mercredi 2 novembre 2011

Chapitre 17 de Limonade - Episode 11

Après avoir épuisé sa panoplie de mimiques, Corentin s’adossa contre un rayonnage.
— Sur le moment, je me suis juste senti bizarre, un peu comme si j’allais m’endormir debout. J’ai essayé de me pincer pour rester éveillé, mais ça ne marchait pas. C’est à ce moment que j’ai compris que ma vision était bonne, et que j’avais été stupide de refuser d’y croire.

La gorge sèche, l’adolescent toussota dans son poing, puis poursuivit :
— J’étais dans le bus, alors je ne pouvais pas faire grand-chose. Je me suis focalisé sur la sensation et j’ai essayé de me concentrer pour la faire partir, pour que la torpeur disparaisse. A ce moment, je ne savais même plus pourquoi je faisais ça, mais j’ai continué. Et puis tout à coup, j’ai senti comme une vague de chaleur à l’intérieur de moi.

Le retour du libraire interrompit le récit.
— Vous avez de la chance, dit-il aux deux garçons. Il m’en reste juste un exemplaire de chaque. Lequel voulez-vous ?
— Je ne sais pas trop, hésita Corentin, je peux les feuilleter pour comparer ?
— D’accord, mais faites-y très attention.

Avec précaution, il prit les deux ouvrages des mains du libraire.
— Comment tu comptes trouver le bon ? s’enquit Fabrice.
— Au hasard, en général ça marche plutôt bien.

En guise de démonstration, Corentin ouvrit chacun des volumes en plein milieu. Sur l’un, il tomba sur une double page consacrée aux substances censées préserver des pertes de mémoire et, sur l’autre, un laïus incompréhensible sur la structure électrique du cerveau.
— Je pense qu’on va prendre La magie des minéraux et des végétaux, trancha l’apprenti magicien.

Alors que le libraire replaçait l’ouvrage non-retenu dans le rayonnage, les yeux bleus de Corentin se figèrent sur la couverture d’un roman. Suivant le regard de son ami, Fabrice prit le livre pour l’observer.
— C’est ça qui te met dans un état pareil ? Le golem, mythe ou réalité.

Un hochement de tête nerveux lui répondit alors que le benjamin se détournait.
— J’ai un mauvais pressentiment, avoua-t-il d’une voix blanche, très mauvais.

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