentin et Fabrice, elles reprendront le lundi 12.
Pour ceux qui veulent lire le chapitre 3 depuis le début, c'est ici.
Quant aux péripéties de nos deux héros, Corentin et Fabrice, elles reprendront le lundi 12.
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mercredi 31 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 11
Ce fut au tour de Fabrice de se taire. Il but son café par petites gorgées afin de se donner une contenance. Jamais il n’aurait imaginé s’immiscer dans une relation aussi ancienne et aussi mignonne que celle qui existait entre sa petite amie et Corentin.
Il comprenait son désir de maintenir les choses telles quelles avaient été, mais les choses et les personnes changeaient trop vite autour de lui. Tôt au tard, le comportement enfantin de son ami changerait à son tour.
Même s’il conservait des doutes quant au caractère accidentel de ses trous de mémoire, il lui était difficile de penser que Corentin soit assez machiavélique. Pour l’instant, il avait envie de lui faire confiance.
Après avoir terminé sa boisson, il annonça :
— Si je retourne voir Gwenaëlle, mes souvenirs vont peut-être revenir.
— C’est une excellente idée, s’enthousiasma son compagnon. De toute façon, ça ne pourra pas faire de mal. Je suis curieux de savoir comment elle va.
— Je pensais y aller seul.
S’il fut déçu de se voir exclure si brutalement, il n’en laissa rien paraître. Néanmoins, Fabrice en éprouva un vague remords. Il lui suggéra donc de poursuivre ses recherches sur les symboles gravés dans le panneau de basket. Si quelqu’un d’autre que lui s’amusait à manipuler les forces occultes, il se pouvait que cela ait un rapport avec Gwenaëlle, ou avec son mystérieux mentor.
Ayant clarifié les actions qu’ils entendaient mener, les deux garçons se séparèrent. Ils se promirent de se retrouver au même endroit le mercredi afin de faire le point sur leurs avancées.
Il comprenait son désir de maintenir les choses telles quelles avaient été, mais les choses et les personnes changeaient trop vite autour de lui. Tôt au tard, le comportement enfantin de son ami changerait à son tour.
Même s’il conservait des doutes quant au caractère accidentel de ses trous de mémoire, il lui était difficile de penser que Corentin soit assez machiavélique. Pour l’instant, il avait envie de lui faire confiance.
Après avoir terminé sa boisson, il annonça :
— Si je retourne voir Gwenaëlle, mes souvenirs vont peut-être revenir.
— C’est une excellente idée, s’enthousiasma son compagnon. De toute façon, ça ne pourra pas faire de mal. Je suis curieux de savoir comment elle va.
— Je pensais y aller seul.
S’il fut déçu de se voir exclure si brutalement, il n’en laissa rien paraître. Néanmoins, Fabrice en éprouva un vague remords. Il lui suggéra donc de poursuivre ses recherches sur les symboles gravés dans le panneau de basket. Si quelqu’un d’autre que lui s’amusait à manipuler les forces occultes, il se pouvait que cela ait un rapport avec Gwenaëlle, ou avec son mystérieux mentor.
Ayant clarifié les actions qu’ils entendaient mener, les deux garçons se séparèrent. Ils se promirent de se retrouver au même endroit le mercredi afin de faire le point sur leurs avancées.
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lundi 29 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 10
Les deux garçons allèrent consommer leurs boissons à l’extérieur. À cause de la pluie qui avait poussé tous les fumeurs à se réfugier sous le préau, ils durent traverser la cour afin de rejoindre la cantine désertée.
Assis sur les premières marches de l’escalier, ils étaient seuls et pouvaient enfin parler librement. Cependant, la confiance que Fabrice accordait à son compagnon avait commencé à faiblir. Davantage pour le tester que pour être rassuré, il lui demanda
— Tu penses que mes souvenirs de Gwen vont revenir ?
Corentin demeura silencieux plusieurs secondes avant de répondre.
— Je l’espère, ça devait être de bons souvenirs.
— Quels souvenirs gardes-tu d’elle ?
Fabrice remarqua qu’à nouveau, il montrait les signes de malaise. Comme à chaque fois que le sujet de son affection pour la jeune fille apparaissait dans la conversation, ses yeux se détournaient de lui et sa bouche se serrait.
Néanmoins, il finit par évoquer une anecdote datant de son enfance.
— Nous étions en CP tous les deux, ou peut-être en CE1 parce que je me rappelle que j’étais en train d’écrire. La classe était terminée depuis quelques minutes quand elle est venue me réclamer un dessin.
— Si tu étais aussi doué que maintenant, ça ne m’étonne pas.
— Non justement. À l’époque je ne dessinais jamais.
— Tous les enfants dessinent, c’est normal.
Sans qu’il sache pourquoi, cette remarque plongea Corentin dans de sombres réflexions. Il fixait le liquide beige parfumé au chocolat qui remplissait son gobelet en plastique. Il s’écoula de longues minutes d’un silence gênant jusqu’à ce qu’il se décide à achever son récit.
— Donc, Gwen voulait que je lui fasse un dessin et j’ai refusé.
— Pourquoi ?
— Je ne voulais pas imaginer quelque chose à mettre sur la feuille. Alors, elle dit que si je la dessinai, je n’aurai pas à imaginer.
— Tu as par le faire, ce dessin ?
— Oui, elle a trouvé que c’était le plus joli de tous. Des années plus tard, j’ai vu qu’elle l’avait accroché au-dessus de son bureau. Mais maintenant, je ne sais pas si elle l’a gardé.
Le ton presque fataliste avec lequel Corentin acheva son histoire était révélateur de son attitude vis-à-vis de Gwenaëlle. Cette jolie blonde le menait par le bout du nez et il débordait d’affection pour elle.
Assis sur les premières marches de l’escalier, ils étaient seuls et pouvaient enfin parler librement. Cependant, la confiance que Fabrice accordait à son compagnon avait commencé à faiblir. Davantage pour le tester que pour être rassuré, il lui demanda
— Tu penses que mes souvenirs de Gwen vont revenir ?
Corentin demeura silencieux plusieurs secondes avant de répondre.
— Je l’espère, ça devait être de bons souvenirs.
— Quels souvenirs gardes-tu d’elle ?
Fabrice remarqua qu’à nouveau, il montrait les signes de malaise. Comme à chaque fois que le sujet de son affection pour la jeune fille apparaissait dans la conversation, ses yeux se détournaient de lui et sa bouche se serrait.
Néanmoins, il finit par évoquer une anecdote datant de son enfance.
— Nous étions en CP tous les deux, ou peut-être en CE1 parce que je me rappelle que j’étais en train d’écrire. La classe était terminée depuis quelques minutes quand elle est venue me réclamer un dessin.
— Si tu étais aussi doué que maintenant, ça ne m’étonne pas.
— Non justement. À l’époque je ne dessinais jamais.
— Tous les enfants dessinent, c’est normal.
Sans qu’il sache pourquoi, cette remarque plongea Corentin dans de sombres réflexions. Il fixait le liquide beige parfumé au chocolat qui remplissait son gobelet en plastique. Il s’écoula de longues minutes d’un silence gênant jusqu’à ce qu’il se décide à achever son récit.
— Donc, Gwen voulait que je lui fasse un dessin et j’ai refusé.
— Pourquoi ?
— Je ne voulais pas imaginer quelque chose à mettre sur la feuille. Alors, elle dit que si je la dessinai, je n’aurai pas à imaginer.
— Tu as par le faire, ce dessin ?
— Oui, elle a trouvé que c’était le plus joli de tous. Des années plus tard, j’ai vu qu’elle l’avait accroché au-dessus de son bureau. Mais maintenant, je ne sais pas si elle l’a gardé.
Le ton presque fataliste avec lequel Corentin acheva son histoire était révélateur de son attitude vis-à-vis de Gwenaëlle. Cette jolie blonde le menait par le bout du nez et il débordait d’affection pour elle.
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vendredi 26 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 9
Fabrice avait terminé de ranger ses affaires bien avant la fin du cours. Son sac posé sur la table, il fixait la pendule placée du dessus du tableau. Lorsque la fin du cours sonna enfin, il fut le premier à se ruer hors de la salle.
Il dut néanmoins patienter cinq minutes avant d’apercevoir Corentin au milieu de la foule qui descendait l’escalier. Le regard perdu dans le vague, il n’accordait aucune attention aux autres lycéens autour de lui.
L’adolescent fut obligé de faire de grands gestes pour qu’il le remarque. Toujours aussi flegmatique, il se dirigea vers lui.
— On va où ? demanda-t-il dès qu’il fut à ses côtés.
— Cafet’, si tu as envie de boire quelque chose.
La queue devant la machine à café faillit les décourager. De plus, aborder le sujet qui leur tenait à cœur était impossible au vu du nombre de personnes alentour. Fabrice posa donc une question en apparence totalement neutre.
— Tu vois souvent Gwenaëlle ?
— Non, pas depuis la rentrée. Elle ne s’intéresse plus aux mêmes choses qu’avant.
L’embarras qui traversa les yeux bleus de Corentin le dissuada de poursuivre sur ce sujet. Celui-ci baissa la tête et plongea les mains dans ses poches.
Fabrice n’était pas dupe des sentiments que son ami entretenait à l’égard de Gwenaëlle. Il avait conscience de l’effort qu’il avait dû fournir pour sympathiser avec lui. Malheureusement, cette relation problématique était au centre de leurs préoccupations.
Il espéra cependant que Corentin parviendrait à surmonter sa jalousie afin de l’aider à comprendre la disparition de ses souvenirs.
Soudain, une évidence le frappa. Si, comme l’adolescent le prétendait, le sortilège d’exorcisme était responsable de l’effacement de sa mémoire, cela pouvait très bien être un acte volontaire. En effet, il n’avait aucun moyen de vérifier cette histoire de magicien maléfique que Gwen avait rencontrée sur Internet.
Absorbé dans ses pensées, Fabrice ne vit pas que la queue devant lui était terminée. Il fallut que Corentin introduise une pièce dans la machine et lui demande ce qu’il voulait boire pour qu’il émerge de ses réflexions.
Le regard qu’il porta sur son compagnon était chargé d’incompréhension. Se pouvait-il que cet adolescent timide soit en train de le manipuler afin de l’éloigner de Gwenaëlle ?
Il dut néanmoins patienter cinq minutes avant d’apercevoir Corentin au milieu de la foule qui descendait l’escalier. Le regard perdu dans le vague, il n’accordait aucune attention aux autres lycéens autour de lui.
L’adolescent fut obligé de faire de grands gestes pour qu’il le remarque. Toujours aussi flegmatique, il se dirigea vers lui.
— On va où ? demanda-t-il dès qu’il fut à ses côtés.
— Cafet’, si tu as envie de boire quelque chose.
La queue devant la machine à café faillit les décourager. De plus, aborder le sujet qui leur tenait à cœur était impossible au vu du nombre de personnes alentour. Fabrice posa donc une question en apparence totalement neutre.
— Tu vois souvent Gwenaëlle ?
— Non, pas depuis la rentrée. Elle ne s’intéresse plus aux mêmes choses qu’avant.
L’embarras qui traversa les yeux bleus de Corentin le dissuada de poursuivre sur ce sujet. Celui-ci baissa la tête et plongea les mains dans ses poches.
Fabrice n’était pas dupe des sentiments que son ami entretenait à l’égard de Gwenaëlle. Il avait conscience de l’effort qu’il avait dû fournir pour sympathiser avec lui. Malheureusement, cette relation problématique était au centre de leurs préoccupations.
Il espéra cependant que Corentin parviendrait à surmonter sa jalousie afin de l’aider à comprendre la disparition de ses souvenirs.
Soudain, une évidence le frappa. Si, comme l’adolescent le prétendait, le sortilège d’exorcisme était responsable de l’effacement de sa mémoire, cela pouvait très bien être un acte volontaire. En effet, il n’avait aucun moyen de vérifier cette histoire de magicien maléfique que Gwen avait rencontrée sur Internet.
Absorbé dans ses pensées, Fabrice ne vit pas que la queue devant lui était terminée. Il fallut que Corentin introduise une pièce dans la machine et lui demande ce qu’il voulait boire pour qu’il émerge de ses réflexions.
Le regard qu’il porta sur son compagnon était chargé d’incompréhension. Se pouvait-il que cet adolescent timide soit en train de le manipuler afin de l’éloigner de Gwenaëlle ?
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mercredi 24 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 8
Essoufflé, Fabrice arriva bon dernier en cours d’allemand. Il n’écouta même pas la remarque de sa professeure et s’installa au premier rang. Il attendit que l’enseignante commence à écrire son cours au tableau pour sortir son livre de mathématiques.
À la différence des élèves qui occupaient les bureaux au fond de la salle, il ne faisait pas le moindre bruit durant le cours. Il consacrait ce cours optionnel à approfondir ses connaissances en mathématiques à travers les exercices facultatifs présents à la fin de son livre.
La professeure n’avait pas mis longtemps à réaliser que cet élève studieux n’avait aucun intérêt pour la langue allemande. Cependant, elle passait l’éponge tant qu’il restait silencieux et ne perturbait pas le cours pour la poignée d’élèves qui le suivaient.
Pourtant familiers, les problèmes de géométrie ne captèrent pas son attention. Non seulement tous les souvenirs de sa relation avec Gwenaëlle s’étaient envolés, mais plus il y réfléchissait plus il avait l’impression de cette fille lui était parfaitement étrangère. Si Corentin n’était pas venu lui prendre la tête avec ses histoires d’envoûtements et d’exorcisme, il aurait laissé tomber cette histoire.
Impliqué contre son gré, il n’avait pas eu d’autre choix que d’accepter les bizarreries de ce garçon. Maintenant, il se retrouvait à traquer tous les phénomènes mystérieux dans son entourage.
Cette fille qui gribouillait des damiers colorés sur son cahier était-elle en train de lui jeter un mauvais sort ? Et son copain Mathieu qui lui empruntait chaque matin deux francs pour boire un café était-il un lycéen fauché ou un démon malfaisant ?
Lassé de ses réflexions absurdes, Fabrice décida d’attendre la pause afin de retrouver son ami. Contrairement à lui, Corentin paraissait à son aise avec cette vision fantaisiste du monde. Le fait d’avoir une tante exerçant la profession de voyante devait l’y avoir préparé bien davantage que lui.
À la différence des élèves qui occupaient les bureaux au fond de la salle, il ne faisait pas le moindre bruit durant le cours. Il consacrait ce cours optionnel à approfondir ses connaissances en mathématiques à travers les exercices facultatifs présents à la fin de son livre.
La professeure n’avait pas mis longtemps à réaliser que cet élève studieux n’avait aucun intérêt pour la langue allemande. Cependant, elle passait l’éponge tant qu’il restait silencieux et ne perturbait pas le cours pour la poignée d’élèves qui le suivaient.
Pourtant familiers, les problèmes de géométrie ne captèrent pas son attention. Non seulement tous les souvenirs de sa relation avec Gwenaëlle s’étaient envolés, mais plus il y réfléchissait plus il avait l’impression de cette fille lui était parfaitement étrangère. Si Corentin n’était pas venu lui prendre la tête avec ses histoires d’envoûtements et d’exorcisme, il aurait laissé tomber cette histoire.
Impliqué contre son gré, il n’avait pas eu d’autre choix que d’accepter les bizarreries de ce garçon. Maintenant, il se retrouvait à traquer tous les phénomènes mystérieux dans son entourage.
Cette fille qui gribouillait des damiers colorés sur son cahier était-elle en train de lui jeter un mauvais sort ? Et son copain Mathieu qui lui empruntait chaque matin deux francs pour boire un café était-il un lycéen fauché ou un démon malfaisant ?
Lassé de ses réflexions absurdes, Fabrice décida d’attendre la pause afin de retrouver son ami. Contrairement à lui, Corentin paraissait à son aise avec cette vision fantaisiste du monde. Le fait d’avoir une tante exerçant la profession de voyante devait l’y avoir préparé bien davantage que lui.
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chapitre 3,
limonade
lundi 22 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 7
En revenant au lycée, les deux garçons firent une halte sur le terrain de basket. Corentin désigna le poteau dont il avait parlé lors du déjeuner.
Après avoir examiné les gravures, Fabrice déclara :
— Tu as un don pour dénicher les trucs bizarres. Moi, je ne vois que des gribouillis faits avec la pointe d’un compas.
Il fit le tour du poteau, à la recherche d’autres symboles ou d’une indication quelconque, puis il demanda :
— Tu sais ce que font ces dessins ?
Comme son compagnon ne lui répondit pas, il leva les yeux et le trouva sur la ligne des trois points, un ballon à la main. Concentré sur sa cible, celui-ci lança le ballon qui atterrit directement dans le panier.
Fabrice le rejoignit en deux foulées.
— Qu’est-ce que tu fiches ? Tu as failli me balancer ce ballon dessus.
— Je vérifiais quelque chose.
— Quoi ?
Corentin s’assit en tailleur sur le sol et déplia la feuille sur laquelle il avait dessiné durant le cours de sport. Il expliqua :
— J’ai noté les scores de chacun des matches. Toutes les équipes qui ont joué sur cette partie du terrain ont perdu.
— Les symboles ont une influence sur le score.
— Je pense qu’ils permettent de marquer plus facilement.
Curieux de vérifier cette conclusion, l’adolescent alla chercher un ballon. Il n’attendit pas le retour de son ami pour essayer, mais il manqua sa cible d’un bon mètre et dut courir pour récupérer le ballon.
En dix minutes, Corentin avait réussi à atteindre douze fois le panier, alors que Fabrice n’y était parvenu que trois fois.
— Ta théorie tombe à l’eau. Je ne fais pas mieux que d’habitude, c’est juste tu te gaves en basket.
Il se tut lorsque l’adolescent ferma les yeux, puis lança son ballon dans la direction approximative du poteau. Néanmoins, un rebond miraculeux lui permit d’entrer sans encombre dans le panier.
— Comment tu as réussi un truc pareil ? s’interrogea Fabrice.
— En me concentrant sur les symboles. Je les ai dessinés dans ma tête et ça a marché.
En dépit d’une dizaine d’essais, il fut incapable de renouveler la performance de son compagnon. La sonnerie qui retentit dans les bâtiments du lycée mit fin à l’expérience.
— On se voit à la pause, proposa Fabrice.
— D’accord.
Les deux garçons rapportèrent les ballons dans le local de sport avant de courir jusqu’à leurs salles de cours respectives.
Après avoir examiné les gravures, Fabrice déclara :
— Tu as un don pour dénicher les trucs bizarres. Moi, je ne vois que des gribouillis faits avec la pointe d’un compas.
Il fit le tour du poteau, à la recherche d’autres symboles ou d’une indication quelconque, puis il demanda :
— Tu sais ce que font ces dessins ?
Comme son compagnon ne lui répondit pas, il leva les yeux et le trouva sur la ligne des trois points, un ballon à la main. Concentré sur sa cible, celui-ci lança le ballon qui atterrit directement dans le panier.
Fabrice le rejoignit en deux foulées.
— Qu’est-ce que tu fiches ? Tu as failli me balancer ce ballon dessus.
— Je vérifiais quelque chose.
— Quoi ?
Corentin s’assit en tailleur sur le sol et déplia la feuille sur laquelle il avait dessiné durant le cours de sport. Il expliqua :
— J’ai noté les scores de chacun des matches. Toutes les équipes qui ont joué sur cette partie du terrain ont perdu.
— Les symboles ont une influence sur le score.
— Je pense qu’ils permettent de marquer plus facilement.
Curieux de vérifier cette conclusion, l’adolescent alla chercher un ballon. Il n’attendit pas le retour de son ami pour essayer, mais il manqua sa cible d’un bon mètre et dut courir pour récupérer le ballon.
En dix minutes, Corentin avait réussi à atteindre douze fois le panier, alors que Fabrice n’y était parvenu que trois fois.
— Ta théorie tombe à l’eau. Je ne fais pas mieux que d’habitude, c’est juste tu te gaves en basket.
Il se tut lorsque l’adolescent ferma les yeux, puis lança son ballon dans la direction approximative du poteau. Néanmoins, un rebond miraculeux lui permit d’entrer sans encombre dans le panier.
— Comment tu as réussi un truc pareil ? s’interrogea Fabrice.
— En me concentrant sur les symboles. Je les ai dessinés dans ma tête et ça a marché.
En dépit d’une dizaine d’essais, il fut incapable de renouveler la performance de son compagnon. La sonnerie qui retentit dans les bâtiments du lycée mit fin à l’expérience.
— On se voit à la pause, proposa Fabrice.
— D’accord.
Les deux garçons rapportèrent les ballons dans le local de sport avant de courir jusqu’à leurs salles de cours respectives.
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vendredi 19 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 6
Fabrice perdait son calme. Évoquer sa relation avec Gwenaëlle avait encore accentué le sentiment d’étrangeté qui le rongeait. Il avait espéré que Corentin aurait une réponse, même complètement absurde, à lui offrir.
Comme celui-ci préféra s’attaquer à son sandwich, il l’imita, non sans lui avoir jeté un regard noir.
— Je ne vois vraiment pas pourquoi tu aurais été ensorcelé, dit l’adolescent entre deux bouchées. J’ai beau tourner le problème dans tous les sens, je pense que c’est ma formule qui t’a effacé la mémoire.
— Tu peux inverser le truc ?
— Je sais pas.
Le visage de Fabrice se décomposa, ce qui l’incita à nuancer sa réponse.
— Il va falloir que je demande à ma tante. Elle connaît bien mieux le sujet que moi.
Il se garda de préciser que, n’ayant pas parlé de sa tentative d’exorcisme à Évelyne, il devrait marcher sur des œufs pour lui extorquer des réponses. Le souvenir des runes ornant certaines des pages du livre qu’il avait utilisé lui rappela les symboles gravés sur le panier de basket.
Cette information n’avait peut-être guère d’importance, mais elle fournirait une distraction bienvenue.
— J’ai vu un truc bizarre sur le terrain de basket. Je pense que ça peut avoir un rapport avec notre histoire de sorcellerie.
— Tu crois ?
— Oui, mentit-il. Quelqu’un a gravé des trucs sur un panneau, ça a peut-être une signification spéciale.
Fabrice se laissa convaincre d’aller jeter un œil aux symboles mentionnés par son compagnon. Jusqu’à présent, il avait toujours considéré que la magie était l’apanage des livres pour enfants et des jeux vidéo. Il n’éprouvait de l’intérêt pour aucun de ces deux sujets, ce qui le rendait dépendant de Corentin pour expliquer l’univers étrange dans lequel sa vie avait basculé.
Comme celui-ci préféra s’attaquer à son sandwich, il l’imita, non sans lui avoir jeté un regard noir.
— Je ne vois vraiment pas pourquoi tu aurais été ensorcelé, dit l’adolescent entre deux bouchées. J’ai beau tourner le problème dans tous les sens, je pense que c’est ma formule qui t’a effacé la mémoire.
— Tu peux inverser le truc ?
— Je sais pas.
Le visage de Fabrice se décomposa, ce qui l’incita à nuancer sa réponse.
— Il va falloir que je demande à ma tante. Elle connaît bien mieux le sujet que moi.
Il se garda de préciser que, n’ayant pas parlé de sa tentative d’exorcisme à Évelyne, il devrait marcher sur des œufs pour lui extorquer des réponses. Le souvenir des runes ornant certaines des pages du livre qu’il avait utilisé lui rappela les symboles gravés sur le panier de basket.
Cette information n’avait peut-être guère d’importance, mais elle fournirait une distraction bienvenue.
— J’ai vu un truc bizarre sur le terrain de basket. Je pense que ça peut avoir un rapport avec notre histoire de sorcellerie.
— Tu crois ?
— Oui, mentit-il. Quelqu’un a gravé des trucs sur un panneau, ça a peut-être une signification spéciale.
Fabrice se laissa convaincre d’aller jeter un œil aux symboles mentionnés par son compagnon. Jusqu’à présent, il avait toujours considéré que la magie était l’apanage des livres pour enfants et des jeux vidéo. Il n’éprouvait de l’intérêt pour aucun de ces deux sujets, ce qui le rendait dépendant de Corentin pour expliquer l’univers étrange dans lequel sa vie avait basculé.
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mercredi 17 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 5
Les révélations de Fabrice attendirent que les deux adolescents se soient procuré sandwichs et sodas dans une boulangerie voisine du lycée. Ils marchèrent un moment sous la pluie avant d’atteindre le square de la Motte où ils s’installèrent à l’abri d’un kiosque.
Corentin n’avait aucune hâte d’entendre ce que son compagnon souhaitait lui raconter. Cependant, il devait reconnaître que cette attitude était des plus surprenantes. Il n’aurait jamais cru que Fabrice prendrait son histoire à cœur.
Ce dernier semblait lui aussi plus pressé de manger que de discuter. Pourtant, après avoir entamé sa canette de coca, il commença :
— En fait, je me demande de plus en plus souvent pourquoi je sors avec Gwen.
— Comment ça ? Tu veux dire que l’as oublié ?
— Je sais pas. Avant, ça me paraissait normal de la considérer comme ma copine. Mais depuis que tu m’as arrosé, j’ai l’impression de ne plus savoir où j’en suis.
Cette révélation dépassait de loin tout ce que l’adolescent aurait pu imaginer. Si cet oubli était une conséquence de l’exorcisme, cela signifiait que Fabrice avait été victime d’un envoûtement. Cependant, il ne parvenait pas à comprendre comment cela avait pu avoir lieu, ni pour quelles raisons.
Rejetant les explications ésotériques, il tenta de reconstituer le fil de la relation.
— Tu te souviens au moins quand tu l’as rencontrée ?
— Plus ou moins, j’étais allée mater les filles de Notre-Dame avec un pote. Elle est passée devant nous, mais on s’intéressait plus aux filles de terminale.
— Et ?
— J’ai revu une fille qui était dans le même collège que moi. On a discuté et mon pote en a eu marre, alors on est parti.
La suite des explications était tout aussi nébuleuse puisque Fabrice ne se souvenait pas d’avoir eu de contact avec Gwenaëlle avant de l’avoir retrouvée devant son lycée.
— Tu es venu la voir comme ça ?
— Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je suis allé l’attendre, elle est arrivée et on s’est embrassé.
Corentin n’avait aucune hâte d’entendre ce que son compagnon souhaitait lui raconter. Cependant, il devait reconnaître que cette attitude était des plus surprenantes. Il n’aurait jamais cru que Fabrice prendrait son histoire à cœur.
Ce dernier semblait lui aussi plus pressé de manger que de discuter. Pourtant, après avoir entamé sa canette de coca, il commença :
— En fait, je me demande de plus en plus souvent pourquoi je sors avec Gwen.
— Comment ça ? Tu veux dire que l’as oublié ?
— Je sais pas. Avant, ça me paraissait normal de la considérer comme ma copine. Mais depuis que tu m’as arrosé, j’ai l’impression de ne plus savoir où j’en suis.
Cette révélation dépassait de loin tout ce que l’adolescent aurait pu imaginer. Si cet oubli était une conséquence de l’exorcisme, cela signifiait que Fabrice avait été victime d’un envoûtement. Cependant, il ne parvenait pas à comprendre comment cela avait pu avoir lieu, ni pour quelles raisons.
Rejetant les explications ésotériques, il tenta de reconstituer le fil de la relation.
— Tu te souviens au moins quand tu l’as rencontrée ?
— Plus ou moins, j’étais allée mater les filles de Notre-Dame avec un pote. Elle est passée devant nous, mais on s’intéressait plus aux filles de terminale.
— Et ?
— J’ai revu une fille qui était dans le même collège que moi. On a discuté et mon pote en a eu marre, alors on est parti.
La suite des explications était tout aussi nébuleuse puisque Fabrice ne se souvenait pas d’avoir eu de contact avec Gwenaëlle avant de l’avoir retrouvée devant son lycée.
— Tu es venu la voir comme ça ?
— Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je suis allé l’attendre, elle est arrivée et on s’est embrassé.
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lundi 15 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 4
À la sortie du cours, il eut la surprise de tomber sur Fabrice. Le plus étonnant était qu’il paraissait l’attendre, car il lui saisit le bras dès qu’il eu passé la porte et l’entraîna dans le couloir.
— Tu as encore un cours avant la pause ? demanda-t-il.
— Non.
— Super, on va pouvoir aller manger. Je commence à avoir la dalle.
Corentin mit quelques secondes avant de réagir. D’un geste vif, il se libéra, puis interpella son compagnon.
— Tu peux m’expliquer ce qui te prend ? Tu ne donnes pas de nouvelles pendant une semaine et tu viens me rechercher à la pause comme si j’étais…
Il s’interrompit avant de finir sa phrase, il avait failli dire « comme si j’étais ta petite amie ». À la place, il ajouta « ton meilleur ami ».
L’adolescent haussa les épaules.
— Tu n’as pas le monopole des comportements bizarres. Et, pour info, j’ai passé la semaine chez moi avec une angine, donc c’est normal que tu ne m’aies pas vu au lycée.
— Je suis désolé.
— Pas la peine de t’excuser encore une fois. Grâce à cette angine, j’ai échappé à une dissertation de philo.
Cet argument était plutôt étrange, mais Fabrice continua comme si de rien était.
— J’ai eu pas mal de temps pour réfléchir cette semaine. J’ai pensé qu’il valait mieux que je te dise la vérité.
— La vérité sur quoi ?
— Gwenaëlle et moi.
C’était typiquement le genre de vérité que Corentin craignait d’entendre. Il avait déjà du mal à d’admettre que sa meilleure amie fréquente un garçon, alors si en plus celui-ci venait lui raconter l’avancée de leur relation.
— Tu as encore un cours avant la pause ? demanda-t-il.
— Non.
— Super, on va pouvoir aller manger. Je commence à avoir la dalle.
Corentin mit quelques secondes avant de réagir. D’un geste vif, il se libéra, puis interpella son compagnon.
— Tu peux m’expliquer ce qui te prend ? Tu ne donnes pas de nouvelles pendant une semaine et tu viens me rechercher à la pause comme si j’étais…
Il s’interrompit avant de finir sa phrase, il avait failli dire « comme si j’étais ta petite amie ». À la place, il ajouta « ton meilleur ami ».
L’adolescent haussa les épaules.
— Tu n’as pas le monopole des comportements bizarres. Et, pour info, j’ai passé la semaine chez moi avec une angine, donc c’est normal que tu ne m’aies pas vu au lycée.
— Je suis désolé.
— Pas la peine de t’excuser encore une fois. Grâce à cette angine, j’ai échappé à une dissertation de philo.
Cet argument était plutôt étrange, mais Fabrice continua comme si de rien était.
— J’ai eu pas mal de temps pour réfléchir cette semaine. J’ai pensé qu’il valait mieux que je te dise la vérité.
— La vérité sur quoi ?
— Gwenaëlle et moi.
C’était typiquement le genre de vérité que Corentin craignait d’entendre. Il avait déjà du mal à d’admettre que sa meilleure amie fréquente un garçon, alors si en plus celui-ci venait lui raconter l’avancée de leur relation.
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vendredi 12 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 3
En arrivant à Rennes, l’adolescent était complètement déprimé. Il monta dans le bus, composta son ticket et s’assit contre une fenêtre. Les rues et les véhicules qui défilaient derrière la vitre maculée de gouttes d’eau ne parvinrent pas le distraire de ses ruminations. Il faillit même manquer son arrêt et dut bousculer quelques personnes pour sortir à temps.
La journée n’aurait pas pu commencer sous de plus mauvais auspices qu’une pluie froide, mais pas assez forte pour provoquer l’annulation du cours de sport. Les sports collectifs étaient un véritable calvaire pour Corentin. Bien qu’il ait une bonne condition physique, il perdait tous ses moyens face à un ballon.
Sur les trois matches que son équipe disputa, il en passa deux sur le banc des remplaçants. La feuille de papier qu’il avait emportée se couvrit de gribouillages. Suivant son inspiration, il se surprit à dessiner le panier de basket sous lequel ses camarades de classe se démenaient.
Intrigué, il attendit la fin du cours pour aller voir ce que poteau métallique avait de particulier. Il ne remarqua rien dans sa structure qui différait des autres panneaux. Cependant, celui-ci avait fait l’objet d’une étrange décoration gravée dans la peinture bleue.
Une multitude de symboles recouvraient la surface du poteau sans pour autant avoir la moindre signification. Certains étaient familiers Corentin, pourtant il était incapable de se souvenir où il les avait vus. Par curiosité, il en recopia sept avant de courir rejoindre les vestiaires.
Après remis des vêtements plus classiques, un jean et un pull gris, il se rendit en cours d’anglais où il eut tout le loisir d’étudier les mystérieux graffitis. Malheureusement, aucun d’entre ne lui livra ses secrets et il finit par renoncer.
Il suivit le reste de la leçon sur les temps de conjugaison en vogue de l’autre côté de la Manche, puis ses pensées dérivèrent vers la semaine qui l’attendait. Rien de palpitant à l’horizon, à moins que sa tante ne lui demande un coup de main afin de préparer les trucages d’une séance de spiritisme.
La journée n’aurait pas pu commencer sous de plus mauvais auspices qu’une pluie froide, mais pas assez forte pour provoquer l’annulation du cours de sport. Les sports collectifs étaient un véritable calvaire pour Corentin. Bien qu’il ait une bonne condition physique, il perdait tous ses moyens face à un ballon.
Sur les trois matches que son équipe disputa, il en passa deux sur le banc des remplaçants. La feuille de papier qu’il avait emportée se couvrit de gribouillages. Suivant son inspiration, il se surprit à dessiner le panier de basket sous lequel ses camarades de classe se démenaient.
Intrigué, il attendit la fin du cours pour aller voir ce que poteau métallique avait de particulier. Il ne remarqua rien dans sa structure qui différait des autres panneaux. Cependant, celui-ci avait fait l’objet d’une étrange décoration gravée dans la peinture bleue.
Une multitude de symboles recouvraient la surface du poteau sans pour autant avoir la moindre signification. Certains étaient familiers Corentin, pourtant il était incapable de se souvenir où il les avait vus. Par curiosité, il en recopia sept avant de courir rejoindre les vestiaires.
Après remis des vêtements plus classiques, un jean et un pull gris, il se rendit en cours d’anglais où il eut tout le loisir d’étudier les mystérieux graffitis. Malheureusement, aucun d’entre ne lui livra ses secrets et il finit par renoncer.
Il suivit le reste de la leçon sur les temps de conjugaison en vogue de l’autre côté de la Manche, puis ses pensées dérivèrent vers la semaine qui l’attendait. Rien de palpitant à l’horizon, à moins que sa tante ne lui demande un coup de main afin de préparer les trucages d’une séance de spiritisme.
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mercredi 10 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 2
À la gare, Corentin eut la déception d’être la seule personne présente dans la salle d’attente. Il y resta moins d’une minute, le temps d’avoir la confirmation que son train passerait à l’horaire prévu. Ensuite, il ressortit pour emprunter le passage souterrain qui menait à l’autre quai.
La lumière grisâtre du petit matin alimentait sa mauvaise humeur. Il haïssait ces réveils matinaux, l’obligation de se hâter et, surtout, la perspective d’une nouvelle et ennuyeuse semaine de cours.
Cependant aujourd’hui, c’était l’absence de Gwenaëlle qui le préoccupait. Le samedi, elle lui avait pourtant promis qu’elle le retrouverait pour qu’ils prennent le Ter de sept heures ensemble.
Le train entra en gare sans que Gwen soit arrivée et Corentin monta, laissant sur le quai les bons souvenirs du week-end. Il profita du trajet pour griffonner quelques formules dans son cahier afin de laisser penser qu’il avait recherché la solution de ses exercices de mathématiques.
Il ressentait une vive déception envers de son amie, même s’il ne parvenait pas à lui en vouloir. Elle avait sûrement une excellente raison pour avoir rompu sa promesse. Pourtant, une partie de son esprit lui soufflait qu’elle l’avait tout simplement oublié, qu’elle avait mieux à faire que de passer du temps avec un imbécile comme lui.
La lumière grisâtre du petit matin alimentait sa mauvaise humeur. Il haïssait ces réveils matinaux, l’obligation de se hâter et, surtout, la perspective d’une nouvelle et ennuyeuse semaine de cours.
Cependant aujourd’hui, c’était l’absence de Gwenaëlle qui le préoccupait. Le samedi, elle lui avait pourtant promis qu’elle le retrouverait pour qu’ils prennent le Ter de sept heures ensemble.
Le train entra en gare sans que Gwen soit arrivée et Corentin monta, laissant sur le quai les bons souvenirs du week-end. Il profita du trajet pour griffonner quelques formules dans son cahier afin de laisser penser qu’il avait recherché la solution de ses exercices de mathématiques.
Il ressentait une vive déception envers de son amie, même s’il ne parvenait pas à lui en vouloir. Elle avait sûrement une excellente raison pour avoir rompu sa promesse. Pourtant, une partie de son esprit lui soufflait qu’elle l’avait tout simplement oublié, qu’elle avait mieux à faire que de passer du temps avec un imbécile comme lui.
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lundi 8 mars 2010
Chapitre 3 de Limonade - Episode 1
Le jour n’était pas encore levé lorsque le réveil sonna. Corentin resta deux minutes dans le noir avant de mettre fin aux bips stridents. Les chiffres lumineux rouges indiquaient cinq heures deux.
Encore ensommeillé, il sortit de son lit, quitta son pyjama pour un survêtement de sport et descendit l’escalier. Sa mère l’attendait dans la cuisine, une tasse de café à la main.
Il marmonna un bonjour, surpris de la présence maternelle à une heure aussi matinale. Pour une fois, il n’eut pas à faire chauffer son lait four à micro-ondes, le bol de chocolat chaud se trouvait déjà sur la table.
Autant de sollicitude était inhabituelle. Corentin la remercia tout en soupçonnant un lien avec la conversation de la veille.
— Je sais que tu trouves que ton père a été trop dur avec toi hier soir.
— Un peu, répondit-il sans se mouiller.
— Il fait ça pour ton bien.
L’adolescent se retint de dire que son père n’avait rien fait. Ce dernier s’était, comme souvent d’ailleurs, contenté de lui imposer une décision arbitraire. Pour éviter de débuter la semaine sur des reproches quant à son insolence, il retint sa langue.
Sa mère continua à défendre le point de vue paternel. De ce fait, elle tentait tant bien que mal de maintenir une certaine harmonie dans la famille. Son fils resta insensible à ses arguments, les écoutant d’une oreille distraite tandis qu’il étalait de la confiture sur ses tartines.
Lorsque son père arriva enfin dans la cuisine, il était cinq heures et demie. Corentin avait presque terminé son petit-déjeuner. Il engloutit le reste de ses tartines, puis vida les dernières gouttes de chocolat dans l’évier.
Après un rapide passage dans la salle de bain, il remonta dans sa chambre prendre le sac contenant ses affaires de classes et les vêtements qu’il ramenait à Rennes.
Le départ de la maison familiale fut, comme toujours, précipité. L’adolescent rejoignit son père dans la voiture et ils prirent le chemin de la gare. L’horizon commençait à s’éclaircir, mais la campagne demeurait plongée dans l’obscurité.
Encore ensommeillé, il sortit de son lit, quitta son pyjama pour un survêtement de sport et descendit l’escalier. Sa mère l’attendait dans la cuisine, une tasse de café à la main.
Il marmonna un bonjour, surpris de la présence maternelle à une heure aussi matinale. Pour une fois, il n’eut pas à faire chauffer son lait four à micro-ondes, le bol de chocolat chaud se trouvait déjà sur la table.
Autant de sollicitude était inhabituelle. Corentin la remercia tout en soupçonnant un lien avec la conversation de la veille.
— Je sais que tu trouves que ton père a été trop dur avec toi hier soir.
— Un peu, répondit-il sans se mouiller.
— Il fait ça pour ton bien.
L’adolescent se retint de dire que son père n’avait rien fait. Ce dernier s’était, comme souvent d’ailleurs, contenté de lui imposer une décision arbitraire. Pour éviter de débuter la semaine sur des reproches quant à son insolence, il retint sa langue.
Sa mère continua à défendre le point de vue paternel. De ce fait, elle tentait tant bien que mal de maintenir une certaine harmonie dans la famille. Son fils resta insensible à ses arguments, les écoutant d’une oreille distraite tandis qu’il étalait de la confiture sur ses tartines.
Lorsque son père arriva enfin dans la cuisine, il était cinq heures et demie. Corentin avait presque terminé son petit-déjeuner. Il engloutit le reste de ses tartines, puis vida les dernières gouttes de chocolat dans l’évier.
Après un rapide passage dans la salle de bain, il remonta dans sa chambre prendre le sac contenant ses affaires de classes et les vêtements qu’il ramenait à Rennes.
Le départ de la maison familiale fut, comme toujours, précipité. L’adolescent rejoignit son père dans la voiture et ils prirent le chemin de la gare. L’horizon commençait à s’éclaircir, mais la campagne demeurait plongée dans l’obscurité.
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vendredi 5 mars 2010
Littérature fantastique, vampires et co
Au détour de mes recherches sur Internet, je suis tombée sur le blog de Vampires & Sorcières. Comme son nom l'indique, il est consacré à l'actualité concernant les vampires et les sorcières.
Les chroniques de livres forment le gros du contenu, ce qui n'est pas étonnant vu la production actuelle sur le sujet. Pourtant, là où Vampires&Sorcières se distingue, c'est qu'il offre un fanzine en ligne et des concours réguliers (pour gagner les livres ^^).
Dans la même veine, le site Vampirisme est devenu une référence. Des critiques très complètes sur les livres (des nouveautés de la Bit-Lit, en passant par les grands classiques ou des ouvrages plus atypiques), les films et les bandes-dessinées.
Pour finir, je ne pouvais m'empêcher de citer le forum de Transition (pub éhontée & assumée). J'avoue que je me fie vraiment aux critiques de Nessae qui sont très bien faites. En plus, il y a même un fil à propos de Limonade.
Je m'arrête ici pour la ballade sur le net et je me replonge dans l'écriture de Limonade.
Eh oui, dès lundi ça recommence avec le chapitre 3.
Les chroniques de livres forment le gros du contenu, ce qui n'est pas étonnant vu la production actuelle sur le sujet. Pourtant, là où Vampires&Sorcières se distingue, c'est qu'il offre un fanzine en ligne et des concours réguliers (pour gagner les livres ^^).
Dans la même veine, le site Vampirisme est devenu une référence. Des critiques très complètes sur les livres (des nouveautés de la Bit-Lit, en passant par les grands classiques ou des ouvrages plus atypiques), les films et les bandes-dessinées.
Pour finir, je ne pouvais m'empêcher de citer le forum de Transition (pub éhontée & assumée). J'avoue que je me fie vraiment aux critiques de Nessae qui sont très bien faites. En plus, il y a même un fil à propos de Limonade.
Je m'arrête ici pour la ballade sur le net et je me replonge dans l'écriture de Limonade.
Eh oui, dès lundi ça recommence avec le chapitre 3.
mercredi 3 mars 2010
Le domaine Blackwood
A Noël, j'avais mentionné ce livre comme faisant partie de mes objectifs en matière de lecture pour ce début d'année. Il m'a fallu un peu de temps pour le finir, le nombre de pages est impressionnant.Puisqu'en le lisant, j'ai constaté que ce récit collait bien avec les thèmes abordés dans ce blog, je vais en parler un peu plus longuement.
Tout d'abord, le lecteur fait la connaissance de Tarquin Blackwood, le héros et narrateur du roman. Bien que l'époque soit contemporaine, les lieux et les personnages ont un côté très rétro qui colle aux clichés actuels en matière de vampires. Après tout, il ne faut pas oublier qu'Anne Rice a, très activement, pris part à la création des clichés vampiriques.
Ce livre a été ma première expérience avec les chroniques des vampires, mais aussi avec la saga des sorcières Mayfair. J'ai donc été assez vite noyée entre les références au Talamasca, aux fantômes et aux liens qu'entretiennent tout ce joli monde. Par contre, Lestat est bel et bien présent (au moins au début) et lui, il m'a tout de suite semblé familier.
A propos du déroulement de l'histoire, j'avoue que j'ai été quelque peu déçue. Le début semble promettre les aventures palpitantes des protagonistes vampires, mais l'auteur se limite à nous raconter la vie de Tarquin dans moindres détails. Les événements s'accélèrent à partir de sa transformation. Cependant, la résolution de l'intrigue (le lien entre Tarquin et son fantôme) est prévisible et clairement bâclée.
Le constat de ce livre est en demi-teinte, car le style impeccable d'Anne Rice ne parvient pas à faire passer la narration plus que moyenne. Il faudra peut-être que j'en lise un autre pour avoir un meilleur aperçu de la maîtrise des vampires de l'auteur. Pour le moment, je vais plutôt jeter un œil au Dracula de Bram Stocker.
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lundi 1 mars 2010
Illustration : Corentin à pris des couleurs
Les illustrations du chapitre 1 ont été publiées il y a quelques mois , mais maintenant elles sont en couleurs (ça va faire plaisir à Tsumïre).

J'avoue que je suis bluffée. C'est super agréable de voir ses personnages prendre des traits et des couleurs et ça va me motiver pour écrire les chapitres suivants.

J'avoue que je suis bluffée. C'est super agréable de voir ses personnages prendre des traits et des couleurs et ça va me motiver pour écrire les chapitres suivants.
vendredi 26 février 2010
Pénombre n°1 : Passages cloutés
Le mois dernier, j'avais chroniqué le premier numéro du fanzine Éveil. Je m'attaque à présent à Pénombre, son sombre jumeau, avec enthousiasme.A la lecture du sommaire, je constate qu'il est déjà plus fourni qu'Éveil. Ce ne sont pas moins de 9 textes qui y figurent. Les illustrations sont plus rares, mais d'une qualité nettement supérieure.
La partie consacrée aux passages cloutés commence avec "Un sourire éclatant". Elle relate l'observation très attentive d'un étrange passage clouté parisien par Anthony Boulanger. Cette lecture courte et efficace est parfaite pour se plonger dans les méandres des bandes blanches.
Vient ensuite le texte de Frédéric Vasseur, "Initiation" qui raconte la rencontre surnaturelle qu'inattendue faite par un enfant s'apprêtant à pénétrer dans une maison abandonnée. Seul bémol à cette histoire plaisante, la fin que j'ai trouvé décalée par rapport au reste.
Dans la "Voie du changement", David Baquaise nous emmène à Tokyo, sur les pas d'un cadre au bord de la déprime. Si la situation de départ peut faire penser à un cliché, l'écriture réaliste de l'auteur lui apporte une dimension à la fois vivante et angoissante. Si le reste du fanzine n'avait pas révélé une (presque) surprise, ce texte aurait eu ma préférence.
Changement de décor complet puisque Vanessa Terral nous dévoille les secrets emprisonnés sous trois lignes de peinture blanche dans son poème "Amout-sous-Nîmes".
Le retour à un fantastique sombre et enfantin se fait avec "L'ensorceleuse des ruelles" d'Ella Witzler. Cette nouvelles est l'illustration parfaite de ce à quoi je m'attendais en ouvrant le fanzine, une fable urbaine douce-amère. Le titre laisse soupçonner un point de basculement tragique, mais la conclusion reste surprenante.
La partie consacrée aux passages cloutés se conclut par "Un grain de sable dans la mécanique", la presque surprise dont je parlais plus haut. J'ai commencé ce texte avec un double a-priori positif, le titre à rallonge et l'auteur, David Osmay, dont j'ai déjà entendu parler. Je n'ai pas été déçue, l'idée à la base de la nouvelle est absurde et tellement bien trouvée. Les personnages collent au sujet tout en apportant un twist amusant et morbide. Un régal, vraiment...
Pour la partie athématique, c'est Yohan Vasse qui nous livre la vision d'une demoiselle vampire en plein dans un Central Park nocturne dans "Echo(s)". C'est du classique qui se laisse lire avec une pointe d'hallucination macabre pas déplaisante vu le thème choisi.
Les "Notes croisées" de Naya Bié racontent les deux visions d'une rencontre vouée à changer la face du monde. Un peu déroutante sur les premiers paragraphes, cette nouvelle se révèle en fin de compte envoutante.
Le titre de la nouvelle de Sophie Percevault, "Loup-garou, magicien et araignée" ne fait pas mystère de son contenu. Cette histoire, quoique agréable, ne me laissera pas un souvenir impérissable.
J'avais envie de parler des illustrations qui accompagnent les nouvelles et plus particulièrement de celles de Samuel Desche. Non seulement elles s'accordent au texte, mais les touches de couleur qu'elles apportent sont les bienvenues.
A part les (rares) coquilles pour lesquelles Vanessa s'est déjà moult fois excusée, la mise en page est toujours aussi nickel.
Le thème du numéro 2 est : "Toits et greniers". A l'heure actuelle, il attend sagement dans ma pile à lire que je prenne le temps de le commenter.
mercredi 24 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - The end
Voici venir le traditionnel billet de fin de chapitre.
Étant donné que les messages sont ordonnés du plus ancien au plus récent, il vous permet d'accéder directement au début du chapitre. Pour lire le premier épisode, c'est donc ici.
Et voici aussi, la traditionnelle pause entre deux chapitres. Depuis la fin du mois de janvier, j'ai trouvé de nouvelles choses à raconter, des livres et des fanzines à chroniquer.
Étant donné que les messages sont ordonnés du plus ancien au plus récent, il vous permet d'accéder directement au début du chapitre. Pour lire le premier épisode, c'est donc ici.
Et voici aussi, la traditionnelle pause entre deux chapitres. Depuis la fin du mois de janvier, j'ai trouvé de nouvelles choses à raconter, des livres et des fanzines à chroniquer.
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lundi 22 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 11
Plutôt que d’inventer une excuse abracadabrante, il opta pour la vérité :
— Je n’en ai pas parlé parce que c’est le samedi. Je ne peux pas y aller vu que je reviens ici.
— Il te faut faire des sacrifices si tu ne veux pas avoir les mêmes problèmes que l’an dernier. Tu resteras chez ta tante le week-end jusqu’à ce que tes notes repassent au-dessus de douze.
— D’accord.
Corentin était incapable de répondre autre chose. Le mot sacrifice dans les paroles de son père l’avait choqué. Il connaissait l’importance accordée aux études pour ses parents, mais rien ne laissait présager qu’ils iraient jusqu’à lui imposer un éloignement de la maison familiale.
S’il n’avait eu aussi faim, il serait volontiers monté dans sa chambre avant la fin du dîner. Il se contenta de ne plus décrocher un mot jusqu’à la dernière cuillerée de yaourt.
Alors que ses parents prirent place dans le canapé avec son frère, Corentin retourna dans sa chambre. Ses vêtements, propres et bien pliés, étaient posés sur son lit. En prévision du lendemain, il les rangea dans son sac, puis il y ajouta ses livres préférés et son matériel de dessin.
D’un regard circulaire, il balaya la pièce à la recherche des objets qu’il souhaitait emporter avec lui. Il tassa l’ours mauve par-dessus les crayons d’aquarelle. Ensuite, il ôta ses chaussures et monta sur sa chaise. Avec précaution, il décolla les étoiles fluorescentes du plafond pour les glisser dans sa trousse.
Après un dernier regard à sa chambre, il se dit qu’en fin de compte, il lui faudrait remercier son professeur. À présent, il ne serait plus contraint de subir ces week-ends moroses dans une famille qui, manifestement, ne voulait plus de lui.
— Je n’en ai pas parlé parce que c’est le samedi. Je ne peux pas y aller vu que je reviens ici.
— Il te faut faire des sacrifices si tu ne veux pas avoir les mêmes problèmes que l’an dernier. Tu resteras chez ta tante le week-end jusqu’à ce que tes notes repassent au-dessus de douze.
— D’accord.
Corentin était incapable de répondre autre chose. Le mot sacrifice dans les paroles de son père l’avait choqué. Il connaissait l’importance accordée aux études pour ses parents, mais rien ne laissait présager qu’ils iraient jusqu’à lui imposer un éloignement de la maison familiale.
S’il n’avait eu aussi faim, il serait volontiers monté dans sa chambre avant la fin du dîner. Il se contenta de ne plus décrocher un mot jusqu’à la dernière cuillerée de yaourt.
Alors que ses parents prirent place dans le canapé avec son frère, Corentin retourna dans sa chambre. Ses vêtements, propres et bien pliés, étaient posés sur son lit. En prévision du lendemain, il les rangea dans son sac, puis il y ajouta ses livres préférés et son matériel de dessin.
D’un regard circulaire, il balaya la pièce à la recherche des objets qu’il souhaitait emporter avec lui. Il tassa l’ours mauve par-dessus les crayons d’aquarelle. Ensuite, il ôta ses chaussures et monta sur sa chaise. Avec précaution, il décolla les étoiles fluorescentes du plafond pour les glisser dans sa trousse.
Après un dernier regard à sa chambre, il se dit qu’en fin de compte, il lui faudrait remercier son professeur. À présent, il ne serait plus contraint de subir ces week-ends moroses dans une famille qui, manifestement, ne voulait plus de lui.
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vendredi 19 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 10
La fin du dimanche après-midi était le moment que Corentin haïssait le plus. Il avait passé tout son temps à gribouiller et à tenter d’expliquer le revirement dans l’attitude de Gwenaëlle. Une fois de plus, il serait obligé de faire ses devoirs dans le train qui le ramerait à Rennes.
Le dîner ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices. L’adolescent appréhendait le moment où ses parents, inquiets de son mutisme, le questionneraient sans relâche. Entre sa rencontre avec Fabrice, les bizarreries de sa tante et ses résultats scolaires peu brillants, il craignait d’aborder un sujet délicat.
Conformément à ses prévisions, le gratin de courgettes n’eut pas le temps de refroidir dans son assiette que son père fit l’éloge des bonnes notes de Mathias.
— Et toi, demanda-t-il à l’ainé. Tu ne nous as toujours pas dit tes notes de la semaine.
— On nous a rien rendu.
— Tu es sûr ?
— Oui, répondit-il après une hésitation.
Le ton de Corentin manquait d’assurance. Son père lui semblait plus soupçonneux que d’habitude. Pourtant, il avait preuve de prudence et fait disparaitre toute trace des devoirs compromettants.
— Tu peux m’expliquer ce mot de M. Joly dans ton carnet. C’est ton professeur de mathématiques, il me semble.
Cette information était exacte, mais il ne voyait pas à quoi son père faisait référence. Ce dernier, devant l’air ahuri de son fils, poursuivit :
— Le mot dans ton carnet où il propose de te donner des cours de soutien le samedi matin.
L’image de son professeur de mathématique en train d’écrire dans son carnet de correspondance lui revint brutalement en mémoire. Il se souvenait surtout du ton aimable et conciliant qu’avait employé Joly pour lui suggérer de se rendre à ces cours supplémentaires.
Le dîner ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices. L’adolescent appréhendait le moment où ses parents, inquiets de son mutisme, le questionneraient sans relâche. Entre sa rencontre avec Fabrice, les bizarreries de sa tante et ses résultats scolaires peu brillants, il craignait d’aborder un sujet délicat.
Conformément à ses prévisions, le gratin de courgettes n’eut pas le temps de refroidir dans son assiette que son père fit l’éloge des bonnes notes de Mathias.
— Et toi, demanda-t-il à l’ainé. Tu ne nous as toujours pas dit tes notes de la semaine.
— On nous a rien rendu.
— Tu es sûr ?
— Oui, répondit-il après une hésitation.
Le ton de Corentin manquait d’assurance. Son père lui semblait plus soupçonneux que d’habitude. Pourtant, il avait preuve de prudence et fait disparaitre toute trace des devoirs compromettants.
— Tu peux m’expliquer ce mot de M. Joly dans ton carnet. C’est ton professeur de mathématiques, il me semble.
Cette information était exacte, mais il ne voyait pas à quoi son père faisait référence. Ce dernier, devant l’air ahuri de son fils, poursuivit :
— Le mot dans ton carnet où il propose de te donner des cours de soutien le samedi matin.
L’image de son professeur de mathématique en train d’écrire dans son carnet de correspondance lui revint brutalement en mémoire. Il se souvenait surtout du ton aimable et conciliant qu’avait employé Joly pour lui suggérer de se rendre à ces cours supplémentaires.
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mercredi 17 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 9
L’échange des récits onirique avait été un de leurs passe-temps préférés au collège, jusqu’à ce que Gwenaëlle s’intéresse aux fées et aux lutins. Redevenu attentif, Corentin la pria de continuer.
— J’étais dans le laboratoire de chimie qu’il y a au lycée, toute seule. J’essayai de lire les choses marquées sur le tableau, mais c’était une écriture très bizarre et j’avais beaucoup de mal.
— Ensuite ?
— J’ai pris un bécher qui était sur le bureau, j’ai prélevé un peu de poudre que j’ai mise dans un tube à essai. J’ai fait pareil avec le liquide d’un flacon marron, j’ai secoué, puis j’ai mis le tube à chauffer.
Ce qu’elle était en train de raconter ressemblait fortement à une expérience de chimie. Cette matière venait de faire son apparition dans leur emploi du temps, avec son lot de nouveau matériel et de combats d’eau distillée.
— Tu te souviens d’autre chose, à propos de ton rêve ?
— Oui, sur l’un des flacons l’étiquette disait : tourmentine. C’est un nom bizarre pour un produit chimique ?
— Oui, surtout que c’était dans ton livre sur les fées. Je me souviens que c’est une plante très moche qui égare les gens qui la croisent. On l’appelle aussi herbe d’oubli. Enfin, je crois…
Gwenaëlle semblait très dubitative.
— Je ne me souviens pas de cette plante, ni du livre dont tu parles. Tu penses que ça a un rapport avec mon rêve ?
— Sûrement, si tu l’as lu pendant ton sommeil.
Ce fut au tour de la jeune fille d’être perdue dans ses pensées. Son rêve l’intriguait, il était trop ordinaire et trop précis.
La matinée passa sans que l’un d’eux trouve un sujet de conversation assez prenant pour dissiper leurs interrogations respectives. Ils retournèrent donc chacun dans leurs familles après s’être promis de se retrouver à la gare le lundi matin.
— J’étais dans le laboratoire de chimie qu’il y a au lycée, toute seule. J’essayai de lire les choses marquées sur le tableau, mais c’était une écriture très bizarre et j’avais beaucoup de mal.
— Ensuite ?
— J’ai pris un bécher qui était sur le bureau, j’ai prélevé un peu de poudre que j’ai mise dans un tube à essai. J’ai fait pareil avec le liquide d’un flacon marron, j’ai secoué, puis j’ai mis le tube à chauffer.
Ce qu’elle était en train de raconter ressemblait fortement à une expérience de chimie. Cette matière venait de faire son apparition dans leur emploi du temps, avec son lot de nouveau matériel et de combats d’eau distillée.
— Tu te souviens d’autre chose, à propos de ton rêve ?
— Oui, sur l’un des flacons l’étiquette disait : tourmentine. C’est un nom bizarre pour un produit chimique ?
— Oui, surtout que c’était dans ton livre sur les fées. Je me souviens que c’est une plante très moche qui égare les gens qui la croisent. On l’appelle aussi herbe d’oubli. Enfin, je crois…
Gwenaëlle semblait très dubitative.
— Je ne me souviens pas de cette plante, ni du livre dont tu parles. Tu penses que ça a un rapport avec mon rêve ?
— Sûrement, si tu l’as lu pendant ton sommeil.
Ce fut au tour de la jeune fille d’être perdue dans ses pensées. Son rêve l’intriguait, il était trop ordinaire et trop précis.
La matinée passa sans que l’un d’eux trouve un sujet de conversation assez prenant pour dissiper leurs interrogations respectives. Ils retournèrent donc chacun dans leurs familles après s’être promis de se retrouver à la gare le lundi matin.
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lundi 15 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 8
Les suivants à faire les frais de ses remarques acerbes furent les plus anciens professeurs de son lycée, surnommés les trois Parques.
— Pourquoi vous les appelez comme ça ?
— Tu ne connais pas les trois fileuses de vie de la mythologie grecque ?
— Non.
Elle leva les yeux au ciel et expliqua, sur un ton quelque peu prétentieux, qui était les Parques.
— Ce sont trois très vieilles femmes, elles s’occupent du fil de la vie et du destin. Il y a Clotho, Lachésis et Atropos.
— Quel est le rapport avec tes profs ?
— Ils sont trois, ils sont vieux et tout le monde les déteste.
Les nouvelles connaissances de la jeune fille en mythologie surprirent Corentin. Déboussolé par ce changement, il lui demanda si elle s’était fait de nouveaux amis, espérant qu’elle aborderait sa relation avec Fabrice.
— Pour le moment non, j’ai discuté avec la fille qui partage ma chambre, mais elle niaise. Il y une autre fille qui est dans ma classe. Elle est plutôt intelligente, mais c’est une vraie pimbêche.
— Elle s’appelle comment ?
— Émilie.
Le lien entre l’amie dont sa tante avait parlé et cette pimbêche s’imposa à son esprit. Pourtant, le portrait que Gwenaëlle en faisait ne correspondait pas avec celui d’une amie.
Cette discussion avait quelque chose d’étrange. L’adolescent ne parvenait pas identifier la source de cette impression. Il essaya de le mettre de côté afin de profiter de cette agréable matinée avec son amie, mais rien n’y fit.
— J’ai fait un drôle de rêve cette nuit, commença-t-elle.
— Pourquoi vous les appelez comme ça ?
— Tu ne connais pas les trois fileuses de vie de la mythologie grecque ?
— Non.
Elle leva les yeux au ciel et expliqua, sur un ton quelque peu prétentieux, qui était les Parques.
— Ce sont trois très vieilles femmes, elles s’occupent du fil de la vie et du destin. Il y a Clotho, Lachésis et Atropos.
— Quel est le rapport avec tes profs ?
— Ils sont trois, ils sont vieux et tout le monde les déteste.
Les nouvelles connaissances de la jeune fille en mythologie surprirent Corentin. Déboussolé par ce changement, il lui demanda si elle s’était fait de nouveaux amis, espérant qu’elle aborderait sa relation avec Fabrice.
— Pour le moment non, j’ai discuté avec la fille qui partage ma chambre, mais elle niaise. Il y une autre fille qui est dans ma classe. Elle est plutôt intelligente, mais c’est une vraie pimbêche.
— Elle s’appelle comment ?
— Émilie.
Le lien entre l’amie dont sa tante avait parlé et cette pimbêche s’imposa à son esprit. Pourtant, le portrait que Gwenaëlle en faisait ne correspondait pas avec celui d’une amie.
Cette discussion avait quelque chose d’étrange. L’adolescent ne parvenait pas identifier la source de cette impression. Il essaya de le mettre de côté afin de profiter de cette agréable matinée avec son amie, mais rien n’y fit.
— J’ai fait un drôle de rêve cette nuit, commença-t-elle.
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vendredi 12 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 7
Fidèle à son habitude, Gwenaëlle escalada les premières branches et se hissa sur une large fourche. Lorsque son ami la rejoignit avec quelques difficultés, elle éclata de rire :
— Tu as peut-être grandi, mais je reste la plus agile.
L’adolescent ne répondit rien. Il se contenta de tendre la main pour récolter une poignée de feuilles qu’il fait glisser sur ses cheveux.
Elle couina en peignant sa queue de cheval, puis se remit à rire.
— Je suis contente de revenir ici, ça change complètement du lycée.
— Pourtant, toi au moins tu n’es pas en centre-ville. Tu vois de vrais arbres par la fenêtre.
Elle soupira.
— Je ne parlais pas de la forêt, ce qui me manque c’est le calme. Avec l’internat, je suis tout le temps entourée d’autres filles. À la longue, c’est saoulant. Et puis leurs uniformes sont nuls, la jupe est ringarde et le blazer gratte.
Corentin compatit, ce qui eut pour effet d’ouvrir les vannes du ressentiment de la jeune fille. Elle détestait les vieux bâtiments de son lycée, ceux dont le parquet grinçait, les fenêtres laissaient passer les courants d’air et l’escalier en colimaçon ne permettait pas de se croiser.
— Heureusement qu’il fait encore doux, mais cet hiver, avec les plafonds super hauts, on va se geler. Le pire, c’est que les nouvelles salles sont encore en construction. Ils n’auront pas terminé avant le printemps.
Après les locaux, Gwenaëlle s’attaqua aux professeurs. Elle traita l’adjointe du proviseur de vieille bique affublée de lunettes aux montures dorées. Ce détail vestimentaire servait de catalyseur à sa hargne. L’adolescent était persuadé d’avoir déjà entendu ces moqueries. Cependant, il garda le silence afin de ne pas entacher leurs retrouvailles de commentaires stériles.
— Tu as peut-être grandi, mais je reste la plus agile.
L’adolescent ne répondit rien. Il se contenta de tendre la main pour récolter une poignée de feuilles qu’il fait glisser sur ses cheveux.
Elle couina en peignant sa queue de cheval, puis se remit à rire.
— Je suis contente de revenir ici, ça change complètement du lycée.
— Pourtant, toi au moins tu n’es pas en centre-ville. Tu vois de vrais arbres par la fenêtre.
Elle soupira.
— Je ne parlais pas de la forêt, ce qui me manque c’est le calme. Avec l’internat, je suis tout le temps entourée d’autres filles. À la longue, c’est saoulant. Et puis leurs uniformes sont nuls, la jupe est ringarde et le blazer gratte.
Corentin compatit, ce qui eut pour effet d’ouvrir les vannes du ressentiment de la jeune fille. Elle détestait les vieux bâtiments de son lycée, ceux dont le parquet grinçait, les fenêtres laissaient passer les courants d’air et l’escalier en colimaçon ne permettait pas de se croiser.
— Heureusement qu’il fait encore doux, mais cet hiver, avec les plafonds super hauts, on va se geler. Le pire, c’est que les nouvelles salles sont encore en construction. Ils n’auront pas terminé avant le printemps.
Après les locaux, Gwenaëlle s’attaqua aux professeurs. Elle traita l’adjointe du proviseur de vieille bique affublée de lunettes aux montures dorées. Ce détail vestimentaire servait de catalyseur à sa hargne. L’adolescent était persuadé d’avoir déjà entendu ces moqueries. Cependant, il garda le silence afin de ne pas entacher leurs retrouvailles de commentaires stériles.
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mercredi 10 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 6
Gwenaëlle en avait profité pour prendre de l’avance. Sa silhouette menue commençait déjà à rétrécir tout au bout de la route. Corentin ne la reconnut que grâce à sa queue de cheval blonde et au cadre rouge métallisé de son vélo.
Elle aussi semblait avoir grandi. Son pantalon de sport remontait sur ses chevilles et sa veste découvrait ses poignets. Pourtant, elle ne semblait pas se préoccuper de son apparence. Ce détachement ne correspondait pas avec l’attitude de jeune fille élégante qu’elle affectait les rares fois où il l’avait croisé.
À sa décharge, l’uniforme imposé par l’établissement qu’elle fréquentait se composait d’une jupe plissée et un chemisier des plus classiques. La fantaisie et le laisser-aller vestimentaire étaient sévèrement réprimés dans son lycée catholique.
En essayant de la rattraper, Corentin se rendit compte qu’elle n’avait rien perdu de son coup de pédale. Il ne réussit à la dépasser que lorsqu’ils arrivèrent en lisière du bois de Guibenais. C’était là qu’ils avaient pris l’habitude de faire leurs promenades à vélo.
Malheureusement pour leurs vêtements, la pluie avait transformé les sentiers forestiers en bourbiers. Chacune des roues soulevait une gerbe de particules de terre, quand ils ne roulaient pas dans une flaque. Plutôt que de pédaler dans la boue, les deux adolescents quittèrent le sentier pour s’aventurer entre les arbres.
Le bruit des feuilles et des brindilles écrasées remplaça celui des éclaboussures. Arrivé en bordure d’une clairière, Corentin ralentit. Derrière lui Gwenaëlle s’arrêta carrément et coucha son vélo sur un buisson. Elle se dirigea alors vers l’arbre qui occupait le centre de la clairière.
Corentin l’y rejoignit juste après. Cet arbre avait été leur théâtre de jeu quand ils éprouvaient le besoin de s’éloigner de leurs familles respectives. Ils y avaient construit une cabane de planches, mais le vent l’avait arrachée depuis longtemps.
Elle aussi semblait avoir grandi. Son pantalon de sport remontait sur ses chevilles et sa veste découvrait ses poignets. Pourtant, elle ne semblait pas se préoccuper de son apparence. Ce détachement ne correspondait pas avec l’attitude de jeune fille élégante qu’elle affectait les rares fois où il l’avait croisé.
À sa décharge, l’uniforme imposé par l’établissement qu’elle fréquentait se composait d’une jupe plissée et un chemisier des plus classiques. La fantaisie et le laisser-aller vestimentaire étaient sévèrement réprimés dans son lycée catholique.
En essayant de la rattraper, Corentin se rendit compte qu’elle n’avait rien perdu de son coup de pédale. Il ne réussit à la dépasser que lorsqu’ils arrivèrent en lisière du bois de Guibenais. C’était là qu’ils avaient pris l’habitude de faire leurs promenades à vélo.
Malheureusement pour leurs vêtements, la pluie avait transformé les sentiers forestiers en bourbiers. Chacune des roues soulevait une gerbe de particules de terre, quand ils ne roulaient pas dans une flaque. Plutôt que de pédaler dans la boue, les deux adolescents quittèrent le sentier pour s’aventurer entre les arbres.
Le bruit des feuilles et des brindilles écrasées remplaça celui des éclaboussures. Arrivé en bordure d’une clairière, Corentin ralentit. Derrière lui Gwenaëlle s’arrêta carrément et coucha son vélo sur un buisson. Elle se dirigea alors vers l’arbre qui occupait le centre de la clairière.
Corentin l’y rejoignit juste après. Cet arbre avait été leur théâtre de jeu quand ils éprouvaient le besoin de s’éloigner de leurs familles respectives. Ils y avaient construit une cabane de planches, mais le vent l’avait arrachée depuis longtemps.
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lundi 8 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 5
Ce fut le soleil filtrant de sous les volets qui réveillèrent Corentin. Il se retourna afin d’échapper aux rayons, mais finit par abandonner ses envies de grasse matinée et quitter la tiédeur de sa couette. Un rapide calcul basé sur l’heure qu’indiquait son réveil lui apprit qu’il avait dormi près de douze heures.
Une sensation lancinante au creux de l’estomac lui rappela qu’il n’avait rien mangé depuis le déjeuner de la veille. Il descendit donc dans la cuisine avec l’espoir que Mathias, son jeune frère, n’ait pas mangé tous les biscuits.
L’adolescent affamé eut la surprise de trouver la cuisine vide et le paquet de cookies plein. Par la fenêtre, il aperçut son père en train de désherber le potager. Avant d’aller le voir, Corentin préféra faire un sort aux biscuits qu’il accompagna de lait froid.
Après avoir enfilé les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main, il sortit de la maison. À peine était-il arrivé dans le jardin qu’une sonnette de vélo tinta à l’autre bout de l’allée. Surpris, il vit Gwenaëlle pédaler furieusement dans sa direction.
Pour la première fois depuis la fin des grandes vacances, elle venait le voir avec son VTT. Cependant, elle l’interpella comme s’ils s’étaient quittés la veille :
— Corentin ! Tu as le temps pour une ballade à vélo ?
— Oui, balbutia-t-il incrédule.
Ses souhaits venaient d’être exhaussés : son amie était redevenue elle-même. Il se hâta d’aller décrocher son propre VTT pendu dans le garage et de la rejoindre.
Une sensation lancinante au creux de l’estomac lui rappela qu’il n’avait rien mangé depuis le déjeuner de la veille. Il descendit donc dans la cuisine avec l’espoir que Mathias, son jeune frère, n’ait pas mangé tous les biscuits.
L’adolescent affamé eut la surprise de trouver la cuisine vide et le paquet de cookies plein. Par la fenêtre, il aperçut son père en train de désherber le potager. Avant d’aller le voir, Corentin préféra faire un sort aux biscuits qu’il accompagna de lait froid.
Après avoir enfilé les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main, il sortit de la maison. À peine était-il arrivé dans le jardin qu’une sonnette de vélo tinta à l’autre bout de l’allée. Surpris, il vit Gwenaëlle pédaler furieusement dans sa direction.
Pour la première fois depuis la fin des grandes vacances, elle venait le voir avec son VTT. Cependant, elle l’interpella comme s’ils s’étaient quittés la veille :
— Corentin ! Tu as le temps pour une ballade à vélo ?
— Oui, balbutia-t-il incrédule.
Ses souhaits venaient d’être exhaussés : son amie était redevenue elle-même. Il se hâta d’aller décrocher son propre VTT pendu dans le garage et de la rejoindre.
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vendredi 5 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 4
Après avoir échangé brièvement sur les dernières nouvelles, un lourd silence s’installa dans la voiture. Depuis son départ de la maison, un fossé s’était creusé entre Corentin et sa famille restée à Trégouët. Jamais il n’aurait songé à leur parler de ses étranges dessins ou du comportement de Gwenaëlle. Il ne lui restait alors que le quotidien morne de son lycée rennais et ses résultats scolaires pas aussi brillants que ses parents le souhaiteraient.
Plutôt que devoir raconter une seconde fois sa semaine, en prenant soin de ne pas mentionner qu’il avait essayé d’exorciser un autre lycéen, il prétexta une grande fatigue pour monter directement se coucher. Il n’eut pas besoin de faire preuve de grands talents de comédien. Il était effectivement très fatigué. Sa croissance accélérée l’épuisait et les rêveries dont émergeaient ses dessins le rendaient apathique.
Dans le cadre familier de sa chambre, il ne lui fallut pas longtemps avant de trouver le sommeil. Les étoiles en pâte fluorescente qu’il avait collées au plafond veillaient sur lui de leur luminescence jaunâtre. Autour de lui, les ombres familières de son dragon en plastique et du vilain ours mauve offert par Gwenaëlle trois ans auparavant le protégèrent des mauvais songes.
Plutôt que devoir raconter une seconde fois sa semaine, en prenant soin de ne pas mentionner qu’il avait essayé d’exorciser un autre lycéen, il prétexta une grande fatigue pour monter directement se coucher. Il n’eut pas besoin de faire preuve de grands talents de comédien. Il était effectivement très fatigué. Sa croissance accélérée l’épuisait et les rêveries dont émergeaient ses dessins le rendaient apathique.
Dans le cadre familier de sa chambre, il ne lui fallut pas longtemps avant de trouver le sommeil. Les étoiles en pâte fluorescente qu’il avait collées au plafond veillaient sur lui de leur luminescence jaunâtre. Autour de lui, les ombres familières de son dragon en plastique et du vilain ours mauve offert par Gwenaëlle trois ans auparavant le protégèrent des mauvais songes.
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mercredi 3 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 3
Il s’était tenu à sa restriction de ne dessiner que des objets réels jusqu’à la rentrée. Lorsque Gwen, qui était son principal modèle, disparut, il avait commencé à voir des serpents apparaître sous la pointe de son crayon. Il y en avait d’abord eu un gros et un petit, mais plus les semaines passaient, plus le petit serpent prenait de l’ampleur.
Corentin avait le sentiment que ce qui arrivait à Gwenaëlle était lié à ces serpents. À force d’être muselée, son imagination s’était forgé des codes qu’il était incapable de comprendre. Il s’était donc rabattu sur le peu d’explications logiques dont il disposait pour expliquer l’attitude de son amie.
Bien qu’elle ne soit pas allée dans le même lycée que lui, il avait entendu des rumeurs à son sujet. Celles-ci faisaient état de sa relation avec Fabrice. L’adolescent en avait déduit naïvement que Fabrice était partie intégrante de l’histoire de magie dont Gwenaëlle lui avait parlé.
Toutes les théories qu’il avait échafaudées à propos de ce garçon étaient tombées à l’eau quand sa tentative d’exorcisme avait échoué. Fabrice n’avait rien d’un adepte de la magie noire ; son comportement face aux manifestations bizarres qui avaient eu lieu chez sa tante en était une preuve suffisante.
Il était encore trop tôt pour que Corentin sache s’il serait un allié fiable. Après tout, il ne s’était pas manifesté au cours de la fin de la semaine. Avant que l’adolescent n’ait le temps d’approfondir ses réflexions, le break vert sombre conduit par son père déboucha sur le parking. Pressé de rentrer chez lui, il sortit en trombe de la gare et sauta dans le véhicule.
Corentin avait le sentiment que ce qui arrivait à Gwenaëlle était lié à ces serpents. À force d’être muselée, son imagination s’était forgé des codes qu’il était incapable de comprendre. Il s’était donc rabattu sur le peu d’explications logiques dont il disposait pour expliquer l’attitude de son amie.
Bien qu’elle ne soit pas allée dans le même lycée que lui, il avait entendu des rumeurs à son sujet. Celles-ci faisaient état de sa relation avec Fabrice. L’adolescent en avait déduit naïvement que Fabrice était partie intégrante de l’histoire de magie dont Gwenaëlle lui avait parlé.
Toutes les théories qu’il avait échafaudées à propos de ce garçon étaient tombées à l’eau quand sa tentative d’exorcisme avait échoué. Fabrice n’avait rien d’un adepte de la magie noire ; son comportement face aux manifestations bizarres qui avaient eu lieu chez sa tante en était une preuve suffisante.
Il était encore trop tôt pour que Corentin sache s’il serait un allié fiable. Après tout, il ne s’était pas manifesté au cours de la fin de la semaine. Avant que l’adolescent n’ait le temps d’approfondir ses réflexions, le break vert sombre conduit par son père déboucha sur le parking. Pressé de rentrer chez lui, il sortit en trombe de la gare et sauta dans le véhicule.
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lundi 1 février 2010
Chapitre 2 de Limonade - Episode 2
Lorsqu’il était à la maternelle, il avait représenté la maison d’un autre enfant de sa classe en proie aux flammes. La maitresse lui avait trouvé une grande capacité d’imagination qu’elle attribua à la télévision. Il lui expliqua alors que cette image était dans sa tête et pas dans l’écran, mais elle n’y prêta pas attention.
L’incendie représenté dans le dessin eut lieu la nuit suivante. La maison fut totalement dévastée par les flammes et ce fut un miracle que personne ne meure. Cependant, son petit camarade souffrait d’une intoxication à la fumée. Il dut passer une semaine entière à l’hôpital.
Corentin fut le seul à faire le lien entre cet incident et le dessin qu’il avait réalisé. Cette sinistre concordance lui inspira d’autant plus de peur qu’il appréciait beaucoup le garçon qui en avait été victime. Ne comprenant pas les forces qui étaient en jeu, il s’imagina être responsable de l’incendie. La crainte de provoquer à nouveau des incidents de ce type le poussa à s’isoler des autres enfants et à garder le secret sur ses pressentiments.
La seule et unique personne avec laquelle il se lia durant son enfance était Gwenaëlle. Après avoir vu quelques gribouillages, elle le supplia de dessiner pour elle. Elle insista tant et si bien qu’il finit par céder, mais il se limita à ne représenter que des objets réels.
Encouragée par son amie, sa passion pour le dessin ne fit que croître au cours des années. Il en vint même à acquérir une grande habileté à représenter le monde qui l’entourait. Au fil des années, il était devenu le garçon qui dessine au fond de la classe. Ses années de solitude forcée l’avaient rendu transparent et seule son habileté à manier le crayon lui évitait de sombrer dans l’invisibilité la plus totale.
L’incendie représenté dans le dessin eut lieu la nuit suivante. La maison fut totalement dévastée par les flammes et ce fut un miracle que personne ne meure. Cependant, son petit camarade souffrait d’une intoxication à la fumée. Il dut passer une semaine entière à l’hôpital.
Corentin fut le seul à faire le lien entre cet incident et le dessin qu’il avait réalisé. Cette sinistre concordance lui inspira d’autant plus de peur qu’il appréciait beaucoup le garçon qui en avait été victime. Ne comprenant pas les forces qui étaient en jeu, il s’imagina être responsable de l’incendie. La crainte de provoquer à nouveau des incidents de ce type le poussa à s’isoler des autres enfants et à garder le secret sur ses pressentiments.
La seule et unique personne avec laquelle il se lia durant son enfance était Gwenaëlle. Après avoir vu quelques gribouillages, elle le supplia de dessiner pour elle. Elle insista tant et si bien qu’il finit par céder, mais il se limita à ne représenter que des objets réels.
Encouragée par son amie, sa passion pour le dessin ne fit que croître au cours des années. Il en vint même à acquérir une grande habileté à représenter le monde qui l’entourait. Au fil des années, il était devenu le garçon qui dessine au fond de la classe. Ses années de solitude forcée l’avaient rendu transparent et seule son habileté à manier le crayon lui évitait de sombrer dans l’invisibilité la plus totale.
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